Mohéli

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Mohéli
Carte de Mohéli.
Carte de Mohéli.
Géographie
Pays Drapeau des Comores Comores
Archipel Comores
Localisation Canal du Mozambique (océan Indien)
Coordonnées 12° 19′ 28″ S 43° 44′ 22″ E / -12.324573, 43.73931912° 19′ 28″ S 43° 44′ 22″ E / -12.324573, 43.739319  
Superficie 290 km2
Géologie Île volcanique
Administration
Démographie
Population 35 400 hab. (2003)
Densité 122,07 hab./km2
Plus grande ville Fomboni
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+3

Géolocalisation sur la carte : Comores (relief)

(Voir situation sur carte : Comores (relief))
Mohéli
Mohéli
Îles de l'Union des Comores

Mohéli, aussi appelée Mwali en shikomori, est à la fois un état fédéré de l'Union des Comores et l'une des quatre principales îles qui composent l'archipel des Comores, lui-même situé dans l'océan Indien à l'entrée nord du canal du Mozambique. C'est la plus petite et la plus touristique des trois îles de l'Union des Comores. Sa population était en 2003 d'environ 35 400 personnes et sa capitale est Fomboni. Les principaux groupes ethniques qui l'ont composée, comme pour toutes les autres îles, sont d'origines bantoue, arabe, malaise, malgache et européenne. Mais la religion pratiquée par l'ensemble de la population est l'islam.

Drapeau de Mohéli.

Géographie[modifier | modifier le code]

Chute d'eau dans la forêt tropicale

L'île de Mohéli est la plus ancienne des îles de l'Union des Comores, et contrairement aux autres, elle possède des sols argileux qui peuvent retenir l'eau. C'est également la plus petite de ces îles.

Faune[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Faune des Comores.
Tortue verte à Ouallah

L'île possède de nombreuses plages de sable blanc où viennent se reproduire les tortues vertes. Un parc marin a été créé en 1999 en partenariat avec les associations villageoises. Cette initiative exemplaire a été finaliste pour le prix de l'Initiative Équateur par les Nations unies en 2002[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le drapeau séparatiste.

On estime que le premier établissement de migrants venant de Madagascar a eu lieu au IXe siècle. Mohéli s'est trouvée soumise au sultanat d'Anjouan jusqu'en 1830. Cette année-là, des migrants de Madagascar conduits par Ramanetaka, qui plus tard changea son nom en Abderemane, prirent l'île et établirent le sultanat de Mohéli. En 1886, la France y établit un protectorat. Plusieurs révoltes ont lieu, en 1899 et 1902, réglé dans le sang[2]. En 1909, suite à une rocambolesque histoire d'amour, la France annexe l'île, la dernière reine, Salima Machamba avait abdiqué et supprime le sultanat en 1912[3].

En 1975, Mohéli, les îles d'Anjouan et de la Grande Comore créent la République des Comores, à la suite de la proclamation unilatérale de l'indépendance par Ahmed Abdallah, chassé du pouvoir trois semaines plus tard par Ali Soilih (1975-1978). À son retour au pouvoir, Ahmed Abdallah instaure la République fédérale islamique des Comores (RFIC) en 1978, avec l'aide de mercenaires français. Le pouvoir politique de la RFI des Comores est alors situé en Grande Comore et l'administration est gérée par une majorité d'Anjouanais, émigrés là-bas. Cet état de fait mécontente les Mohéliens qui, à plusieurs reprises, manifestent et demandent leur rattachement à la France.

En 1991, Mohéli proclame son indépendance, Saïd Mohamed Djohar envoie les troupes[2].

Article détaillé : Crise séparatiste de 1997.

Mais ce n'est que le 11 août 1997, lorsque Mohéli rejoint Anjouan, qui avait proclamé son indépendance une semaine plus tôt, que celle-ci obtient une indépendance de fait. Said Mohamed Saifou devient président et Soidri Ahmed premier ministre. Après négociation, Mohéli rejoint cependant la RFI des Comores en 1998. Depuis lors, les dirigeants de Mohéli essaient de rapprocher les points de vue entre Anjouan et la Grande Comore.

En décembre 2001, un commando de 13 mercenaires fut défait par l'armée nationale de développement avec un seul blessé dans ses rangs[4].

En 2002, Mohéli ratifie le traité de la nouvelle constitution de l'Union des Comores, qui laisse une plus grande place à l'autonomie des îles. Est alors élu président Said Mohamed Fazul. Ses partisans ont gagné la majorité des sièges dans la délégation mohélienne au parlement pour les élections législatives de 2004

En 2010 de nouvelles émeutes ont lieu à Foumbouni, Sambi retardant la tenue d'élection qui devait voir un président de l'Union Mohélien.

Politique[modifier | modifier le code]

Said Mohamed Fazul a été élu en 2002 à la présidence de Mohéli face à Mohamed Hassanaly.

L'assemblée législative de l'île autonome de Mohéli comporte dix sièges et a été élue le 14 et 21 mars 2004. Neuf sièges ont été remportés par les partisans de Said Mohamed Fazul et le dernier par ceux d'Azali Assoumani.En 2007, c'est Mohamed Ali Said qui a été élu président de l’île autonome de Mohéli (actuellement président remplacé par gouverneur) face à Said Mohamed Fazul. Après avoir écourté son mandat de 2 ans suite à des problèmes de calendrier électoral, qui devait prendre fin en 2012, Mohamed Ali Said est réélu gouverneur de l'ile autonome de Mohéli face au candidat de la majorité présidentielle Said Ali Hilali. L’élection des conseillers de l’île a été remportée, à la majorité absolue, par le camp de Mohamed Ali Said.

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Le territoire de l'île autonome de Mohéli est divisé en communes [5]. Pour des raisons administratives les communes sont groupées en préfectures, et réparties comme il suit :

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : économie des Comores (pays).

L'île de Mohéli est la plus petite et la plus pauvre des îles. Mais elle dispose de belles plages, d'un parc naturel et d'hôtels, ce qui permet d'espérer un essor du tourisme.

Sites touristiques[modifier | modifier le code]

Plage de sable

Villes et villages principaux[modifier | modifier le code]

L'île de Moheli comporte 4 grandes régions :

  • Dewa
  • Mledjelé
  • Djando
  • Moimbao

Localités de l’île :

  • Fomboni (capitale de l’île et de la région de Dewa)
  • Djoièzi
  • Bandar es salam
  • Boingoma
  • Mbatsé 1
  • Mbatsé 2
  • Nioumachoua (capitale de le region de Mledjelé)
  • Ndrodroni
  • Ouallah 1
  • Ouallah 2
  • Nremeani
  • Miringoni (capitale de le région de Moimbao)
  • Hoani (inclus Ngamaroumbo)
  • Domoni
  • Hamba
  • Barakani
  • Wanani (capitale de le région de Djando)
  • Mlabanda
  • Siry Zouridani
  • Nkangani
  • Hagnamoida
  • Itsamia
  • Hamavouna
  • Moihani

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Archéologie des Comores, tome II, Moheli & Shungwaya : traditions et archéologie, INALCO, Paris, 1989-1991, 194 p. (numéro spécial de Études Océan Indien, no 12, 1991)
  • Claude Chanudet, Contribution à l'étude du peuplement de l'île de Moheli, Institut national des langues et civilisations orientales, Paris, 1988, 675 p. (thèse de 3e cycle d'Études africaines)
  • Christophe Grosdidier, Djoumbe Fatima, reine de Mohéli, l'Harmattan, Paris, Torino, Budapest, 2004, 236 p. (ISBN 2-7475-6953-5) (roman historique)
  • Michel Louette, Hachime Abdérémane, Ibrahim Yahaya (et al.), Atlas des oiseaux nicheurs de la Grande Comore, de Mohéli et d'Anjouan, Musée royal de l'Afrique centrale, Tervuren, 2008, 240 p. (ISBN 978-90-74752-37-4)
  • Jean Aimé Rakotoarisoa, Moheli : contribution à l'étude géographique d'une île comorienne, Université d'Antananarivo, Institut de civilisations : Musée d'art et d'archéologie, 1991, 128 p. (thèse de 3e cycle)
  • Claude Chanudet, Jean-Aimé Rakotoarisoa, Mohéli: une île des Comores à la recherche de son identité, Édition l'Harmattan,‎ 1 janv. 2000, 271 pages p. (ISBN 9782738487360, lire en ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « EQUATOR PRIZE 2002 - FINALISTS »
  2. a et b Abdelaziz Riziki Mohamed, Comores : les institutions d'un État mort-né, L'Harmattan,‎ 2001, 376 p.
  3. (Ursule Salima Machamba 1ère, Dernière reine de Mohéli)
  4. (fr) Un bien étrange coup de force, Radio France internationale, 20 décembre 2001
  5. Loi no. 11-006/AU du 02 mai 2011, promulguée le 21 juillet 2011