Reggane

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Reggane
Début de la piste Tanezrouft au sud de Reggane (1990)
Début de la piste Tanezrouft au sud de Reggane (1990)
Noms
Nom algérien رقان
Nom amazigh ⵔⴻⴳⴳⴰⵏ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Adrar
Daïra Reggane
Chef-lieu Tinoulef
Code ONS 0104
Démographie
Population 20 402 hab. (2008[1])
Densité 0,16 hab./km2
Géographie
Coordonnées 26° 43′ 12″ N 0° 10′ 16″ E / 26.719892, 0.171146 ()26° 43′ 12″ Nord 0° 10′ 16″ Est / 26.719892, 0.171146 ()  
Superficie 124 298 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya d'Adrar.
Localisation de la commune dans la wilaya d'Adrar.

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Reggane

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Reggane est une commune de la wilaya d'Adrar, située au nord du désert du Tanezrouft.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune se situe au sud de la wilaya d'Adrar. La ville de Reggane est situé à 135 km à vol d'oiseau au sud-est d'Adrar et à 145 km par la route.

Communes limitrophes de Reggane
Tindouf (Wilaya de Tindouf) Sali Tamekten,
Aoulef,
Akabli
Tindouf (Wilaya de Tindouf) Reggane In Ghar (Wilaya de Tamanrasset)
Tindouf (Wilaya de Tindouf) Bordj Badji Mokhtar In Ghar; In Amguel (Wilaya de Tamanrasset)

Localités de la commune[modifier | modifier le code]

En 1984, la commune de Reggane est constituée à partir des localités suivantes[2] :

  • Tinoulef
  • Anzeghlouf
  • Aït El Messaoud
  • Enefis
  • Tamadanine
  • Taababt
  • Tinoufel
  • Djedida
  • Zaouit Reggani
  • Taourirt
  • Azrafil

Expérimentations nucléaires militaires[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, l'armée française réalisa les premiers essais nucléaires au Centre Saharien d'Expérimentations Militaires (CSEM), situé dans la région de Reggane. Les autorités françaises prétendaient alors que les essais nucléaires français se situaient dans des régions inhabitées. 6 500 Français et 3 500 Algériens venus de différentes régions ont travaillé à la construction d'une base militaire à environ 7 kilomètres au sud de Reggane, réservée au commandement et aux experts chargés de l’ingénierie du projet[3].

Le CSEM fut le lieu des premiers essais des bombes atomiques françaises à partir du 13 février 1960. Le polygone de tir était situé à 50 km, au sud-ouest, à Hamoudia ; 4 essais y ont officiellement eu lieu dont le premier, Gerboise bleue, atteignit 70 kT soit 4 fois la puissance de la bombe d'Hiroshima.

Liste des essais aériens
Date Nom de code Puissance
(en kilo-tonnes de TNT)
13 février 1960 Gerboise bleue 70 kt
1er avril 1960 Gerboise blanche moins de 5 kt
27 décembre 1960 Gerboise rouge moins de 5 kt
25 avril 1961 Gerboise verte moins de 5 kt

Après le dernier essai atmosphérique Gerboise verte, les 13 tirs souterrains qui suivirent furent effectués plus au sud près d'In Ecker, au Centre d'Expérimentations Militaires des Oasis (CEMO) (24° 02′ N 5° 02′ E / 24.03, 5.03 () ), dans le massif du Hoggar.

Le Centre Saharien d'Expérimentations Militaires ne fut évacué qu'en 1967 suite aux Accords d'Evian signés avec le Général de Gaulle[4].

Un champ de tir sommaire pour fusées-sondes fut édifié (26° 41′ 50″ N 0° 16′ 17″ E / 26.697358, 0.271311 () ). Il fut utilisé pour des lancements de fusées Centaure (10 tirs entre le 6 décembre 1961 et le 24 juin 1965).

Effets de la radioactivité[modifier | modifier le code]

Un demi siècle après les essais nucléaires, des milliers d’Algériens continuent à subir les conséquences[3].

Des médecins estiment que le nombre d'anomalies et problèmes de santé est anormalement élevé à Reggane. Différentes pathologies, dont les cancers (cancer de la thyroïde, cancer du poumon, cancer du sein, leucémie, certaines anomalies congénitales, etc.) peuvent avoir été induites par l'irradiation ainsi subie.

Des poussières radioactives répandues dans les eaux souterraines et la flore représentent un danger pour la santé humaine et animale. L'association d'aide aux victimes de la région de Reggane a appelé les pouvoirs publics à accorder davantage d'intérêt à la région, rappelant que la ville de Reggane est envahie de résidus radioactifs[5].

Selon Hamel Sid-Ameur, président de l’association du 13 février 1960, les essais nucléaires effectués par la France coloniale dans la zone de Hamoudia, à Reggane (Adrar), constitue un double crime contre l’humanité et l’environnement. Son association réclame le nettoiement de la région des déchets nucléaires ainsi que le traitement des maladies causées par la radioactivité[6].

Sources, notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF]Recensement 2008 de la population algérienne, wilaya d'Adrar, sur le site de l'ONS.
  2. Journal officiel de la République Algérienne, 19 décembre 1984. Décret n° 84-365, fixant la composition, la consistance et les limites territoriale des communes. Wilaya d'Adrar, page 1472.
  3. a et b A Reggane, la vie s’est arrêtée le 13 février 1960 - Courrier International, 4 août 2009
  4. Il y a 45 ans, les derniers français évacuaient Reggane - Algérie Presse Service
  5. Algérie - Des effets sur la santé et l'environnement persistent, 50 ans après les essais nucléaires (spécialiste) - # Algérie Presse Service - 6 octobre 2013
  6. < Essais nucléaires français à Reggane: un double crime contre l’humanité et l’environnement (association) - Le Temps d'Algérie, 13/02/2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]