El Watan

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El Watan
Image illustrative de l'article El Watan

Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Langue Français
Périodicité Quotidien
Format Tabloïd
Genre Généraliste
Diffusion 129 231 ex. (2010, certifié par l'OJD. Tirage de 155 365 ex.)
Date de fondation
Ville d’édition Alger

Rédacteur en chef Omar Belhouchet
ISSN 1111-03333
Site web www.elwatan.com

El Watan (qui signifie « la nation ») est un quotidien généraliste algérien en langue française.

Historique[modifier | modifier le code]

Le journal El Watan parait pour la première fois le . Il est fondé par un groupe d'anciens journalistes d'El Moudjahid à la suite de la promulgation d'une loi (dite loi Hamrouche) autorisant la presse privée en Algérie.

El Watan est considéré comme le journal de référence en Algérie[1]. Son directeur, Omar Belhouchet, a reçu la Plume d'or de la liberté en 1994, récompense remise par l'Association mondiale des journaux.

Le journal a été suspendu à cinq reprises depuis sa création (la dernière suspension datant de 1998).

À l'occasion de son vingtième anniversaire, El Watan a publié en 2010 un numéro spécial illustré en première page par un dessin de son célèbre caricaturiste Hicham Baba Ahmed (Le Hic) qui résume ces vingt ans en quatre planches[2] : « El Watan est né sous Chadli, a espéré sous Boudiaf, a résisté sous Zéroual et a survécu sous Bouteflika ».

Suspensions, terrorisme et polémiques[modifier | modifier le code]

Le 2 janvier 1993, El Watan est suspendu pour une durée de quinze jours en raison de son article en une sur l'attentat contre la caserne de Ksar El Hirane (wilaya de Laghouat) ayant coûté la vie à cinq gendarmes. Cette suspension est accompagnée de l'interpellation et de la mise en garde à vue pendant soixante-douze heures de Omar Belhouchet, directeur du journal, de Nacéra Benali, auteur de l'article et de quatre autres journalistes d'El Watan. Sous les chefs d'accusation d'atteinte à la sûreté de l'État, atteinte à corps constitués et atteinte au moral des troupes, ils sont incarcérés durant quatre jours. La bataille judiciaire[évasif] se termine le 15 octobre 2002 lorsque la Cour suprême algérienne confirme la relaxe de l'ensemble des prévenus[3].

Le 13 avril 1994, Mohamed Meceffeuk, le correspondant du journal El Watan à Mostaganem (et aussi journaliste du magazine Détective) est assassiné par un groupe terroriste près de Chlef. Il fait partie des 101 journalistes algériens (et trois journalistes étrangers) assassinés pendant la décennie noire[4].

En décembre 1994, El Watan est suspendu pour la deuxième fois pendant quinze jours à la suite de la publication d'un article révélant que l'armée algérienne a acheté des hélicoptères français qui seront utilisés dans la lutte anti-terroriste. Cet article était en violation avec l'embargo sur l'information sécuritaire décrété par le ministère de l'intérieur dans un arrêté adressé aux éditeurs et responsables de la presse algérienne[5].

Le 25 février 1995, El Watan publie une enquête sur l'importation de scanners qui révèle une affaire de corruption et de dilapidation de deniers publics. Omar Belhouchet est mis sous contrôle judiciaire à la suite d'une plainte du ministère algérien de la santé. Relaxé le 26 juin 1995 par la Cour d'Alger, le ministère de la Santé revient à la charge en déposant une nouvelle plainte pour "outrage à corps constitués". Dans un premier temps, en 1996, Djillali Hadjadj (auteur de l'article) et Omar Belhouchet seront condamnés à payer des amendes. Mais en 2002, ils seront finalement relaxés par la justice algérienne[5].

En avril et en mai 1996, le quotidien est censuré à deux reprises pour avoir rapporté des massacres de citoyens pendant de la Décennie noire.

En 1998, El Watan publie une enquête de sa journaliste Salima Tlemçani concernant l'augmentation inexpliquée du nombre de décès dans une clinique de Bir Mourad Raïs (Alger). L'article met en cause des valves défectueuses utilisées lors de l'anesthésie et évoque une connivence entre le directeur de la clinique et la société productrice de ces valves. Cela vaut au journal une nouvelle bataille judiciaire qui résulte par la condamnation de Salima Tlemçani à deux mois de prison avec sursis et Omar Belhouchet à une amende ferme. Confirmé en appel, ce verdict sera finalement annulé en 2006 par une grâce étatique[5].

En 1999, Omar Belhouchet est à nouveau condamné à une amende ferme à la suite d'un article sur la démission du général Betchine et de son témoignage dans une affaire judiciaire dite l'affaire Sider[6].

La suspension la plus importante du journal est celle de septembre 1998 pendant 1 mois. Elle fait suite aux révélations de la presse privée algérienne sur l'ancien général et conseiller du président Liamine Zéroual, Mohammed Betchine. Aux côtés des quotidiens Le Soir d'Algérie, La Tribune et Le Matin, El Watan reçoit un ultimatum de quarante-huit heures pour régler toutes ses créances auprès des imprimeries de l'État. Deux jours plus tard, seuls El Watan et Le Matin sont interdits de parution. Par solidarité, El Khabar, Liberté, Le Soir d'Algérie, La Tribune et Le Quotidien d'Oran entament une action de grève. Il faudra attendre un mois pour que le quotidien El Watan retourne dans les kiosques[3].

Le 20 juillet 2002[7], le correspondant d'El Watan à Tébessa, Abdelhaï Beliardouh, est enlevé par le président de la Chambre de commerce et d'industrie Nememcha, Saâd Garboussi, et trois autres complices. Battu et humilié[précision nécessaire] dans la rue devant plusieurs témoins, il est séquestré par ses agresseurs qui voulaient connaitre la source d'un de ses articles qui faisait état de l'arrestation de M. Garboussi pour soutien au terrorisme. El Watan dénonce dans un communiqué « l'expédition punitive menée par un chef d'une mafia locale » et « la passivite, voire la complicité des services de sécurité et des élus locaux ». Le 22 juillet, la police enregistre la plainte d'Abdelhaï Beliardouh. Une semaine plus tard, une bombe est découverte au bas de l'immeuble de son avocat (elle sera désamorcée). Abdelhaï Beliardouh ingurgite de l'acide pur en octobre 2002 et décède à l'hôpital le 20 novembre 2002[4]. Alors que l'affaire judiciaire n'a toujours pas trouvé sa résolution, Saâd Garboussi été réélu en 2010 pour un deuxième mandat à la tête de la Chambre de commerce de Tébessa[8].

Contenu et format[modifier | modifier le code]

Le journal utilise le format tabloïd (41 cm x 29 cm environ). Son tire est accompagné du sous-titre : « Quotidien Indépendant ».

Quotidien généraliste, El Watan qui traite aussi bien de politique intérieure que de faits divers, de culture, d'économie, de sport ou d'actualité internationale. Parmi les rubriques phares du journal, citons :

  • On vous le dit, rubrique constituée de brèves, d'informations insolites et d'indiscrétions ;
  • Point Zéro, chronique de Chawki Amari en dernière page ;
  • Les caricatures de Hicham Baba Ahmed (Le Hic) et de Maz.

Éditions régionales[modifier | modifier le code]

El Watan propose des versions différentes du quotidien selon les régions du pays (édition « Centre », édition « Kabylie », édition « Est » et édition « Ouest », édition « Sud »). Chaque édition se différencie au niveau des pages centrales consacrées à l'actualité locale. Le reste des pages du journal est identique d'une édition à une autre. Cette initiative a été renforcée avec la création de pages locales à l'image de Alger Infos, Oran Infos, Constantine Infos, Sétif Infos, Chlef Infos, Kabylie Infos, Blida Infos, Mostaganem Infos, Sidi Bel Abbès Infos, Tiaret Infos, Annaba Infos, Sud Infos

Suppléments hebdomadaires et hors-séries[modifier | modifier le code]

Le 14 novembre 2004, El Watan lance son premier supplément consacré à la télévision. Ce supplément gratuit de seize pages est vendu en accompagnement avec l'édition du jeudi du quotidien. Ce supplément a été arrêté pour laisser place à un autre supplément intitulé Arts & Lettres. Il s'agit d'un carnet intégré dans l'édition quotidienne et qui traite de littérature, de cinéma et d'art. Encouragé par le succès de ce supplément, El Watan lance le 28 février 2005 un supplément hebdomadaire économique intitulé El Watan Économie. Il est rejoint le 5 février 2006 par un supplément consacré à l'immobilier (El Watan Immobilier).

Le journal publie régulièrement des hors-séries gratuits à l'occasion de la commémoration de certaines dates de l'histoire de l'Algérie. On peut citer les hors-séries suivants :

  • Hors-série publié le 1er novembre 2004 et consacré à la guerre de Libération nationale ;
  • Hors-série consacré au 60e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 ;
  • Hors-série de 42 pages publié le 5 juillet 2007, commémorant le 45e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie ;
  • Hors-série publié le 5 octobre 2008 pour commémorer le 20e anniversaire des évènements d'octobre 1988 ;
  • Hors-série publié le 27 décembre 2008 consacré à l'ancien président Houari Boumedienne à l'occasion du 30e anniversaire de sa mort ;
  • Hors-série consacré au 20e anniversaire du journal El Watan en octobre 2010 ;
  • Hors-série publiés à partir du 5 juillet 2012 consacré au cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie sur cinq jours soit cinq suppléments consacrés à l'histoire de la guerre de libération et l'après indépendance.

L'édition du week-end[modifier | modifier le code]

Depuis le 19 mars 2009[9], El Watan est également publié le vendredi (ce qui correspond au debut du week-end en Algérie). Cette édition s'intitule El Watan Week-end.

L'imprimerie El Watan - El Khabar[modifier | modifier le code]

Longtemps domaine réservé de l'État, l'impression de la presse algérienne a connu un grand tournant lorsque deux quotidiens privés, El Watan (francophone) et El Khabar (arabophone), se sont réunis pour créer la société ALDP (Algérie diffusion et impression de presse, son sigle n'inclut pas le mot "impression" car il s'agit en réalité d'une ancienne société de distribution ayant fait faillite et reprise en 1996 par les deux quotidiens). C'est le 16 juin 2001 que les premiers numéros de chacun des deux titres ont été imprimés. Le chiffre d'affaires de l'ALDP est passé de 13 148 587 dinars algériens (autour de 100 000 euros) en 2001 à 248 885 782 dinars algériens en 2009 (environ 2 millions d'euros)[10].

Basée à Ain Naâdja (Alger), l'ALDP assure l'impression pour la région centre des quotidiens El Watan, El Khabar mais aussi celle des quotidiens Liberté (francophone) et El Youm (arabophone).

Encouragés par le succès de cette première expérience, El Watan et El Khabar ont créé deux autres sociétés d'impression: la SIMPREC[11] à Constantine (mise en service fin 2007) et l'ENIMPOR[12] à Oran (mai 2008).

Site internet[modifier | modifier le code]

En 1997, El Watan est l'un des premiers quotidiens au Maghreb à se doter d'un site internet. Après plusieurs évolutions et actualisations, le journal propose, depuis 2010, une version électronique améliorée qui permet aux personnes inscrites gratuitement de télécharger une version au format pdf de la version papier. Il permet aussi de débattre en laissant des commentaires sous chaque article et qui sont modérés avant publication.

Le site internet d'El Watan est actualisé et alimenté par de nouveaux articles tout au long de la journée.

Tirage et certification par l'OJD[modifier | modifier le code]

El Watan est considéré comme le 4e quotidien d'information générale le plus lu en Algérie, derrière les journaux arabophones Echorouk, El Khabar et Ennahar (El Heddaf est également devant mais il s'agit d'un quotidien sportif.). El Watan est 1er au niveau de la presse francophone[13].

En 2009[14], El Watan est le premier quotidien algérien à demander une certification auprès de l'OJD (office de justification de diffusion), organisme français reconnu dans le monde des médias et qui possède déjà une filiale au Maroc. Cette démarche en quête de transparence a créé un effet boule de neige en Algérie. Les quotidiens arabophones El Khabar et Ennahar sont eux aussi certifiés par l'OJD l'année suivante (2010)[15].

Pour l'année 2010, l'OJD a annoncé que le tirage d'El Watan a atteint 155 364 exemplaires par jour. La diffusion a atteint 129 231 exemplaires (dont 129 022 payés). Cela représente une hausse de 1,52 % par rapport aux chiffres de diffusion de l'année 2009[16].

Pour l'édition du week-end (El Watan Week-end), l'OJD a révélé que le tirage quotidien a atteint 125 205 exemplaires pour une diffusion de 99 415 exemplaires (diffusion payée de 99 206). La hausse est de 29,19 % par rapport à 2009[16].

Les chiffres sont en forte hausse par rapport aux derniers chiffres officiels remontant à l'année 2006. El Watan affichait un tirage de 126 300 exemplaires selon le ministère de la communication algérien. Ce chiffre le classait en 3e position des tirages de la presse quotidienne algérienne et en 2e position si l'on ne tient compte que des quotidiens francophones[17].

En juillet 2007, le quotidien arabophone El Khabar a publié un sondage réalisé par l'institut IMMAR[18]. Ce sondage classe El Watan en 4e des quotidiens les plus lus des régions est et ouest de l'Algérie, et en 5e position pour les régions centre et sud du pays.

Perspectives dans l'audiovisuel[modifier | modifier le code]

Au lendemain de l’adoption par le gouvernement algérien d’un avant projet de loi consacrant l'ouverture de l'audiovisuel à la concurrence, El Watan est le premier à annoncer dès le 13 septembre 2011 son intention de postuler à la création d'une chaine de télévision et d'une station radio[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]