Joseph Vantini

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Joseph Vantini

Description de l'image  GeneralYusuf.jpg.
Nom de naissance Joseph Vantini
Alias
Général Youssouf
Naissance 1808
île d'Elbe
Décès 1866 (à 58 ans)
Cannes
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Militaire

Joseph Vantini, dit Youssouf, né à l’île d'Elbe en 1808 et mort le 16 mars 1866 à Cannes, est un général français.

Il n’a conservé aucun souvenir de sa famille, il se rappela seulement d’avoir vu Napoléon Ier en 1814. Vers cette époque, il fut embarqué pour Florence où on l’envoyait faire ses études; mais le navire qui le portait ayant été capturé par un corsaire barbaresque, Youssouf, conduit à Tunis, échut en partage au Bey. Devenu musulman, et placé dans le sérail, il ne tarda pas à se concilier l’affection de ses maîtres. Il apprit en peu de temps le turc, l’arabe, l’espagnol, gagna, par son adresse dans tous les exercices militaires, l’amitié du Bey.

Mais engagé dans une intrigue avec une des filles du Prince, et surpris un jour, dans un de ses rendez-vous, par un gardien, il conçut aussitôt l’audacieuse résolution de le suivre dans les jardins et de s’en défaire ; il jeta le corps dans une piscine profonde, n’en conservant que la tête, et le lendemain, pendant que la jeune princesse l’entretenait des vives terreurs auxquelles elle était en proie, il la conduisit, pour toute réponse, dans la chambre voisine, et lui montra, dans l’une des armoires, la tête de l’esclave dont il avait arraché la langue. Cependant cette aventure pouvant finir par s’ébruiter, il ne songea plus dès lors qu’à quitter Tunis, et prépara son évasion. Pendant quelques jours, il feignit d’être malade, obtint enfin la permission de sortir du sérail, et trompant la vigilance de ses gardiens, il put concerter les moyens de s’échapper.

C’était au mois de mai 1830, le brick français l’Adonis était à l’ancre dans la rade, un canot devait l’y conduire, mais cinq Turcs étaient apostés là pour s’opposer à son embarquement. Youssouf qui les avait vus de loin, remarque qu’ils ont laissé leurs fusils en faisceau sur une roche, il s’élance de ce côté, jette les armes à la mer, se débarrasse de deux de ces hommes, met les autres en fuite et gagne l’embarcation.

L’Adonis avait ordre de rallier la flotte qui devait s’emparer d’Alger. Peu de jours après Youssouf débarqua à Sidi-Ferruch avec l’armée.

Pendant la campagne, il resta attaché au général en chef, et fut placé comme Interprète militaire auprès du commissaire général de police. Plusieurs missions périlleuses dont il s’acquitta avec zèle et intelligence, près des chefs des diverses tribus éloignées, lui ouvrirent enfin la carrière des armes. Il fut nommé capitaine dans le 1er régiment, des chasseurs d'Afrique le 25 mai 1831, et bientôt après promu aux fonctions de lieutenant de l’Agha.

Désigné par le duc de Rovigo pour faire partie de l’expédition de Bône, il aida de son courage le capitaine d’artillerie d’Armandy, et ce fut aux etforts de ces deux officiers que l’armée dut de pouvoir occuper la citadelle, presque sans coup férir. Cette action valut à Youssouf la croix de la Légion d'honneur. Il contribua plus tard à conserver cette conquête à la France.

Depuis huit jours, la poignée d’hommes à laquelle avait été confiée la défense de la ville, était enfermée dans la casbah : Youssouf, averti par un de ses gens que les Turcs avaient formé le complot de l’assassiner pendant la nuit, de massacrer les Français et de s’emparer du fort, va trouver le capitaine d’Armandy qui commandait la garnison, lui fait connaître l’imminence du danger, et lui déclare qu’il ne sait qu’un moyen d’y échapper. « II faut, que je sorte avec mes Turcs, ajoute-t-il. — Mais ils te tueront, répond l’officier français. — Que m’importe, répond Youssouf; j’aurai le temps d’en-clouer les pièces qui sont à la marine. Je succomberai, je le prévois, mais tu seras sauvé, et le drapeau français ne cessera pas de flotter sur Bône. »

À peine a-t-il prononcé ces mots qu’il sort, suivi de ses Turcs. La porte de la casbah est aussitôt murée derrière lui ; parvenu au bas de la ville, Youssouf s’arrête, et s’adressant à sa troupe : « Je sais, dit-il, qu’il y a parmi vous des traîtres qui ont résolu de se défaire de moi dans la nuit prochaine. Je les connais, qu’ils frappent d’avance ceux qui ne craindront pas de porter la main sur leur chef. » Puis se tournant vers l’un d’eux : « Toi, tu es du nombre, lui dit-il, et il l’étend mort à ses pieds. » — Cet acte de résolution déconcerte les conjurés ; ils tombent à ses genoux, et lui jurent une fidélité à laquelle ils n’ont pas manqué depuis.

Youssouf se fit encore remarquer pendant les campagnes de 1832 et 1833, et fut nommé, le 7 avril 1833, chef d'escadron dans le corps des spahis réguliers du « colonel-agha » Marey.

À l’époque de l’expédition du maréchal Clausel sur Mascara, Youssouf arriva à Oran, après avoir traversé plus de vingt lieues de pays, accompagné seulement de quelques cavaliers; le maréchal lui confia alors le beylik de Constantine. Il fut nommé officier de la Légion d'honneur le 14 août 1835. Sa conduite distinguée en 1836 et 1837 lui valut, le 18 février 1838, le grade de lieutenant-colonel, et il fit, à la tête de son corps de Spahis, les campagnes de 1838 à 1841. Il a été nommé colonel de la cavalerie indigène d’Afrique le 19 mai 1842, et promu au grade de maréchal de camp après la bataille d'Isly. Le général Youssouf continua à se montrer glorieusement dans la lutte contre Abd el-Kader: lors de la prise de la smala d'Abd el-Kader par le duc d'Aumale (16 mai 1843), le premier échelon est composé des spahis et du goum, commandé par le colonel Yousouf ; le 23 décembre 1845, il battit l’émir à Tenda dans un combat de cavalerie. Le 13 mars 1846, il l’atteignit de nouveau, le battit, lui enleva tous ses bagages et fut sur le point de l’enlever lui-même.

En 1854, durant la guerre de Crimée, le général Youssouf forme en Bulgarie 6 régiments de Bachibouzouk qui furent licenciés au bout de 2 mois.

Source[modifier | modifier le code]

« Joseph Vantini », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]

Référence[modifier | modifier le code]

  • Victor Bernard Derrécagaix, Yusuf, Paris, R. Chapelot, 1907.
  • Edmond Jouhaud, Yousouf, esclave, mamelouk et général de l'Armée d'Afrique, Paris, Robert Laffont, 1980.