Île Sainte-Marie

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Île Sainte-Marie
Nosy Boraha (mg)
La plage de la Crique
La plage de la Crique
Géographie
Pays Drapeau de Madagascar Madagascar
Coordonnées 16° 50′ 00″ S 49° 55′ 00″ E / -16.8333, 49.916716° 50′ 00″ S 49° 55′ 00″ E / -16.8333, 49.9167  
Administration
Province Tamatave
Région Analanjirofo
District Nosy Boraha
Démographie
Plus grande ville Ambodifotatra
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : Madagascar

(Voir situation sur carte : Madagascar)
Île Sainte-Marie
Île Sainte-Marie
Île de Madagascar

L'île Sainte-Marie, autrefois nommée Nossi-Ibrahim, devenue aujourd'hui en malgache Nosy Boraha (peu usité), est une île de la région d'Analanjirofo, dont les côtes sont éloignées de 5 à 12 km des rivages nord-est de Madagascar, dans l'océan Indien.

Destination touristique, l'île Sainte-Marie est connue pour son caractère authentique et préservé, ses regroupements de baleines à bosse, son histoire romanesque et l'accueil de ses habitants.

Géographie[modifier | modifier le code]

De forme très allongée, l'île mesure 49 km de long sur 5 km de large, avec une orientation sud-sud-ouest/nord-nord-est. Au sud, l'île aux Nattes (2,5 km sur 1,5 km) est séparée de l'île Sainte-Marie par un bras de mer d'environ 400 m de large. Un lagon entoure ces deux îles.

Le village principal est Ambodifotatra, à environ 10 km du sud de l'île. L'aéroport est situé à la pointe sud de l'île et est desservi par Air Madagascar depuis Tananarive et Tamatave. De nombreux hôtels se situent essentiellement entre l'aéroport et Ambodifotatra.

L'île est au voisinage d'anses et baies remarquables. Les célèbres baies d'Antongil et de Tintingue ont été des repaires de pirates des mers du Sud, l'activité des flibustiers et forbans y connaissant une croissance à l'époque classique entre 1620 et 1680.

Localisation de l'île Sainte-Marie

Une histoire romanesque[modifier | modifier le code]

Vers 1506, des navigateurs portugais découvrirent l'île, le jour de l’Assomption, tout en échappant à un naufrage, et nommèrent l'endroit en l'honneur de la Vierge : « Santa-Maria ». À cette époque, de Constantin fait la description suivante de l’île :

« Les hommes avaient quatre javelines garnies de pointe d’argent, (...) n’avaient qu’un vêtement fort adroitement tissé de quelques herbes de diverses couleurs. Ils portaient chacun un roseau avec de l’eau salée. C’étaient de grands hommes, puissants, tels que sont communément tous ceux de cette île. Ils ont de grands boucliers de bois dont ils se couvrent tout entier lorsqu’ils se baissent, en sorte qu’on ne peut voir qu’une partie de leurs pieds. L'île a de longueur du nord au sud environ un degré. Le paysage est agréable. Elle est remplie de grands arbres très beaux et très verts. Le terrain est fort haut, mais en naviguant le long de la côte, on vit qu'elle était séparée en deux îles. »

Un ancien repaire de pirates[modifier | modifier le code]

« La petite isle de de Ste-Marie où l'on carène les vaisseaux » (dessin du XVIIe siècle)

Non loin des voies maritimes où transitaient des navires revenant des Indes les cales débordantes de richesses, pourvue de baies et de criques protégées des tempêtes et abondant en fruits et en eau douce, Sainte-Marie devint une base populaire pour les pirates au long cours du XVIIe au XVIIIe siècles.

Pendant deux siècles, l'île a été le repaire des brigands des mers. Au XVIIIe siècle, dit-on, plus de mille corsaires y résidaient. Les épaves de leurs navires gisent au large d'Ambodifotatra, la capitale de Sainte-Marie. Aujourd'hui, plus de corsaires : ici, on goûte à la paix, près du grand voisin, Madagascar.

L'île aux Forbans, située au cœur de la baie d'Ambodifotatra, verra séjourner des figures légendaires de la piraterie telles que : John Avery, Christophe Condent, Thomas Tew, William Kidd, et Olivier Le Vasseur. Beaucoup d'entre eux feront souche. De nombreux vestiges de cette histoire subsistent à Sainte-Marie. Par exemple, dans la baie des Forbans gisent encore, à quelques mètres de fond, plusieurs dizaines d'authentiques vaisseaux pirates.

Sainte-Marie est située sur deux importantes routes commerciales du XVIIe siècle : celle de la mer Rouge et celle de l’océan Indien. À l’époque déjà, la population y était accueillante, la nourriture abondante et aucune puissance européenne ne tenait l’île. La proche région devint au cours du siècle particulièrement prisée des pirates alors que les caraïbes, jusque alors lieu de regroupement privilégié de la flibuste internationale, diminuait en popularité.

Les allées et venues des galions espagnols chargés de trésors se faisaient plus rares dans les Caraïbes. Sous le contrôle des Français, l’île de la Tortue devenait, peu à peu, un port tranquille et fréquentable. D’autre part, l’affluence des boucaniers à Port Royal, autrefois forte, ne se relevait pas du tremblement de terre Jamaïcain de 1692. Plus généralement, les nations européennes ne tolérant plus la piraterie, encourageaient la chasse aux pirates par leur patrouilles navales dans les eaux caribéennes.

Cimetière de pirates

Aux alentours de 1700, l’île Sainte-Marie devint ainsi le port d’attache d’une vingtaine de vaisseaux et le lieu d’habitation d’un millier de forbans.

La rumeur des fortunes faciles qui s’y firent envahit les mers. À l’image de la république démocratique de Libertalia, il semblait s’y concrétiser des idéaux d’égalité, de liberté et de fraternité. L’engouement pour ce havre était tel que les nations européennes commencèrent à se soucier de l’impact et du rôle commercial et géopolitique de cette zone qu’ils ne contrôlaient pas et offrirent l’amnistie aux pirates qui se repentiraient et retourneraient au pays. On trouve encore sur l'île de nombreux cimetières de forbans.

L'île, pacifiée par la Marine royale et déjà occupée par des ressortissants français dès 1750, est devenue une colonie française vers 1820-1822. L'exploitation du bois, la culture de la canne à sucre et du riz, l'élevage des bœufs à des fins d'exportation ont contribué à l'essor du petit chef-lieu, Port-Louis. À la fin des années 1860, l'île s'étend d'après un cadastre local sur 90 995 hectares et compte 5 900 habitants. Elle fait partie du Gouvernement de Mayotte et n'est rattachée à la grande île de Madagascar qu'à la fin du siècle.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

L'église de Sainte-Marie, située à proximité d'Ambodifotatra, construite en 1857, est la plus vieille église de Madagascar[1].

Administration[modifier | modifier le code]

Sainte-Marie constitue une commune et un district.

Des atouts touristiques[modifier | modifier le code]

Une végétation luxuriante[modifier | modifier le code]

L'île porte de nombreux surnoms dont celui de « l'île-jardin ». Du fait d'un micro climat constant tout au long de l'année, Sainte-Marie possède une luxuriance végétale remarquable. Si les diverses cultures d'épices (girofle, cannelle, vanille, café, poivre) y prolifèrent, Sainte-Marie a su aussi conserver un large éventail des différentes sylves tropicales existant à Madagascar, dont une véritable forêt primaire.

Une faune et une flore endémiques[modifier | modifier le code]

Pyxis planicauda dans le parc Endemika

Le caractère insulaire du lieu et les particularités du sol corallien ont favorisé diverses adaptations, tant sur le plan animal que végétal, entraînant des inter-relations uniques. Sainte-Marie est ainsi dotée d’une faune et une flore très riche, on y rencontre entre autres espèces plusieurs types de lémuriens ainsi qu’une multitude d’orchidées, dont la magnifique Reine de Madagascar.

Des fonds marins de qualité[modifier | modifier le code]

À l'abri des requins, le lagon de l'île de Sainte-Marie est doté d'importantes constructions coralliennes. Sa faune et sa flore sous-marines constituent un patrimoine naturel préservé et un site de plongée de premier ordre dans l'océan Indien.

Un nid à baleine[modifier | modifier le code]

L'île accueille chaque année pendant l'hiver austral un spectaculaire ballet. D'importants groupes de baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) migrent depuis l'Antarctique jusqu'au canal de Sainte-Marie, lieu de reproduction idéal. Ces paisibles géants trouvent ici des conditions favorables à la croissance des jeunes et à leurs jeux amoureux et acrobatiques avant le grand retour vers les mers froides.

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Île Sainte-Marie sur madagascarile.free.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Elyane Tiana Rahonintsoa, L'Île Sainte-Marie (Nosy Boraha), Tananarive, Libr. de la Madagascar, 1980, 37 p.
  • Nicole Sztokman, « Perspectives de développement touristique à Madagascar : l'exemple de Nosy-Boraha (île Sainte-Marie) », in L'Information géographique, vol. 58 (1994), no 4, pp. 143-149.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Marie de Gentelles, À l'île Sainte-Marie, Lille, Desclée, de Brouwer et Cie, 1901, 182 p. [1] Texte intégral en ligne sur Gallica