Histoire des chemins de fer algériens

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Quais d'Alger avec tramway et la gare au fond à droite (vers 1900)

L'histoire des chemins de fer algériens commence en 1857 durant la colonisation française de l'Algérie . Elle se poursuit depuis l'indépendance du pays.

Création du réseau au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La concrétisation des projets de chemin de fer en Algérie, intervient le 8 avril 1857[1], par un décret du gouvernement français qui autorise la construction de 1 357 km de voies ferrées dans sa colonie d'Algérie. Le premier chantier débute le 12 décembre 1859, il porte sur la construction de la ligne d'Alger à Blida. Sa gestion est confiée à la société privée dénommée Compagnie des chemins de fer algériens.

Les travaux de construction sont également entrepris pour relier Oran à Saint-Denis-du-Sig ainsi qu'une liaison entre le port de Philippeville (l'actuel Skikda) et Constantine, mais les problèmes financiers poussent la compagnie à en interrompre les travaux et à développer la ligne d'Alger à Blida, qui sera ouverte le 8 septembre 1862.

Cinq autres compagnies sont créées pour construire les lignes restantes : la Compagnie des chemins de fer Bône-Guelma[2] (BG), la Compagnie de l'Est Algérien (EA), la PLM réseau d'Algérie (PLM), la Compagnie de l'Ouest Algérien (OA) et la Compagnie Franco-Algérienne.

L'objectif des 1 357 km est atteint et même dépassé, avec des tronçons construits représentant 1 365 km de voie et touchant presque toutes les villes importantes d'Algérie.

Le 18 juillet 1879, une nouvelle campagne d'investissement est lancée à l'échelon national pour renforcer les lignes « d'intérêt général » avec comme objectif d'ajouter 1 747 km au réseau existant. La construction de ces lignes dites « d'intérêt local » est laissée à la charge des investisseurs privés et des collectivités locales. Dans les trente ans qui suivent, 2 035 km de ligne chemin de fer s'ajoutent, constituant le réseau ferroviaire algérien.

Les grandes évolutions du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Restructurations et poursuite de l'extension[modifier | modifier le code]

En 1900, la Compagnie franco-algérienne, endettée, perd sa concession. Le même sort touche la Compagnie des chemins de fer Bône-Guelma en 1905 puis celle de l'Est Algérien en 1908.

À partir du 27 septembre 1912, les réseaux des compagnies en faillite passent sous le contrôle de la Compagnie des Chemins de fer algériens de l'Etat (CFAE), qui s'appuie sur la compagnie survivante, la filiale algérienne de la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée, la PLMA.

Entre 1907 et 1946 une troisième campagne d'investissement ajoute 1 614 km au réseau.

Le 1er juillet 1921, les lignes existantes sont réparties entre les compagnies CFAE et PLMA : ce partage dura jusqu'au 30 mai 1938, date à laquelle les lignes d'intérêt général des deux compagnies sont nationalisées et rattachées à la Société nationale des chemins de fer français (SNCF). La gestion des lignes algériennes est alors confiée à compter du 1er janvier 1939 à l'office des Chemins de fer Algériens (OCFA).

À la fin de la Seconde Guerre mondiale le réseau ferroviaire algérien s'étend sur 5 015 km. Le service proposé est identique à celui de la Métropole, supérieur parfois: trains de nuit composés de voitures-lits, trains rapides de jour INOX de style Mistral, diésélisation totale contrairement à la SNCF qui exploite encore de nombreuses locomotives à vapeur.

La transition[modifier | modifier le code]

Le 30 juin 1959, l'État français et l'OCFA signent une convention créant la Compagnie des chemins de fer français en Algérie (CCFA), qui devient la Société nationale des chemins de fer algériens (SNCFA) le 16 mai 1963[3]. Le matériel français est conservé mais, rapidement, des commandes de locomotives et de voitures, provenant des Pays du bloc soviètique, complètent le parc.

  • En 1975, le révolutionnaire TRANS-MAGHREB Casablanca-Oran-Alger-Tunis, entièrement composé d'un nouveau matériel INOX construit en France, est mis en service. Mais très rapidement, des problèmes politiques entre les Etats traversés provoquent sa limitation puis son arrêt définitif dans les années 1980.

Le 31 mars 1976 à la fin de la concession de l'État français, l'état algérien divise la SNCFA en trois organismes distincts.

Le réseau de l'Algérie indépendante[modifier | modifier le code]

En 2010, les chemins de fer algériens sont gérés par la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF), qui assure l'exploitation du réseau ferré algérien et l'Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF), qui veille à la bonne réalisation des projets ferroviaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site Alger-roi, Pierre Morton, Le développement des chemins de fer en Algérie lire en ligne (consulté le 13 novembre 2010).
  2. Site Archives de France, BORA archives privées : 156 AQ 1 à 105 Compagnie des chemins de fer Bône-Guelma lire en ligne (consulté le 13 novembre 2010).
  3. Journal officiel de la République Algérienne, Ministère de la reconstruction des travaux publics et des transports : Décret no 63-183 du 16 mai 1963, 28 mai 1963, p. 542 intégral (consulté le 21 novembre 2010)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Hamel, Les chemins de fer algériens: étude historique sur la constitution du réseau. Le classement de 1857, A. Jourdan, 115 p., 1885.
  • Pierre Morton, Le développement des chemins de fer en Algérie, dans revue du Cercle généalogique Algérie - Maroc - Tunisie, octobre 2000 (intégral).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]