Monnaie de nécessité

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Bon de nécessité émis par la Chambre de commerce de Nice en 1920

Une monnaie de nécessité, ou jeton-monnaie, est un moyen de paiement émis par un organisme public ou privé et qui, temporairement et dans un but utilitaire, remplace le numéraire émis par l'État (mais qui s'est raréfié en période de guerre, de révolution, de crise économique, etc).

On la trouve dans de nombreux pays : Notgeld en Allemagne ; moneda de necesidad en Espagne (notamment pendant la guerre civile espagnole entre Républicains et Franquistes) ; necessity money, emergency money ou token anglais pour le Royaume-Uni.

En France, il en a circulé à différentes époques, sous diverses appellations : monnaie de siège ou obsidionale (par exemple : sièges d'Anvers et de Strasbourg sous Napoléon Ier), monnaie de confiance (Révolution française de 1789, banque Monneron), bons et jetons de nécessité des chambres de commerce (1914 - 1927). Elle est parfois appelée monnaie locale, monnaie privée ou monnaie parallèle. On la trouvait déjà à l'époque romaine.

Pièce nationale ; "Chambres de Commerce de France"

La période de 1914 à 1926 en France (et dans les colonies, surtout en Algérie) constitue l'âge d'or de la monnaie de nécessité. La Première Guerre mondiale ayant complètement désorganisé l'économie et le système du franc germinal basé sur une correspondance de la valeur de la monnaie à des réserves en métal (or et argent), les pièces en or, en argent et en bronze se trouvèrent avoir une valeur faciale inférieure à leur masse métallique et furent systématiquement thésaurisées par les particuliers. L'État cessa leur frappe. Le réflexe de thésaurisation induit par la guerre gagna aussi les petites monnaies en centimes malgré des émissions de 5, 10 et 25 centimes en cupro-nickel pour plus de 10 millions de francs à partir de 1917.

De 1920 à 1927, l'État lui-même frappa trois pièces en bronze d'aluminium portant "bon pour 2 francs", "bon pour 1 franc" et "bon pour 50 centimes", ainsi que "Chambres de Commerce de France" et non "République Française" ! « Techniquement, ce sont des monnaies de nécessité et en aucun cas des monnaies 'normales', ce qui explique qu'elles ne portent pas le différent du Graveur Général mais seulement la marque de la Régie des Monnaies, qui les fabriqua» (in Le Franc, éd. 2003, p. 252). À cette époque, l'Etat devait faire face à une transition vers un monnayage en métaux vils mal acceptés par la population qui, depuis des siècles, était habituée à des divisionnaires en bronze et en argent.


Afin de permettre les échanges quotidiens, l'État toléra l'utilisation d'une monnaie locale, émise par les chambres de commerce avec la garantie d'un versement correspondant à la Banque de France, par des municipalités et des commerçants.

Plus de 12 000 types différents ont été répertoriés. Frappés habituellement en aluminium (mais aussi en laiton, en zinc, en maillechort, en fer...), ces jetons, le plus souvent ronds, pouvaient avoir des modules et des formes très variés (carré, rectangle, octogone, lobes...). Des pièces étaient trouées, à pans coupés... Les lettres et les chiffres étaient frappés en creux ou en relief. La circulation monétaire était facilitée par différentes valeurs : 5c, 10c (les plus courants), 20c, 25c, 50c... et plus rarement 1 franc ou 2 francs. L'émetteur était souvent représenté : blason pour une ville, marteau et enclume pour une forge... La date n'était pas toujours indiquée.

Les chambres de commerce territoriales (départementales ou infra-départementales) furent autorisées à émettre des bons imprimés, les billets de nécessité, pour des valeurs de 1 franc, 2 francs, 5 francs et 10 francs.

Dans les années qui suivirent, les monnaies de nécessité furent remboursées, mais la stabilité monétaire n'était plus qu'un souvenir.

Les monnaies de nécessité et les monnaies-carton [modifier]

Forge Périgois-Frémont ; Jumelles (Maine-et-Loire) ; uniface - 23 mm (diamètre) - aluminium - sans date (1923)

Le 16 août 1914, le ministère des Finances toléra la frappe de petites monnaies pour pallier le manque de numéraire de cette époque, et satisfaire les besoins. Peu après, le gouvernement autorisa les Chambres de Commerce, les villes, les communes, les associations de commerçants et même certains particuliers comme les bars, commerces, etc. à émettre des jetons-monnaie. Finalement, ces monnaies ont fini par faire partie intégrante de la vie quotidienne des Français et par être reconnues comme de véritables pièces de monnaie. D'ailleurs, la loi du 29 avril 1921 protégea ces monnaies contre le faux monnayage.

Les monnaies de nécessité sont méconnues, car boudées des collectionneurs, bien qu'il en existe des milliers de types, de toutes formes et de tous métaux, offrant aux collectionneurs un large choix de thématiques de collection. Cela s’explique également par leur faible diffusion et leur faible qualité : fabriquées pour répondre à un besoin ponctuel, local, elles s’usent rapidement ; les monnaies en carton noircissent ou se déchirent. Le souvenir de la période difficile qui leur est attaché n’a pas facilité non plus leur conservation, les Archives départementales n’en possédant souvent aucun ou de rares exemplaires.

Les timbres-monnaie [modifier]

Article détaillé : Timbre-monnaie.

Un timbre-monnaie (appelé parfois monnaie-timbre) est un timbre-poste officiel et national inséré dans un petit étui métallique (souvent en aluminium) avec une fenêtre transparente ; c'est le lien entre la numismatique et la philatélie.

Utilisés dans de nombreux pays, les timbres-monnaie ont connu leur apogée en France dans les années 1920. Lorsque la firme de Robert Binds-Hedler, spécialisée dans le fer-blanc à La Plaine Saint-Denis, inventa le fameux F.Y.P. « Fallait . Y . Penser », de nombreuses sociétés émirent des timbres-monnaie publicitaires. On peut en dénombrer, à ce jour, au moins 600 différents, avec deux grands types de fabrication : les timbres-monnaie avec une publicité polychrome et les estampés. Les valeurs faciales sont généralement de 5 centimes, 10 centimes, 15 centimes, 25 centimes, avec de grandes variétés de couleur.

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