Cameroun français

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Cameroun

19161960

Informations générales
Statut Territoire sous mandat de l'Union française
Territoire sous tutelle de l'Union française
Histoire et événements
1916 Conquête franco-britannique au cours de la Première Guerre mondiale
1960 Indépendance du Cameroun

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Cameroun français ou Cameroun oriental était la partie de l'ancienne colonie allemande du Cameroun (en allemand : Deutsche Kolonie Kamerun), administrée par la France de 1916 (de facto) ou 1919 (de jure) à 1960, d'abord comme « territoire sous mandat » de la Société des Nations (SdN), puis comme « territoire sous tutelle » de l'Organisation des Nations unies (ONU), ainsi que comme membre de l'Union française en tant que territoire associé puis comme État sous tutelle du Cameroun, enfin comme État membre de la Communauté.

Comme le Togo oriental ou Togo français, le Cameroun français ne fut jamais, contrairement à ce qui est souvent écrit, un colonie française au sens juridique — même si le modèle colonial et les méthodes d'administration coloniales lui seront appliqués.

De même que le Togo oriental ou Togo français ne fut jamais intégré à l'Afrique-Occidentale française (A.-O. F), le Cameroun français ne fut jamais intégré à l'Afrique-Équatoriale française (A.-E. F.).

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Cameroun français recouvrait l'actuel territoire de la République du Cameroun (en anglais : Republic of Cameroon), à l'exception des actuelles régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis 1884, le Cameroun était une colonie de l'Empire allemand (en allemand : Deutsche Kolonie Kamerun), relevant, avec le Togo (en allemand : Deutsche Kolonie Togo), de l'Afrique-Occidentale allemande (en allemand : Deutsch-Westafrika).

Depuis 1911, il recouvrait :

À la fin de la Première Guerre mondiale, la République française conserva le Bec de Canard et recouvra le Nouveau-Cameroun.

Le reste du Vieux-Cameroun fut, quant à lui, fut divisé en deux et placé sous le régime international du mandat :

  • Le Cameroun occidental fut placé sous mandat britannique ;
  • Le Cameroun oriental fur placée sous mandat français.

Période du mandat (1916-1945)[modifier | modifier le code]

La France fit du Cameroun un Commissariat de la République autonome, soit un territoire non intégré à l'AEF (Afrique-Équatoriale française).

Le Cameroun français est l'un des premiers territoire à rallier la France libre, l'organisation de résistance extérieure fondée à Londres par le général de Gaulle à la suite de son appel du 18 juin 1940. Un récit détaillé en fournit les circonstances[1]. Les autorités françaises se donnèrent alors pour mission de faire oublier aux populations du Cameroun qu'elles avaient été sous protectorat allemand et de leur apprendre à aimer la France et à devenir Français. Plusieurs mesures furent alors prises pour atteindre ce but :

  • Enseignement du français : l'enseignement du français fut mis en œuvre sur l'ensemble du territoire camerounais
  • Assimilation : les autorités françaises imposèrent la législation française
  • Développement économique : programme de mise en valeur des ressources économiques du Cameroun.
  • Autorité : politique de l'indigénat, le droit coutumier est aux chefs traditionnels mais la France garde la mainmise sur la justice et la police
  • Développement de la médecine : prise en charge des populations lors des grandes épidémies (comme le cas du docteur Eugène Jamot dans la lutte contre la maladie du sommeil)
  • Promotion des francophiles : Charles Atangana ainsi que d'autres chefs indigènes furent invités à aller en France et Paul Soppo Priso fut promu président de la JEUCAFRA (Jeunesse française Camerounaise)
  • Destruction des vestiges allemands : les autorités françaises s'employèrent à détruire tous les vestiges allemands et à marquer leur hostilité à l'endroit de toutes les populations germanophiles.

Période de tutelle (1945-1960)[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, l'ONU change le statut du Cameroun qui, de protectorat, devient "mis en tutelle", mais est malgré tout intégré à l'Union française comme les autres colonies.

Dès les années 1940, les autorités coloniales encouragèrent la diversification agricole. C'est l'apparition de nouvelles cultures de rente comme le café dans l’ouest ou le coton dans le nord. L’élevage et l’exploitation du bois prit une dimension nouvelle grâce aux nouvelles routes.

Par l'accord de tutelle du 13 décembre 1946, le Cameroun français devint un « territoire sous tutelle ».

Le Cameroun français, membre de l'Union française[modifier | modifier le code]

Par la Constitution française du 27 octobre 1946, le Cameroun français devint un « territoire associé », membre de l'Union française, union de droit international comprenant, d'une part, la République française et, d'autre part, les territoires et État associés à celle-ci.

Le Cameroun français, « territoire associé »[modifier | modifier le code]

La qualité de « territoire associé » plaçait le Cameroun français dans une situation intermédiaire à celles des « territoires d'outre-mer » de la République française, d'une part, et des « États associés » à celle-ci, d'autre part.

Comme les « territoires d'outre-mer », mais au contraire des « États associés », le Cameroun français n'était pas un État. Il en résultait qu'il n'était pas représenté au Haut-Conseil de l'Union française : aux termes du premier alinéa de l'article 65 de la Constitution du 27 octobre 1946, celui-ci était « composé, sous la présidence du président de l'Union, d'une délégation du gouvernement français et de la représentation que chacun des États associés a la faculté de désigner auprès du président de l'Union ». Il en résulta, d'autre part, que la Cameroun français fut représenté au Parlement de la République française. La loi n° 46-2383 du 27 octobre 1946, sur la composition et l'élection du Conseil de la République, prévut sa représentation au Conseil.

En revanche, comme les « États associés », mais au contraire des « territoires d'outre-mer », le Cameroun français n'était pas une collectivité territoriale de la République française et était membre de l'Union française. Il en résulta qu'il fut représenté à l'Assemblée de l'Union française. La Constitution du 27 octobre 1947 ne prévoyait pas la représentation des « territoires associés » à l'Assemblée de l'Union française : son article 66 disposait que « L'Assemblée de l'Union française est composée, par moitié, de membres représentant la France métropolitaine et, par moitié, de membres représentant les départements et territoires d'outre-mer et les États associés ». Mais la loi n°46-2385 du 27 octobre 1946, sur la composition et l'élection de l'Assemblée de l'Union française, prévut sa représentation à l'Assemblée de l'Union française.

En 1946, une Assemblée représentative du Cameroun (ARCAM) fut constituée et Louis-Paul Aujoulat et Alexandre Douala Manga Bell devinrent députés à l'Assemblée nationale française.

Cette période voit l’ouverture de nouvelles écoles tant publiques que privées et aussi de plusieurs écoles secondaires, dont le lycée Leclerc.

Les autorités coloniales commencèrent à envoyer les meilleurs étudiants à Dakar et en France pour suivre des études supérieures.

À cette époque, commencent aussi l'électrification et l'adduction d'eau dans les grandes villes.

En 1952, l'assemblée change de nom est devient Assemblée territoriale du Cameroun (ATCAM).

En 1955, l’UPC, parti nationaliste d'inspiration marxiste, qui voulait l’unification du Cameroun britannique et du Cameroun français mais aussi l’indépendance immédiate est interdit suite à des mouvements de violence.

Le Cameroun français, État autonome[modifier | modifier le code]

En 1956, la France accorde l’autonomie interne et l’assemblée devient Assemblée législative du Cameroun (ALCAM).

En 1957, André-Marie Mbida devient premier ministre et Ahmadou Ahidjo devient premier ministre adjoint.

Par le décret n° 57-501 du 16 avril 1957, postant statut du Cameroun[2], le Gouvernement français de Guy Mollet érigea le Cameroun français, jusqu'alors simple « territoire associé », en État, sous le nom d' « État sous tutelle du Cameroun ».

Malgré l'intervention de Ruben Um Nyobe (chef de l'UPC), le nouveau gouvernement refusa de lever l'interdiction qui frappait l'UPC. L'UPC prend alors le maquis. En 1958, Mbida dut démissionner et Ahidjo le remplace. Um Nyobé est tué au cours d’un combat.

Vers l'indépendance[modifier | modifier le code]

Le 12 juin 1958, l'Assemblée législative du Cameroun prit une première résolution « affirmant l'option de l'État du Cameroun pour l'indépendance, au terme de la tutelle »[3].

Le 24 octobre 1958, elle prit une seconde résolution « déclarant notamment la volonté du peuple camerounais de voir l'État (sous tutelle) du Cameroun accéder à la pleine indépendance le 1er janvier 1960 »[4].

Non appartenance à la Communauté[modifier | modifier le code]

L'Union française fut dissoute par la Constitution française du 4 octobre 1958.

Son titre XII lui substitua la Communauté, union de droit interne comprenant la République française, d'une part, et certains de ses anciens territoires d'outre-mer, d'autre part.

Le Cameroun français ne fut jamais un État membre de la Communauté.

Par l'ordonnance n° 58-1375 du 30 décembre 1958, portant statut du Cameroun, le Gouvernement français de Michel Debré transforma l'État sous tutelle du Cameroun en « État du Cameroun ».

Levée de la tutelle[modifier | modifier le code]

Le 1er janvier 1960, le Cameroun sous tutelle française devenait indépendant et prenait le nom de « République du Cameroun ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Récit du ralliement du Cameroun
  2. Journal officiel de la République française du 18 avril 1957, p. 44112.
  3. Ordonnance n° 58-1375 du 30 décembre 1958 portant statut du Cameroun, publiée au Journal officiel de la République française no 12113 du 31 décembre 1958 : préambule, premier alinéa.
  4. Ordonnance n° 58-1375 du 30 décembre 1958 portant statut du Cameroun, publiée au Journal officiel de la République française no 12113 du 31 décembre 1958 : préambule, alinéa 2.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Blaise Alfred Ngando, La France au Cameroun, 1916-1939 : colonialisme ou mission civilisatrice ?,L'Harmattan, Paris, 2002, 232 p. (ISBN 2-7475-1851-5)
  • Jules Sansterre Nkarey, Afrique : l'histoire entre le Cameroun anglophone et le Cameroun francophone : de 1472 à 2003, Publibook, Paris, 2004, 2006, 266 p. (ISBN 2-7483-0362-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]