Tirailleurs marocains

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Les tirailleurs marocains étaient des unités d’infanterie appartenant à l'Armée d'Afrique qui dépendait de l’armée de terre française. Ces unités à recrutement majoritairement indigène (70-75 % selon les époques), venues du Protectorat du Maroc, ont existé de 1915 à 1956.

Ils se distinguèrent notamment lors de la Première Guerre mondiale puis surtout au cours de la Seconde Guerre mondiale ou les sept régiments de Tirailleurs marocains engagés de 1942 à 1945 reçurent la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1939-1945 (2-3 citations à l'ordre de l'Armée)[1].

Origine[modifier | modifier le code]

  • 1912 : création de Troupes auxiliaires Marocaines
  • août 1914 : constitution de deux Régiment de chasseurs indigènes à partir des cinq bataillons (aux ordres des colonels Auroux et Poeymirau) qui forment le 25 août 1914 une Brigade de chasseurs indigènes (appelée aussi Brigade marocaine ou Brigade Ditte) aux ordres du général Ditte. La brigade est à la disposition de la 45e DI à partir du 8 septembre 1914
  • 23 septembre 1914 : la brigade décimée au cours de la bataille de la Marne est dissoute et avec les survivants un Régiment de marche de chasseurs indigènes est formé
  • 1er janvier 1915 : le régiment devient le Régiment de Marche de Tirailleurs Marocains (R.M.T.M) par décision du 25 décembre 1914 et est placé sous les ordre des colonels Poeymirau puis Auroux
  • printemps 1917 : le R.M.T.M est affecté à la 153e division, sous les ordres du général Pelle
  • mars 1918 : le R.M.T.M devient le 1er R.M.T.M lorsqu'un deuxième régiment, le 2e R.M.T.M, est créé.

Historique[modifier | modifier le code]

À la fin du XIX e siècle les échanges augmentent entre le Maroc et la France. En 1877 s'effectue le relevé géographique du Maroc en coopération avec les ingénieurs du service géographique de l'armée, puis l'instruction par des officiers français de l'armée Chérifienne.

Pendant la Grande Guerre, la contribution du Maroc se monte, en 1918, à six bataillons regroupés dans deux régiments de marche. Les pertes marocaines s'élèveront à environ 25 % de leurs effectifs. Les deux régiments, les 1er et 2e Régiment de marche des tirailleurs marocains (RMTM), seront plusieurs fois cités à l'ordre de l'Armée et décorés de la fourragère.

Durant la Seconde Guerre mondiale, lors de la bataille de France les Marocains auront de nombreux tués, notamment à Gembloux, à Reims et Annonay. 18 000 hommes seront faits prisonnier par les Allemands. En 1943, ils s'illustrent lors de la Campagne d'Italie au sein du CEF du général Juin. En 1944, dans les rangs de la 1er Armée française de De Lattre ils débarquent en Provence avec la 2e division d'infanterie marocaine, la 4e division marocaine de montagne, puis les tabors marocains du général Guillaume.

Les tirailleurs marocains et goumiers seront plusieurs milliers à combattre en Indochine de 1946 à 1954.

Tirailleurs marocains[modifier | modifier le code]

insigne des tirailleurs marocains

Goumiers et tabors[modifier | modifier le code]

Souvent associés aux opérations des régiments de Tirailleurs, les goums sont de petites unités de 200 hommes (goumiers) environ, regroupés par trois ou quatre dans des tabors (effectifs proches d'un bataillon). Pendant la Seconde Guerre mondiale, quatre groupements de tabors sont constitués.

Campagnes militaires[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Marne 1914[modifier | modifier le code]

La Brigade Marocaine sous les ordres du Général Ditte, envoyée en France début août 1914, est composée de deux Régiments de Chasseurs Indigènes à pied :

  • 1er Régiment : sous les ordres du colonel Touchard
    • 1er bataillon baptisé AUROUX
    • 2e bataillon baptisé FUMEY
    • 3e bataillon baptisé RICHARD D'IVRY
  • 2e Régiment : sous les ordres du commandant Poeymireau
    • 1er bataillon baptisé PELLEGRIN
    • 2e bataillon baptisé CLEMENT

Les tirailleurs de la Brigade marocaine s'illustrent au cours des combats de l'Ourcq et de l'Aisne lors de la bataille de la Marne en septembre 1914. Sur un effectif d'environ 5 000 hommes, seuls 700 sont valides après les combats. En outre sur les 103 officiers de la Brigade, 46 sont blessés ou tués[2]. Les tirailleurs survivants formeront par la suite le 1er régiment de tirailleurs marocains.

Après la bataille, leur faits d'armes suscitent l'admiration et ils reçoivent les félicitations du Général Maunoury, commandant la VIe armée française, puis d'Alexandre Millerand alors ministre de la guerre : « Disciplinés au feu comme à la manœuvre, ardents dans l'attaque, tenaces dans la défense de leurs positions jusqu'au sacrifice, supportant au delà de toute prévision les rigueurs du climat du Nord, ils donnent la preuve indiscutable de leur valeur guerrière. De telles qualités les placent définitivement sur le même rang que nos meilleurs troupes d'Afrique et les rendent dignes de combattre, aux côtés des troupes françaises »[3].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Décorations des régiments d'Infanterie[modifier | modifier le code]

Drapeaux[modifier | modifier le code]

Fourragères[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[5][modifier | modifier le code]

Seconde Guerre mondiale[5][modifier | modifier le code]

Citations collectives[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les deux régiments de tirailleurs marocains ayant combattu lors de la Première Guerre mondiale ont obtenu sept citations à l'ordre de l'armée.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les huit premiers régiments de tirailleurs marocains ayant combattu lors de la Seconde Guerre mondiale ont obtenu dix-huit citations à l'ordre de l'armée.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Chants[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maréchal Juin, La Brigade Marocaine à la Bataille de la Marne (30 août au 17 septembre 1914), Guide des champs de bataille de l'Ourcq, Libraire polytechnique Béranger, France, 1964

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les fourragères
  2. Pierre Dufour,1er régiment de Tirailleurs, Lavauzelle, p.60
  3. Alphonse Juin, Historique du 1er Régiment de Tirailleurs Marocains 1914-18, Comité de l'Afrique française, 1918
  4. Collectivité décorées de la Légion d’honneur - Ordre de la Légion d’honneur, France-Phaleristique.com
  5. a et b Fourragères - Fourragères, France-Phaleristique.com