Liberté, Égalité, Fraternité

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La Liberté guidant le peuple, par Eugène Delacroix
La devise de la République.

Liberté, Égalité, Fraternité est la devise de la République française et de la République d’Haïti. Elle figure dans la Constitution française (article 2). Elle s'appuie en partie sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 (pour la liberté et l'égalité, la fraternité n'y figurant pas), qui est l'un des trois éléments du bloc de constitutionnalité sur lequel s'appuie la Constitution française[1].

Elle puise ses origines dans la Révolution française et dans la révolte des esclaves d'Haïti soutenue par les républicains Français. Au début elle fut une formule parmi d'autres, utilisée durant la période révolutionnaire sous la forme Liberté, Égalité, Fraternité ou la Mort. Elle n'est adoptée officiellement en France qu'à la fin du XIXe siècle, par la Troisième République.

Histoire[modifier | modifier le code]

La devise sur l'entrée du porche de l'École nationale d'administration.

La devise Liberté, Égalité, Fraternité est issue de la Révolution française : elle apparaît dans le débat public avant la proclamation de la Première République, dès 1790.

Origine[modifier | modifier le code]

À propos des origines de la devise, l'historienne Mona Ozouf explique  :

« Sans doute a-t-on pu retracer l'histoire pré-révolutionnaire de la formule, et faire remarquer que les trois mots magiques de nos frontons étaient déjà parmi ceux qu'affectionnaient, au XVIIIe siècle, les sociétés de pensée. Mais ils figuraient au milieu de beaucoup d'autres, Amitié, Charité, Sincérité, Union. Les francs-maçons usaient surtout d'Égalité, un peu moins volontiers de Fraternité, montraient plus de tiédeur encore à Liberté, et une franche indifférence à l'arrangement : Liberté-Égalité-Fraternité, alors même que les enchantaient par ailleurs les cadences ternaires (Salut, Force, Union, par exemple). Les longues collectes entreprises dans le lexique des Lumières se sont révélées également décevantes. On voit sans doute souvent briller les trois mots dans le tamis des orpailleurs du lexique, mais ce sont des paillettes isolées, qui ne s'agrègent que fort rarement en triade organisée (...)[2]. »

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 fixe deux des trois principes clés de la République : la liberté et l’égalité. La fraternité arrive un peu plus tard : le 14 juillet 1790, le mot apparaît sur les drapeaux des fédérés lors de la fête de la Fédération au Champ-de-mars[3].

Considérations historiographiques[modifier | modifier le code]

Tympan d'une église avec une inscription datant de 1905 à la suite de la loi sur la Séparation des Églises et de l'État en 1905.

Toujours selon Mona Ozouf, « la naissance de la devise manque d'éclat et de netteté (...) ». Aulard suggère que la fabrication de la devise s'est échelonnée en trois mouvements, chacun d'eux correspondant à une époque distincte du processus révolutionnaire. Voici d'abord la Liberté, concept le plus populaire des premiers jours de la Révolution. Puis le 10 août ouvre la carrière de l'Égalité. Il faut attendre la fin de la période montagnarde pour voir donner sa chance à la Fraternité. Le rythme ternaire de la devise est donc un rythme de succession temporelle. Mathiez, d'accord en cela avec Aulard, suggérait que la Fraternité avait été un apport plus tardif encore, d'origine maçonnique, qui avait dû, pour s'imposer, attendre 1848. Au moulin de ces hypothèses historiennes, l'organisation calendaire des révolutions vient, du reste, apporter de l'eau : on avait distingué un an I de la Liberté, inauguré par le , et un an I de l'Égalité, ouvert par le .

Premiers usages[modifier | modifier le code]

Enseigne (?) alsacienne de la période révolutionnaire, 1792.
Freiheit Gleichheit Brüderlichk. od. Tod (Liberté Égalité Fraternité ou la Mort)
Tod den Tyrannen (Mort aux Tyrans)
Heil den Völkern (Vivent les Peuples)

Le premier à avoir formulé cette devise fut Maximilien de Robespierre dans son Discours sur l'organisation des gardes nationales imprimé mi- et diffusé largement dans toute la France par les Sociétés populaires[4], même s'il ne fut jamais prononcé, ni le , ni les 27 et , jours où l'Assemblée constituante discuta des gardes nationales[5]. On la retrouve également dans la bouche de Camille Desmoulins, de l'Anglais Lord Stanhope et de Momoro[6]. Ce dernier la reprend au Club des Cordeliers le [5]. De même, elle est mise en avant lors de la « fête de la liberté » donnée en l'honneur des Suisses de Châteauvieux le [7], et Jean-Nicolas Pache (maire de la commune de Paris), fait peindre sur les murs de la mairie, le , la formule : La République une et indivisible - Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort.. La devise est progressivement abandonnée avec la fin de la Révolution, le serment de haine envers les monarchistes et les « anarchistes » étant notamment préconisé par le Directoire de l'an V à l'an VII, en lieu et place du serment de fraternité[8].

Postérité[modifier | modifier le code]

La devise est mise à mal avec les principes mêmes de la République : elle disparait sous l'Empire et la Restauration avant de ressurgir avec la révolution de 1830. Elle est ensuite régulièrement revendiquée par différents révolutionnaires, en particulier le socialiste Pierre Leroux, qui participe largement à sa reconnaissance comme principe de la République, mais aussi Alexandre Ledru-Rollin, Lamennais ou Philippe Buchez ; elle est également agréée par les participants au premier banquet communiste de Belleville, autour de Théodore Dézamy et de Jean-Jacques Pillot, en 1840, à condition que la fraternité contribue à étayer l'instauration de la « communauté »[9]. Avec la révolution de 1848, la IIe République l’adopte comme devise officielle le 27 février 1848, grâce à Louis Blanc, elle est « empreinte d’une dimension religieuse : les prêtres célèbrent le Christ-Fraternité et bénissent les arbres de la liberté qui sont alors plantés. Lorsqu’est rédigée la constitution de 1848, la devise “Liberté, Égalité, Fraternité” est définie comme un “principe” de la République[10] ».

Cependant encore une fois, la République se divise : la répression du soulèvement ouvrier de juin 1848 et le retour de l'Empire remettent en question la philosophie et la portée de cette triade.

Ce n'est qu'en 1880 qu'elle apparaît sur les frontons de toutes les institutions publiques : sous la IIIe République, la devise est adoptée comme symbole officiel de la République[11] malgré « quelques résistances, y compris chez les partisans de la République : la solidarité est parfois préférée à l’égalité qui implique un nivellement social et la connotation chrétienne de la fraternité ne fait pas l’unanimité »[10].

Le régime de Vichy la remplace par la devise Travail, Famille, Patrie, qu’on retrouve sur les pièces de monnaie de l’époque, encore en cours dans les années 1960 (avant le passage complet au Nouveau franc). Au sein de la France libre, la devise est évitée pendant près d'un an comme « politique », pour des motifs d'opportunité[12], avant d'être revendiquée, à partir de l'automne 1941[13].

Au milieu du XXe siècle, elle s'inscrit durablement dans l'histoire de la République française, avec la constitution de 1946.

Autres usages[modifier | modifier le code]

L'article 4 de la constitution haïtienne de 1987 dispose : « La devise nationale est : Liberté – Égalité – Fraternité[14]. »

Richard Stallman, militant du logiciel libre, s'y réfère pour expliquer les principes de ce mouvement[15],[16] : « Je puis expliquer la base philosophique du logiciel libre en trois mots : liberté, égalité, fraternité. Liberté, parce que les utilisateurs sont libres. Égalité, parce qu'ils disposent tous des mêmes libertés. Fraternité, parce que nous encourageons chacun à coopérer dans la communauté[15]. »

Signification des éléments de la devise[modifier | modifier le code]

Liberté[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liberté.
Génie de la Liberté, place de la Bastille à Paris.

La déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 définit ainsi la liberté  :

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui  : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi. » (article 4 de la Déclaration des Droits de l'Homme)

« La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas. » (article 5 de la Déclaration des Droits de l'Homme)

En cela, la liberté dans la devise nationale n'est bornée que par la loi, laquelle est la même pour tous, et tout ce qui n'est pas interdit par cette même loi est autorisé.

Égalité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Égalité devant la loi.
Statue de l'Égalité, place de la République à Paris.

La déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, sur laquelle s'appuie la Constitution française, définit ainsi l'égalité : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » (article premier)

Ainsi, le mot « égalité » signifie que la loi doit être la même pour tous, sans distinction de naissance ou de condition. L'égalité est un principe du droit selon lequel le législateur a le devoir d'assurer l'égalité des droits entre citoyens. Il s'agit du principe d'isonomie défini par Clisthène au VIe siècle av. J.-C., et qui constituait l'un des fondements de la démocratie athénienne.

Le Conseil constitutionnel a néanmoins assoupli ce principe « en admettant des modulations lorsque celles-ci reposent sur des critères objectifs et rationnels au regard de l'objectif recherché par le législateur et que cet objectif n'est lui-même ni contraire à la Constitution, ni entaché d'une erreur manifeste d'appréciation »[17].

Fraternité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fraternité.

Troisième élément de la devise de la République, la fraternité a été adoptée sur proposition de Jean-Baptiste Belley.

Ce fut le plus délicat à intégrer du triptyque ; appartenant à la sphère des obligations morales plutôt que du droit, des relations plutôt que du statut, de l’harmonie plutôt que du contrat, et de la communauté plutôt que de l’individu[18].

Il en existe d'ailleurs plusieurs interprétations :

La première, d’après Mona Ozouf[18], étant la « fraternité de rébellion », incarnée, lors du serment du Jeu de paume, en juin 1789, par l’union des députés qui décidèrent de braver l’ordre de dispersion du roi Louis XVI : « Nous faisons serment solennel de ne jamais nous séparer, et de nous rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que la Constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides[19]. » Et Mirabeau de lancer aux gardes du roi la fameuse phrase : « Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous ne quitterons nos places que par la force des baïonnettes[20] ! »

En effet, l’article II[21] de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789[22] (prononcée dans la foulée de cet événement) mentionne le droit de résistance à l’oppression comme l’un des quatre droits fondamentaux (avec la liberté, la propriété, et la sureté).

La fraternité était donc née de l'aspiration à la liberté, et dirigée par une cause commune.

Une autre forme de fraternité était celle qui fut professée par l'Église, mêlant le lien très humain au religieux, par la fraternité chrétienne (« aimes ton prochain comme toi-meme! »[23]). Dans ce second sens, la fraternité précédait à la fois la liberté et l’égalité, au lieu de les suivre comme dans le premier sens. Ainsi deux sens pouvaient être donnés au mot fraternité  : l’un, suivant les notions de liberté et d’égalité, était l’objet d’un pacte libre ; alors que l’autre précédait ces deux notions comme la marque du divin (Mona Ozouf)[24].

Par ailleurs, la fraternité fut aussi définie dans la Déclaration des droits et des devoirs de l'homme et du citoyen de 1795, figurant en tête de la Constitution de l'an III (mais non retenue par la constitution actuelle) : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît ; faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir. » Également, selon Paul Thibaud, philosophe et ancien directeur de la revue Esprit[25], « Autant la liberté et l'égalité peuvent être perçues comme des droits, autant la fraternité est une obligation de chacun vis-à-vis d'autrui. C'est donc un mot d'ordre moral. » Pour certains[Qui ?], la fraternité républicaine s'approche du concept de capital social de Robert Putnam, une forme d'entraide entre citoyens visant un monde meilleur[26].


Pendant la Révolution française, « la fraternité avait pleine vocation à embrasser tous ceux qui, français mais aussi étrangers, luttaient pour l’avènement ou le maintien de la liberté et de l’égalité »[27].

Interprétations postérieures[modifier | modifier le code]

Exemple de Devise sous la Terreur

La Révolution française a vu plusieurs « déclarations des droits de l'homme et du citoyen » successives. Plusieurs versions, postérieures à la déclaration de 1789, présentent certaines nuances. Néanmoins, la constitution française actuelle s'appuyant sur la déclaration de 1789, la devise « Liberté, égalité, fraternité » n'en relève pas.

Ainsi, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793, rédigée pendant la Terreur, dispose que  : « Tous les hommes sont égaux par nature et devant la loi. » De même, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793 modifia la définition de la liberté par  : « La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui ; elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait » (éthique de réciprocité). Vivre libre ou mourir fut une grande devise républicaine.

Selon la déclaration des droits de l'homme de 1795, « L'égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. L'égalité n'admet aucune distinction de naissance, aucune hérédité de pouvoirs. »

Selon certains penseurs, l'exigence juridique de l'égalité peut aussi avoir une dimension sociale. Rousseau définissait l'égalité, consubstantielle à la liberté, comme le fait que « nul citoyen ne soit assez opulent pour en pouvoir acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre. » Selon Robespierre, elle résulte de l'amour de la patrie et de la République, qui ne tolère pas l'extrême disproportion des richesses. Elle demande donc, pour le fondateur de la République, que l'héritage soit aboli[réf. nécessaire], que chacun ait un travail et que l'impôt soit progressif : en somme, l'égalité des sans-culottes n'est pas celle des brissotins[pas clair].

L'Église catholique a été longtemps très réticente à accepter les acquis de la Révolution française. Cependant, le pape Jean-Paul II a souligné lors son homélie au Bourget pendant son premier voyage en France, en 1980[28] :

« Que n’ont pas fait les fils et les filles de votre nation pour la connaissance de l’homme, pour exprimer l’homme par la formulation de ses droits inaliénables ! On sait la place que l’idée de liberté, d’égalité et de fraternité tient dans votre culture, dans votre histoire. Au fond, ce sont là des idées chrétiennes. Je le dis tout en ayant bien conscience que ceux qui ont formulé ainsi, les premiers, cet idéal, ne se référaient pas à l’alliance de l’homme avec la sagesse éternelle. Mais ils voulaient agir pour l’homme ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/constitution.asp#preambule
  2. Mona Ozouf, « Liberté, égalité, fraternité », dans Pierre Nora (dir.), Lieux de Mémoire, vol. III : Les France. De l'archive à l'emblème, Gallimard, coll. « Quarto »,‎ 1997, p. 4353-4389.
  3. http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/histoire-1789.asp
  4. Le Discours sur l'organisation des gardes nationales est paru à Paris, chez Buisson, libraire, rue Hautefeuille, n° 20 (1790, in-8° de 78 p.), et dans les numéros 656, 657 et 660 du Point du Jour, ou Résultat de ce qui s’est passé la veille à l’Assemblée Nationale de Barère, avant d'être réédité en province, notamment à Besançon chez Simard (in-8° de 61 p.). Voir Ernest Hamel, Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille, les sources originales et des documents entièrement inédits, Paris, A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1865, tome I : « la Constituante », p. 429, note 1.
  5. a et b Michel Borgetto, La Devise : « Liberté, Égalité, Fraternité », PUF, 1997, p. 32. Le texte est disponible en ligne : Discours sur l'organisation des gardes nationales : « XVI. Elles porteront sur leur poitrine ces mots gravés : LE PEUPLE FRANÇAIS, et au-dessous : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE. Les mêmes mots seront inscrits sur leurs drapeaux, qui porteront les trois couleurs de la nation. »
  6. Marcel David, Le peuple, les droits de l'homme et la république démocratique, p. 235.
  7. La fête de la loi, célébrée le , en l'honneur de Simoneau, maire d'Étampes, remplaça la devise Liberté, égalité, fraternité par : Liberté, égalité, propriété. Voir Ernest Hamel, Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille, les sources originales et des documents entièrement inédits, Paris, Chez l'auteur, 1866, tome II : « les Girondins », p. 278.
  8. Marcel David, Le peuple, les droits de l'homme et la république démocratique, p. 238.
  9. Marcel David, Le peuple, les droits de l'homme et la république démocratique, p. 239-240
  10. a et b http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/la-france/institutions-vie-politique/symboles-de-la-republique-et-14/article/liberte-egalite-fraternite
  11. Philippe Roger, « La Révolution française et la Justice ou le second exil d’Astrée », in Justice, Liberté, Égalité, Fraternité, Sur quelques valeurs fondamentales de la démocratie européenne (sous la direction d'Olga Inkova), institut européen de l’université de Genève.
  12. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, La France Libre. De l'appel du 18 Juin à la Libération, Paris, Gallimard, 1996, p. 195-197. Le colonel de Larminat obtient son remplacement par « Honneur et patrie » dans l'émission de Maurice Schumann à la BBC en juillet 1940. En revanche, malgré diverses interventions d'officiers, notamment Larminat et Fontaine, le quotidien France et la revue La France Libre conservent leur sous-titre. Dans un télégramme du 8 juillet 1941, le général de Gaulle explique : « Si nous proclamions simplement que nous nous battons pour la démocratie, nous obtiendrions peut-être des éloges du côté américain, mais nous perdrions beaucoup sur le tableau français qui est le principal. La masse française confond pour le moment le mot démocratie avec le régime parlementaire tel qu'il fonctionnait chez nous avant cette guerre. Nos propres partisans, quelle que soit leur origine politique et surtout nos combattants, en sont convaincus dans l'immense majorité. Ce régime est condamné par les faits et dans l'opinion publique. D'autre part, nous sommes les ennemis acharnés du système hitléro-fasciste. La preuve en est que nous le combattons partout et d'abord en France et que pour le briser et le chasser, nous ne reculons même pas devant la guerre civile. »
  13. Charles de Gaulle, Discours et messages, tome I : Pendant la guerre, juin 1940-janvier 1946, Paris, Plon, 1970, p. 137-138 : « Nous disons Liberté-Égalité-Fraternité parce que notre volonté est de demeurer fidèles aux principes démocratiques que nos ancêtres ont tirés du génie de notre race et qui sont l'enjeu de cette guerre pour la vie et la mort. » (Discours du 15 novembre 1941). Voir Jean-Louis Crémieux-Brilhac, La France Libre. De l'appel du 18 Juin à la Libération, Paris, Gallimard, 1996, p. 209-210.
  14. Constitution de la République d'Haïti, 29 mars 1987, Port-au-Prince, Éditions Henri Deschamps, 1991.
  15. a et b Richard Stallman, « Liberté, égalité, fraternité », interview dans Programmez!, n° 95.
  16. Richard Stallman, « Liberté, Égalité, Fraternité » à La Cantine, 23 février 2008.
  17. Le principe d'égalité, sur le site du Conseil constitutionnel
  18. a et b Mona Ozouf Les Lieux de Mémoire. Sous direction de Pierre Nora. Paris. 1997. Editions GALLIMARD. Collection Quarto. tome 3. pp.4353-4389
  19. http://www.chateauversailles.fr/l-histoire/grandes-dates/chronologie/1789--serment-du-jeu-de-paume
  20. http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/mirabeau.asp
  21. http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/constitution.asp#declaration
  22. http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789.5076.html
  23. http://viechretienne.catholique.org/cec/6483-preambule
  24. Mona Ozouf, Les Lieux de Mémoire. Sous la direction de Pierre Nora. Paris. 1997. Éditions Gallimard. Collection Quarto. tome 3. pp. 4353-4389.
  25. « Il était le bon côté du christianisme », Libération, 23 janvier 2007
  26. (en) Robert Putnam, Bowling Alone : The collapse and revival of american community, Simon & Schuster,‎ 2000 (ISBN 978-0-7432-0304-3), page 361.
  27. Michel Borgetto, La Devise : « Liberté, Égalité, Fraternité », PUF, 1997, p. 34
  28. Voyage apostolique à Paris et Lisieux (30 mai-2 juin 1980, homélie du Saint-Père Jean-Paul II, Le Bourget, dimanche 1er juin 1980]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Borgetto, Michel. La Devise : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Paris : PUF, 1997, 128 p. (Que sais-je ; n° 3196). (ISBN 2-13-048355-0)
  • David, Marcel. Le Peuple, les droits de l'homme et la république démocratique. Paris : l'Harmattan, 2002, 275 p. (ISBN 2-74754274-2)
  • Bernard Richard, Les emblèmes de la République, CNRS Éditions,‎ 2012, 430 p. (ISBN 978-2-271-07299-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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