Front de libération nationale (Algérie)

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Front de libération nationale
جبهة التحرير الوطني
Jabhat at-Tahrīr al-Waţanī
Présentation
Président Abdelaziz Bouteflika
Fondation 1er novembre 1954
Siège Drapeau de l'Algérie Hydra (Alger)
Secrétaire général Amar Saïdani
Idéologie Nationalisme algérien
Socialisme
Affiliation internationale Internationale socialiste (membre consultatif depuis le 5 février 2013, parti observateur précédemment)[1]
Site web www.pfln.dz/
Représentation
Assemblée populaire nationale
202 / 462
Conseil de la nation
41 / 144
Politique en Algérie
Image illustrative de l'article Front de libération nationale (Algérie)

Le Front de libération nationale (FLN, arabe : جبهة التحرير الوطني, Jabhat at-Tahrīr al-Waţanī) est un parti politique algérien, aujourd'hui présidé par le président de la république Abdelaziz Bouteflika.

Il a été créé en novembre 1954 pour obtenir de la France l'indépendance de l'Algérie, alors divisée en départements français d'Algérie. Le FLN et sa branche armée, l'Armée de libération nationale (ALN), commencent alors une lutte contre l'empire colonial français. Par la suite, le mouvement s'organise et, en 1958, le FLN forme un gouvernement provisoire, le GPRA. C'est avec le GPRA que la France négocie en 1962 les accords d'Évian.

À l'indépendance, le FLN prend ainsi le pouvoir « légitimement », et s'en assure l'exclusivité en instaurant le système de parti unique. Après d'importantes luttes internes, Ahmed Ben Bella prend la tête du parti, et donc de l'État. Il sera renversé trois ans plus tard par Houari Boumédiène (1965-1978) qui prend les pleins pouvoirs, réduisant largement la place du parti.

Le FLN reprend une importance centrale avec Chadli Bendjedid (1978-1992), qui, dans les années 1980, est poussé, par de nombreuses protestations, à approuver une nouvelle Constitution et à introduire le multipartisme.

Avec les premières élections libres, en 1991, le FLN subit une lourde défaite mais l'ascension du FIS (Front islamique du salut) est empêchée par un coup d'État militaire. Le pouvoir militaire dirige et codirige alors l'État, légitimé par l'urgence de la « guerre civile », mais sans le soutien du FLN mis à l'écart. Le parti sort de cette « décennie noire » affaibli, alors que son existence même avait été mise en cause. Ayant définitivement perdu son statut de « parti du pouvoir », il conserve cependant une place importante dans la politique de l'Algérie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Guerre d'indépendance[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre d'Algérie.
« Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement de la guerre le 1er novembre 1954. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf. Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'hidi à droite.
Délégation des principaux dirigeants du F.L.N. (de gauche à droite : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) après leur arrestation suite au détournement, le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte).

Fondé le 10 octobre 1954 en Algérie, le FLN apparut publiquement le 1er novembre 1954 pour engager une lutte de libération nationale contre la « France coloniale », présente depuis 1830, et pour la création d'un État algérien démocratique et populaire.

Il a été créé à l'initiative du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA), en appelant à l'union de toutes les forces politiques nationalistes pour la lutte de libération du pays. Il est composé par ceux qui deviendront les six « chefs historiques » du FLN : Krim Belkacem, Mostefa Ben Boulaïd, Larbi Ben M'Hidi, Mohamed Boudiaf (chef de l'État en 1992), Rabah Bitat et Didouche Mourad.

Sa première apparition se traduisit dans les faits par des attaques plus ou moins désordonnées contre l'armée française, installations militaires, commissariats, entrepôts, équipements de communications, et des bâtiments publics, principalement dans les régions des Aurès et de la Kabylie. Ces attaques, qui prirent par la suite le nom de Toussaint rouge, s'accompagnèrent de la déclaration dite du « 1er novembre 1954 », dans laquelle le FLN invitait le peuple d'Algérie à s'associer à la « lutte nationale ». Le front nationaliste algérien est le premier mouvement nationaliste à user de la violence et l'adoptant comme mode principale d'action. Il marquait ainsi une rupture avec les autres mouvements tels que l'Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) de Ferhat Abbas, le Mouvement national algérien (MNA) de Messali Hadj ou encore l'Association des oulémas musulmans algériens. Cependant, en mai 1955, Ferhat Abbas rejoint le FLN dans sa lutte pour l'indépendance. Des attaques furent organisés par le FLN (Front de Libération Nationale) contre les colons européens d'Algérie. Une trentaine d'attaques plus ou moins désordonnées ont lieu le jour de la Toussaint dans tout le territoire algérien. Le bilan est de sept morts.

Le FLN était doté d'une branche armée, l'Armée de libération nationale (ALN), dotée d'un état-major ainsi que d'une organisation militaire par laquelle les zones de combat furent divisées en 5 régions militaires. L'armement provenait essentiellement d'Égypte et était acheminé via le Maroc ou la Tunisie. À partir de 1958, les combattants FLN étaient suffisamment bien équipés et entraînés pour mener une guerre de guérilla[2]. Devant la forte répression des forces françaises, les dirigeants de la rébellion durent constituer des dépôts d'armes en territoires tunisien et marocain. Lorsque la France renforce le contrôle des frontières et installe les lignes Challe et Morice, une grande partie de l'armement n'est pas acheminé. Il en résulte, à la fin du conflit, une armée des frontières du FLN surarmée, qui échappait le plus souvent aux forces françaises, et des « moudjahidine » du maquis en Algérie presque sans équipement.

Le mouvement se structura ensuite grâce notamment à la plate-forme politique du Congrès de la Soummam d'août 1956, organisé principalement par Abane Ramdane lui même représentant le FLN durant le congrès, qui donnait un statut pour l’armée de libération nationale devant se soumettre aux « lois de la guerre » et des instances politiques dirigeant la « Révolution », et affirmait la « primauté du politique sur le militaire et de l’intérieur sur l’extérieur ».
En continuité avec cette construction institutionnelle fut créé le gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) pour parachever la mise en place des institutions de la Révolution et la reconstruction d'un État algérien moderne. Ce gouvernement provisoire, qui donnait une reconnaissance internationale au mouvement, avait mis les autorités françaises devant le fait accompli, autorités qui finirent par négocier, après que le Général de Gaulle l'eut décidé.

Indépendance de l'Algérie[modifier | modifier le code]

Le combat armé sur le territoire algérien et métropolitain pour l’indépendance, avec le slogan « La Révolution algérienne, un peuple au combat contre la barbarie colonialiste », dura jusqu'au 18 mars 1962, date à laquelle le gouvernement français signa les accords d'Évian qui aboutirent à un accord de cessez-le-feu avec le FLN. En juillet de la même année, le peuple algérien vota par référendum pour l’indépendance et ratifia les accords d'Évian qui prévoyaient une coopération économique et sociale entre les deux pays.

Dès la proclamation de l’indépendance, le FLN prit le pouvoir, apparaissant comme le mouvement ayant permis à l’Algérie d'accéder à l'indépendance. Toutefois, d’importantes luttes intestines déchiraient le parti, et déclenchaient de nombreuses « purges ». Ainsi Ahmed Ben Bella, partisan d'un pouvoir militaire, soutenu par l'armée des frontières suréquipée qui s'imposa largement face aux militants des maquis presque désarmés, dissolut le GPRA œuvrant pour une Algérie démocratique, et prit la tête de l'État.

Aussi, le parti d'« après l'indépendance » n'est plus le même que le « FLN historique », front rassemblant les différentes forces politiques des anciens partis nationalistes d'avant 1954. Et c'est en s'appropriant cette légitimité historique que les directions successives du FLN ont justifié le monopole du parti unique, interdisant le Parti communiste en 1963, ainsi que le Parti de la révolution socialiste (PRS) de Mohamed Boudiaf et, plus tard, le Front des forces socialistes (FFS) de Hocine Aït Ahmed.

Renversement du 19 juin 1965[modifier | modifier le code]

De fait, le renversement de Ahmed Ben Bella était prévisible dès la clôture du 3e Congrès du parti du FLN (avril 1964) dont les résolutions finales accordaient au Président des prérogatives telles qu'il affirmait n'être responsable, ni devant les instances dirigeantes du FLN, ni devant l'Assemblée nationale. Ben Bella avait, depuis longtemps entamé le démantèlement de ce qu'il convenait d'appeler le « groupe d'Oujda » (entourage proche du colonel Boumédiène, alors Premier Vice-président de la République et Ministre de la Défense nationale).

Après les limogeages de Kaïd Ahmed, Chérif Belkacem, Ahmed Medeghri et la prise en main personnelle des ministères vacants, la décision de mettre fin aux fonctions d'Abdelaziz Bouteflika, Ministre des Affaires étrangères allait précipiter les événements. Houari Boumédiène, pressé par son entourage, restait convaincu de pouvoir ramener Ben Bella à de meilleurs sentiments et au respect des institutions de l'État. Deux rencontres au moins se déroulèrent entre les deux hommes sans que Ben Bella ne changeât d'attitude.

Lorsque Houari Boumédiène comprit que le prochain sur la liste des éliminés serait lui-même, il se décida à mettre fin au régime de Ben Bella. Il confia au commandant Hoffman, responsable des blindés, la surveillance de l'immeuble de la radio, du Palais du Peuple (Siège du Gouvernement) et de la Villa Joly (Siège du Bureau politique du Parti du FLN et résidence de Ben Bella). Les colonels Tahar Zbiri et Abbès furent chargés de l'arrestation du président, cueilli au saut du lit. Le lendemain, Boumédiène apparaissait à la télévision pour annoncer la fin du régime de pouvoir personnel ; une proclamation, dite « du 19 juin » qui contenait le catalogue des critiques de la gestion de Ben Bella, fut lue. Coup d'État, pour les uns, et renversement du président Ben Bella ; redressement révolutionnaire pour d'autres.

Ère Boumédiène[modifier | modifier le code]

La vision de Houari Boumédiène se situait en complète opposition avec le système politique précédent et consacrait la primauté de la construction de l'État sur l'action politique. Dans un nationalisme étatiste-socialiste et anticolonialiste, Boumédiène régnait par décret et selon une « légitimité révolutionnaire », marginalisant le FLN en faveur de son propre pouvoir et celui de l'armée, tout en maintenant le système de parti unique. À partir de 1976, la première révision constitutionnelle a fait du pays un « État socialiste » sous contrôle du FLN, qui servait ainsi encore d'appui pour les décisions de Boumédiène.

Présidence sous Chadli[modifier | modifier le code]

À la mort de Houari Boumédiène en 1978, son successeur, le colonel Chadli Bendjedid, réorganise le parti, qui prend alors une place centrale après une longue période de mise à l'écart. Les militaires gardaient encore une large représentation dans le Comité central du FLN, et possédaient en grande partie le contrôle de l'État.

Durant les années 1980, le FLN modère la teneur « socialiste » de son programme, opérant quelques réformes de libéralisation du marché et écartant les lieutenants restant de Boumédiène. Cependant, les principales avancées démocratiques ne purent avoir lieu qu'avec les émeutes d'octobre 1988 qui secouèrent le pays vers des réformes politiques essentielles. Le 28 février 1989, une révision constitutionnelle instaura le multipartisme et la liberté d’expression ; le régime du parti unique fut donc dissous. Le FLN coupa ainsi ses liens particuliers avec l'armée nationale et privilégiés avec l'appareillage de l'État.

Ces premières tentatives d'ouverture permirent au Front islamique du salut (FIS) d'arriver en tête au premier tour des élections législatives de 1991. Le FIS obtint 188 sièges sur 231, le FFS 25 sièges et le FLN seulement 15 sièges, alors que les candidats indépendants en remportèrent 3. Prenant acte de cette montée du parti islamiste, l'armée décide le 11 janvier 1992 d'un véritable coup d'État militaire en poussant le président Chadli Bendjedid à la démission et en interrompant les élections.

Décennie noire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile algérienne.

En janvier 1992, Mohammed Boudiaf accepte le poste de président du Haut Comité d'État qui lui est proposé, mais est assassiné quelques mois plus tard. L'Algérie tombe alors encore sous le contrôle direct des militaires.

Le parti demeure alors dans l'opposition au gouvernement durant la « guerre civile ». Après une restauration partielle de la démocratie, en 1995, une élection présidentielle est organisée. Mais celle-ci est boudée par les grandes formations de l'opposition, et le FLN, comme le FIS et le FFS, en appellent à l'abstention.

Le 16 novembre 1995, le général Liamine Zéroual est élu président de la République, le premier à la suite d'un scrutin pluraliste. Le FLN reste extérieur au pouvoir ; les clans militaires appuient en effet leur légitimité politique sur d'autres partis. Le FLN signe avec six autres formations politiques en 1995, la plate-forme de Rome, qui critique directement le pouvoir militaire et sa gestion de la crise ; cependant, après d'importants débats internes, la position officielle du parti changea pour un soutien de la présidence.

En 1998, Liamine Zéroual annonce officiellement la tenue d'une élection présidentielle anticipée pour février 1999, à laquelle il ne se présentera pas. Cette sortie précipitée du président est alors attribuée aux généraux de l'armée craignant une nouvelle montée des intégristes religieux au pouvoir avec lesquels Liamine Zéroual entretenait des relations de plus en plus étroites. Pour l'élection, aux côtés des principaux candidats comme Hocine Aït Ahmed, Mouloud Hamrouche et Taleb Ibrahimi, les généraux font appel, pour lui attribuer leur soutien, à Abdelaziz Bouteflika, l'ancien fidèle ministre de Boumédiène qui avait quitté la scène politique depuis 1981, et qui est alors soutenu par le FLN. Le 15 avril, Abdelaziz Bouteflika remporte l'élection présidentielle avec 73,8 % des suffrages, mais l'opposition dénonce des fraudes massives.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Le parti reçoit, lors des élections législatives de 2002, 34,3 % des voix parlementaires et obtient 199 membres au parlement. En 2004, Ali Benflis se présente à l'élection présidentielle, comme candidat du FLN, et n'obtient que 6,4 % des voix, contre 85,0 % pour Abdelaziz Bouteflika, mais dans un scrutin fort contesté. La victoire d'Abdelaziz Bouteflika entraîne ainsi une reprise en main du parti. En 2005, le huitième congrès national du FLN nomme Abdelaziz Bouteflika président du parti et Abdelaziz Belkhadem secrétaire général du FLN. Ce dernier est ensuite nommé Premier ministre, le 24 mai 2006, par le président Abdelaziz Bouteflika, succédant à Ahmed Ouyahia du RND. Le FLN fait aujourd'hui partie de la coalition parlementaire appelée « alliance présidentielle » avec le Rassemblement national démocratique (RND), et le Mouvement de la société pour la paix (MSP). Il en forme l'aile nationaliste[3].

Lors des élections législatives de 2012, le FLN remporte 220 des 462 sièges et gagne le scrutin.

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Secrétaires généraux 
Président d'honneur

Notes[modifier | modifier le code]

  1. cf. Réunion du Conseil de l'IS au Portugal04-05 février 2013 (Compte-rendu officiel susur le site de l'IS), et non membre à part entière comme certains médias algériens l'ont annoncé, e.a. Mourad Arbani, "Le parti FLN admis à l’Internationale socialiste", Algérie1.com, 6 février 2013
  2. Cinq Colonnes à La Une, Rétrospective en Algérie, ORTF, 06/09/1963.
  3. NouvelObs, « Algérie : l'Alliance présidentielle garde la majorité »,‎ 23 juin 2008 (consulté le 6 septembre 2009)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Saïd Benabdallah, La Justice du FLN pendant la guerre de libération - SNED, Alger, 1982.
  • Kamel Bouchama, Le FLN: instrument et alibi du pouvoir 1962-1992 - Éditions Dahlab, Alger, 1992.
  • Yves Courrière, La guerre d'Algérie, en 4 tomes (Les fils de la Toussaint, Le temps des Léopards, Le temps des colonels et Les feux du désespoir) - Fayard, 1969.
  • Jacques Duchemin, Histoire du FLN - Éditions Mimouni, Alger, 2006.
  • Hafid Khatib, 1er juillet 1956. L'accord FLN-PCA - OPU, Alger, 1991.
  • Mohammed Harbi, FLN mirage et réalité - Jaguar, 1991 (ISBN 978-2-85258-376-4).
  • Mohammed Harbi, Aux origines du FLN : La scission du PPA/MTLD - Éditions Bouchène, Paris-Alger, 2003 (ISBN 978-2-912946-62-1).
  • Ali Haroun, La 7e wilaya : la guerre du FLN en France - Seuil, Paris, 1986.
  • Rémy Madoui, J’ai été fellagha, officier français et déserteur : Du FLN à l’OAS - Éditions du Seuil, Paris, 2004, 400 pages (ISBN 978-2-02-063909-5).
  • Gilbert Meynier, Histoire intérieure du FLN - Éditions Fayard, Paris, 2002.
  • Gilbert Meynier et Mohammed Harbi, Le FLN : Documents et histoire, 1954-1962 - Éditions Fayard, Paris 2004 (ISBN 978-2-213-61892-0).
  • Benjamin Stora, Histoire de la guerre d'Algérie - La Découverte, Paris, 2004 (ISBN 978-2-7071-4293-1).
  • Eric Michel, Algérie ! Algérie !, Presses de la Renaissance, 2007. (ISBN 978-2-7509-0319-0). Roman

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]