Marabout (islam)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marabout.

Un marabout (arabe : مَربوط [marbūṭ] ou مُرابِط [murābiṭ], celui qui est attaché) est un homme ascète (rarement une femme), le plus souvent se réclamant de l'islam ou de syncrétisme musulman. Considérés comme un saint homme et un sage, les marabouts-m'rabet font l'objet d'un culte populaire en Afrique du Nord et sous d'autres formes dans toute l'Afrique. De ce fait, ils sont considérés par certains sunnites comme mécréants.

Grand marabout toucouleur (Sénégal) (1853)

Ce saint patron donne parfois son nom à un lieu-dit, à un village, à une ville. Il lui offre protection et bénédiction.

Le terme désigne aussi le tombeau à coupole (قُبّة [qubba]) de la personne vénérée (saint).

C'est dans un lieu de culte, la zaouïa, que se réunissent des milliers de fidèles chaque année.

Ses fonctions[modifier | modifier le code]

Un marabout et son chapelet (1890)
Marabout sénégalais (1890)

En Afrique subsaharienne, les marabouts sont des personnages à qui l'on prête des pouvoirs multiples, sortes de chamans. Ils rétablissent la santé ou l'ordre social à l'aide de talismans. Ces pratiques magiques sont critiquées par les musulmans orthodoxes, mais n'ont jamais cessé d'exister jusqu'à ce jour. Les marabouts sont aussi, de leur vivant, considérés comme sages, car ayant étudié au cours de leur retraite les divers aspects de l'islam. Ils agissent souvent comme conseil des villageois. Leur vie à l'écart du reste des personnes est censé leur donner le recul nécessaire ainsi que le détachement qui leur permet d'obtenir une grande autorité morale.

Ils ne demandent en général pas de salaire pour leurs actions, mais l'obligation morale tacite est de pourvoir à leur besoins, qui, dans la mesure où ils sont ascètes, se réduisent à la nourriture et à la boisson, ainsi qu'au vêtement. Ils s'interdisent de demander un salaire.

Dans les confréries du Sénégal, les marabouts sont organisés en hiérarchies élaborées. Le marabout le plus élevé de la confrérie des Mourides est ainsi élevé au rang de calife.

Dans le Maghreb, les marabouts sont le plus souvent musulmans. Ils basent leurs techniques sur une lecture ésotérique du Coran. L'attention est portée sur un système de numérologie assez similaire au système de la kabbale, la lecture de certains versets, aux bénédictions (fatiha). Le terme "marabout" au Maghreb arabe ne désigne pas un sorcier comme en Afrique noire (marabout africain, chaman), car il ne pratique aucun rite sacrificiel ou animiste au nom d'une quelconque divinité ou esprit. Le terme arabe "marabout" en Afrique du Nord correspond en réalité à un saint soufi mystique rattaché (mûra-bet en arabe) à une silsila (chaîne de transmission de la maitrise spirituelle appelé hekme) qui suit une voie ésotérique (tariqa) de l'islam (voir soufisme). C'est en réalité un maître spirituel qui mène une vie de dévotion, recluse et ascétique. Souvent la population locale arabo-berbère, d'origine paysanne ou montagnarde, lui attribue toutes sortes de "miracles" qui ont donné lieu à de nombreuses croyances populaires. Le saint est généralement enterré dans un sanctuaire appelé Qûbè en raison de son dôme. Le vert et le blanc, symbole de la paix et de la bénédiction en islam, sont les couleurs qui leur sont toujours associés. Le saint n'a pas de pouvoir politique en général, mais les soufis lui rendent visite (ziyarra) pour le consulter ou s'entretenir sur des problèmes d'ordre spirituel.

En Afrique subsaharienne, l'usage du terme a été étendu aux prêtres, chasseurs traditionnels ou sorciers relevant de rites animistes traditionnels, vaudous ou yoruba par exemple, travaillant à guérir leurs patients d'un mal ou aider à toute autre action sociale. Bien qu'abusif car se rapportant à des pratiques peu en rapport avec l'islam, cet usage est néanmoins devenu courant.

Marabouts et saints par pays[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Zaouïa (édifice religieux).

Ce sont des lieux de visite pieuse car le pèlerinage sunnite ne se fait qu'à La Mecque.

Algérie[modifier | modifier le code]

Alger[modifier | modifier le code]

Annaba[modifier | modifier le code]

  • Lalla R'hilla
  • Sidi Abdelkader
  • Sidi Âfset Leh'çane
  • Sidi Ahmed Lemqatî
  • Sidi Amar Boussena
  • Sidi Ben Taïeb
  • Sidi Cheïkh Ibrahim Ben Toumi dit Sidi Brahim, saint patron de la ville d'Annaba
  • Sidi Denden
  • Sidi Nour
  • Sidi Rabah

Béchar[modifier | modifier le code]

  • Les marabouts géants
  • Moulay Abdelkader El Jilani
  • Sidi Abdeljebbar
  • Sidi Abderrahmane
  • Sidi Abi Yazid El Bestami Tayfour
  • Sidi Ahmed Ben Moussa Moulay Kerzaz
  • Sidi Ali Oulghazi
  • Sidi Daoud
  • Sidi El Hadj Ben Ahmed
  • Sidi Mhammed Ben Bouziane
  • Sidi Mohamed Bayazid
  • Sidi Said Ben Mohamed Ben Othmane

Béjaïa[modifier | modifier le code]

Jijel[modifier | modifier le code]

  • Yemma Mezghitane, sainte patronne de Jijel

Mostaganem[modifier | modifier le code]

  • Lalla Cherifa
  • Sidi Abdelkader
  • Sidi Abdellah, fondateur de Mostaganem
  • Sidi Afif
  • Sidi El Harrag
  • Sidi Said El Bouzidi
  • Sidi Belkacem Bou Asria
  • Sidi Ben Sabeur
  • Sidi Maamar Bou Lila
  • Sidi Mohamed Ben Haoua
  • Sidi Mohamed Al Bûzaydi dit Sidi Hamou Cheikh
  • Sidi Mohamed El Medjoub
  • Sidi Mohamed Benaissa
  • Sidi Bouziane
  • Sidi Mansour
  • Sidi Abdel Kader Maghtét
  • Sidi Laadjal Abderrahmene
  • Sidi Lakhdar Ben Khlouf, saint patron de Mostaganem

Tlemcen[modifier | modifier le code]

  • Lalla Aicha
  • Lalla Kheira
  • Lalla Maghnia
  • Lalla Setti, fille de Abd al Qadir al-Jilani
  • Ouled Sidi Ali Belhadj
  • Ouled Sidi Ben Aamar
  • Sidi Abdellah
  • Sidi Abou Abdillah Mohamed Ben'Ahmed Ben'Msayeb, fodateur des musiques arabo-andalouses
  • Sidi Abdellah Benali D'El-ba'al
  • Sidi Abdelli
  • Sidi Abi Zakaria Yahia Ibn Youghen, émir de Tlemcen
  • Sidi Choaïb Abou Madyane El Andaloussi dit Sidi Bu Mediene, saint patron de Tlemcen
  • Sidi Abou Ishaq Tayar
  • Sidi Addiche
  • Sidi Ahmed
  • Sidi Ali Binnabi Omar
  • Sidi Ali Essebagh
  • Sidi Amar
  • Siti Attar
  • Sidi Aziz
  • Sidi Bahamou El Ghrib
  • Sidi Bakhti
  • Sidi Belhadj
  • Sidi Bellil
  • Sidi Ben Aamar
  • Sii Ben Ali
  • Sidi Ben Aouda Borsali
  • Sidi Bou Abdellah
  • Sidi Bou Chakour
  • Sidi Bou Jemaa
  • Sidi Bou Jrar
  • Sidi Bou Letbag
  • Sidi Bou Richa
  • Sidi Bou Remana Bou Letbak
  • Sidi Chaker
  • Sidi Cherif
  • Sidi Daoudi Ibn Nacer
  • Sidi El Eubbad
  • Sidi El Gourariau
  • Sidi El Hadj Mohammed Ben Yelles
  • Sidi El Haloui
  • Sidi El Hmalil
  • Sidi El Imam
  • Sidi EL Kissi
  • Sidi El Mazouni
  • Sidi El Mokhfi
  • Sidi El Mrisli
  • Sidi Djaberen Mohamed El Masmoudy dit Sidi Brahim
  • Sidi H'medb
  • Sidi Ibrahim
  • Sidi Lahcene, le plus important des Sebaa Chioukh ( ensemble de 7 sages)
  • Sidi Maamar Ben Aliya
  • Sidi Mansour
  • Sidi Med Ben Ali
  • Sidi Messaoud Esserhani
  • Sidi Mhamed El Wacini
  • Sidi Mhamed Bou Rzine
  • Sidi Mohamed Bou Terfassa
  • Sidi Mohamed Cherif
  • Sidi Mohamed Ben Daoud
  • Sidi Mohamed El Borzini
  • Sidi Mohamed Latroche Ould Sidi Yahia
  • Sidi Moussa
  • Sidi Mimoun
  • Sidi Missabih
  • Sidi Ben Sahla
  • Sidi Saïd
  • Sidi Senoussi
  • Sidi Slimane
  • Sidi Soltane
  • Sidi Tahar El Bahri
  • Sidi Toumi
  • Sidi Wahab
  • Sidi Yacoub
  • Sidi Yahia Ben Sfia


Le tombeau d'un marabout dans le Maroc méridional

Maroc[modifier | modifier le code]

Tunisie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Robert-Houdin en 1856 face aux marabouts algériens décrit ce qu'il appelle des « faux-prophètes » qui parviennent à « enflammer le fanatisme de leurs coreligionnaires à l'aide de tours de passe-passe ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Coulon, Pouvoir maraboutique et pouvoir politique au Sénégal, Paris, Université de Paris, 1976, 2 vol. 594 p. (Thèse d’État, remaniée et publiée en 1981 sous le titre Le marabout et le prince. Islam et pouvoir au Sénégal, Paris, Pedone, XII-317 p.)
  • Bassirou Diop, Le rôle joué par les marabouts toucouleurs dans l’islamisation du Sénégal, Dakar, Université de Dakar, 1983 (Mémoire de Maîtrise)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :