Houari Boumédiène

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Arabic albayancalligraphy.svg Cette page contient des caractères arabes. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.
Houari Boumédiène
هواري بومدين
Image illustrative de l'article Houari Boumédiène
Fonctions
2e président de la République algérienne démocratique et populaire
10 décembre 197627 décembre 1978
(2 ans, 0 mois et 17 jours)
Élection 10 décembre 1976
Prédécesseur Lui-même (président du Conseil de la Révolution)
Successeur Rabah Bitat (intérim)
Chadli Bendjedid
Président du Conseil de la Révolution
(chef de l'État)
19 juin 196510 décembre 1976
(11 ans, 5 mois et 21 jours)
Gouvernement Boumédiène I, II et III
Prédécesseur Ahmed Ben Bella
Successeur Lui-même (président de la République)
4e Secrétaire général du mouvement des non-alignés
5 septembre 197316 août 1976
(2 ans, 11 mois et 11 jours)
Prédécesseur Kenneth Kaunda
Successeur William Gopallawa
3e président du Front de libération nationale
19 juin 196527 décembre 1978
(13 ans, 6 mois et 8 jours)
Prédécesseur Ahmed Ben Bella
Successeur Chadli Bendjedid
2e vice-président du Conseil des ministres algérien
16 mai 196319 juin 1965
(1 an, 9 mois et 1 jour)
Président Ahmed Ben Bella
Gouvernement Ben Bella I, II et III
Prédécesseur Rabah Bitat
Successeur Poste supprimé [réf. souhaitée]
1er ministre de la Défense algérien
27 septembre 196227 décembre 1978
(16 ans, 3 mois et 0 jour)
Président Ahmed Ben Bella
Lui-même
Gouvernement Ben Bella I, II et III
Boumédiène I, II, III et IV
Prédécesseur Poste créé
Successeur Chadli Bendjedid
Biographie
Nom de naissance Mohamed ben Brahim Boukharouba
Date de naissance 23 août 1932
Lieu de naissance Aïn Hassainia, Algérie
Date de décès 27 décembre 1978 (à 46 ans)
Lieu de décès Alger, Algérie
Nationalité Algérienne
Parti politique Front de libération nationale (FLN)
Profession Militaire
Religion Islam sunnite
Résidence Palais d'El Mouradia, Alger

Algeria coa (1962).svg
Seal of Algeria (1971-1976).svg Seal of Algeria.svg
Présidents de la République algérienne
démocratique et populaire
Houari Boumédiène
Le « clan d'Oujda » en 1958 :2 : Colonel Boumédiène.4 : Colonel BoussoufEn arrière-plan : des cadres et militants.
Le « clan d'Oujda » en 1958 :
2 : Colonel Boumédiène.
4 : Colonel Boussouf
En arrière-plan : des cadres et militants.

Naissance 23 août 1932
Origine Algérie
Allégeance Armée de libération nationale
Algérie
Grade Colonel
Conflits Guerre d'Algérie
Guerre des sables
Commandement Chef de l'État-Major Général à Oujda
Autres fonctions Homme politique, Homme d'État

Mohamed ben Brahim Boukharouba, dit Houari Boumédiène (en arabe : هواري بومدين), né officiellement le 23 août 1932 à Aïn Hassainia[1] située près de Guelma et mort le 27 décembre 1978 à Alger, est un colonel et un homme d'État algérien. Il est le 2e chef de l'État de 1965 à 1976 puis président de la République de 1976 à 1978.

Militaire de carrière, chef de l'État-Major Général de l'Armée de libération nationale de 1959 à 1962, il occupe de hautes fonctions d'État, tel que ministre de la défense sous Ben Bella I en septembre 1962, poste qu'il cumule avec celle de vice-Premier ministre durant la présidence d'Ahmed Ben Bella de mai 1963 à juin 1965.

À la suite d'un coup d’État, Houari Boumédiène devient président du Conseil de la Révolution du 20 juin 1965 au 10 décembre 1976 puis il est élu deuxième président de la République algérienne démocratique et populaire du 10 décembre 1976 au 27 décembre 1978 tout en gardant son portefeuille de ministre de la défense. C'est ainsi que Boumédiène cumule cette fonction avec celle de Premier ministre du 20 juin 1965 à sa mort. Il a été président du Front de libération nationale durant son mandat à la présidence de la République.

Il fut secrétaire général du mouvement des non-alignés de septembre 1973 à août 1976.

En son honneur l'aéroport d'Alger porte son nom : aéroport d'Alger - Houari Boumédiène.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Mohamed Ben Brahim Boukharouba est né officiellement[2] le 23 août 1932 à Aïn Hassainia, située à environ 15 km à l'ouest de Guelma en Algérie (française à l'époque). Issu d'une famille de paysans, les Boukharouba, dont le nom évoque le caroubier (« el kharoub », الخروب en arabe), originaire de la Petite Kabylie[3]près de Jijel. Le père, un khammès (métayer au quint), élève difficilement ses sept enfants : quatre filles et trois fils, Abddallah, Mohamed et Saïd[4].

Le jeune Mohamed Boukharouba assiste aux événements sanglants du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, dont il dira plus tard : « Ce jour-là, j'ai vieilli prématurément. L'adolescent que j'étais est devenu un homme. Ce jour-là, le monde a basculé. Même les ancêtres ont bougé sous terre. Et les enfants ont compris qu'il faudrait se battre les armes à la main pour devenir des hommes libres. Personne ne peut oublier ce jour-là. »

Il s'inscrit à Constantine, comme élève de littérature de langue arabe. Il étudie à la zaouïa Khattenia et à l'institut Ben Badis. Il entre, comme beaucoup de jeunes de sa génération aux « scouts musulmans », première pépinière du nationalisme algérien et milite dans le parti nationaliste le plus radical, le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD).

En 1950. il poursuit ses études à l' Université Zitouna de Tunis, mais le conservatisme somnolent de la vieille université de « l'Olivier » ne lui convient guère, et il s'en va, un an plus tard, suivre au Caire, en auditeur libre l'enseignement de la prestigieuse université religieuse al-Azhar et les cours du soir de « l'école Khiddouia ». Il ne peut compter alors que sur une maigre bourse et il gagne sa vie comme instituteur.

Toujours militant du MTLD, il aide les représentants de l'Algérie, de la Tunisie et du Maroc au « bureau du Maghreb arabe » qui travaillent à préparer, contre le système colonial français, une insurrection à l'échelle de toute l'Afrique du Nord. Il tourne la ronéo, tire des tracts, développe sa formation politique et bientôt, sa formation militaire, il fait en effet partie du groupe de quinze étudiants que le bureau du Maghreb arabe envoie suivre à partir d'août 1953 des séances d'instruction à l'école de guerre d'Alexandrie et qui reçoit ensuite un entraînement militaire dans un camp proche du Caire. Très désargentés, les sept Algériens du groupe, lorsqu'ils se rendent dans la capitale, habitent une villa appartenant au bureau du Maghreb arabe. Deux délégués algériens à cet organisme, Mohamed Khider et Hocine Aït Ahmed, leur demandent au printemps suivant de quitter les lieux. Première déception pour le volontaire de Guelma.

Guerre d'indépendance[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Clan d'Oujda.

Après le déclenchement de l'insurrection algérienne de novembre 1954 - (Toussaint rouge), le Néo-Destour obtient l'autonomie interne de la Tunisie et il préfère négocier avec le gouvernement français la future indépendance du pays plutôt que d'arracher cette indépendance par les armes. Le « groupe des 15 » est dissous.

Ben Bella, troisième représentant de l'Algérie au bureau du Maghreb, fait embarquer sur le Dina, le yacht ancré à Alexandrie de la reine Dina de Jordanie, un stock d'armes destiné aux résistants algériens et marocains qui doivent le réceptionner à Nador, au Maroc espagnol. Convoyé par neuf hommes sous le commandement d'un Soudanais, Brahim Niyal, et de Boukharouba, le navire arrive à bon port, non sans contretemps et péripéties. Boukharouba remet un message de Ben Bella au chef FLN Larbi Ben M'hidi qui acheminera vers la wilaya V la plus grosse partie de la cargaison d'armes.

Le trafic d'armes s'organise « depuis Nador jusqu'à Nemours, à travers mille et un détours ». Boukharouba est l'un des principaux organisateurs de ces transports de matériel de guerre et lorsqu'il rentre au Maroc il se montre parmi les plus assidus des militants qui à la base d'Oujda, suivent les cours (stratégie, histoire, économie et politique) du Centre de formation et de perfectionnement du FLN.

Il travaille avec Boussouf, lui-même premier lieutenant de Ben M'hidi chef de la wilaya V. En 1956, Ben M'hidi laisse le commandement de la wilaya V à Boussouf pour entrer au CNRA, et quand Boussouf en septembre 1957, quitte le sol algérien, son successeur à la tête de la wilaya V est son ex-adjoint Boukharouba - ou plutôt Houari Boumédiène car le nouveau colonel commandant en Oranie a pris comme nom de guerre celui du célèbre mystique soufi Sidi Boumédiène, saint et savant musulman, dont un sanctuaire à Tlemcen perpétue la mémoire.

Organisateur d'une wilaya qu'il dirige depuis le PC d'Oujda, au Maroc, nommé chef du commandement opérationnel de l'Ouest dès qu'il a gagné Tunis, désigné enfin comme chef de l'état-major général de l'ALN nouvellement créée, Boumedienne n'a pas cessé de prendre, au sein du FLN, des responsabilités de plus en plus lourdes.

Tout le monde, dans les milieux, politiques comme dans la presse, s'interroge, dès lors, à son sujet. Comme il est volontiers discret et taciturne, qu'il prend vis-à-vis des journalistes et des diplomates une « distanciation » évidente et qu'il protège sa vie privée, on le présente souvent dans les capitales occidentales comme un dirigeant énigmatique, comme une sorte de sphinx sur le « mystère » duquel on greffe des légendes abusives.

Parce qu'il préfère parler arabe que français, qu'il n'aime pas tellement paraître en public et parce que la présence d'un interlocuteur qu'il connaît ou devine mal le rend laconique et contracté, gêné et gênant, on l'assimile à un « moine-soldat » timide, ascétique et glacé. Il ne dissimule pas son attachement farouche aux valeurs culturelles ancestrales que l'islam véhicule au Maghreb et parce qu'il affirme la nécessité de construire, après l'indépendance, en Algérie comme en Égypte, un État fort puissamment structuré. On prétend enfin que Boumédiène est « nassérien ». En fait il n'apprécie guère le verbalisme emphatique de l'Orient et il se méfie de toutes les idéologies d'importation, de tous les modèles étrangers, bien qu'arabes, susceptibles, à ses yeux, de dénaturer ou de corrompre l'originalité, la spécificité algérienne.

Coup d'État et prise de pouvoir[modifier | modifier le code]

Le colonel Boumédiène passent en revue ses troupes de l'Armée de libération nationale (ALN), en arrière plan les hommes en civile, (de gauche à droite) : Hocine Aït Ahmed Mohamed Boudiaf, Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider et Rabah Bitat, dans l'Ouest algérien, quelques semaines avant la crise de l'été 1962.

Tahar Zbiri dans ses Mémoires, indique que durant une rencontre avec Boumédiène en juin 1962 dans la base de l'Est, ce dernier lui confie: "Il faut viser le pouvoir". Ce qui indique sa détermination à prendre le pouvoir, même en usant de la force, conséquente, de l'armée des frontières qui été sous son contrôle depuis 1958[5],[6].

Les troubles qui font suite à la fin de la guerre d'Algérie sont marqués par des luttes des clans au sein du Front de libération nationale (FLN). Deux factions revendiquent le pouvoir : d'un côté le pouvoir civil et l'organe qui l'incarne, le GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) appuyé par les wilayas III et IV, de l’autre côté le pouvoir militaire à travers le « clan d'Oujda » et son « armée des frontières », dirigée par Boumédiène. Ce règlement de comptes, le colonel Boumédiène et ses compagnons vont l'arbitrer en faveur de Ben Bella, qui leur paraît le plus attaché aux options socialistes qu'ils ont choisies.

L'armée des frontières, avec à sa tête Boumédiène, entre dans Alger le 9 septembre 1962, entraînant une intensification des tractations politiques pour renverser les alliances au profit des nouveaux responsables algériens. Battu militairement, l'instance civile, le GPRA, capitule sans condition. C'est le « clan d'Oujda » qui obtient le pouvoir en Algérie. Sa nature est clairement politico-militaire même si, sous l'effet de la pression de la rue, un semblant de consensus politique a été réalisé par l'intégration de quelques opposants, comme Ferhat Abbas. Sur le fond, la victoire de Ben Bella et de l'armée des frontières tranche définitivement la question de la primauté du militaire sur le civil en Algérie.

Houari Boumédiène devient vice-président de la République et ministre de la Défense. Il est également chef d'État-major général de « l'armée des frontières » forte de 35 000 hommes, bien équipée et disciplinée. Il dirige la toute puissante Sécurité militaire, véritable police secrète à la disposition du chef des armées. Mais, entre 1962 et 1965, les dissensions s'accentuent entre le président en place Ahmed Ben Bella et le « clan d'Oujda » d'Houari Boumédiène.

Proche de l'arabophonie et de la vision unique, refusant les accords conclus entre Ben Bella avec l'opposition conduite par Hocine Aït Ahmed, alors responsable du FFS, Boumédiène conteste le régime de son allié Ben Bella. Lorsque le 28 mai 1965, ce dernier annonce qu'il retire à Abdelaziz Bouteflika, autre membre du « clan d'Oujda », son portefeuille de ministre des Affaires étrangères, les événements se précipitent. Boumédiène et ses proches décident le 19 juin 1965 de mener un coup d'État au terme duquel il devient le nouveau président de l'Algérie.

Le régime algérien sous Boumédiène[modifier | modifier le code]

Bien avant sa prise de pouvoir, le régime algérien était une république sous régime d'un parti unique (FLN). À la suite de son coup d'État, Boumédiène suspend la constitution et dirige l'Algérie en autocrate à partir de 1967.

Boumédiène cumulait les fonctions de président, Premier ministre, ministre de la Défense et président du FLN, le Parlement lui étant tout acquis. Durant son règne l'opposition fut particulièrement réprimée. Des opposants furent éliminés. Les libertés d'expression et d'association sont nulles.

En 1976, Boumédiène se présente pour la première et unique fois à des élections devant le peuple algérien. Il est le seul candidat. Durant la même année, il fait adopter une constitution par un score de 99 %.

Boumédiene n'autorisait aucune opposition politique, c'est durant son règne que furent assassinés les Historiques de la révolutions (Mohamed Khider, Krim Belkacem), emprisonnés ou mis en résidence surveillé les anciens présidents (Ferhat Abbas, Benyoucef Benkhedda, Ahmed Ben Bella), ou militants de la cause nationale (Hocine Lahouel, Kheirreddine, Colonel Bouregaa).

Le modèle socialiste et la nationalisation des richesses locales[modifier | modifier le code]

Sous sa direction, plusieurs actions sont entreprises en vue d'estomper, sur le plan intérieur, les tensions nées de la guerre d'indépendance. En 1968, il réussit à faire évacuer la base militaire occupée par la France à Mers el-Kébir (Oran). Sur le plan économique, il opte pour le modèle socialiste, et fait construire sur la base de ce choix beaucoup d'usines et d'écoles. Il contribue surtout, le 24 février 1971, au nom du principe de la récupération des richesses nationales, à la nationalisation des hydrocarbures, au grand dam de la France. Il prononce à cette occasion sa célèbre phrase : « Kararna ta´emime el mahrouqate » : « Nous avons décidé la nationalisation des hydrocarbures ». Cette nationalisation réussie confère à Boumédiène une importante dimension internationale. En effet, Boumediène a réussi là où l'Iranien Mossadegh avait échoué.

C'est au cours de cette crise diplomatique avec la France, qui menace de ne plus acheter de vin algérien, alors que celui-ci est encore la deuxième source de revenus en devises pour le Trésor public que par colère, Boumédiène décide l'arrachage de milliers d’hectares de vignobles. Une décision qui aura des répercussions tant sur le plan économique que pour l'écologie, « les vignes freinant considérablement l’érosion des collines »[7].

Pour l'hebdomadaire Jeune Afrique, Boumédiène incarne ainsi un « socialisme spécifique », « sorte d’idéologie marxiste-léniniste teintée d’arabisme forcené et de charia approximative »[7].

Une influence internationale[modifier | modifier le code]

L’année 1973 lui donne une nouvelle fois l’occasion d’affirmer son influence sur le plan international en organisant avec succès le sommet des non-alignés auquel les plus grands dirigeants du Tiers-Monde de l’époque assistent. Dès lors, l’Algérie de Boumédiène offre un soutien très actif aux différents mouvements de libération d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, et c’est en véritable leader du Tiers Monde qu’il se déplace en 1974 à New York, pour prendre part à une réunion spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU sur les matières premières qu’il a lui-même convoquée au nom des non-alignés. Il prononce à cette occasion un discours exposant une doctrine économique, favorable entre autres à l’établissement d’un nouvel ordre économique international plus juste, qui prendrait en compte les intérêts du Tiers Monde. Il a pour cible l'exploitation des matières premières au profit des industries françaises. Au sein de celles-ci, le besoin d'une main d'œuvre à bas prix s'est fait sentir tout au long de leur développement. « Cette situation, nous ne pouvons pas la changer, ni dans quatre ans, ni dans cinq, ni peut-être dans dix ! Ce qui nous importe c'est de considérer l'émigration algérienne dans les pays européens, non pas comme un problème banal mais une question nationale. Personnellement, j’estime que, progressivement, de nombreux concitoyens qui ont émigré retourneront dès qu’ils pourront jouir des conditions de travail dans le pays. »[8].

En 1975 il accueille le premier sommet de l'OPEP par le biais duquel les membres du cartel ont pu définir une politique pétrolière concertée. Dans le sillage de cette même réunion, il parvint à sceller la paix entre l'Iran du Chah et l'Irak de Saddam Hussein. Sur le plan intérieur, il fait voter en 1976 une charte en vertu de laquelle il promulgue la constitution d'une Assemblée législative ainsi que la création du poste de président de la République, soumis au suffrage universel.

La réforme sportive[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Le 19 juin 1977, en présence de Houari Boumediène au stade du 5 Juillet d’Alger, lors de la finale de la coupe d’Algérie, l’hymne national est sifflé par les supporters kabyles, qui lui rappellent ainsi leur refus de l'arabisation decidée par lui sous influence égyptienne[réf. nécessaire]. Dès les jours suivants, sans doute marqué par cet incident, il sollicite plusieurs experts pour analyser la situation et proposer des solutions pour dépassionner l’atmosphère sportive. Il sera effectué un large remaniement ministériel dès la rentrée de septembre.

Un communiqué du Conseil des ministres indiquait les mesures suivantes : les associations auront une nature statutaire. Elles seront scindées en deux parties : l’Association sportive communale (APC) dite de type amateur et l’Association sportive de performance (ASP) qui intéressera les clubs de l’élite. Les associations sportives communales formeront la composante du sport dit de masse. Elles seront prises en charge par les APC ou, pour certaines d’entre elles, par des structures étatiques de différents secteurs (santé, justice, douane, université, entreprises publiques moyennes, etc.).

Les ASP seront ainsi parrainées par les plus grandes sociétés nationales, telles que Sonatrach, la Société nationale de sidérurgie, la Société électronique Sonacat, la CNAN, etc. Les athlètes étaient ainsi intégrés à l’entreprise et y bénéficiaient d’une formation professionnelle adéquate. Avec la force financière importante des grandes sociétés nationales, monopolistiques de leur secteur d’activité, les budgets des clubs devenaient conséquents et étaient gérés par des cadres de l’entreprise.

Une désaffection du public se fait immédiatement ressentir, ce qui a pour effet de dépassionner la compétition et de permettre aux clubs de mieux être en phase avec des actions de formation puisqu’il était obligé pour les ASP d’ouvrir des écoles de sport (chaque association de performance avait en charge plusieurs disciplines) d'investir plus dans les jeunes catégories. Une saison plus tard, à la faveur des résultats que commençait à générer cette politique, le public reprendra le chemin des enceintes sportives. En 1978, l’Algérie remporte les Jeux africains organisé sur son sol. Des performances qu’elle confirmera un an plus tard aux Jeux méditerranéens de Split.

Le football algérien connaîtra des victoires importantes (Coupes d’Afrique, bonne tenue en Coupe du monde 1982 et 1986). Les autres disciplines n’étaient pas en reste puisque tant le handball (cinq couronnes africaines consécutives) que la boxe ou l’athlétisme connaîtront des progrès significatifs. Entre-temps, Houari Boumediene n’était plus là pour récolter les fruits de sa réforme sportive.

Cette politique sera abandonnée au lendemain des émeutes d’octobre à cause d’une réorientation de la politique économique nationale sous Chadli Bendjedid. Les sociétés déstructurées et en pleine difficulté allaient se séparer progressivement des clubs.

Décès et postérité[modifier | modifier le code]

Village Houari Boumédiène dans la Wilaya de Guelma

À partir de l'année 1978, les apparitions publiques du président Houari Boumédiène se font de plus en plus rares, et il s'avère qu'il souffre d'une maladie du sang, la maladie de Waldenström[9]. Toutefois, très peu de choses ont été dites à propos des circonstances qui entourèrent sa mort, survenue le 27 décembre de cette année-là.

Selon d'autres sources[Lesquelles ?], les premiers symptômes de la maladie de Houari Boumédiène apparurent lors de son voyage du 20 septembre 1978 à Damas (Syrie) où, alors qu'il était accompagné d'Ahmed Taleb Ibrahimi et d'Abdelaziz Bouteflika, ces derniers avaient remarqué sa fatigue inhabituelle. Le diagnostic avancé dès lors était « une hématurie avec tumeur maligne de la vessie ». Pour cela il choisit de se faire traiter en URSS du 29 septembre au 14 novembre 1978. Le 12 octobre, lors de la visite de son jeune frère Saïd venu le voir à Moscou, Boumédiène n'apprécie pas que le voyage de son frère soit financé par de l'argent public et demande aussitôt qu'il soit retenu sur le salaire du président. Quelques jours après, il sera hospitalisé à l'hôpital d'Alger Mustapha Bacha où il décédera le 27 décembre 1978 à 4 heures du matin avec deux hématomes dans le cerveau. Les funérailles officielles auront lieu le 29 décembre 1978 au cimetière d'El Alia (à Alger)[10].

Selon l'ex-ministre des Affaires étrangères irakien Hamed Jabori, Boumédiène a été empoisonné par les services irakiens avec du thallium[réf. nécessaire].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Abdelwahab. Boumaza, La rigueur du relief a forgé son caractère : Une enfance faite de privations, El Watan, 27 décembre 2008.
  2. Certaines sources donnent une année de naissance oscillant entre 1925 et 1932 ; cf. Benjamin Stora, infra
  3. Les dates clés de la vie de Boumédiène, 27 décembre 2008, El Watan
  4. Benjamin Stora, Dictionnaire biographique de militants nationalistes algériens, éd. L'Harmattan, 1985, p. 146, extrait en ligne
  5. http://www.lematindz.net/news/9970-tahar-zbiri-raconte-les-coups-bas-de-bouteflika.html
  6. http://books.google.de/books?id=39JMAgAAQBAJ
  7. a et b Que reste-t-il de Boumédiène, Cherif Ouazani, jeuneafrique.com, 16 janvier 2011
  8. Paul Balta et Claudine Rulleau in La Stratégie de Boumedienne, édition Sindbad, 1978, p. 144-145
  9. (fr) Boumédiène, sur le site de la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer
  10. Mémoires d'un Algérien (tome 2) page 427-446 d'Ahmed Taleb-Ibrahimi
  11. Université Cheikh-Anta-Diop, « Liste des docteurs honoris causa de l'UCAD », sur http://www.ucad.sn (consulté le 16 mars 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ania Francos et Jean-Pierre Séréni, Un Algérien nommé Boumédiène, éd. Stock coll. « Les Grands Leaders », 1976
  • Paul Balta et Claudine Roulleau, La Stratégie de Boumédiène, éd. Simbad, 1978
  • Juliette Minces, L'Algérie de Boumédiène, éd. Presses de la Cité, 1978
  • Ahmed Taleb-Ibrahimi, Mémoires d'un Algérien (tome 2), mai 2008