Saïd Boualam

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Saïd Boualam
Fonctions
Parlementaire français
Député 1958-1962
1958 –
Gouvernement Cinquième République
Groupe politique RNUR
Biographie
Date de naissance 1906
Date de décès 1982
Nationalité Drapeau de la France Française
Religion Islam
Résidence Orléansville

Saïd Benaisse Boualam, dit le bachaga Boualam (ou bachaga Boualem selon les transcriptions), né le 2 octobre 1906 à Souk Ahras (Algérie) et décédé le 8 février 1982 à Mas-Thibert, était un capitaine de l'armée française et un homme politique français.

Son surnom de « bachagha » signifie « haut dignitaire », ou « caïd des services civils », c'est-à-dire chef de 24 tribus arabes des beni-boudouane, situées en Ouarsenis (entre Alger et Oran) [1] .

Il fut responsable de la harka de la région de l'Ouarsenis pendant la guerre d'Algérie

De 1958 à 1962, le bachagha Boualam est élu quatre fois vice-président de l'Assemblée nationale, devenant le symbole des musulmans favorables à la France[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Saïd Boualam est né le 2 octobre 1906 à Souk Ahras, dans le département de Bône. Il appartient à une ancienne famille de notables des Beni Boudouane. Enfant de troupe à Saint-Hippolyte-du-Fort et à Montreuil-sur-Mer de 1919 à 1924, il devient officier dans l'armée française, au 1er régiment de tirailleurs algériens.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il atteint le grade de capitaine. Il est élevé à la dignité de commandeur de la Légion d'honneur à titre militaire et reçoit la Croix de guerre, la Croix du combattant et la Croix de la valeur militaire.

Bachagha de l'Ouarsenis, il devient responsable de la harka de la région en juillet 1956. A partir de février/mars 1962 sous la responsabilité de l’ex-colonel Jean Gardes, membre dirigeant de l'OAS, il forme un maquis dans l’Ouarsenis, "mais les maigres troupes activistes sont vite anéanties par les soldats français"[3]. Durant les combats contre le FLN, il perd dix-sept membres de sa famille, dont un de ses fils, Abdelkader.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1945, il devient «caïd» du douar des Beni Boudouane, il est nommé «agha» en 1955 et « bachagha» en 1956[4]. Après le coup d'État de mai 1958, Saïd Boualam se rallie au général de Gaulle. Il est élu député de la 5e circonscription d'Algérie le 30 novembre 1958[5], celle d'Orléansville (actuelle Chlef), sur la liste de l'Union nationale pour l’intégration et le renouveau (UNIR). Il est élu vice-président de l'Assemblée nationale. Il siège au sein du groupe des élus de la «Formation administrative des élus d’Algérie et du Sahara» (EAS), puis du « Regroupement national pour l’unité de la République» à partir de 1960.

En 1959, il est élu maire de la commune de Beni Boudouane et conseiller général du département d’Orléansville. Il est victime d'une tentative de meurtre le 26 septembre 1959, à Orléansville.

Le 16 juin 1960, il préside à la création du Front Algérie française (FAF), qui regroupe très vite 500 000 adhérents dont 200 000 musulmans[6] pour finir à 1 million avant sa dissolution par les autorités en décembre.

Il s'éloigne peu à peu du gaullisme et ne prend pas part au vote sur la déclaration de politique générale de Michel Debré le 15 octobre 1959. Le 2 février 1960, il vote contre le projet attribuant des pouvoirs spéciaux au gouvernement et s'oppose à la modification de la Constitution le 11 mai 1960. Il est démis de son mandat à l'indépendance algérienne, le 3 juillet 1962.

Rapatrié d'Algérie le 18 mai 1962, avec une maigre partie de des harkis et famille, il se retire en Camargue, à Mas-Thibert, à 18 km d'Arles.

Il préside alors le Front national des rapatriés français de confession islamique (FNRFCI). À ce titre, il est nommé à la Commission nationale chargée de l’étude des problèmes des Français musulmans en 1979. Il meurt le 8 février 1982.

Un de ses fils, Ali, a épousé Emmanuelle Perez, la deuxième fille de Jean-Claude Perez, un des chefs principaux de l'OAS[7].

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Voies portant son nom (par ordre alphabétique des communes)[modifier | modifier le code]

Plusieurs odonymes rappellent le nom de Saïd Boualam alias Bachaga Boualem, sous différentes transcriptions, principalement dans le sud de la France et en région parisienne :

Le maire socialiste Philippe Schmidt de Longjumeau, en 1990, a débaptisé une rue qui portait son nom[10].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Mon pays, la France, éd. France Empire, Paris, 1962
  • Les Harkis au service de la France, éd. France Empire, Paris, 1963
  • L'Algérie sans la France, éd. France Empire, Paris, 1964

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bruno Fuligni, Les Quinze Mille Députés d'hier et d'aujourd'hui, préface de Jean-Louis Debré, Éditions Horay, 2006. Le Bachaga Boualem est cité en pages 51 et 52, avec photographie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir carte de l'Algérie avec les tribus de l'Ouarsenis, à l'ouest d'Alger : cliquer ici.
  2. Bruno Fuligni, Les Quinze Mille Députés d'hier et d'aujourd'hui, préface de Jean-Louis Debré, Éditions Horay, 2006 ,La Revue parlementaire, n°887
  3. Sylvie Thénault (CNRS) " Histoire de la guerre d’indépendance algérienne", éd. Flammarion, avril 2005, chapitre Un processus de paix en danger pages 249-253
  4. Site de l'Assemblée nationale.
  5. Sa fiche sur le site de l'Assemblée nationale.
  6. Marianne Cornevin, Histoire de l'Afrique contemporaine : de la deuxième guerre mondiale à nos jours, Payot, 1978, p. 247.
  7. Jean-Claude Perez, Le Sang d'Algérie, Éditions du Camelot et de la Joyeuse Garde, Paris, 1992, p.90
  8. Nom donné au début des années 1990; la rue mène à la caserne Lorge.
  9. Jardin Bachaga Saïd Boualam
  10. Site du Sénat

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]