Si Salah

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Si Salah
Ben Rabeh Mohamed Zamoum
Ben Rabeh Mohamed Zamoumdit Si Salah
Ben Rabeh Mohamed Zamoum
dit Si Salah

Naissance 1928
Ain Taya Drapeau de l'Algérie
Décès 1961 (à 33 ans)
Maillot (Bouira) Drapeau de l'Algérie
Mort au combat
Origine AlgérieDrapeau de l'Algérie
Allégeance FLN-ALN
Grade Commandant
Conflits Drapeau de l'Algérie Guerre d'Algérie Drapeau de la France
Commandement Wilaya IV (1958-1961)
Autres fonctions Membre de l'Organisation spéciale
(1952)
Nommé adjoint à l'État-Major Général (1957)
(Poste non occupé)
Membre du CNRA
(1958)
Famille 1 frère Ali Zamoum (1933-2004)

Si Salah, de son vrai nom Ben Rabeh Mohamed Zamoum (1928 - 1961), est un militant nationaliste algérien, commandant de l'ALN et chef par intérim de la wilaya IV durant la guerre d'Algérie. Il est le frère de Ali Zamoum, militant nationaliste de la première heure.

Biographie[modifier | modifier le code]

Si Salah est né à Ain Taya, près d'Alger, d'un père instituteur. Après avoir atteint le niveau du brevet élémentaire, il occupe le poste de secrétaire de la mairie d'Ighil Imoula, en Kabylie. En 1953, il est condamné pour vol et usage frauduleux de cachets officiels au profit de l'Organisation spéciale. Arrêté par la Police de renseignements généraux et incarcéré à la prison de Tizi Ouzou, il subit la torture pendant 22 jours sans dire un mot. Libéré au début de l'année de 1954. Il participe aux côtés de Krim Belkacem, Amar Ouamrane et de Dehilès Slimane, au soulèvement de la Toussaint. Il est activement recherché par la police française et condamné à mort par contumace par le Haut Tribunal militaire.

En 1957, il rejoint l'armée des frontières basée au Maroc, puis est nommé adjoint du colonel Boumédiène chef de l'État-Major Général, mais sans rejoindre ce poste. En 1958, il succède à Si Mohammed alias colonel Bouguerra à la tête de la wilaya IV et en même temps membre du CNRA. Il fait un voyage en Tunisie pour faire parvenir aux maquis des armes et des munitions d'où il est revenu « écœuré des intrigues qui occupent les représentants du GPRA à Tunis beaucoup que le sort des maquisards qui se battent dans les maquis ».

D'avril à juin 1959, la wilaya IV reste en proie à la « bleuite » : 489 cadres seront exécutés sous ses ordres, la « purge » est conduite par son adjoint militaire, Si Mohamed, alias Bounaama Djilali.

Rencontre secrète avec De Gaulle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Si Salah.

Au début de l'année 1960, avec les opérations intensives et meurtrières du plan Challe, Si Salah, persuadé que la guerre risquait d’être perdue si aucun secours ne parvenait de l’extérieur, ne dissimule pas devant ses troupe sa rancœur vis-à-vis du GPRA et l'armée des frontières à sa tête le colonel Boumédiène. Il charge trois de ses officiers de prendre contact avec les français pour entamer des pourparlers de paix sans l'accord du GPRA[1]. Les discussions furent menées du côté français par Bernard Tricot et le colonel Mathon. Elles aboutissent à un accord sur la remise des armes et la destination des combattants. Pour décider leurs interlocuteurs à s'engager et pour les aider à convaincre leurs camarades des wilayas voisines, les négociateurs français conduisirent Si Salah et ses adjoints Si Mohammed et Si Lakhdar (ce dernier est très réticent), à l'Élysée le 10 juin 1960. Le général de Gaulle les reçoit avec bienveillance[1], mais leur annonce son intention de lancer un dernier appel au GPRA pour qu'il accepte la « paix des braves » le 14 juin. Celui-ci répond positivement, envoie une délégation à Melun du 25 au 29 juin pour préparer une rencontre entre le président du GPRA Ferhat Abbas et celui de la République française. Faute d'un accord préalable sur la remise des armes, le général de Gaulle met fin aux entretiens. Si Salah remisé dans les oubliettes. Pendant ce temps, Si Mohammed fait exécuter Si Lakhdar, puis arrêter Si Salah, qui tentait de rallier la wilaya III à son initiative. Les deux hommes périssent un an plus tard.

Mort[modifier | modifier le code]

Si Salah sera tué le 20 juillet 1961, sur une crête du Djurdjura à Maillot (aujourd'hui M'Chedillah), près de Bouira. Selon Pierre Montagnon[1], il a été tué par le Commando Georges, un commando de chasse de l'armée française, tandis que pour Michèle Cointet, il a été « exécuté » par les services spéciaux français[2].
Convoqué par le GPRA, il se rendait en Tunisie, avec une faible escorte. Ses derniers mots seront : « De Gaulle nous a trahis. C'est lui le responsable de mon sort[1]. »

Tous les témoins algériens de la rencontre du 10 juin 1960 à l’Élysée ont disparu. les témoins français, eux, ont reçu ordre de se taire[1].

Hommages[modifier | modifier le code]

Une école, un boulevard et une rue porte le nom de Si Salah en l'Algérie depuis l'indépendance à Boghni, Bouira et Alger.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Pierre Montagnon, L'affaire Si Salah - Secret d'État, Pygmalion Éditions, 1987, (ISBN 978-2-85704-226-6)
  2. Michèle Cointet, Portrait, Nouvelle Revue d'Histoire, n°57, novembre-décembre 2011, p.10.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Si Salah.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]