Mostefa Ben Boulaïd

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mostefa Ben Boulaïd
Image illustrative de l'article Mostefa Ben Boulaïd

Naissance 5 février 1917
Arris, Algérie
Décès 22 mars 1956 (à 39 ans)
Village de Nara, Menaa, Algérie
Mort au combat
Origine Drapeau de l'Algérie Algérie
Allégeance FLN
Grade Adjudant Drapeau : France
Chef de l'ALN Drapeau : Algérie
Années de service 19391956
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Algérie
Commandement ALN,Wilaya I
Faits d'armes Campagne d'Italie Drapeau : Italie
Bataille d’Ifri el blah Drapeau : Algérie
Bataille d'Ahmar KhaddouDrapeau : Algérie
Distinctions Croix de guerre
Médaille militaire
Mausolée à Arris
Hommages 1er novembre 1954
Autres fonctions Approvisionnement militaire, direction

Mostefa Ben Boulaïd ou Mustapha Ben Boulaid (en chaoui : El Musṭafa ou Bulεid, El mustafa Ou si m'hend), né le 5 février 1917 à Arris et mort le 22 mars 1956 dans le massif de l'Aurès, est un militant nationaliste algérien, un des fondateur du Front de libération nationale en 1954, commandant de la zone Aurès au début de la guerre d'Algérie.

Biographie[modifier | modifier le code]

chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement de la révolution du 1er novembre 1954. (Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'Hidi à droite.)
Origines et formation

Mostefa Ben Boulaïd est issu d'une famille chaouia aisée d'Arris, chef-lieu de la commune mixte de l'Aurès.

En 1939, il accomplit le service militaire obligatoire et est mobilisé durant la Seconde Guerre mondiale. En 1944, il se distingue par son courage pendant la campagne d'Italie, ce qui lui vaut la médaille militaire et la croix de guerre 1939-1945.

Le militant nationaliste (1945-1954)

Démobilisé avec le grade d'adjudant, il regagne sa ville natale, où il milite dans les rangs du Parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj, puis du MTLD. Il joue un rôle important dans l'OS, branche armée clandestine du parti, à l'intérieur de laquelle il mène une intense activité de formation politique et militaire des jeunes. Il commence à se procurer des armes en les achetant avec ses propres deniers et participe à l'hébergement des militants pourchassés par les autorités. Il supervise personnellement la distribution des armes à ces militants. En 1948, il participe aux élections à l'Assemblée algérienne et obtient une large victoire. Cependant, les résultats sont falsifiés par les autorités françaises.

Membre du comité central du PPA-MTLD, il rompt avec les membres de ce comité lors de la crise qui oppose les centralistes à Messali Hadj.

Aux origines du FLN (1954)

En mars 1954, il est l'un des fondateurs du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA) et préside la « réunion des 22 » du 25 juin 1954 à Alger, qui vise à établir une vision uniforme autour de la question du déclenchement de la lutte armée. En octobre 1954, lorsque le CRUA devient le Front de libération nationale (FLN), il est l'un des membres du « Comité des six » chefs insurrectionnels (avec Mohammed Boudiaf, Larbi Ben M'hidi, Rabah Bitat, Didouche Mourad et Belkacem Krim) et responsable de la zone I (Aurès).

Le combattant (1954-1956)

Il dirige les opérations du 1er novembre 1954 (Toussaint rouge) dans l'Aurès, région qui joue un rôle particulièrement important dans cette journée qui marque le début de la guerre d'Algérie et qui va subir dès les premiers mois une très forte répression.

En 1955, il se rend en Libye pour approvisionner les militants en armes. Il participe aux deux batailles d’Ifri el blah et Ahmar Khaddou.

Photo prise après son arrestation en Tunisie (11 février 1955), Ben Boulaïd réussit à transmettre un message symbolisant l'unité avec ses deux pouces.

Il est arrêté le 11 février 1955 en Tunisie ; condamné à mort par le tribunal de Constantine, il est incarcéré à la prison centrale de Constantine. Il s'en évade en novembre 1955 avec plusieurs autres détenus dont Tahar Zbiri[1], grâce à la complicité d'un gardien de prison, Djaffer Chérif, lui aussi aurésien. Au cours de cette évasion, un de ses compagnons chute, se blesse et, repris, sera par la suite guillotiné. C'est en commun accord, au tirage au sort, que l'ordre d'évasion s'est déroulé.

La tombe de Si moustefa à droite et son compagnon Amrani à gauche à Nara, Menaa, wilaya de Batna

Revenu dans le maquis, Mostefa Ben Boulaïd est tué le 22 mars 1956 avec un de ses proches collaborateurs, Abdelhamid Lamrani, suite à l'explosion d'un poste radio piégé parachuté par l'armée française (d'après la version officielle).

Décorations[modifier | modifier le code]



Hommages[modifier | modifier le code]

Le buste de Mostefa Benboulaïd à Arris dans la wilaya de Batna.

Héros national de l'Algérie, sa mémoire est honorée par un buste sur les places principales de Batna et d'Arris.

Un certain nombre de lieux et établissements portent son nom :

  • une allée à Batna
  • une des plus grandes avenues d'Annaba, boulevard Bertagna, qui relie le Cours de la Révolution (anciennement Cours Bertagna) aux quartiers Saint-Cloud, Plaisance et Kouba, et aux plages de Chapuis et Toche
  • un lycée à Batna et un autre à Aïn El Hammam
  • une école primaire à Mohammadia (Alger)
  • l'aéroport de Batna.
Film

En 2006-2007, Ahmed Rachedi tourne un film sur Mostefa Ben Boulaïd, dans le cadre de la manifestation « Alger, capitale de la culture arabe 2007 », produit avec la collaboration du ministère des Moudjahidine, du ministère de la culture et de l'entreprise « Missane Balkis films »[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tahar Zbiri est un des auteurs du coup d'État manqué contre Houari Boumédiène en 1967.
  2. Le film sur Mostefa Ben Boulaïd

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]