Langue

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Une langue est un système de signes linguistiques, vocaux, graphiques ou gestuels, qui permet la communication entre les individus.

Langues du monde par familles :

Définition : langue et langage[modifier | modifier le code]

Langue et dialecte[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de critère strictement linguistique permettant de distinguer une langue d'un dialecte.

Dans une perspective sociolinguistique (étude des langues dans leur rapport aux sociétés), le terme « langue » définit tout idiome remplissant deux fonctions sociales fondamentales : la « communication » (c'est au moyen de la langue que les acteurs sociaux échangent et mettent en commun leurs idées, sentiments, pensées, etc.) et l'« identification » (de par son double aspect individuel et collectif, la langue sert de marqueur identitaire quant aux caractéristiques de l'individu et de ses appartenances sociales). Par conséquent, les « langues » sont des objets vivants, soumis à multiples phénomènes de variations et les frontières entre les langues sont considérées non hermétiques car elles relèvent d'abord des pratiques sociales.

Langue naturelle et langue construite[modifier | modifier le code]

On appelle langue naturelle, une langue qui s'est formée au cours du temps par la pratique de ses locuteurs, à partir d'états de langues antérieurs et/ou d'emprunts à d'autres langues. C'est le cas d'une grande majorité des langues parlées dans le monde.

Au contraire, on appelle langue construite, parfois improprement langue artificielle, une langue qui résulte d'une création normative consciente d'un ou de plusieurs individus. C'est notamment la cas de l'espéranto, seule langue construite comptant un nombre significatif de locuteurs, mais aussi de l'ido, du volapük, de l'interlingua, du toki pona, du lojban, du klingon et du na'vi.

Langue vivante et langue morte[modifier | modifier le code]

Une langue est dite vivante lorsqu'elle est utilisée oralement par des personnes dont elle est la langue maternelle, ou par une communauté suffisamment nombreuse — et de façon suffisamment intensive — pour permettre une évolution spontanée de la langue sur le plan grammaire et bien d'autres cas. (cas de l'espéranto).

On appelle langue morte ou éteinte une langue qui n'est plus pratiquée oralement comme langue maternelle, mais qui peut être encore utilisée dans certains domaines (tels que la religion, comme le latin ou le copte). C'est pourquoi certains préfèrent parler de langue ancienne. La connaissance des langues mortes, en permettant l'étude des textes anciens, est utile notamment à la linguistique historique, ainsi qu'à l'histoire et à ses disciplines annexes. Les deux langues mortes les plus importantes de la culture occidentale sont le latin et le grec ancien. Celle des cultures indiennes ou influencées par l'Inde est le sanskrit.

Il est possible de « ressusciter » des langues mortes, comme le montre l'exemple de l'hébreu.

Une langue vivante est rarement un système uniforme et rigide, elle varie généralement selon le lieu géographique (dialectes), le milieu social (sociolectes) et les individus (idiolectes) et, bien sûr, selon le temps (diachroniquement), ce qui fait que, considérée à un moment donné, une langue est toujours en évolution et contient plusieurs états. Par exemple, le système phonologique des langues est en évolution constante, ce qu'étudie la phonétique historique. Une langue vivante est définie dans une géographie linguistique internationalement reconnue et se définit par sa frontière linguistique. Si cette dernière est traversée par une frontière, c'est une langue transfrontalière.

Autre[modifier | modifier le code]

On appelle langue maternelle d'une personne la ou les langue(s) que cette personne a apprise(s) dans son enfance au cours de son apprentissage du langage.

Histoire : origine des langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des langues.

Le commencement énigmatique du langage, et des origines des langues actuelles suscitent des hypothèses parfois contradictoires. De nombreuses recherches principalement par des anthropologues, des archéologues, des généticiens, et des linguistes suggèrent l'hypothèse d'une langue commune,[réf. nécessaire] d'autres, nombreuses aussi, la réfutent.

Classification[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de langues.

Nombre de langues[modifier | modifier le code]

Il est impossible de déterminer avec précision le nombre de langues parlées dans le monde, en raison de la difficulté qu'il y a à tracer des frontières précises entre les langues, notamment à différencier les langues des dialectes. Selon les estimations, il existerait aujourd'hui entre 3 000 et 7 000 langues vivantes[1],[2].

Nombre de locuteurs par langue[modifier | modifier le code]

L'estimation du nombre de locuteurs d'une langue (en première et en seconde langue) peut donner d'importantes divergences pour certaines langues. C'est notamment le cas du français ; Ethnologue.com[3] estime le nombre de locuteurs du français à 128 millions en 1999, dont seulement 77 millions en première langue. alors que dans le même temps la francophonie représente un ensemble 800 milions de personnes

Dix langues sont parlées par plus de 100 millions de personnes. En tête le mandarin (1,2 milliard), le hindi (550 millions), l'espagnol (329 millions), l'anglais (328 millions) et l'arabe (221 millions). Suivent le français (220 millions), le bengali (181 millions), le portugais (178 millions), le russe (144 millions) et le japonais (122 millions).

Évolutions et comparaisons[modifier | modifier le code]

Disparition des langues[modifier | modifier le code]

La linguiste Colette Grinevald estime qu'environ 50 % des langues disparaîtront d'ici 2100. Dans certaines régions, cela pourrait être de l'ordre de 90 % (comme en Australie et en Amérique) [4]. Début 2008, l'ONG Survival International estime qu'une langue indigène disparaît « toutes les deux semaines » [5].

Colette Grinevald estime qu'en 2100, les langues majoritaires seront[4] :

Le français est utilisé comme langue de la diplomatie internationale, des « Pays Non-Alignés », des organisations internationales, des jeux olympiques. La Francophonie devrait donc bien se porter, notamment à travers son développement au sein de la communauté des pays francophones et son expansion en Afrique et au Maghreb et le concours du dynamisme linguistique des francophones canadiens, belges et suisses. Ainsi selon le démographe et sociologue Richard Marcoux le français pourrait en 2050 compter 600 millions de locuteurs[6].

Une langue est considérée comme menacée si elle risque de ne plus avoir de locuteurs d'ici la fin du XXIe siècle. Une langue qui paraît solide, car utilisée par plusieurs millions de personnes, peut être en danger. C'est notamment le cas des langues quechua en Amérique du Sud, car très peu de jeunes les apprennent.

Depuis que la majorité de l'humanité vit dans des milieux urbains, cette disparition s'accélère. Une des causes est l'exode rural, qui conduit à l'absence de transmission des traditions et des langues associées. Souvent, la pression sociale fait que les locuteurs de langues minoritaires (comme les Amérindiens mais aussi de nombre de langues dites régionales, comme en France avec les Bretons durant les années 1950 ou la langue corse, déclarée « en danger » par l'Unesco en 2009) considèrent que parler une langue traditionnelle est un handicap pour l'intégration dans la société et pour trouver du travail. La pression exercée par certains États, qui considèrent que la langue est un des ciments de la société, est également un facteur de disparition de la diversité linguistique.

La disparition de ces langues entraîne avec elle la disparition de pans entiers de la culture traditionnelle de certains groupes. La disparition d'une langue traditionnelle et le mauvais apprentissage de la langue dominante occasionnent un malaise chez certaines personnes, par manque d'intégration, celles-ci ne pouvant se reconnaître dans aucune culture.

Internet joue un rôle ambivalent, il est d'un côté un accélérateur de la disparition des langues, par l'uniformisation des moyens de communications. Mais il est aussi un moyen de préserver ces langues, par l'établissement de communautés parlant des langues traditionnelles.

L'ONG Terralingua estime que 20 % des langues se sont éteintes entre 1970 et 2005 et prévoit que seuls 10 % des idiomes aujourd'hui menacés passeront le cap du XXIIe siècle.

Création de langues[modifier | modifier le code]

Certaines langues disparaissent mais il arrive aussi que des langues soient créées, en général cela se produit suivant trois axes :

Il existe également un cas plus marginal avec ce que l'on appelle les langues de fiction (schtroumpf, novlangue, kobaien, quenya, sindarin ou encore klingon, Na'vi). Cette dernière catégorie tient plus du plaisir ludique et littéraire que de la véritable fonctionnalité linguistique (bien que les langues créées dans cette catégorie puissent être fonctionnelles).

Certaines langues artificielles sont devenu langue d'état par exemple le chinois mandarin qui fut créé en 1956 par le gouvernement communiste chinois afin de créer une langue commune pour la Chine

Comparaison entre les langues[modifier | modifier le code]

L'existence des Indo-Européens est établie sur la base d'une comparaison entre les langues. Aucun vestige historique (monuments funéraires, œuvres d'art, artisanat, etc.) ne l'atteste par ailleurs de façon sûre. L'existence des Indo-Européens n'est pas une donnée de l'histoire, mais une hypothèse formulée à partir de la comparaison entre des milliers de mots. Par exemple, le mot mère se dit mater en latin, mothar en gothique, mathir en vieil irlandais, matar en sanskrit, etc. Le terme indo-européen a été introduit en 1816 par l'Allemand Franz Bopp pour désigner un ensemble de langues d'Europe et d'Asie dont la parenté structurale s'est révélée remarquable. Le sanskrit, le grec, le latin, le hittite, le vieil irlandais, le gothique, le vieux bulgare, le vieux prussien, etc., présentent des liens communs.

Les langues se valent-elles dans leur capacité à former des pensées, à communiquer des informations ou à fédérer les hommes dans leurs actions ?

Le débit d'information dépend du nombre de syllabes prononcées par seconde. Le débit d'un Espagnol est supérieur de 26 % à celui d'un Anglais. Mais un autre facteur doit être pris en compte, la quantité d'informations portées par chaque syllabe. Sur sept langues étudiées par le laboratoire Dynamique du langage, à l'Institut des sciences de l'homme (japonais, espagnol, italien, français, allemand, anglais, mandarin), la densité d'information au niveau de la syllabe varie en proportion inverse du débit. Par conséquent, les sept langues transmettent l'information à vitesse égale[7].

Droit[modifier | modifier le code]

Les langues peuvent avoir différents statuts dans les organisations internationales, particulièrement, la langue officielle et la langue de travail.

Langues et informatique[modifier | modifier le code]

Sur la Toile, la langue est gérée dans les langages de balisage qui manipulent du texte en langage naturel dans des documents [8].

Il existe de nombreux besoins, de nombreuses dispositions juridiques, de nombreuses pratiques qui demandent de gérer la langue d'une certaine manière :

Il existe deux usages de la langue dans les langages HTML et XML :

  • la langue primaire ;
  • la langue de traitement.

Voir aussi : langue (métadonnée)

L'arrivée des nouvelles technologies comme l'informatique, Internet et les téléphones cellulaires avec messages textos ont mené à la création d'une nouvelle façon d'écrire les langues, le langage SMS.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « L'[[Ethnologue.com|Ethnologue]] recense les 6.909 langues vivantes de la planète » (consulté le 16 avril 2010)
  2. (ca) Toni Mollà, Manual de sociolingüística, Alzira, edicions Bromera, coll. « graella »,‎ 2005, 2e éd. (1re éd. 2002), 246 p. (ISBN 84-7660-733-4), p. 45
  3. (fr) « French : a language of France », Ethnologue,‎ 2000 (consulté le 15 janvier 2008) (source obsolète, à remplacer au moins par la 16e édition, voir (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue)
  4. a et b (fr) Entretien de Colette Grinevald par Laure Belot et Hervé Morin, « En 2100, les Terriens parleront 3 000 langues de moins », Le Monde,‎ 1er janvier 2006 (consulté le 19 décembre 2007)
  5. (fr) « Une langue indigène disparaît « toutes les deux semaines » », Survival International,‎ 20 février 2008 (consulté le 25 février 2008)
  6. Thierry Haroun, « L'Afrique, avenir de la francophonie ? - Un Québec « passeur d'idées » », Le Devoir,‎ 15 mars 2008 (consulté le 22 août 2009)
  7. "http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/innovation-competences/sciences/0202359807407-pour-ce-qui-est-de-communiquer-toutes-les-langues-se-valent-507139.php", Les Echos, lundi 5 novembre 2012
  8. (fr) Openweb, spécifier la langue d'un document (X)HTML

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Cause toujours ! À la découverte des 6 700 langues de la planète, hors-série de mars-avril-mai 2003 de la revue Courrier international
  • (fr) Bernard Colombat, Jean-Marie Fournier et Christian Puech, Histoire des idées sur le langage et les langues, Klincksieck, Paris, 2010, 277 p. (ISBN 978-2-252-03599-3)
  • (fr) Georges Kersaudy, Langues sans frontière : à la découverte des langues de l'Europe : faits méconnus, idées reçues, aspects nouveaux : problèmes et solutions, méthodes d'apprentissage : avec vocabulaires parallèles de 39 langues d'Europe, Autrement, Paris, 2007 (rééd.), 387 p. (ISBN 978-2-7467-0983-6)
  • (de)(en) Albrecht Klose, Sprachen der Welt : ein weltweiter Index der Sprachfamilien, Einzelnsprachen und Dialekte, mit Angabe der Synonyma und fremdsprachigen Aequivalente / Languages of the world : a multi-lingual concordance of languages, dialects and language-families, K. G. Saur, Munich, 2001 (2e éd.), 556 p. (ISBN 978-3-598-11404-5)
  • (en) Larry Trask, Why Do Languages Change ?, Cambridge University Press, 2010 (nouvelle éd. révisée), 210 p. (ISBN 978-0-521-83802-3)
  • (fr) Henriette Walter, L’Aventure des langues en Occident. Leur origine, leur histoire, leur géographie, Librairie générale française, Paris, 1996 (nombreux tirages ultérieurs), 595 p. (ISBN 978-2-253-14000-9)