Apostasie

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L'apostasie (du grec ancien ἀπόστασις (apostasis), « se tenir loin de ») est l'attitude d'une personne, appelée un apostat, qui renonce publiquement à une doctrine ou une religion.

Description[modifier | modifier le code]

L'apostasie peut également signifier la renonciation de se soumettre à l'autorité représentant ladite doctrine (comme l'autorité religieuse ou celle d'un parti politique).

Dans le contexte religieux (le plus courant), l'apostasie signifie le renoncement par un individu adulte et responsable, à faire partie d'une organisation religieuse. Le renoncement sous la contrainte (politique, parentale...) n'est pas considéré comme de l'apostasie, il en va de même pour un individu qui perd ses facultés cognitives.

S'appuyant sur les lois issues des directives européennes, certaines personnes ayant été baptisées enfants, donc sans consentement, se font rayer des registres des « églises », ou tout simplement parce qu'elles ne veulent plus cautionner les propos de ces mouvements religieux. Cette procédure est communément appelée débaptisation[1].

Dans l'église catholique le nom n'est pas rayé du registre, l'acte d'apostasie est inscrit en marge, mais aux termes de la loi française n° 78-17 du 6 janvier 1978 consolidée par la loi n°2004-801 du 6 août 2004, on peut exiger de plein droit que le nom soit rayé de façon à n’être plus lisible de tout fichier non automatisé, notamment manuscrit, et effacé de tout fichier automatisé de l'église concernée.

La cour d'appel de Caen (Calvados) a annulé, mardi 10 septembre 2013, une décision du tribunal de Coutances (Manche) condamnant pour la première fois en France un diocèse à effacer un baptême. La chambre civile de la cour a infirmé la décision de première instance, qui date du 6 octobre 2011. Pour la cour, « Il n'y a pas lieu à effacement ou correction supplémentaire du document litigieux »[2].

Islam[modifier | modifier le code]

La loi islamique, la charia, punit de mort l'apostasie.

En Iran, conformément à la loi islamique en vigueur depuis la révolution de 1979, les condamnés pour apostasie encourent la peine capitale. En 2012, l’apostasie est toujours passible de la peine de mort en Arabie saoudite[3].

Exemples[modifier | modifier le code]

En 1992, le poète saoudien Sadiq Malallah, musulman chiite, est exécuté par décapitation pour apostasie et blasphème[4],[5].

En 1992, le théologien Mohammed al-Ghazali justifie dans une fatwa l’assassinat de l'intellectuel Farag Foda, qui avait décrit de quelle manière les coptes sont discriminés en Égypte, prétextant que « si le gouvernement peine à condamner les apostats, n'importe qui peut se charger de le faire »

En 1996, Hadi Al-Mutif, adolescent saoudien chiite, est condamné à mort pour apostasie. Il demeure seize ans dans le couloir de la mort avant d'être gracié en 2012[6],[7].

Abdul Rahman, Dhabihullah Mahrami et Candice Cohen-Ahnine sont des personnes accusées d'apostasie. Muhammad Abd al Wali a été accusé d'apostasie en l'an 2000.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Pork and Milk est un documentaire de Valérie Mréjen consacré à l'apostasie de juifs orthodoxes israéliens.

L'histoire de Joseph Fadelle, irakien musulman converti au catholicisme, et accusé d'apostasie, est racontée dans Le Prix à payer.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]