Protectorat français au Maroc

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Protectorat français au Maroc
حماية فرنسا في المغرب
(Himaïat Faransa fi-l-Maghrib)

19121956

Drapeau
Drapeau (à partir de 1915)[1]
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Carte du Maroc en 1912 ; le protectorat français du Maroc est indiqué en vert clair et les colonies françaises en vert foncé.

Informations générales
Statut Monarchie, Protectorat français
Langue Français, Arabe, Berbère
Religion Islam, catholicisme, judaïsme
Histoire et événements
30 mars 1912 Traité de Fès
1934 Achèvement de la « pacification »
11 janvier 1944 Présentation du Manifeste de l'indépendance
2 mars 1956 Indépendance du Maroc

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le « protectorat français au Maroc » (en arabe : Himaïat Faransa fi-l-Maghrib حماية فرنسا في المغرب) est le régime politique — protectorat — mis en place par le traité franco-marocain conclu à Fès le 30 mars 1912 entre la Troisième République française et Moulay Hafid, sultan marocain[2] éphémère. Il était officiellement nommé Protectorat français dans l'Empire chérifien dans le traité de Fès, publié quelques mois après dans le premier bulletin officiel du pays, qui avait pour en-tête : « Empire chérifien : Protectorat de la République française au Maroc »[3].

Ce protectorat dura jusqu'à l'indépendance du Maroc, déclarée par Mohammed V le 18 novembre 1955, et actée en mars 1956[4],[5],[6]. La date officiellement retenue au Maroc est celle du 18 novembre 1955.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant le protectorat (1844-1912)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maroc précolonial.

À partir de 1844, plusieurs épisodes se succèdent impliquant le Maroc, la France et les puissances européennes. Ils se soldent par la tenue de la conférence d'Algésiras en 1906 qui place le Maroc sous protection internationale, concède certains droits à la France et à l'Espagne et offre un droit de regard à l'Allemagne. Les conclusions de la Conférence et les différentes crises franco-allemandes au sujet du Maroc mènent inévitablement à la signature du traité de Fès en 1912 et à l'instauration d'un protectorat français.

Conflit franco-marocain de 1844[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre franco-marocaine.

Les premières tensions entre la France et le Maroc remontent à 1840, suite au soutien que les Marocains accordaient à Abd el-Kader dans sa lutte contre l'avancée française en Algérie. Ces tensions sont au sommet en 1843, quand les forces françaises poursuivent une colonne de combattants d'Abd el-Kader à l'intérieur du territoire marocain. La construction d'un fort français à Maghnia, une localité considérée par les Marocains comme faisant partie de leur territoire, attise les tensions et une première escarmouche a lieu en mai 1844, quand le fort est attaqué par des guerriers tribaux qui sont finalement repoussés.

Face aux tensions, le gouverneur-général Thomas-Robert Bugeaud insiste face aux Marocains sur la nécessité de la démarcation la frontière entre le Maroc et les possessions françaises d'Algérie et de l'arrêt de leur soutien à Abd el-Kader. Les Marocains ne donnant suite aux requêtes françaises, le gouvernement du roi Louis-Philippe décide de procéder à une démonstration de force en envoyant une flotte de guerre, commandée par le prince de Joinville, bombarder Tanger le 6 aout 1844, avant de mettre le cap sur Mogador.

La flotte du prince de Joinville arrive en vue de Mogador le 10 aout mais ne peut reprendre les opérations que cinq jours plus tard en raison d'une forte tempête. Le 15 aout au matin, les défenses de la ville et de l'île de Mogador sont neutralisées et la cité est occupée. Entre temps sur terre, les Marocains subissent une défaite cinglante à Isly.

À la suite de la défaite marocaine, le traité de Tanger est signé un mois plus tard, le 10 septembre 1844. Le Maroc reconnait la présence française en Algérie et cesse tout soutien officiel à Abd el-Kader – déclaré hors-la-loi au Maroc et en Algérie – et entérine le tracé de sa frontière avec l'Algérie. Mogador est évacuée le 16 septembre et les frontières entre le Maroc et les possessions françaises d'Algérie sont définitivement fixées par le traité de Lalla Maghnia, signé entre les représentants des deux parties le 18 mars 1845.

Conférence de Madrid (1880)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conférence de Madrid de 1880.

Conquête des confins algéro-marocains (1890-1901)[modifier | modifier le code]

Entente cordiale (1904)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Entente cordiale.

Crise de Tanger (1905-1906)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise de Tanger.

Conférence d'Algésiras (1906)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conférence d'Algésiras.

Pacte de Carthagène (1907)[modifier | modifier le code]

Le 16 mai 1907, l'Espagne s'aligne à l'Entente cordiale par le biais du Pacte de Carthagène. L'Espagne rejoint ainsi le camp anglo-français contre les ambitions allemandes au Maroc, tandis que les trois pays reconnaissent leurs intérêts respectifs et leurs sphères d'influence[7].

Campagne du Maroc (1907-1911)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campagne du Maroc.

Coup d'Agadir (1911)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Coup d'Agadir.

Période du protectorat (1912-1956)[modifier | modifier le code]

Traité de Fès (1912)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Traité de Fès.

Traité franco-espagnol (27 novembre 1912)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Protectorat espagnol au Maroc.

Pacification du Maroc (1912-1934)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pacification du Maroc.
Article connexe : Guerre du Rif.

Protocole de Tanger (1923)[modifier | modifier le code]

Promulgation du Dahir berbère (1930)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dahir berbère.

Naissance du Mouvement national marocain (1930)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mouvement national marocain.

Manifeste de l'indépendance (1944)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Manifeste de l'indépendance.

Révolution du Roi et du peuple (1953-1955)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolution du Roi et du peuple.

Déclaration de La Celle-Saint-Cloud (6 novembre 1955)[modifier | modifier le code]

Abrogation du protectorat (2 mars 1956)[modifier | modifier le code]

Institutions[modifier | modifier le code]

Régime politique[modifier | modifier le code]

Selon l'American Journal of International Law, « le traité ne remet pas en cause l'existence indépendante du Maroc, au sens où il n'est pas annexé en tant que province ou que département. Son existence territoriale doit être maintenue, la souveraineté du sultan doit être protégée et ses droits reconnus, mais d'un point de vue international, le Maroc perd son indépendance et son égalité avec d'autres nations »[8]. Selon la Cour internationale de justice, il s'agit d'un « accord de nature contractuelle » entre les deux pays, qui ne remet pas en question la souveraineté du Maroc[9].

Dans les faits, le pouvoir exécutif est incarné par le résident général, représentant de la France, qui dispose d'une assez large liberté de manœuvre. Le sultan et le Makhzen sont maintenus comme éléments symboliques de l'Empire chérifien, l'autorité réelle étant exercée par le résident et ses fonctionnaires et officiers (contrôleurs civils et militaires). À la suite du départ de Lyautey en 1925, la résidence devient néanmoins sensible aux pressions exercées par les puissants lobbys coloniaux, représentés par les patrons de la grande industrie et par les Chambres françaises d'agriculture du Maroc.

Représentation française[modifier | modifier le code]

Gouvernement chérifien[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Composition de la population[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Données économiques générales[modifier | modifier le code]

Politique monétaire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Franc marocain.

Politique fiscale[modifier | modifier le code]

Transports et communications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Moulay Youssef, « Dahir du 17 novembre 1915 portant prescription du nouveau drapeau de l'Empire », sur archive.wikiwix.com, Empire chérifien – Protectorat de la République française au Maroc – Bulletin officiel,‎ 29 novembre 1915 (consulté le 12 janvier 2014) p. 838.
  2. Jean-Pierre Maury, « Maroc – Traité pour l'organisation du protectorat français dans l'empire chérifien (Fès, 30 mars 1912) », sur mjp.univ-perp.fr, université de Perpignan (consulté le 10 novembre 2013).
  3. [PDF] Bulletin officiel de l'Empire chérifien : Protectorat de la République française au Maroc, Rabat, no 1,‎ 1er novembre 1912 (lire en ligne), p. 1
  4. [PDF] Protectorat du Maroc sur le site diplomatie.gouv.fr
  5. Jean-Pierre Maury, « Maroc – Indépendance du Maroc », sur mjp.univ-perp.fr, université de Perpignan,‎ 2013 (consulté le 26 novembre 2013)
  6. (en) Leon Carl Brown (en) (professeur émérite d'histoire à l'université de Princeton), Abdallah Laroui, Nevill Barbour, Susan Gilson Miller, Will D. Swearingen et al., Morocco, Encyclopædia Britannica,‎ 2014 (lire en ligne), Decline of traditional government (1830–1912), « The French protectorate (1912–56) »
  7. William L. Langer, "Tribulations of Empire: The Mediterranean Problem". Foreign Affairs no.15 (4), 1937, p.650 (doi:10.2307/20028808)
  8. (en) « French Protectorate Established in Morocco », The American Journal of International Law, vol. 6,‎ 1912 (lire en ligne)
  9. (en) « Case concerning rights of national of the United States of America in Morocco », dans Repertory of Decisions of the International Court of Justice (1947-1992), Martinus Nijhoff Publishers,‎ 1995 (lire en ligne), p. 453

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mohamed Hassan Ouazzani, Le Protectorat, crime de lèse-nation : Le Cas du Maroc, Fès, Fondation Mohamed Hassan Ouazzani,‎ 1992, 128 p. (OCLC 40234710, présentation en ligne)
  • « Le Maroc à l'heure française », dans Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Paris, Perrin,‎ 2009 [détail des éditions], p. 413-536
  • Abdelhadi Alaoui, Le Maroc et la France : 1912-1956 - Textes et documents à l'appui, Rabat, Fanigraph,‎ 2007, 568 p. (ISBN 978-9954-0-3859-8, OCLC 262650411)
    Moulay Abdelhadi Alaoui est un historien marocain.
  • Bénédicte Florin, « Expériences urbaines et architecturales et discours afférents dans le domaine de l'habitat social au Maroc sous le Protectorat (1912-1956) », Les Cahiers d'EMAM, no 20,‎ 2010, p. 59-70 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]