Djamila Amrane-Minne

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Djamila Amrane-Minne
Photographiée ici lors de son arrestation par les paras français en septembre 1957.

Djamila Amrane-Minne[1], née Danièle Minne[2] est une algérienne d'origine française, née le 13 août 1939 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Installée en Algérie, après l'indépendance, elle devient le premier professeur en histoire de nationalité Algérienne, mariée à Khellil Amrane, elle algérianise son prénom Danièle en Djamila.

Fille d'activistes communistes condamnés à mort, elle est une militante du Front de libération nationale, une porteuse de valise et une poseuse de bombe pour le compte du FLN[3] à Alger durant la guerre d'Algérie. Elle a bénéficié de l'amnistie générale de 1962 et a par la suite enseigné l'Histoire de la décolonisation en France, à l'Université Toulouse II-Le Mirail ; elle est membre du Groupe de recherche sur l'histoire immédiate[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Les parents de Danièle Minne, Jacqueline Netter, d'origine rouennaise, et Pierre Minne, professeur de philosophie, étaient arrivés en Algérie en 1948. Jacqueline Netter se remarie en 1950 à Abdelkader Guerroudj, militant du Parti communiste algérien. Institutrice à Négrier (Chétouane) puis à Aïn-Fezza près de Tlemcen, elle découvre la réalité du colonialisme[non neutre] et adhère au PCA. En avril 1955, Jacqueline et Abdelkader Guerroudj sont expulsés pour leurs activités. Après avoir passé quelques mois en France, ils rentrent à Alger et participent à partir de janvier 1956 à l'organisation des Combattants de la libération et membre du Réseau bombes de Yacef Saadi. Ils sont tous les deux condamnés à mort comme complices de Fernand Iveton, seul Européen guillotiné durant la guerre d'Algérie, mais seront graciés avec Djamila Bouazza et Djamila Bouhired le 8 mars 1962.

L'attentat de l'Otomatic (26 janvier 1957)[modifier | modifier le code]

Danièle Minne participe en 1956 à la grève des étudiants et rejoint la rébellion des nationalistes algériens sous le nom de Djamila. Membre du « réseau bombes » du FLN durant la bataille d'Alger, elle fait partie du groupe de jeunes femmes poseuses de bombes dans les lieux publics d'Alger, en particulier les cafés fréquentés par la jeunesse, causant la mort de plusieurs personnes.

Le samedi 26 janvier 1957, Danièle qui est encore mineure (17 ans) participe à un triple attentat terroriste du FLN dans trois brasseries de la rue Michelet située dans le quartier européen. Elle pose sa bombe dans le bar Otomatic à Alger, tandis que ses complices déposent d'autres engins explosifs au Coq-Hardi et à La Cafeteria.

Le bilan de ces attentats est de « quatre femmes tuées, 37 blessés hospitalisés dont 21 femmes, dont 2 dans un état alarmant » selon Le Journal d'Alger.

Condamnée le 4 décembre 1957 à sept ans de prison, incarcérée à la prison de Barberousse, transférée en suite en France, elle est libérée en avril 1962 à Rennes et amnistiée en application des Accords d'Évian.

Universitaire et poétesse[modifier | modifier le code]

Après l'indépendance du pays, Danièle Minne opte pour la nationalité algérienne et devient Djamila Amrane lors de son mariage en 1964. Elle travaille à l'université d'Alger puis devient en 1999 professeur d'histoire et d'études féminines à l'université de Toulouse.

Outre des poèmes, elle a écrit plusieurs ouvrages, dont l'un fondé sur 88 entretiens réalisés entre 1978 et 1986, sur la participation des femmes algériennes à la « guerre de libération ».

Poésies[modifier | modifier le code]

Des poèmes de Djamila Amrane figurent parmi ceux de vingt-six auteurs[4] dans Espoir et parole, anthologie de poèmes algériens essentiellement écrits durant la « guerre de libération » et rassemblés par Denise Barrat, que publie en 1963 Pierre Seghers, avec des illustrations d'Abdallah Benanteur.

Trois de ces poèmes ont été écrits à la prison de Pau, Vous m'avez appelée, fenêtres de prison et Pourquoi ? en 1959, Sept années de guerre en mai 1961. Danièle Amrane a reçu le 1er prix Jeune Afrique en octobre 1962[5].

La nouvelle Le Couscous du rêve de Danièle Amrane a été publiée dans Alger-républicain en 1963[6]. Boqala, publié dans Espoir et parole, a été repris dans Algérie Actualité en 1967[7].

Essais[modifier | modifier le code]

  • Danièle Djamila Amrane-Minne, Les Femmes algériennes et la guerre de libération nationale, 1954-1962, 1989 [thèse]
  • Djamila Amrane, Les Femmes algériennes dans la guerre, préface de Pierre Vidal-Naquet, Paris, Plon, 1991 (298 p.) (ISBN 2-259-02295-2)
  • Danièle Djamila Amrane Minne, Femmes au comba, préface de André Mandouze, Alger, éditions Rahma,1993,(298 p.)
  • Danièle Djamila Amrane-Minne, Des femmes dans la guerre d'Algérie, entretiens, préface de Michèlle Perrot, Paris, Éditions Karthala, 1994 (218 p.) (ISBN 2865375102 et 978-2865375103)

Jugement[modifier | modifier le code]

« Boqala reste un des plus beaux poèmes de la guerre »[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Université de Toulouse Mirail
  2. Référencée Amrane selon le catalogue de la BNF.
  3. Arrestation de Danielle Minne, terroriste de dix-sept ans
  4. Danièle Amrane, Djamel Amrani, Jean Amrouche, M'hamed Aoune, Abdelhamid Baitar, Mourad Bourboune, Hocine Bouzaher, Mohammed Dib, Leila Djabali, Assia Djebar, Tewfik Farès, Laadi Flici, Anna Gréki, Nadia Guendouz, Malek Haddad, Bachir Hadj Ali, Kateb Yacine, Henri Krea, Kaddour M'Hamsadji, Malika O'Lahsen, Jean Sénac, Boualem Taibi, Ahmed Taleb, Nordine Tidafi, Moufdi Zakaria, Zehor Zerari.
  5. (Jeune Afrique, n° 104, 14 octobre 1962. Référence donnée par Jean Déjeux, Bibliographie méthodique et critique de la littérature algérienne de langue française, 1945-1977, Alger, SNED, 1979, p. 103.
  6. Alger-républicain, Alger, 19 février 1963. Référence donnée par Jean Déjeux, Bibliographie méthodique et critique de la littérature algérienne de langue française, 1945-1977, Alger, SNED, 1979, p. 189.
  7. Algérie Actualité, n° 106, Alger, 29 octobre 1967. (Référence donnée par Jean Déjeux, Bibliographie méthodique et critique de la littérature algérienne de langue française, 1945-1977, Alger, SNED, 1979, p. 218.
  8. Christiane Achour, Anthologie de la littérature algérienne de langue française, Entreprise Algérienne de Presse, Alger et Bordas, Paris, 1990, p. 283

Sur Danièle Amrane[modifier | modifier le code]

  • J. Lévi-Valensi et J.-E. Bencheikh, Diwan algérien, La poésie algérienne d'expression française de 1945 à 1965, Centre Pédagogique Maghribin, 1967 (p. 214)
  • Jean Déjeux, Bibliographie méthodique et critique de la littérature algérienne de langue française, 1945-1977, Alger, SNED, 1979
  • Jean Déjeux,, Littérature maghrébine de langue française, 3e édition revue et corrigée, Sherbrooke, Editions Naaman, 1980 (p. 247) (ISBN 2-89040-122-7)
  • Christiane Achour, Anthologie de la littérature algérienne de langue française, Entreprise Algérienne de Presse, Alger et Bordas, Paris, 1990 (Djamila Amrane : p.283) (ISBN 2-04-019906-3)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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