Ahmed Ben Bella

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Ahmed Ben Bella
احمد بن بلة
Ahmed Ben Bella en 1964.
Ahmed Ben Bella en 1964.
Fonctions
1er président de la République algérienne démocratique et populaire
15 septembre 196319 juin 1965
(&&&&&&&&&&&&06431 an, 9 mois et 4 jours)
Prédécesseur Ferhat Abbas (président de l'Assemblée nationale constituante)
Successeur Houari Boumédiène (président du Conseil de la Révolution)
Président du Conseil des ministres algérien
(1er chef du gouvernement algérien)
27 septembre 196215 septembre 1963
(&&&&&&&&&&&&035311 mois et 18 jours)
Chef de l'État Ferhat Abbas (président de l'Assemblée nationale constituante)
Prédécesseur Poste créé
Successeur Mohamed Ben Ahmed Abdelghani (indirectement, Premier ministre)
2e président du Front de libération nationale
27 septembre 196219 juin 1965
(&&&&&&&&&&&&09962 ans, 8 mois et 22 jours)
Prédécesseur Ferhat Abbas
Successeur Houari Boumédiène
6e ministre des Affaires étrangères
(Par intérim)
11 avril 196318 septembre 1963
Président Lui-même
Gouvernement Ben Bella I
Prédécesseur Mohamed Khemisti
Successeur Abdelaziz Bouteflika
1re vice-président du Gouvernement provisoire de la République algérienne
Ministre d'État
19 septembre 195822 juillet 1962
(&&&&&&&&&&&014023 ans, 10 mois et 3 jours)
Président Ferhat Abbas
Omar Oussedik (en)
Benyoucef Benkhedda
Successeur Ahmed Ben Bella
Biographie
Date de naissance 25 décembre 1916
Lieu de naissance Marnia (Algérie)
Date de décès 11 avril 2012 (à 95 ans)
Lieu de décès Alger (Algérie)
Nationalité Drapeau de l'Algérie Algérienne
Parti politique Front de libération nationale (FLN)
Résidence Palais d'El-Mouradia (Alger)

Ahmed Ben Bella
Premiers ministres algériens
Présidents de la République algérienne
démocratique et populaire
Les principaux dirigeants du FLN (de gauche à droite : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) après leur arrestation du 22 octobre 1956.
Ben Bella et Nasser en 1962
Les présidents Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene (respectivement premier, troisième et quatrième à droite).

Ahmed Ben Bella[1] (arabe : احمد بن بلة), né le 25 décembre 1916 à Marnia près de Tlemcen en Oranie, au nord-ouest de l'Algérie (alors colonie française) non loin de la frontière marocaine, et mort le 11 avril 2012 à Alger[2], est un combattant de l'indépendance algérienne et un homme d'État algérien. Il est le premier président du Conseil des ministres de 1962 à 1963 puis le premier président de la République de 1963 à 1965.

Ben Bella est un des neuf « chefs historiques » du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA), futur Front de libération nationale (FLN), parti indépendantiste algérien. Il est arrêté pendant la guerre d'Algérie mais prend part à l'indépendance du pays à la tête du FLN et devient le premier président de la République algérienne démocratique et populaire le 15 septembre 1963, poste qu'il cumule avec celui de Premier ministre. Il occupe cette dernière fonction depuis le 27 septembre 1962. Il est destitué par le coup d’État du 19 juin 1965 mené par son vice-premier ministre, le colonel Houari Boumédiène.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Ahmed Ben Bella est d'origine marocaine par ses parents, petits paysans émigrés de la région de Marrakech[3],[4],[5],[6]. Selon son biographe, l'historien Omar Carlier, ses parents étaient des Berbères issus des Ouled Sidi Rahal [7]. Il est né à Maghnia, une ville de l'Oranie, en Algérie. Sa date de naissance n'est pas connue avec exactitude (entre 1914 et 1916), mais son historiographie retient 1916[4]. Il fait ses études secondaires à Tlemcen[4].

Footballeur[modifier | modifier le code]

Ben Bella, qui pratiquait le football dans sa ville natale, a joué pour l'Olympique de Marseille lors de la saison 1939-1940 — il ne joue qu'un match de coupe de France, contre le FC Antibes (victoire 9-1 à Cannes, dont un but de Ben Bella) — et aussi pour l'équipe de France militaire au poste de milieu de terrain alors qu'il était sous-officier, engagée dans la Seconde Guerre mondiale[8].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, il combat dans les forces armées françaises au sein du 5e régiment de tirailleurs marocains de la 2e division d'infanterie marocaine (2e DIM)[4].

En 1944, il participe à la bataille du Monte Cassino au sein du corps expéditionnaire français en Italie commandé par le général Juin, puis à la libération de la France et à la campagne d'Allemagne (1945) au sein de la 1re armée du général de Lattre de Tassigny. Promu adjudant, il est cité quatre fois dont deux fois à l'ordre de l'Armée et décoré de la Médaille militaire par le général de Gaulle en avril 1944 en Italie[9],[10].

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Marqué par les massacres de Sétif et Guelma du 8 mai 1945, il adhère au Parti du peuple algérien (PPA) et au Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), de Messali Hadj. Il est ensuite élu conseiller municipal de sa ville en 1947[4]. Membre de l'O.S. dirigée par Hocine Aït Ahmed avec Rabah Bitat, il participe au braquage de la poste d'Oran de 1949 afin de financer le parti[11].

En mai 1950, il est arrêté à Alger, jugé coupable, il est condamné à sept ans de prison. Il s'évade en 1952 et se réfugie au Caire auprès d'Hocine Aït Ahmed et de Mohamed Khider avec qui il formera plus tard la délégation extérieure du Front de libération nationale (FLN)[12]. Il est arrêté une deuxième fois le 22 octobre 1956 lorsque l’avion civil marocain qui le conduisait du Maroc à la Tunisie en compagnie de Mohamed Boudiaf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Khider et Mostefa Lacheraf est détourné par les forces armées françaises[4].

Algérie indépendante[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise de l’été 1962.

Libéré en 1962 après 6 ans d'emprisonnement et de résidence surveillée en France d'abord à la prison de la Santé, ensuite au fort Liédot sur l'île d'Aix, puis au château de la Fessardière à Turquant et finalement au château d'Aunoy, il participe au congrès de Tripoli où un différend l'oppose au Gouvernement provisoire de la République algérienne (GRPA). Après les accords d'Évian, il critique en effet la légitimité du gouvernement provisoire et se heurte à Mohamed Boudiaf et Krim Belkacem. Il rentre à Alger et, le 27 septembre 1962, est désigné président du Conseil.

Ben Bella a pour objectif de construire un socialisme typiquement algérien (liens avec Cuba et la France à la fois) tout en épurant le parti, l'armée et l'administration lorsqu'il devient secrétaire général du bureau politique du FLN en avril 1963. Son dauphin désigné est alors le colonel Boumédiène. Après l'adoption d'une constitution, il est élu en septembre 1963 président de République algérienne, il réduit les insurrections kabyles et les diverses oppositions politiques. Soutenu par l'Égypte et par Cuba, il s'engage dans la guerre des sables contre le Maroc. Il se rapproche des puissances communistes, Chine et U.R.S.S..

Partisan du panarabisme et admirateur du colonel Nasser, il entreprend une politique d'arabisation de l'enseignement et fait appel à des instituteurs égyptiens.

Renversement et exil[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Coup d’État du 19 juin 1965.

Il est renversé par le coup d'État de Boumédiène le 19 juin 1965, emprisonné jusqu'en juillet 1979, puis assigné à résidence jusqu'à sa libération en octobre 1980. Durant cette période, vers les années 1970, il épouse Zohra Sellami, le couple adopte par la suite trois enfants[4]. Zohra Sellami décédera le 23 mars 2010 à Paris à l’âge de 67 ans.

Gracié par le président Chadli Bendjedid, il s'exile en Suisse à partir de l'année 1981[4]. Il crée alors le Mouvement pour la démocratie en Algérie et se rapproche d'un autre « chef historique » exilé de la révolution algérienne, Hocine Aït Ahmed.

Il revient en Algérie le 27 septembre 1990. Il assiste à la prestation de serment du président Abdelaziz Bouteflika en 2009 et il prône la réconciliation avec les islamistes en Algérie[12].

Son retour d'exil[modifier | modifier le code]

Après son retour à Alger en 1990, il se retire de la vie politique et se consacre à des dossiers internationaux tels que la Palestine et l'Irak et rejoint les altermondialistes pour lutter contre « la mondialisation capitaliste »[12]. En 1990, il soutient fermement le régime de Saddam Hussein et prône une « alliance arabe contre l'agression occidentale en Irak ». Ainsi il déclare « Les Algériens iront combattre, car là-bas ce sont les intérêts de tous les Arabes qui sont menacés et nous assistons à la naissance d'une croisade, une autre croisade lancée contre les peuples arabes »[13].

En 1995, Ben Bella signe à Rome, avec les représentants de six autres formations et des personnalités politiques, la Plate-forme de Sant'Egidio pour la sortie de crise et pour le retour à la paix. Les signataires du « Contrat national » dit de Rome s'entendent sur un contrat politique constitué d'un ensemble d’engagements dont les plus importants sont l’alternance au pouvoir, la liberté de culte, la primauté de la loi légitime sur tout autre loi issue d’assemblées non élues légitimement, l’égalité des citoyens sans distinction d’aucune sorte, l’accession au pouvoir par des moyens pacifiques, le rejet de la violence pour se maintenir au pouvoir ou pour y parvenir.

Il se présente à la presse internationale comme le champion de la lutte contre le colonialisme occidental et le défenseur du panarabisme[13]. Il déclare dans Jeune Afrique en mai 2011 : « Il faut faire l'Union du Maghreb. C'est tout à fait possible. Comment pourrais-je penser autrement alors que, même si je suis né en Algérie, même si j'ai été le chef de la rébellion algérienne, ma mère et mon père étaient tous deux marocains. »[13].

En 2007, il est nommé président du groupe des Sages de l'Union africaine[4]. Par la suite, il devient membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.

Décès et funérailles[modifier | modifier le code]

Le 4 janvier 2012, il est transféré d'urgence dans un hôpital parisien[14]. Le 11 avril 2012, il meurt à Alger. Le gouvernement algérien décrète un deuil national de huit jours ; ses funérailles sont suivies par les plus hautes autorités algériennes et par des chefs d'État ou de gouvernement des pays voisins. En revanche, la presse algérienne relève le « silence troublant de la France officielle », l'attribuant directement, en plein cœur de la campagne présidentielle française, à une volonté de récupérer « l'électorat d'extrême droite, des Pieds-Noirs »[15]. Il est inhumé le 13 avril 2012 à Alger au carré des Martyrs du cimetière El-Alia.

Lors de son décès et de ses funérailles, au niveau international, de nombreux États, personnalités, mouvements et médias se sont manifestés pour lui rendre un dernier hommage.

Le 16 avril 2012, le président de la République algérienne Abdelaziz Bouteflika annonce la publication d'un décret renommant l'aéroport d'Oran : « Aéroport international d'Oran Ahmed Ben Bella », en hommage au premier président de la République Ahmed Ben Bella[16].

Reconnaissances[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ahmed Ben Bella, France Culture, « À voie nue », Séverine Labat (5 émissions de 28 minutes - mai 2005)
    1/5- Les années de formation

    2/5- Révolutionnaire professionnel
    3/5- À la tête de la République Algérienne indépendante
    4/5- Les grandes causes défendues
    5/5- Réconciliateur national
  2. « Ahmed Ben Bella, premier président de l'Algérie, est mort », sur Le Parisien,‎ 11 avril 2012 (consulté le 11 avril 2012)
  3. L'Algérie en guerre: Abane Ramdane et les fusils de la rébellion de Bélaïd
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i Ben Bella, héros de l'indépendance algérienne, Le Monde.fr du 11/04/2012
  5. Ben Bella est mort
  6. http://www.aljazeera.net/programs/pages/13a59a82-cf24-4e8b-bf03-790355402735
  7. « Un nationaliste arabe francophone et un Berbère réfractaire au berbérisme », sur El Watan,‎ 17 avril 2012 (consulté le 17 avril 2012)
  8. Effectif - 1939/1940 (D1-se) - Ahmed Ben Bella - OM-Passion - Olympique de Marseille
  9. Ahmed Ben Bella, « De Gaulle voyait plus loin », L'Express,‎ 26 octobre 1995 (lire en ligne).
  10. Robert Merle, Ahmed Ben Bella, Edició de Materials,‎ 1965.
  11. Algérie : qui était Ben Bella, in L'Express, 11 avril 2012
  12. a, b et c Décès de Ahmed Ben Bella, premier président de l'Algérie, Le Monde.fr avec AFP du 11/04/2012
  13. a, b et c L'Algérie en deuil d'Ahmed Ben Bella, Patrick Bèle, Le Figaro.fr, 11 avril 2012
  14. Chadli Bendjedid et Ahmed Ben Bella hospitalisés à Paris. Le Matin du 5 janvier 2012.
  15. « Mort d'Ahmed Ben Bella : le silence troublant de la France officielle », Le Matin,‎ 13 avril 2012 (lire en ligne).
  16. "L’aéroport international d’Oran Essenia baptisé du nom d’Ahmed Ben Bella ", sur le site d'Algérie Presse Service. Consulté le 16/04/2012.
  17. Robert Merle, Ahmed Ben Bella, Edició de Materials, 1965, p. 59
  18. a et b (ru)Héros de l'Union soviétique №11221 Consulté le 7 décembre 2012 sur warheroes.ru

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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