Caïd

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Icône de paronymie Cet article possède un paronyme ; voir : CAIDD.

Un caïd (arabe : قائد qāʾid  "commandant") est, en Afrique du Nord, un notable qui cumulait autrefois des fonctions administratives, judiciaires, financières et parfois de chef de tribu. Généralement, des hommes issus de familles riches, ils achètent cette fonction et il est donc tout à fait courant d'être le caïd de plusieurs districts en même temps.

Tunisie[modifier | modifier le code]

Les caïd-gouverneurs tunisiens sont les membres du makhzen beylical, le caïdat étant une charge régionale de l'administration de l'État, avec le grade de général de brigade. Le caïd jouit de toutes les prérogatives d'un gouverneur de province : il est chargé de l'administration générale, du maintien de la justice et de la très lucrative charge de fermier d'impôt. Il est l'agent d'exécution du bey de Tunis, il préside à la destinée de la région, de ses tribus et des bourgs environnants.

Il est assisté dans sa fonction et plus localement par les kahias, lieutenant-gouverneurs à la tête des principales villes, aux grades de colonel et plus localement, les khalifas, aux grades de capitaine ou plus. Le caïd possède le grade d'officier supérieur à titre civil de l'armée tunisienne puis de la garde beylicale à titre également civil sous le protectorat français de Tunisie à partir de 1881. Ces grades servent à hiérarchiser le corps des hauts fonctionnaires l'Etat beylical.

Algérie française[modifier | modifier le code]

En Algérie française, par un décret du 6 février 1919, l'adjoint-indigène devient le caïd. Il s'agit d'un fonctionnaire exerçant ses fonctions à la tête d'un douar.

Si le douar est situé dans une commune de plein exercice, il a essentiellement une fonction de police : renseignement de l'autorité municipale, aide au recouvrement de l'impôt, contrôle de l'exactitude de l'état civil des musulmans. Si le douar est situé dans une commune mixte, ses fonctions sont plus étendues : assistant de l'administrateur pour établir la liste des conscrits, lutte contre les incendies de forêts, participation aux séances de la djemaâ (assemblée délibérante du douar), etc.

Ils sont constitués en un corps unique de fonctionnaires, dont les grades supérieurs sont l'agha et le bachaga, qui ont les mêmes attributions que le caïd, et sont tenus depuis 1919 d'avoir 25 ans au moins, de savoir lire et écrire le français et l'arabe, et idéalement d'être diplômés d'une médersa. Le recrutement est partiellement mis au concours, et le plus fréquemment revêt un aspect politique, les récipiendaires étant choisis dans les familles aristocratiques ou parmi les anciens militaires. Le corps a souffert d'une mauvaise réputation d'abus de pouvoir et de corruption[1].

Autres usages[modifier | modifier le code]

Le terme peut également désigner :

  • un chef de guerre musulman, qui a le rang de général ;
  • le chef de corps d'un régiment ;
  • un haut fonctionnaire du royaume normand de Sicile d'origine musulmane au XIIe siècle (Pierre le Caïd, Caïd Richard, etc.) ;
  • le chef d'une bande délictuelle ou criminelle (langage familier) ;
  • plus largement et au sens figuré, une personne qui impose son autorité, éventuellement par la force (langage familier).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Jean-Christian Serna, « Caïd », L'Algérie et la France, dictionnaire coordonné par Jeannine Verdès-Leroux, éd. Robert Laffont, Paris, 2009, p. 155 (ISBN 978-2-221-10946-5)