Anjouan

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Anjouan
Ndzuwani
Carte d'Anjouan
Carte d'Anjouan
Géographie
Pays Drapeau des Comores Comores
Archipel Comores
Localisation Canal du Mozambique (océan Indien)
Coordonnées 12° 15′ 00″ S 44° 25′ 00″ E / -12.25, 44.41666712° 15′ 00″ S 44° 25′ 00″ E / -12.25, 44.416667  
Superficie 424 km2
Point culminant 1 595 m
Géologie Île volcanique
Administration
Démographie
Population 250 000 hab.
Densité 589,62 hab./km2
Gentilé Anjouanais
Plus grande ville Mutsamudu
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+3

Géolocalisation sur la carte : Comores (relief)

(Voir situation sur carte : Comores (relief))
Anjouan
Anjouan
Îles de l'Union des Comores

Anjouan (en arabe حنزوان ḥunzuwān Ounzuwani en comorien ou Anjoane ou Johanna) est à la fois un état fédéré de l'Union des Comores et une île de l'archipel des Comores située dans l'océan Indien. Sa capitale est Mutsamudu et sa population est d'environ 250 000 habitants. Sa superficie est de 424 km2.

Drapeau d'Anjouan.

Histoire[modifier | modifier le code]

Aux environs de 1500 est fondé le sultanat de Ndzuwani, qui englobe toute l'île.


En 1851, par l'Expédition d'Anjouan, les États-Unis impose à Anjouan un traité de commerce privilégié. L'île devient protectorat français en 1866.

En 1891, une révolution des paysans pauvres et des esclaves menace très sérieusement la domination de la France sur l’île, les Français l'évacuent avant de la reconquérir au prix d’une expédition militaire[1].

Le 25 juillet 1912, les îles de l'archipel des Comores, dont fait partie Anjouan, sont rattachées à la colonie de Madagascar. L'archipel des Comores devient un des éléments du territoire d'outre-mer territoire des Comores en 1946.

Par le référendum du 22 décembre 1974, Anjouan choisit l'indépendance vis-à-vis de la France — au contraire de Mayotte — et son intégration au nouvel État comorien. En 1974, les Anjouanais se prononcent à 99,5 % contre le maintien du statut de TOM de la République française (soit 42 voix pour le maintien).

Depuis l'indépendance, l'archipel subit de nombreux troubles et ne parvient pas à trouver le chemin de la démocratie. Il fait l'objet de coups d'État violents et de prises de main expéditives, soutenus occasionnellement par des mercenaires comme le Français Bob Denard, ultérieurement arrêté et condamné par la France.

La première crise séparatiste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : crise séparatiste de 1997.

En 1997, Anjouan et Mohéli proclament unilatéralement leur indépendance de la République fédérale islamique des Comores. Cette tentative de sécession entraîne un embargo mené par la RFIC et l'OUA. La France refuse. Alors qu'en 1998, sous l'égide de l'OUA, Mohéli accepte de nouveau l'autorité de Moroni, Anjouan refuse toujours.

Carte portugaise du XVIIe siècle
Carte française du XVIIIe siècle
Le sultan Saïd Mohamed

Le pouvoir sur l'île passe aux mains d'un triumvirat présidé par le foundi (« le maître ») Abdallah Ibrahim, non francophone, âgé de 80 ans, Said Abeid Abdérémane, coordinateur national, et Mohamed Bacar. Le pouvoir central cherche alors à retrouver son autorité par la force mais échoue, militairement et politiquement. En 1999, Abdallah Ibrahim, résigné, confie le pouvoir à Abeid, le Coordinateur national. Le 9 août 2001, Abeid est écarté par un coup d'État de la gendarmerie au profit de Bacar.

Bacar entame alors un long processus politique de réconciliation avec Azali Assoumani après la prise de pouvoir de celui-ci en Grande Comore afin de créer une nouvelle entité, l'Union des Comores, où les îles bénéficient d'une très large autonomie. Bacar échappera à plusieurs coups d'État dont un mené par Abeid.

Chaque année de nombreux Comoriens d'Anjouan et Mohéli tentent, dans une certaine indifférence internationale, de rejoindre Mayotte dans des embarcations de fortune, les kwassa-kwassa, ce qui entraîne au passage la mort de nombreux naufragés — 100 à 200 chaque année. On peut expliquer ce changement d'opinion des Comoriens par la grande misère que traversent leurs îles et par la situation enviée de la petite voisine mahoraise.

De son côté, Mayotte accueille malgré tous les exilés, même si elle voit sa population croître très rapidement. La population de Mayotte — 190 000 habitants fin 2007 — est composée de 30 % de réfugiés en provenance d'Anjouan. Cette situation pose de graves problèmes démographiques et sociaux mettant en jeu l'avenir et la stabilité économique de l'île où le contrôle des naissances se heurte aux tabous d'une population très majoritairement musulmane.

Aussi, la France souhaite le rétablissement de la paix civile à Anjouan, afin de faciliter le retour rapide des exilés[réf. nécessaire]. L'Union des Comores reste encore fragile, mais aussi bien la France que l'Union africaine et les populations de Mayotte et Anjouan espèrent une normalisation de la situation.

La seconde crise séparatiste[modifier | modifier le code]

Des soldats fidèles à Mohamed Bacar ont pris le contrôle de la capitale d'Anjouan en mai 2007. Bacar, qui était devenu pour la première fois président d'Anjouan en 2002, cherche à obtenir l'indépendance de l'île.

Le 10 juin 2007, Mohamed Bacar est réélu au premier tour de l'élection à la présidence de l'île d'Anjouan. Le gouvernement de l'Union des Comores, qui avait ordonné le report, estime que le scrutin s'est tenu dans l'« illégalité totale » et l'élection n'est pas reconnue par l'Union africaine (UA). Seule l'Afrique du Sud intervient diplomatiquement pour prévenir une intervention militaire de l'UA. Après l'annonce le 31 janvier 2008 du président de l'Union de son intention d'intervenir « incessamment pour restaurer l'intégrité de l'État comorien », le colonel Bacar repousse le 28 février 2008 les propositions de médiation internationale d'exil ou reddition[2].

En mars 2008, les préparatifs pour une intervention militaire de l'armée nationale de développement appuyés par les forces de plusieurs nations de l'Union africaine (Soudan, Tanzanie, Libye, Sénégal) et l'aide logistique de la France sont en cours[3]. Le 15 mars, la première opération a eu lieu[4],[5] avec l'aide logistique de l'armée française[6] et un bilan, non confirmé depuis, annonce plusieurs dizaines de tués dans la rébellion [7].

Article détaillé : Invasion d'Anjouan de 2008.

Le 23 mars 2008, le président des Comores annonce avoir autorisé l'armée du pays, appuyée par l'Union africaine, à lancer un assaut contre l'île d'Anjouan. « Hier soir, j'ai donné l'ordre à l'armée nationale de se joindre aux forces de l'Union africaine pour rétablir la légalité républicaine à Anjouan », a déclaré Ahmed Abdallah Sambi dans un discours retransmis en direct. « Dans les heures ou les jours qui viennent, Anjouan sera libéré par la force ou, j'ose l'espérer, les rebelles se rendront afin d'éviter un affrontement. ». Le débarquement a lieu le 25 mars 2008 ; la capitale tombe dans la journée et le colonel Bacar prend la fuite[8]. Arrivé avec quelques soldats sur l'île de Mayotte, il demande l'asile politique à la France qui, ayant étudié le dossier, rejette sa demande en décembre. Il obtient finalement l'asile politique au Bénin. Un an près le conflit, 57 militaires anjouanais étaient encore détenus sans procès à la prison de Kandani[9].

Politique[modifier | modifier le code]

L'assemblée législative de l'île autonome d'Anjouan comporte 25 sièges et a été élue le 14 et 21 mars 2004. Vingt sièges ont été remportés par les partisans de Mohamed Bacar et cinq par les partisans de Azali Assoumani.

Le colonel Mohamed Bacar a été élu en 2002 à la présidence d'Anjouan. Sa réélection en 2007 est contestée et déclarée illégale par le gouvernement des Comores[10]. Suite à l'intervention militaire de l'Union africaine, une élection présidentielle est organisée les 15 et 29 juin 2008 qui est remportée avec 52 % des voix par Moussa Toybou, un proche du président de l'Union Ahmed Abdallah Sambi, face à Mohamed Djaanfari[11].

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : économie des Comores (pays).
1-centime Navigation & Commerce, affranchis le 25 mai 1894.

L'île d'Anjouan est la principale zone de production agricole de l'Union. Les principales ressources de devises sont la vanille, l'ylang-ylang et le girofle, ces deux dernières productions étant récoltées principalement dans l'île. La production des fruits et des légumes y est aussi importante et des exportations ont lieu vers Mayotte. On y cultive également un peu de riz, mais très insuffisamment pour l'autosuffisance. D'autre part les habitudes alimentaires prises de consommer des produits exotiques (farine, riz, pomme de terre...) déstabilisent la production.

L'île abrite le port hauturier de Mutsamudu et l'école des pêches. L'île possède de grandes plages de sable noir et très peu de sable blanc, le tourisme y est donc confidentiel.

Géographie[modifier | modifier le code]

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Le territoire de l'île d'Anjouan est divisé en communes (Loi no. 11-006/AU du 02 mai 2011, promulguée le 21 juillet 2011). Pour des raisons administratives les communes sont groupées en préfectures, et réparties comme suit[12] :

Villes[modifier | modifier le code]

Sites touristiques[modifier | modifier le code]

  • La citadelle de Mutsamudu, le marché de la ville
  • Le mausolée du Président Ahmed Abdallah à Domoni
  • Le Parc du Mont Ntringui qui inclut le lac Dzialandze et le mont Ntringui
  • La région de Sima où se trouvent de nombreuses exploitations de plantes à parfum qui donnent leur surnom aux îles des Comores.
  • Les chutes de Tratringa, à Bambao Page d'aide sur l'homonymie, et la rivière du même nom.
  • La plage de Moya et le col du même nom que les enfants dévalent sur des caisses à savon.
  • La rivière de Jomani et le Cap Mangeat à l'entrée de Domoni.
  • Le mur de Momoni (uhura wa muji) à Domoni

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Entretien avec le professeur Jean Martin », RFO,‎ 13 février 2009 (consulté le 14 février 2009)
  2. (fr) « Les événements à Anjouan depuis 2007 », Nouvel Obs.com,‎ 25 mars 2008 (consulté le 25 mars 2008)
  3. (fr) Comores : chronique d’un débarquement annoncé sur l’île d’Anjouan , Afrik-Com, 10 mars 2008
  4. (fr) Anjouan: accrochage armée comorienne-forces du colonel Bacar, AFP, 16 mars 2008
  5. (fr) L’armée comorienne serait entrée dans l’île d’Anjouan, Afrik-Com, 17 mars 2008
  6. (fr) 17/03/08 - Comores : Soutien au déploiement des troupes de l'UA, États-Major des Armées française, 17 mars 2008
  7. (fr) Comores: "des dizaines d'éléments de la rébellion" tués à Anjouan, selon l'armée, AFP, 17 mars 2008
  8. (fr) « L'armée comorienne assure contrôler toute l'île d'Anjouan », La Tribune.fr,‎ 25 mars 2008 (consulté le 25 mars 2008)
  9. (fr) Mayotte Hebdo du 6 mars 2009 : Comores : 57 militaires anjouanais détenus arbitrairement.
  10. (fr) [Anjouan: l'Union des Comores veut organiser une présidentielle en mai, AFP, 18 mars 2008]
  11. (fr) « Comores: Moussa Toybou élu président d'Anjouan, selon les résultats provisoires », Agence France Presse,‎ 29 juin 2008 (consulté le 29 juin 2008)
  12. (http://halidiallaoui.over-blog.com/article-comores-les-decrets-du-21-juillet-2011-promulgant-les-lois-sur-l-organisation-territoriale-et-sur-l-84510874.html)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Le combat d'Anjouan, le 25 juillet 1720 entre des pirates et un bateau britannique.
  • L'invasion d'Anjouan, le 25 mars et 26 mars 2008 par les forces comoriennes et l'Union africaine.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Allibert (dir.), Anjouan dans l'histoire, Institut national des langues et civilisations orientales, Paris, 2000, 235 p. (ISBN 978-2-85831-100-2) (numéro de Études Océan Indien, 0246-0092, 29, 2000)
  • Kamardine Mohamed Sinane, Relations homme-littoral à Anjouan (Archipel des Comores), Université de La Réunion, 2007, 108 p. + 1 DVD (mémoire de recherche 2e année de Géographie)
  • Michel Louette, Hachime Abdérémane, Ibrahim Yahaya (et al.), Atlas des oiseaux nicheurs de la Grande Comore, de Mohéli et d'Anjouan, Musée royal de l'Afrique centrale, Tervuren, 2008, 240 p. (ISBN 978-90-74752-37-4)
  • Jean Martin, « Les débuts du protectorat et la révolte servile de 1891 dans l'île d'Anjouan », Revue française d'histoire d'outre-mer, t. 60, no 218, 1er trimestre 1973, pp. 45-85 [1].
  • Claude Robineau, Société et économie d'Anjouan (océan Indien), Office de la recherche scientifique et technique outre-mer, Paris, 1966, 260 p. + pl. [texte remanié d'une thèse de doctorat de Sciences économiques, Paris, 1962]
  • Eddy Moulston, Les événements politiques et militaires à l'île d'Anjouan en 1997, Université de La réunion, 2002, 182 p. (mémoire de maîtrise d'Histoire)
  • Aïnouddine Sidi, Anjouan, l'histoire d'une crise foncière, Paris, l'Harmattan, CEROI-INALCO, 1998, 339 p. (ISBN 2-7384-6963-9)
  • Mohamed Tadjiddine, Lieux sacrés–lieux maudits à Jimilime dans l'île d'Ani-Uan, ENES (Comores), 1989, 48 p. (mémoire de Lettres)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Anjouan : pour un développement communautaire, film de Benoît Théau et Christian Auxéméry, ORCADES, Poitiers, 2002, 26' (VHS)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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