Albert Camus

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Albert Camus

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Albert Camus en 1957

Nom de naissance Albert Camus
Activités Philosophe, romancier, dramaturge, essayiste, nouvelliste, journaliste
Naissance 7 novembre 1913
Mondovi (Algérie)
Décès 4 janvier 1960 (à 46 ans)
Villeblevin (France)
Genres Roman, théâtre, essai, nouvelle
Distinctions Prix Nobel de littérature en 1957

Œuvres principales

Compléments

Albert Camus, né le 7 novembre 1913 à Mondovi, près de Bône, en Algérie, et mort le 4 janvier 1960 à Villeblevin, dans l'Yonne en France[1], est un écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, essayiste et nouvelliste français. Il est aussi journaliste militant engagé dans la Résistance française et, proche des courants libertaires[2], dans les combats moraux de l'après-guerre.

Son œuvre comprend des pièces de théâtre, des romans, des nouvelles, des films, des poèmes et des essais dans lesquels il développe un humanisme fondé sur la prise de conscience de l'absurde de la condition humaine mais aussi sur la révolte comme réponse à l'absurde, révolte qui conduit à l'action et donne un sens au monde et à l'existence, et « alors naît la joie étrange qui aide à vivre et mourir »[3].

Sa critique du totalitarisme soviétique lui vaut les anathèmes des communistes et coupe les ponts avec Jean-Paul Sartre[4]. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1957, sa réputation et son influence restent grandes dans le monde.

Selon Bertrand Poirot-Delpech, les essais sur son œuvre ont abondé juste après sa mort, tandis qu'on rendait très peu compte de sa vie. Les premières biographies ne sont apparues que dix-huit ans après sa mort. Parmi celles-ci, la plus impressionnante est celle de Herbert R. Lottman[5], un journaliste américain observateur de la littérature européenne pour The New York Times et le Publishers Weekly[6].

Dans le journal Combat, ses prises de position sont audacieuses, aussi bien sur la question de l'indépendance de l'Algérie que sur ses rapports avec le Parti communiste français, qu'il quitte après un court passage de deux ans[7]. Camus est d'abord témoin de son temps, intransigeant, refusant toute compromission ; il est ainsi amené à s'opposer à Sartre et à se brouiller avec d'anciens amis. D'après Herbert R. Lottman, Camus n'appartient à aucune famille politique déterminée, bien qu'il ait été adhérent au Parti communiste algérien pendant deux ans. Il ne se dérobe cependant devant aucun combat : il proteste successivement contre les inégalités qui frappent les musulmans d'Afrique du Nord, puis contre la caricature du pied-noir exploiteur. Il va au secours des Espagnols exilés antifascistes, des victimes du stalinisme, des objecteurs de conscience[8].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et enfance[modifier | modifier le code]

Lucien Auguste Camus, père d'Albert, est né le 28 novembre 1885 à Ouled-Fayet dans le département d'Alger, en Algérie. Il descend des premiers arrivants français dans cette colonie annexée à la France en 1834 et départementalisée en 1848. Un grand-père, Claude Camus, né en 1809, venait du bordelais, un bisaïeul, Mathieu Juste Cormery, d'Ardèche, mais la famille se croit d'origine alsacienne[9]. Lucien Camus travaille comme caviste dans un domaine viticole, nommé « le Chapeau du gendarme », près de Dréan, à quelques kilomètres au sud de Bône (Annaba) dans le département de Constantine, pour un négociant de vin d'Alger. Il épouse le 13 novembre 1909 à Alger (acte de mariage no 932) Catherine Hélène Sintès, née à Birkhadem le 5 novembre 1882, dont la famille est originaire de Minorque en Espagne. Trois ans plus tard, en 1911, naît leur fils aîné Lucien Jean Étienne et en novembre 1913, leur second fils, Albert. Lucien Auguste Camus est mobilisé comme 2e classe dans le 1er régiment de zouaves[10] en septembre 1914. Atteint à la tête par un éclat d'obus qui l'a rendu aveugle, il est évacué sur l'école du Sacré-Cœur, de Saint-Brieuc, transformée en hôpital auxiliaire, et il meurt moins d'une semaine après, le 11 octobre 1914[11]. De son père, Camus ne connaîtra que quelques photographies et une anecdote significative : son dégoût devant le spectacle d'une exécution capitale. Sa mère est en partie sourde et ne sait ni lire ni écrire : elle ne comprend un interlocuteur qu'en lisant sur ses lèvres[12]. Avant même le départ de son mari à l'armée elle s'était installée avec ses enfants chez sa mère et ses deux frères, Étienne, sourd-muet, qui travaille comme tonnelier, et Joseph, rue de Lyon à Belcourt, un quartier populaire d'Alger[13]. Elle y connaît une brève liaison à laquelle s'oppose son frère Étienne[14].

« Il y avait une fois une femme que la mort de son mari avait rendue pauvre avec deux enfants. Elle avait vécu chez sa mère, également pauvre, avec un frère infirme qui était ouvrier. Elle avait travaillé pour vivre, fait des ménages, et avait remis l'éducation de ses enfants dans les mains de sa mère. Rude, orgueilleuse, dominatrice, celle-ci les éleva à la dure », écrira Camus dans un brouillon de L'Envers et l'endroit[15].

Albert Camus est influencé par son oncle, Gustave Acault, chez qui il effectue de longs séjours. Anarchiste, Acault est aussi voltairien. De plus, il fréquente les loges des francs-maçons. Boucher de métier, c'est un homme cultivé. Il aide son neveu à subvenir à ses besoins et lui fournit une bibliothèque riche et éclectique[16].

Formation[modifier | modifier le code]

Albert Camus fait ses études à Alger. À l'école communale, il est remarqué en 1923 par son instituteur, Louis Germain, qui lui donne des leçons gratuites et l'inscrit en 1924 sur la liste des candidats aux bourses[17], malgré la défiance de sa grand-mère qui souhaitait qu'il gagnât sa vie au plus tôt. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, où est mort le père du futur philosophe, Louis Germain lit à ses élèves Les Croix de bois de Roland Dorgelès, dont les extraits émeuvent beaucoup le petit Albert, qui y découvre l'horreur de la guerre[18]. Camus gardera une grande reconnaissance à Louis Germain et lui dédiera son discours de prix Nobel[19]. Reçu au lycée Bugeaud (désormais lycée Émir Abd el-Kader), Albert Camus y est demi-pensionnaire. « J'avais honte de ma pauvreté et de ma famille […] Auparavant, tout le monde était comme moi et la pauvreté me paraissait l'air même de ce monde. Au lycée, je connus la comparaison », se souviendra-t-il[20]. Il commence à cette époque à pratiquer le football et se fait une réputation de gardien de but. Il découvre également la philosophie. Mais, à la suite d'inquiétants crachements de sang, les médecins diagnostiquent en décembre 1930 une tuberculose et il doit faire un bref séjour à l'hôpital Mustapha, évoquant cette expérience dans son premier essai d'écriture, L’Hôpital du quartier pauvre qui remonte vraisemblablement à 1933[21]. C'est la fin de sa passion pour le football, et il ne peut plus qu'étudier à temps partiel. Son oncle et sa tante Acault, qui tiennent une boucherie dans la rue Michelet, l'hébergent ensuite, rue du Languedoc, où il peut disposer d'une chambre. Camus est alors encouragé dans sa vocation d'écrivain par Jean Grenier[4] — qui lui fera découvrir Nietzsche. Il resta toujours fidèle au milieu ouvrier et pauvre qui fut longtemps le sien, et son œuvre accorde une réelle place aux travailleurs et à leurs tourments[22].

Stèle à la mémoire d'Albert Camus érigée en 1961 et gravée par Louis Bénisti face au mont Chenoua à Tipasa près d'Alger : « Je comprends ici ce qu'on appelle gloire : le droit d'aimer sans mesure. » (extrait de l’essai d’Albert Camus, Noces à Tipaza).

Débuts littéraires[modifier | modifier le code]

En juin 1934, il épouse Simone Hié (1914-1970), starlette algéroise enlevée à son ami Max-Pol Fouchet[23] : « J'ai envie de me marier, de me suicider, ou de m'abonner à L'Illustration. Un geste désespéré, quoi... »[24]. Toxicomane, elle le trompe souvent et leur mariage s'effrite rapidement[25]. En 1935, il adhère au Parti communiste algérien (PCA) qui, alors anticolonialiste et tourné vers la défense des opprimés, incarne certaines de ses propres convictions[26].

La même année, il commence l'écriture de L'Envers et l'Endroit, qui sera publié deux ans plus tard par Edmond Charlot dans la librairie duquel se retrouvent les jeunes écrivains algérois, tel Max-Pol Fouchet. En 1936, Camus fonde et dirige sous l'égide du parti le « Théâtre du Travail », mais la direction du PCA infléchit sa ligne et donne la primauté à la stratégie de l’assimilation et à la souveraineté française[27]. Les militants sont alors poursuivis et emprisonnés[26]. Camus, qui s’accommode mal du cynisme et de la stratégie idéologique, proteste alors contre ce retournement et — en connaissance de cause — se fait exclure en 1937[27]. À la rentrée qui suit cette rupture définitive, ne pouvant se résoudre à un théâtre strictement engagé qui ne porte pas la liberté de l'artiste, il crée, avec les amis qui l'ont suivi, le « Théâtre de l'Équipe », avec l'ambition de faire un théâtre populaire[27].

La première pièce jouée est une adaptation de la nouvelle Le Temps du mépris (1935) de André Malraux, dont les répétitions lui donnent l'occasion de nouer une amitié avec Emmanuel Roblès. Dans le même temps, il quitte le Parti communiste français, auquel il avait adhéré deux ans plus tôt. Il entre au journal créé par Pascal Pia, Alger Républicain, organe du Front populaire, où il devient rédacteur en chef. Son enquête Misère de la Kabylie (juin 1939) aura un écho retentissant[28]. Invité peu après à une projection privée du film Sierra de Teruel que Malraux avait tiré de son roman L'Espoir, Camus lui dit avoir lu L'Espoir huit fois[29].

En 1940, le Gouvernement général de l'Algérie interdit le journal. Cette même année, Camus se marie avec Francine Faure. Ils s'installent à Paris où il travaille comme secrétaire de rédaction à Paris-Soir sous l'égide de Pascal Pia. Il fonde aussi la revue Rivage. Malraux, alors lecteur chez Gallimard, entre en correspondance avec Camus et « se révèle lecteur méticuleux, bienveillant, passionné de L'Étranger[30]» et il en recommande la publication. Le livre paraît en 1942, en même temps que l'essai Le Mythe de Sisyphe (1942), dans lequel Camus expose sa philosophie. Selon sa propre classification, ces œuvres appartiennent au « cycle de l'absurde » — cycle qu'il complétera par les pièces de théâtre Le Malentendu et Caligula (1944). Il est à noter qu'Albert Camus vint soigner sa tuberculose dans le village du Chambon-sur-Lignon en 1942-1943 et put y observer la résistance non-violente à l'holocauste mise en œuvre par la population. Il y écrivit Le Malentendu, y trouva des éléments d'inspiration pour son roman La Peste auquel il travailla sur place[31]. En 1943, il devient lecteur chez Gallimard et prend la direction de Combat lorsque Pascal Pia est appelé à d'autres fonctions dans la Résistance. En 1944, il rencontre André Gide et un peu plus tard Jean-Paul Sartre, avec qui il se lie d'amitié[32] ; la même année (19 mars) il anime la première représentation de la pièce de Picasso : Le Désir attrapé par la Queue, cette scène est racontée avec humour par Claude Simon dans Le Jardin des Plantes. Le 8 août 1945, il est le seul intellectuel occidental à dénoncer l'usage de la bombe atomique, deux jours après le bombardement d'Hiroshima, dans un éditorial resté célèbre publié par Combat[33].

En 1945, à l'initiative de François Mauriac, il signe une pétition demandant au général de Gaulle la grâce de Robert Brasillach, personnalité intellectuelle connue pour son activité collaborationniste pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1946, Camus se lie d'amitié avec René Char. Il part la même année aux États-Unis et, de retour en France, il publie une série d'articles contre l'expansionnisme soviétique — qui deviendra manifeste en 1948, avec le coup de Prague et l'anathème lancé contre Tito. En 1947, c'est le succès littéraire avec le roman La Peste, suivi deux ans plus tard, en 1949, par la pièce de théâtre Les Justes.

Engagement politique et littéraire[modifier | modifier le code]

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En octobre 1951, la publication de L'Homme révolté provoque de violentes polémiques où Camus est attaqué par ses amis. La rupture avec Jean-Paul Sartre a lieu en 1952, après la publication dans Les Temps modernes de l'article de Francis Jeanson qui reproche à la révolte de Camus d'être « délibérément statique ». En 1954, Camus s'installe dans son appartement parisien du 4, rue de Chanaleilles[34]. Dans le même immeuble et durant la même période, habite René Char, poète et résistant français[35].

En 1956, à Alger, il lance L'Appel pour une Trêve Civile, tandis que dehors sont proférées à son encontre des menaces de mort. Son plaidoyer pacifique pour une solution équitable du conflit est alors très mal compris, ce qui lui vaudra de rester méconnu de son vivant par ses compatriotes pieds-noirs en Algérie puis, après l'indépendance, par les Algériens qui lui ont reproché de ne pas avoir milité pour cette indépendance. Haï par les défenseurs du colonialisme français, il sera forcé de partir d'Alger sous protection[36]. Toujours en 1956, il publie La Chute, livre pessimiste dans lequel il s'en prend à l'existentialisme sans pour autant s'épargner lui-même. Il démissionne de l'Unesco pour protester contre l'admission de l'Espagne franquiste. C'est un an plus tard, le 16 octobre 1957, que le prix Nobel de littérature lui est décerné[37]. Interrogé à Stockholm par un étudiant originaire d'Algérie, sur le caractère juste de la lutte pour l'indépendance menée par le FLN en dépit des attentats terroristes frappant les populations civiles, il répond clairement : « En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c’est cela la justice, je préfère ma mère. »[38]. Cette phrase, souvent déformée, lui sera souvent reprochée. Il suffit pourtant de comprendre, au-delà du fait que Camus vénérait sa mère qui vivait alors à Alger dans un quartier très populaire particulièrement exposé aux risques d'attentats, qu'il a toujours privilégié le respect de la vie humaine contre la notion terroriste selon laquelle « tous les moyens sont bons » : c’est tout le sujet développé par l'écrivain dans Les Justes.

Albert Camus était contre l'indépendance de l'Algérie et écrivit en 1958 dans la dernière de ses Chroniques Algériennes que « l'indépendance nationale [de l'Algérie] est une formule purement passionnelle ». Il dénonça néanmoins l'injustice faite aux musulmans et la caricature du pied noir exploiteur, et disait souhaiter la fin du système colonial mais avec une Algérie toujours française, proposition qui peut paraître contradictoire[39].

Pour ce qui est du communisme, il proteste contre la répression sanglante des révoltes de Berlin-Est (juin 1953) et contre l'intervention soviétique à Budapest (octobre-novembre 1956).

Une partie de la presse littéraire française, de gauche comme de droite, critique ses positions sur la guerre d'Algérie, sur la simplicité de son style et considère son prix comme un monument funéraire. Cette reconnaissance devient alors un fardeau. Blessé par ses détracteurs, notamment son ancien compagnon de route Pascal Pia, il est alors en proie au doute et écrit désormais peu[40].

Le chèque afférent au Nobel lui permet de s'acheter en 1958 une maison à Lourmarin[41]. Il retrouve dans cette ancienne magnanerie la lumière et les couleurs de son Algérie natale[42].

Décès[modifier | modifier le code]

Le 4 janvier 1960, en revenant de Lourmarin (Vaucluse), par la Nationale 6 (trajet de Lyon à Paris), au lieu-dit Le Petit-Villeblevin, dans l’Yonne, Albert Camus trouve la mort dans un accident de voiture à bord d'une Facel-Vega FV3B conduite par son ami Michel Gallimard, le neveu de l'éditeur Gaston Gallimard, qui perd également la vie. La voiture quitte la route et percute un premier arbre puis se disloque contre un second, parmi la rangée qui la borde[43]. Les journaux de l'époque évoquent une vitesse excessive (180 km/h), un malaise du conducteur, une crise d'épilepsie provoquée par le défilement des arbres sur la route, ou plus vraisemblablement, l'éclatement d'un pneu. L'universitaire italien Giovanni Catelli avance l'hypothèse[44] en 2011 dans le Corriere della Sera qu'il aurait été assassiné par le KGB sur ordre du ministre soviétique des affaires étrangères Dmitri Chepilov après que Camus lui eut reproché, dans un article publié dans le journal Franc-Tireurs en mars 1957, la répression de l'insurrection de Budapest[45]. L'écrivain René Étiemble déclara : « J'ai longtemps enquêté et j'avais les preuves que cette Facel Vega était un cercueil. J'ai cherché en vain un journal qui veuille publier mon article... »[46].

Monument en hommage à Albert Camus dans la petite ville de Villeblevin, commune où il est décédé d'un accident de voiture le 4 janvier 1960.

Albert Camus est enterré à Lourmarin, village du Luberon dans cette région que lui avait fait découvrir son ami, le poète René Char.

En marge des courants philosophiques, Albert Camus s'est opposé au marxisme et à l'existentialisme. Il n'a cessé de lutter contre toutes les idéologies et les abstractions qui détournent de l'humain. En ce sens, il incarne une des plus hautes consciences morales du XXe siècle — l'humanisme de ses écrits ayant été forgé dans l'expérience des pires moments de l'histoire.

Depuis le 15 novembre 2000, les archives de l'auteur sont déposées à la bibliothèque Méjanes (Aix-en-Provence), dont le centre de documentation Albert Camus assure la gestion et la valorisation.

Le 19 novembre 2009, le quotidien Le Monde affirme que le président Nicolas Sarkozy envisage de faire transférer les restes d'Albert Camus au Panthéon[47]. Dès le lendemain, son fils, Jean Camus, s'oppose à ce transfert, craignant une récupération politique[48]. Sa fille, Catherine Camus, ne se prononce pas[49].

Philosophie[modifier | modifier le code]

Une question, l’absurde[modifier | modifier le code]

La plaque de bronze sur le même monument.

« L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde »[50]. Dans cette phrase est concentrée la puissance d'un conflit, d'une confrontation qui sous-tend et emporte l'œuvre de Camus. Deux forces s'opposent : l'appel humain à connaître sa raison d'être et l'absence de réponse du milieu où il se trouve, l'homme vivant dans un monde dont il ne comprend pas le sens, dont il ignore tout, jusqu'à sa raison d'être.

L'appel humain, c'est la quête d'une cohérence, or pour Camus il n'y a pas de réponse à ce questionnement sur le sens de la vie. Tout au moins n'y a-t-il pas de réponse satisfaisante, car la seule qui pourrait satisfaire l'écrivain devrait avoir une dimension humaine : « Je ne puis comprendre qu'en termes humains »[50]. Ainsi les religions qui définissent nos origines, qui créent du sens, qui posent un cadre, n'offrent pas de réponse pour l'homme absurde : « Je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse. Mais je sais que je ne connais pas ce sens et qu'il m'est impossible pour le moment de le connaître. Que signifie pour moi une signification hors de ma condition ? »[50]. L'homme absurde n'accepte pas de perspectives divines, il veut des réponses humaines.

L'absurde n'est pas un savoir, c'est un état acquis par la confrontation consciente de deux forces. Maintenir cet état demande une lucidité et nécessite un travail, l'absurde c'est la conscience toujours maintenue d'une « fracture entre le monde et mon esprit » écrit Camus dans Le Mythe de Sisyphe. Ainsi l'homme absurde doit-il s'obstiner à ne pas écouter les prophètes (c'est-à-dire avoir assez d'imagination pour ne pas croire aveuglément à leur représentation de l'enfer ou du paradis) et à ne faire intervenir que ce qui est certain, et si rien ne l'est, « ceci du moins est une certitude »[50].

L'homme absurde ne pourrait échapper à son état qu'en niant l'une des forces contradictoires qui le fait naître : trouver un sens à ce qui est ou faire taire l'appel humain.

Une manière de donner du sens serait d'accepter les religions et les dieux. Or ces derniers n'ont pas d'emprise sur l'homme absurde. L'homme absurde se sent innocent, il ne veut faire que ce qu'il comprend et « pour un esprit absurde, la raison est vaine et il n'y a rien au-delà de la raison »[50].

Une autre manière de trouver du sens serait d'en injecter : faire des projets, établir des buts, et par là même croire que la vie peut se diriger. Mais à nouveau « tout cela se trouve démenti d'une façon vertigineuse par l'absurdité d'une mort possible »[50]. En effet, pour l'homme absurde il n'y a pas de futur, seul compte l'ici et le maintenant.

La première des deux forces contradictoires, le silence déraisonnable du monde, ne peut donc être niée. Quant à l'autre force contradictoire permettant cette confrontation dont naît l'absurde, qui est l'appel humain, la seule manière de la faire taire serait le suicide. Mais ce dernier est exclu car à sa manière « le suicide résout l'absurde »[50]. Or l'absurde ne doit pas se résoudre. L'absurde est générateur d'une énergie. Et ce refus du suicide, c'est l'exaltation de la vie, la passion de l'homme absurde. Ce dernier n'abdique pas, il se révolte.

Une réponse, la révolte[modifier | modifier le code]

Oui, il faut maintenir l'absurde, ne pas tenter de le résoudre, car l'absurde engendre une puissance qui se réalise dans la révolte. La révolte, voici la manière de vivre l'absurde. La révolte, c'est connaître notre destin fatal et néanmoins l'affronter, c'est l'intelligence aux prises avec le silence déraisonnable du monde, c'est le condamné à mort qui refuse le suicide. C'est pourquoi Camus écrit : « L'une des seules positions philosophiques cohérentes, c'est ainsi la révolte[50] ».

La révolte, c'est aussi s'offrir un énorme champ de possibilités d'actions, car si l'homme absurde se prive d'une vie éternelle, il se libère des contraintes imposées par un improbable futur et y gagne en liberté d'action. Plus le futur se restreint et plus les possibilités d'actions « hic et nunc » sont grandes. Et ainsi l'homme absurde jouit d'une liberté profonde. L'homme absurde habite un monde dans lequel il doit accepter que « tout l'être s'emploie à ne rien achever[50] », mais un monde dont il est le maître. Et à Camus, qui fait de Sisyphe le héros absurde, d'écrire : « Il faut imaginer Sisyphe heureux[50]. »

Bien que Camus réfute les religions parce que « on n'y trouve aucune problématique réelle, toutes les réponses étant données en une fois[51] », et qu'il n'accorde aucune importance à l'avenir : « il n'y a pas de lendemain[50] », sa révolte n'en est pas pour autant amorale. « La solidarité des hommes se fonde sur le mouvement de révolte et celui-ci, à son tour, ne trouve de justification que dans cette complicité[51] ». Tout n'est pas permis dans la révolte, la pensée de Camus est humaniste, les hommes se révoltent contre la mort, contre l'injustice et tentent de « se retrouver dans la seule valeur qui puisse les sauver du nihilisme, la longue complicité des hommes aux prises avec leur destin[51] ».

En effet, Camus pose à la révolte de l'homme une condition : sa propre limite. La révolte de Camus ne se fait pas contre tous et contre tout. Et Camus d'écrire : « La fin justifie les moyens ? Cela est possible. Mais qui justifie la fin ? À cette question, que la pensée historique laisse pendante, la révolte répond : les moyens[51] ».

Pour une analyse des cycles camusiens, voir : Albert Camus ou la Parole manquante.

Entre journalisme et engagement[modifier | modifier le code]

Roger Quilliot appelle ce volet de la vie de Camus La plume et l'épée, plume qui lui a servi d'épée symbolique mais sans exclure les actions qu'il mena tout au long de sa vie (voir par exemple le chapitre suivant). Camus clame dans Lettres à un ami allemand son amour de la vie : « Vous acceptez légèrement de désespérer et je n'y ai jamais consenti » confessant « un goût violent de la justice qui me paraissait aussi peu raisonné que la plus soudaine des passions. » Il n'a pas attendu la Résistance pour s'engager. Il vient du prolétariat et le revendiquera toujours, n'en déplaise à Sartre[52]; la première pièce qu'il joue au Théâtre du Travail, Révolte dans les Asturies, évoque déjà la lutte des classes[53].

Il va enchaîner avec l'adhésion au Parti communiste et son célèbre reportage sur la misère en Kabylie paru dans Alger républicain[54]. Il y dénonce « la logique abjecte qui veut qu'un homme soit sans forces parce qu'il n'a pas de quoi manger et qu'on le paye moins parce qu'il est sans forces. » Les pressions qu'il subit alors vont l'obliger à quitter l'Algérie mais la guerre et la maladie vont le rattraper. Malgré cela, il va se lancer dans la résistance[55].

Bien qu'il écrive dans Combat et lutte pour des causes auxquelles il croit, Camus éprouve une certaine lassitude[56]. Ce qu'il veut, c'est pouvoir concilier justice et liberté, lutter contre toutes les formes de violence[57], défendre la paix et la coexistence pacifique, combattre à sa façon pour résister, contester, dénoncer[58].

En 2013, les éditions Indigène réunissent ses « écrits libertaires » publiés dans Le Monde libertaire, La Révolution prolétarienne, Solidaridad Obrera, etc. Un recueil que sa fille, Catherine Camus défend comme « essentiel »[59].

Albert Camus et l'Espagne[modifier | modifier le code]

Les origines espagnoles de Camus s'inscrivent aussi bien dans son œuvre, des Carnets à Révolte dans les Asturies ou L’état de siège, par exemple, que dans ses adaptations de La Dévotion à la Croix (Calderon de la Barca) ou Le Chevalier d'Olmedo (Lope de Vega)[60]. Comme journaliste, ses prises de position, sa lutte permanente contre le franquisme, se retrouvent dans de nombreux articles depuis Alger républicain en 1938, des journaux comme Combat bien sûr mais aussi d'autres moins connus, Preuves ou Témoins, où il défend ses convictions, affirme sa volonté d'engagement envers une Espagne libérée du joug franquiste, lui qui écrira « Amis espagnols, nous sommes en partie du même sang et j'ai envers votre patrie, sa littérature et son peuple, sa tradition, une dette qui ne s'éteindra pas. » [61] C'est la profession de foi d'un homme qui est constamment resté fidèle « à la beauté comme aux humiliés. »

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Les femmes occupèrent une grande place dans la vie d'Albert Camus. Outre Francine Faure (1914-1979), qui sera son épouse et la mère de ses enfants, on lui connaît plusieurs liaisons, avec Maria Casarès «l'unique», rencontrée en 1944, son interprète de théâtre[62], liaison qui de par son caractère public aggrava la dépression de Francine[63]; avec la jeune étudiante américaine, Patricia Blake, rencontrée à New York en 1946; avec la comédienne Catherine Sellers, choisie pour interpréter une religieuse dans sa pièce Requiem pour une nonne[64]; avec Mi (de son vrai nom Mette Ivers), une jeune Danoise, artiste peintre, rencontrée en 1957 à la terrasse du Flore alors qu'il se trouvait en compagnie d'Albert Cossery et de Pierre Bénichou[65].

Œuvres de Camus[modifier | modifier le code]

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • Chamfort, Maximes et pensées : caractères et anecdotes, Incidences, 1944; réédition, Paris, Gallimard, 1982, coll. "Folio Classique", (ISBN 2070373568).
  • André Salvet, Le Combat silencieux, Editions Portulan, 1945.
  • L'Espagne libre, Paris, Calmann-Lévy, 1946.
  • Pierre-Eugène Clairin, Dix estampes originales, présentation de Camus sur le thème de l'art et la révolte.
  • René Leynaud, Poésies posthumes, Paris, Gallimard, 1947.
  • Jacques Méry, Laissez passer mon peuple, Paris, Le Seuil, 1947.
  • Louis Guilloux, La Maison du peuple (1927), Caliban 1948; Paris, Grasset, 1953.
  • J. Héon-Canonne, Devant la mort, (souvenirs de résistance), juin 1951.
  • Oscar Wilde, La Ballade de la geôle de Reading, préface d'Albert Camus "L'Artiste en prison", 1952; réédition Paris, Le Livre de Poche, 1973.
  • L'œuvre d'Hermann Melville, préface d'Albert Camus, 1952.
  • Konrad Bieber, L'Allemagne vue par les écrivains de la résistance française, préface d'Albert Camus "Le refus de la haine", rééditée in revue Témoins, 1955.
  • Œuvres complètes de Roger Martin du Gard dans la collection de la Pléiade avec une préface d'Albert Camus (1955)
  • René Char, Poèmes, préface d'Albert Camus à l'édition allemande, "Une poésie d'amour et de révolte".

Divers[modifier | modifier le code]

  • Lettres à un ami allemand, chroniques initialement parues dans Combat, puis à Paris, Gallimard, 1945.
  • Le témoin de la liberté, Albert Camus, allocution publiée in revue La Gauche, décembre 1948.
  • La dernière fleur, de James Thurber, traduction d'Albert Camus, Paris, Gallimard, 1952.
  • Désert vivant, album de Walt Disney contenant un texte d'Albert Camus, paris, Société Française du Livre, 1954.
  • Pluies de New York, impression de voyage, Paris, Gallimard, 1965. Pluies de New York, en ligne.
  • Discours de Suède, Paris, Gallimard, 1958; réédition, Paris, Gallimard, 1997, (ISBN 2-07-040121-9). Réunit le discours du 10 décembre 1957 prononcé à Stockholm et la conférence du 14 décembre 1957 "L'artiste et son temps" prononcée à l'Université d'Upsal.
  • Albert Camus, écrits libertaires (1948-1960) rassemblés et présentés par Lou Marin, Indigène éditions, 2013, (ISBN 979-10-90354-37-1). Notice de Albert Camus, écrits libertaires (1948-1960) chez l'éditeur.

Parutions posthumes[modifier | modifier le code]

  • La Postérité du soleil, photographies de Henriette Grindat. Itinéraires par René Char, Genève, Edwin Engelberts, 1965, ASIN B0014Y17RG; rééditions : Vevey, L'Aire, 1986; Paris, Gallimard, 2009.
  • Carnets I, mai 1935-février 1942, Paris, Gallimard, 1962.
  • Carnets II, janvier 1942-mars 1951, Paris, Gallimard, 1964.
  • Carnets III, mars 1951-décembre 1959, Paris, Gallimard, 1989.
  • Journaux de voyage, texte établi, présenté et annoté par Roger Quilliot, Paris, Gallimard, 1978.
  • Les Cahiers Albert Camus, Paris, Gallimard, coll. "Blanche" et "Folio" pour tomes I et VII.
  • Les Quatre Commandements du journaliste libre, manifeste censuré en 1939, publié pour la première fois par le quotidien Le Monde le 17 mars 2012, après avoir été retrouvé par Macha Séry aux Archives d'Outre-mer à Aix-en-Provence.
  • L'Impromptu des philosophes (1947), pièce en un acte signée du pseudonyme d’Antoine Bailly (publiée dans Albert Camus, Œuvres complètes : Tome II (1944 - 1948), Gallimard,‎ 2006, 1390 p. (ISBN 9782070117031)).

Correspondances[modifier | modifier le code]

  • Albert Camus-Jean Grenier, Correspondance 1932-1960, notes de Marguerite Dobrenn, Paris, Gallimard, 1981, (ISBN 9782070231751 et 2-07-023175-5).
  • Albert Camus-Pascal Pia, Correspondance, 1939-1947, présentation et notes de Yves Archambaum, Paris, Fayard/Gallimard, 2000.
  • Albert Camus, Jean Grenier, Louis Guilloux : écriture autobiographique et carnets, Actes des Rencontres méditerranéennes, 2001, Château de Lourmarin, Éditions Folle Avoine, 2003.
  • Hamid Nacer-Khodja, Albert Camus-Jean Sénac ou le fils rebelle, Paris Méditerranée-Edif, 2000, 2004, (ISBN 978-2-84272-206-7).
  • Albert Camus-René Char, Correspondance 1949-1959, présentation et notes de Franck Planeille, Paris, Gallimard, 2007, (ISBN 978-2070783311).
  • Albert Camus-Michel Vinaver, S'engager ? Correspondance 1946-1957, Paris, L'Arche, 2012, (ISBN 978-2851817754).

Adaptations théâtrales[modifier | modifier le code]

Albert Camus adapta différentes pièces de théâtre étrangères.

En 1975, le régisseur et acteur Nicou Nitai a traduit et adapté pour un one man show La Chute qui a été jouée sur les scènes du Théâtre de la Simta et Théâtre Karov à Tel Aviv, plus de 3 000 fois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, « Le Maitron » : notice biographique.
  2. Dictionnaire des anarchistes : notice biographique.
  3. L'Homme révolté, La pensée de midi, dernier paragraphe.
  4. a et b « Albert Camus (1913-1960) », sur france.fr (consulté le 28 novembre 2013).
  5. Éditions du Seuil, 1978, 686 p. (ISBN 2020050080).
  6. Le Monde, 10 novembre 1978, p. 17.
  7. Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde, p. 17.
  8. Herbert R. Lottman, p. 13.
  9. Album Camus, iconographie choisie et commentée par Roger Grenier, Paris, Gallimard, 1982 (Bibliothèque de la Pléiade), p. 9 ; Olivier Todd, Albert Camus : une vie, Paris, Gallimard, 1996, p. 16.
  10. Ministère de la Défense, SGA – Mémoire des Hommes – Les morts pour la France de la guerre 1914-1918 Fiche de Camus, Lucien Auguste
  11. «Albert Camus, Soleil et Ombre» de Roger Grenier, Éditions Gallimard 1987, p. 13
  12. Olivier Todd, ibid. , p. 24.
  13. Roger Grenier, Album Camus, op. cit., p. 17.
  14. Roger Grenier, Album Camus, op. cit., p. 18 ; Olivier Todd, op. cit., p. 24.
  15. Cité par Roger Grenier, Album Camus, op. cit., p. 14 et 17.
  16. Olivier Todd, Albert Camus. Une vie, 1996.
  17. Philippe Baudorre, La plume dans la plaie : les écrivains journalistes et la guerre d'Algérie, Presses Univ de Bordeaux,‎ 2003, p. 130.
  18. Michel Onfray, L'Ordre libertaire, La vie philosophique d'Albert Camus, Flammarion, 2012, p. 41-42.
  19. Camus, apprenant que le prix Nobel de littérature lui avait été décerné, écrira le 19 novembre 1957 à Louis Germain : « J'ai laissé s'éteindre un peu le bruit qui m'a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n'ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j'en ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j'étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d'honneur. Mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l'âge, n'a pas cessé d'être votre reconnaissant élève. Je vous embrasse de toutes mes forces. » (UNESCO, Rapport mondial sur l’éducation, 1998, p. 94).
  20. Notes pour un roman, citées par Roger Grenier, 1982, p. 20 : cité par Olivier Todd, 1996, p. 37.
  21. Alain Vircondelet, Albert Camus, fils d'Alger, Fayard,‎ 2010, p. 101
  22. Christian Chevandier, « Les métiers de Camus. Nommer le travail et les travailleurs : Les Muets et autres textes », dans Georges Hanne et Claire Judde de Larivière, (dir.), Noms de métiers et catégories professionnelles. Acteurs, pratiques, discours (XVe siècle à nos jours), Toulouse, Méridienne, 2010, p. 275-288.
  23. Michel Onfray, L’ordre libertaire, la vie philosophique d’Albert Camus, Flammarion, 2012, p. 73.
  24. Olivier Todd, Albert Camus, une vie, Paris, Gallimard, 1996, p. 67, note 25. Meursault dans La mort heureuse, p. 90, Folio
  25. Alain Vircondelet, Albert Camus, fils d'Alger, Fayard,‎ 2010, p. 123
  26. a et b Amina Azza Bekkat, « Albert Camus et l'Algérie : le malentendu », in Alek Baylee Toumi (dir.), Albert Camus, précurseur : Méditerranée d'hier et d'aujourd'hui, éd. Peter Lang, 2009, p. 17.
  27. a, b et c Jacqueline Lévi-Valensi, « L'entrée de Camus en politique », in Jean-Yves Guerin (dir.), Camus et la politique. Actes du colloque de Nanterre, 5-7 juin 1985, éd. L'Harmattan, 1986, p. 147-148.
  28. (fr) « “Misère de la Kabylie” d’Albert Camus », sur Berbères.net (consulté le 8 mars 2010)
  29. Olivier Todd, André Malraux. Une vie, Paris, Gallimard, 2001, p. 290
  30. Olivier Todd, André Malraux. Une vie, Paris, Gallimard, 2001, p. 312.
  31. http://www.terresdecrivains.com/article.php3?id_article=206
  32. AFP, « Découverte d'une lettre inédite de Camus adressée à Sartre », sur france24.com, France 24,‎ 7 août 2013 (consulté le 3 janvier 2013).
  33. Extrait en ligne de cet éditorial.
  34. L’ordre libertaire, la vie philosophique d’Albert Camus », de Michel Onfray, Flammarion, page 75.
  35. Rue de Chanaleilles
  36. (fr) « Albert Camus en Algérie : la trêve civile de janvier 1956 », sur LDH-Toulon (consulté le 8 mars 2010)
  37. Discours d'Albert Camus, le 10 décembre 1957, à Stockholm, site de la fondation Nobel.
  38. Voir les étapes de déformation de cette phrase ayant conduit à cette signification toute autre : « Si j'avais à choisir entre la justice et ma mère, je choisirais encore ma mère », dans Philippe Lançon, Camus cet étrange ami, Libération.fr, 2 janvier 2010 lire en ligne.
  39. Edward Saïd, Albert Camus, ou l’inconscient colonial, extrait de l'ouvrage Culture et Impérialisme, novembre 2000.
  40. Pierre-Louis Rey, Camus : L'homme révolté, Gallimard,‎ 2006, p. 85-86
  41. Sa fille Catherine qui gère l'œuvre de son père, y habite toujours en 2013.
  42. Henri Guillemin, Parcours, Seuil,‎ 1989, p. 184.
  43. Images de l'INA tournées sur les lieux de l'accident, voir la vidéo.
  44. Découverte selon une révélation du journal posthume du poète tchèque Jan Zábrana.
  45. « Mort d'Albert Camus : le KGB impliqué ? », sur Le Figaro,‎ 8 août 2011
  46. Herbert R. Lottman, p. 673
  47. Arnaud Leparmentier, « Sarkozy souhaite faire entrer Albert Camus au Panthéon », Le Monde.fr
  48. Arnaud Leparmentier, « Le fils d'Albert Camus refuse le transfert de son père au Panthéon », Le Monde.fr
  49. Arnaud Leparmentier, « Pour Catherine Camus, ce serait « un symbole pour ceux pour qui la vie est très dure », Le Monde.fr
  50. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Le Mythe de Sisyphe, 1942
  51. a, b, c et d L’homme révolté, 1951
  52. Sartre lui a reproché dans Les Lettres françaises, de « s'être embourgeoisé ».
  53. La pièce sera d'ailleurs interdite par le gouvernement général de l'Algérie.
  54. En particulier, les articles intitulés Le Grèce en haillons, Un peuple qui vit d'herbes et de racines ou Des salaires insultants.
  55. « Pour être tout à fait précis, je me souviens très bien du jour où la vague de révolte qui m'habitait a atteint son sommet. C'était un matin à Lyon et je lisais dans le journal l'exécution de Gabriel Péri (Réponse à Emmanuel d'Astier de La Vigerie, Actuelles page 185). »
  56. « Pour un temps encore inconnu, l'histoire est faite par des puissances de police et des puissances d'argent contre l'intérêt des peuples et la vérité des hommes. » Actuelles page 235.
  57. « Jusqu'à nouvel ordre, résistant inconditionnel, et à toutes les folies qu'on nous propose. » (Défense de l'homme, juillet 1949).
  58. « Le monde étant ce qu'il est, nous y sommes engagés quoi que nous en ayons. » (Ni victimes ni bourreaux)
  59. Hubert Prolongeau, Libertaire, j'écris ton nom, Marianne, 23 juin 2013.
  60. Voir Les XXIe Rencontres méditerranéennes Albert Camus en 2004
  61. Ce que je dois à l'Espagne, 1958
  62. Élisabeth Cazenave, Albert Camus et le monde de l'art : 1913-1960, Atelier Fol'fer,‎ 2009, p. 46
  63. (en) Harold Bloom, Albert Camus, Infobase Publishing,‎ 2009, p. 41
  64. Olivier Mony, « Albert Camus, l'homme intranquille », sur Le Figaro,‎ 7 janvier 2010
  65. Philippe Lançon, « Camus un peu moins étranger », sur Libération,‎ 18 septembre 2013
  66. Contient les chapitres suivants : Alger Républicain(III), Combat pour la justice(IV), Combat pour l'Espagne Républicaine(V), Combat pour la vraie paix(VI), De la politique à la polémique(VII), Pour une éthique du journalisme (VIII)
  67. Picasso par Roland Penrose (1958), collection 'Champs' chez Flammarion no 607, p. 394-398
  68. Albert Camus, Adaptateur de théâtre p. 10.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : source utilisée pour la rédaction de cet article.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Camus et les libertaires[modifier | modifier le code]

Articles et conférences[modifier | modifier le code]

  • Heiner Wittmann, Camus et Sartre : deux littéraires-philosophes, conférence présentée lors d’une Journée d’études à la Maison Henri Heine sur la littérature et la morale, 15 décembre 2005
  • Guy Dumur, Les silences d'Albert Camus, Médecine française, 1948
  • Francis Jeanson, Albert Camus ou l'âme révoltée, Les Temps modernes, 1952
  • Jean Négroni, Albert Camus et le théâtre de l'Équipe, Revue d'histoire du théâtre, 1960
  • Pierre Nguyen-Van-Huy, La métaphysique du bonheur chez Albert Camus, Neuchâtel, La Baconnière, 1962
  • Bernard Pingaud, La voix de Camus, La Quinzaine littéraire, 1971
  • Paul Demont, Le journal de Philippe Stephan dans la première version de La Peste d'Albert Camus. Note sur une édition récente, Revue d'Histoire littéraire de la France, 109 (3), 2009, p. 719-724.
  • Mustapha Harzoune, Michel Onfray, L’Ordre libertaire. La vie philosophique d’Albert Camus, Hommes et migrations, no 1295, 2012.
  • Hubert Prolongeau, Libertaire, j'écris ton nom, Marianne, 23 juin 2013.

Documents et témoignages[modifier | modifier le code]

  • « L’ordre libertaire, la vie philosophique d’Albert Camus », de Michel Onfray, Flammarion, 596 pages, 2012
  • Camus et Sartre, Amitié et combat, Aronson Ronald, éditions Alvik, 2005
  • Albert Camus et l'Espagne, Édisud, septembre 2005
  • Pierre Zima, L'indifférence romanesque : Sartre, Moravia, Camus, éditions L'Harmattan, mars 2005
  • Albert Camus et les écritures algériennes. Quelles traces ?, Édisud, 2004
  • Arnaud Corbic, Camus - L'absurde, la révolte, l'amour, Les Éditions de l'Atelier, 2003
  • Albert Camus et les écritures du XXe siècle, Collectif, Artois Presse Université, 2003 (Colloque de Cergy 2002
  • Audisio, Camus, Roblès, frères de Soleil, Collectif, Édisud, 2003
  • En commune présence : Albert Camus et René Char, Collectif, édition Folle Avoine, 2003
  • Écriture autobiographique et Carnets : Albert Camus, Jean Grenier, Louis Guilloux, Collectif, édition Folle Avoine, 2003
  • Denis Salas, Albert Camus, la juste révolte, éditions Michalon, 2002
  • Jacqueline Lévi-Valensi, Camus à Combat, Cahiers Albert Camus no 8, Gallimard, 2002
  • Emmanuel Roblès, Camus, frère de soleil, éditions Le Seuil, 1995
  • Histoire d'un livre : l'Étranger d'Albert Camus, Collectif, éditions Imec, 1991
  • Albert Camus (1913-1960). La révolte et la liberté, hors-série Le Monde, collection « Une vie, une œuvre », septembre 2013, 122 p.
    Réédition et actualisation pour le centenaire de sa naissance du volume de cette collection publié à l'occasion du 50e anniversaire de sa mort.

Reportages, films, documentaires[modifier | modifier le code]

Adaptations de ses œuvres[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

En musique[modifier | modifier le code]

  • Killing an Arab par le groupe The Cure : l'interprète et compositeur Robert Smith, a déclaré que la chanson est une courte tentative poétique de résumer des moments clés du roman L'Étranger d'Albert Camus. Les paroles relatent le meurtre d'un Arabe sur une plage alors que le narrateur (et auteur du crime) est aveuglé par le soleil et le couteau que brandit son opposant.
  • Le groupe Tuxedomoon s'inspire de L'Étranger pour écrire la chanson Stranger en 1979.
  • The Fall, groupe de post-punk britannique, se baptise ainsi d'après le roman La Chute d'Albert Camus que le bassiste Tony Friel lisait au moment de la création du groupe en 1976.
  • Créée en 2008 et en tournée jusqu'en 2014, la performance musicale Albert Camus lit l’Étranger Remix (Hélice Productions), conçue par Pierre de Mûelenaere, avec Pierre de Mûelenaere et Orchid Bite Visuals. Le spectacle reprend les enregistrements originaux de Camus lisant des extraits de ce roman en 1954, mixés en direct avec des musiques électroniques, et illustrés par des images sur écran géant. Cette performance a été jouée dans sept pays[1].
  1. « Albert Camus lit L’Étranger REMIX », sur heliceproductions.net (consulté le 3 décembre 2013).

En bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Adaptation sur sa vie[modifier | modifier le code]

  • Camus, téléfilm français retraçant les dix dernières années de sa vie, réalisé par Laurent Jaoui en 2009, avec Stéphane Freiss dans le rôle de Camus. Inspiré d'après la biographie Albert Camus, une vie d'Olivier Todd.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]