Hammadides

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Hammadides

بنو حماد (Banū Ḥammād) (ar)
ⴰⵢⵜ ⵃⵎⵎⴰⴷ (Āït Ḥammād) (ber)

10141152

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Royaume hammadide vers 1100

Informations générales
Capitale Al-Qalaâ, puis Béjaïa
Religion Islam
Histoire et événements
1014 Fondation, par sécession des Zirides
1018 Reconnaissance par les Zirides
1052 Premières incursions almohades
1066 Destruction du royaume ifrenide
1102 Victoire contre les Almoravides
1152 Intégration au royaume almohade
Princes
(1er) 1008-1028 Hammad ibn Bologhine
(Der) 1121-1152 Yahya ibn Abd al-Aziz

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Minaret de la Kalâa des Béni Hammad

Les Hammadides ou Hammadites sont une dynastie berbère sanhajienne qui règne sur le Maghreb central de 1014 à 1152.

La Dynastie hammadide est fondée par Hammad Ibn Bologhine, par sécession de la Dynastie ziride suite à des contestations familiales. Elle disparait suite à la conquête du Maghreb central par les Almohades.

Histoire[modifier | modifier le code]

Hammad Ibn Bologhine Menad Abou Ziri, fonde la dynastie en 1014, en se déclarant indépendant des Zirides, et en reconnaissant la légitimité des califes Abbassides de Bagdad. En 1016, après un peu moins de deux années de conflit, un accord est conclu, mais ce n'est qu'en 1018, que les Zirides reconnaissent l'autorité des Hammadides.

Leur capitale est dans un premier temps Al-Qalaâ (Kalâa des Béni Hammad), puis, lorsqu'elle est menacée par les Hilaliens, ils la déplacent à Béjaïa[1].

Les Hammadides feront de Béjaïa l'une des cités les plus prospères qu'ai connu le Maghreb et la Méditerranée. Ses palais inspireront l'Alhambra de Grenade.

Les incursions des Hilaliens, envoyés par les Fatimides, à partir de 1052, affaiblissent grandement la dynastie jusqu'à ce qu'elle soit définitivement vaincue à l'arrivée des Almohades.

Selon Ibn Khaldoun, les Hilaliens ont attaqué les Hammadides. Ensuite, les Hammadides deviennent alliés aux Hilaliens. Ce qui fait une coalition de force qui va détruire les Berbères Ifrenides de Tlemcen. Les Hammadides prennent Sétif, Constantine, M'Sila, etc. Le royaume de Tlemcen reste aux Ifrenides[2] jusqu'à l'arrivée de la coalition des Hilaliens-Hammadides. Au début, les Ifrenides étaient alliés politiquement aux Hammadides[2]. Abou Soda, le dernier calife des Ifrenides, sera vaincu par la coalition Hilaliens- Hammadides en 1058[3].

Youssef Ibn Tachfin attaque les Banou Ifren, les Maghraouas et tous les Zénètes. Il prend Salé des mains des Ifrenides et il tue Laghouat. Youssef Ibn Tachfin se marie avec une Zénète Nefouza dite Zaineb (ex femme de Laghouat) et poursuivit les conquêtes almoravides au nord, prenant Fès en 1075, et Tlemcen en 1080. Les Almoravides seront battus par Al Mansur de Béjaïa en 1102[4] et ils seront contraints de se retirer au Maghreb el aqsa (actuel Maroc).

Les Almoravides prennent Tlemcen des Ifrenides et Alger (Icosium)[5]. Les Almoravides s'arrêtent aux bornes des Zirides et aussi des Hammadides[6].

D'autres sources disent que les Almoravides après avoir été vaincus par les Hammadides délaissent Tlemcen, Achir en 1002[7]. Selon d'autres auteurs, Tessala est près de Tlemcen. Ainsi En Nacer ben Alennas des Hammadides prend le pouvoir à son cousin Bologhine en le tuant et reprend Achir, N'Gaous, Miliana, Constantine, Alger, Hamza en 1063[8].

En dépit du progrès des Hialiens, le royaume hammadide avait encore connu une grande prospérité sous el-Mançour. Le sultan avait renforcé ses contingents çanhadjiens et zenatiens de mercenaires arabes pour lutter contre les Almoravides et mis fin à leur progrès vers l'Est en enlevant Tlemcen (1102-1103). Il avait aussi réussi à reprendre Annaba et Constantine aux Zirides et à dompter des révoltes berbères. Après lui, la puissance hammadide ne cessa de décroître. El Aziz (1104-1121) avait réussi encore à occuper Djerba et repousser les Arabes du Hodna, mais son fils Yahya (1122-1152), qui ne pensait qu'à la chasse ou aux femmes, ne put empêcher une attaque des Génois contre Bougie(1136). Il fut encore moins capable d'arrêter l'invasion almohade[9].

Princes hammadides[modifier | modifier le code]

Dynastie des Hammadides (1014-1152)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Lorenza De Maria, Rita Turchetti, Rotte e porti del Mediterraneo dopo la caduta dell'Impero romano d'Occidente, Rubbettino Editore srl,‎ 2004, 427 p. (ISBN 978-884981117-9, lire en ligne), « Les points d'abordage en Algérie médiévale à travers les sources entre le XIe et le XIIIe siècle « le port de Bejaia » »
  2. a et b Mahfoud Kaddache, L'Algérie médiévale,‎ 1982, 187 p. (présentation en ligne), p. 66
  3. Ibn Khaldoun (trad. William MacGuckin de Slane), Histoire des Berbères,‎ 1856 (lire en ligne), p. 271
  4. H'sen Derdour, Annaba, 25 siècles de vie quotidienne et de luttes : menus appendices sur l'histoire générale du Grand Maghreb, vol. 1, Alger, SNED,‎ 1983, 388 p. (présentation en ligne), p. 210
  5. Rozet (Claude Antoine), Ernest Carette, Algérie (lire en ligne)
  6. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères (lire en ligne) (carte avec les différentes dynasties de l'époque)
  7. Léon Nicolas Godard, Description et histoire du Maroc comprenant la géographie et la statistique de ce pays d'après les renseignements les plus récents et le tableau du règne des souverains qui l'ont gouverné depuis les temps les plus anciens jusqu'à la paix de Tétouan en 1860 : comprenant la géographie, C. Tanera,‎ 1860, p. 313
  8. Ernest Mercier, Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'à la conquête français (1830), Leroux,‎ 1888, p. 27 : Notes sur l'article: v. 2
  9. Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord. Des origines à 1830, éd. Payot, Paris, 1966, p. 104
  10. Désigné par Al-Mansur (vers 1090) puis destitué par le même en 1094
  11. Désigné par An-Nasir, destitué par Al-Mansur et remplacé par Abu Yakni.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ibn Khaldoun (trad. William Mac Guckin Slane), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale, vol. 2, Imprimerie du Gouvernement,‎ 1854, 635 p. (présentation en ligne)
  • Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord. Des origines à 1830, Paris, Payot, coll. « Grande bibliothèque Payot »,‎ 1994 (1re éd. 1931) (ISBN 9782228887892)
  • (en) Clifford Edmund Bosworth, The new Islamic dynasties : a chronological and genealogical manual, Edinburgh University Press,‎ 2004, 389 p. (ISBN 9780748621378, lire en ligne), « The Zīrids and Ḥammādids », p. 35-36
  • Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, Paris, PUF, coll. « quadrige »,‎ 2004, 1040 p. (ISBN 978-2130-54536-1), « Hammadides », p. 333
  • L. Govin, « Hammadides », Encyclopédie berbère, no 22,‎ 2000 (ISBN 2-7449-0127-X)