1830

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Cette page concerne l'année 1830 du calendrier grégorien.

Sommaire

Événements[modifier]

Afrique[modifier]

13 juin : bombardement d'Alger par la flotte de l'amiral Dupperé
  • Les Français mettent la main sur le légendaire trésor ottoman de la Casbah, évalué à 48 millions, partiellement et curieusement disparu pendant son transfert en France.
  • Après la prise d'Alger par les Français, le 5 juillet 1830, l'effondrement du pouvoir ottoman dans le beylik de l'ouest ouvre une période d'anarchie. Les habitants de Tlemcen sollicitent la protection du sultan marocain Abd ar-Rahman, qui envoie son beau-père Moulay Ali ibn Sulayman ainsi qu'Idris al-Jirari, le gouverneur d'Oujda. Cependant, ils n'arrivent pas à unir les deux factions rivales de la ville, l'élite citadine pro-marocaine et les Kouloughlis[1].
  • 15 000 à 17 000 Juifs vivent en Algérie en 1830.
  • 30 octobre : arrêté louant la ferme de Haouch-Hassan-Pacha à une société anonyme, considéré comme « le premier pas vers la colonisation » de l'Algérie. Il s'agit de la Ferme-Modèle, qui, écrit Pellissier de Reynaud, « ne fut pas le modèle des fermes ».


  • Nouvelle guerre entre le Burundi et le Rwanda.
  • Échec d’une intervention française dans les querelles internes de Madagascar. Les hova détruisent les comptoirs français après une démarche maladroite pour soutenir contre eux les chefs des Betsimisaraka.

Amérique[modifier]

Asie et Pacifique[modifier]


  • Johannes van den Bosch devient gouverneur des Indes néerlandaises (fin en 1834).
  • Expulsion des derniers missionnaires jésuites en Chine.
  • Japon : vague de pèlerinages populaires en direction du sanctuaire d’Ise, déesse du soleil, symbole de l’empereur. Des milliers de japonais sur les routes désorganisent la production et les circuits commerciaux.
  • Australie : l’émigration britannique s’intensifiant, le gouverneur Edward Gibbon Wakefield obtient du gouvernement de former une association dotée de puissants moyens financiers pour organiser la colonisation de l’Australie. Dans A Letter from Sidney, il propose la substitution d’une colonisation systématique à l’anarchie de la situation précédente, avec vente de concession, émigration subventionnée et dirigée, etc.
  • 58 000 bagnards sont débarqués en Australie pour être employés par le gouvernement ou par des entreprises privées.
  • Arrivée des premiers missionnaires britanniques aux îles Fidji. Ils font partie de la London Missionary society et viennent de Tahiti et de Tonga.

Europe[modifier]

France[modifier]

Article détaillé : 1830 en France.
  • Mars-mai : l’opposition entre le roi et le ministère d’une part, l’Assemblée et l’opinion d’autre part, font monter la tension. À l’adresse des 221 députés libéraux au roi (18 mars), réclamant le respect de la règle du jeu parlementaire énoncée dans la Charte, le roi réplique par la dissolution de l’Assemblée, le 16 mai. Les fonctionnaires suspects de sympathies libérales sont révoqués.

Belgique[modifier]

Révolution belge de 1830
  • 25 - 26 août : la politique maladroite des Hollandais provoque l’insurrection bruxelloise, qui éclate à l’occasion de la représentation de l'opéra d'Auber La Muette de Portici au théâtre de la Monnaie[3]. Les émeutes sont dirigées contre les résidences de ministres hollandais à Bruxelles et de collaborateurs du régime. L'imprimerie du journal gouvernemental le National est mise à sac. Les 26 et 27, les mouvements de foule, essentiellement ouvriers, et la destruction de machines, provoquent la création d'une garde bourgeoise pour rétablir l'ordre[4]. Début de l'insurrection belge (1830-1831). Le soulèvement belge contre le pouvoir Néerlandais mène à l'indépendance de la Belgique.
  • 4-7 septembre : le mouvement s’amplifie et reçoit le soutien de 400 Liégeois menés par Charles Rogier[5].
  • 20 septembre : la garde bourgeoise de Bruxelles, formée d’éléments modérés, est désarmée par les émeutiers. Le chef de la garde, Emmanuel d'Hooghvorst se range avec le peuple[6].
  • 23-26 septembre : échec sanglant d’une intervention militaire à Bruxelles[7]. Devant la menace d’intervention néerlandaise, radicaux et modérés se liguent pour les repousser (les « Quatre Journées »).
  • 26 septembre : formation du gouvernement provisoire de la Belgique à Bruxelles[3]. Après quatre jours de combats, les troupes hollandaises ont abandonné la presque totalité du territoire belge (Cette date du 26 septembre se trouve sur le mur de la salle des séances plénières du parlement national belge).
  • 27 septembre : les insurgés belges arrêtent les troupes néerlandaises devant Bruxelles et les repoussent jusqu’à l’ancienne frontière des Pays-Bas autrichiens.
  • 29 septembre : sécession des provinces belges.
  • 4 octobre : proclamation à Bruxelles de l’indépendance de la Belgique par un gouvernement provisoire qui convoque un Congrès national pour la fin novembre[8].
  • 10 novembre : ouverture du Congrès National belge[9]. Ce Congrès décide de donner à la Belgique un statut de monarchie constitutionnelle et d’exclure de la couronne les membres de la maison d'Orange-Nassau.
  • 18 novembre : confirmation de la déclaration d'indépendance par, cette fois, le congrès national belge[10].
  • 20 décembre : la Conférence de Londres entre la France et l'Angleterre reconnaît le fait accompli de l’indépendance de la Belgique[11].

Pologne[modifier]

Marcin Zaleski – « La prise de l’Arsenal »
  • 18 novembre : le tsar Nicolas Ier de Russie, qui veut intervenir contre les Belges au nom de la Sainte-Alliance, donne l’ordre de mobilisation des troupes polonaises.
  • 29 novembre : début de l'Insurrection de Novembre (fin en 1831). Des soulèvements de patriotes polonais sont écrasés dans le sang par la Russie.
    • À Varsovie, dans la nuit du 29 au 30 novembre, une petite troupe de conspirateurs civils attaque le palais du Belvédère où réside le grand-duc Constantin ; au même moment les cadets de l’école des officiers défilant dans la Vieille Ville se heurtent aux soldats russes. Le grand-duc s’enfuit dans la confusion, les généraux polonais refusent de suivre les cadets. Quelques-uns sont mis à mort, la majorité des troupes polonaises continuant d’obéir aux ordres. Les quartiers riches de la ville restent calmes, mais le secteur populaire s’empare des armes de l’arsenal. Constantin refuse d’engager ses troupes, et au matin, les jeunes révolutionnaires sont maîtres de la capitale. Les autorités impériales russes sont chassées de Varsovie.
    • Le ministre du Trésor et de l’Industrie Drucki-Lubecki prend les choses en mains afin de négocier avec le tsar et de maintenir le mouvement révolutionnaire dans des voies modérées : il crée un Conseil administratif. Les patriotes mettent un club sur pied, la Société patriotique, dont un des chefs est l’historien Joachim Lelewel.
  • 13 décembre : le Conseil négocie avec Constantin qui accepte de retirer de Pologne les troupes russes. Le prince Czartoryski essaye de son côté de discuter avec Saint-Pétersbourg, tandis que le général Josef Chłopicki, ex-officier napoléonien, se proclame dictateur et adopte une position d’attente.
  • 18 décembre : le Sejm (la Diète polonaise) affirme le caractère national de l’insurrection. Le tsar annonce son intention de reconquérir militairement le pays.


Royaume-Uni[modifier]

15 septembre : inauguration de la ligne ferroviaire Liverpool-Manchester
  • Tentative échouée de fédérer les associations de travailleurs dans une Association nationale pour la protection du travail (1830-1832).
  • Gibraltar devient une colonie britannique.

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Décès en 1830[modifier]

Références[modifier]

  1. Katherine Bennisonn, Dynamics of rule and opposition in nineteenth century North Africa dans The Journal of North African Studies, Volume 1, Issue 1 (1996)
  2. Méhémet-Ali, encyclopédie Larousse en ligne
  3. a et b Bruxelles en capitales, 1958-2000 : de l'expo à l'euro, De Boeck Supérieur, 2000 (ISBN 9782804134730) [présentation en ligne] 
  4. Charles Poplimont, Révolution belge 1830-1848, Labroue, 1852 [présentation en ligne] 
  5. Ernest Charles Joseph Discailles, Charles Rogier (1800-1885) d'après des documents inédits, vol. 1, J. Lebègue, 1830 [présentation en ligne] 
  6. Charles Poplimont, op. cit, p. 109.
  7. Charles Poplimont, op. cit, p. 117.
  8. Étienne-Constantin Gerlache, Histoire du royaume des Pays-bas depuis 1814 jusqu'en 1830, vol. 2, H. Goemaere, 1859 [présentation en ligne] 
  9. Étienne-Constantin Gerlache, op. cit, p.312.
  10. Étienne-Constantin Gerlache, op. cit, p.322.
  11. Étienne-Constantin Gerlache, op. cit, p.391.
  12. Colin Rallings, Michael Thrasher, British Electoral Facts, 1832-2006, Ashgate Publishing, Ltd., 2007 (ISBN 9780754627128) [présentation en ligne]