Biskra

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Biskra
Assemblée populaire communale de Biskra
Assemblée populaire communale de Biskra
Noms
Nom algérien بسكرة
Nom amazigh ⴱⴻⵙⵙⴻⴽⵔⴰ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Biskra
(chef-lieu)
Daïra Biskra
(chef-lieu)
Président de l'APC Azzedine Slimani
2012-2017
Code postal 07000
Code ONS 0701
Démographie
Population 205 608 hab. (2008[1])
Densité 1 612 hab./km2
Géographie
Coordonnées 34° 51′ 00″ N 5° 44′ 00″ E / 34.85, 5.73333334° 51′ 00″ Nord 5° 44′ 00″ Est / 34.85, 5.733333  
Altitude 87 m
Superficie 127,55 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Biskra.
Localisation de la commune dans la wilaya de Biskra.

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Biskra

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Biskra
Liens
Site de la commune http://www.wilayabiskra.com

Biskra (en arabe بسكرة) est une commune algérienne, chef-lieu de la wilaya de Biskra, située à 400 km environ au sud-est d'Alger.

La ville remonte au moins à l'époque romaine, où elle portait le nom de Vescera.

Située au nord du Sahara, au pied du massif de l'Aurès et des Monts du Zab (Zibans)[2], Biskra est surnommée la « reine des Zibans » (Arrous-ezzibane en arabe) et la « porte du désert ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Biskra se trouve à 115 km au sud-ouest de Batna et à 222 km au nord de Touggourt.

Communes limitrophes de Biskra
El Outaya Branis Branis
El Hadjeb Biskra Chetma
Oumache Oumache Sidi Okba

Relief[modifier | modifier le code]

Biskra est située une altitude de 87 m au-dessus du niveau de la mer, ce qui fait d'elle une des villes les plus basses d'Algérie ; elle est au pied du col de Sfa (900 m) dans les Monts du Zab, à seulement 7 km au nord de la ville.

Transports[modifier | modifier le code]

La ville de Biskra est desservie :

Routes
  • vers Batna : la Nationale 3 (vers Constantine, Annaba) passe par le col de Sfa et El Kantara ; deux routes vers Batna traversent le massif de l'Aurès : la Nationale 31 par M'Chouneche, Arris et le col d'Aïn Tinn et la Nationale 87 par Branis et Menaa ;
  • vers Zeribet El Oued et Khenchela : la Nationale 83 contourne le massif de l'Aurès par le sud-est ;
  • vers Bou Saâda : la Nationale 46 longe les Monts du Zab puis les traverse au col de Chalba (à 80 km de Biskra) ;
  • vers Touggourt : la Nationale 3 traverse le Sahara vers le sud.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme « Biskra » vient du nom de la ville romaine de Vescera, qui serait selon une première hypothèse, qu'aucune présence carthaginoise sur les lieux ne vient confirmer, d'origine carthaginoise, et selon une deuxième hypothèse, d'origine latine, ayant le sens de « station ».

Plus probablement, Vescera, prononcé [weskera], dériverait du verbe berbère wesker ou esker, signifiant en touareg « être bien établi sur sa base », « être bien fait » ou en kabyle « être moyen », « être plutôt bon », « faire », ou dériverait du mot en tamazight du Maroc central taskart (pluriel taskarin) signifiant « petite plaine » ou « petit terrain plat »[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Biskra était la capitale des Zibans et des Aurès[4].

Époques romaine et byzantine

Elle est alors appelée Vescera mais aussi Ad Piscinam, en référence à une source (Hammam Es-Sahlin[5]).

Les Byzantins importent des palmiers dattiers pour en faire la culture. Les Berbères zénètes se sédentarisent et font de Biskra une ville prospère au Moyen Âge.

Début de la période musulmane

Pendant l'ère musulmane, la ville de Biskra est le siège de Koceila. Ibn Khaldoun décrit le litige entre Koceila et Oqba Ibn Nafi Al Fihri. Koceila étant chef des berbères, il avait le commandement de toutes les tribus chaouis zénètes et de sa tribu des Aurébas. Et après ce litige, Biskra sera sous le commandement de Oqba Ibn Nafi Al Fihri et sous la dynastie des Omeyades. Koceila change de siège et nomme Kairouan comme capitale berbère et déclare être chrétien en voulant se rebeller contre l'autorité des Ommeyades[6].

La reine des Aurès la Kahina se soulève contre Oqba Ibn Nafi Al Fihri à cause de la mort de son général Koceila[6]. Elle vengera la mort de Koceila. Elle ordonne à la tribu de Tahouda de tuer le Khalif Ommeyyade Oqba Ibn Nafi Al Fihri près de l'actuelle ville de Sidi Okba[6].

Oqba Ibn Nafi Al Fihri est tué à Thouda. Une mosquée sera érigée à l'endroit de sa mort et elle portera son nom (la mosquée de Sidi Okba)[6].

La période musulmane

Après la mort de Oqba Ibn Nafi Al Fihri et de la Kahina, une nouvelle ère s'annonce sous Tariq ibn Ziyad et Musa ben Nusayr. Biskra devient un relais entre le Sahara et des villes telles que Kairouan, Tlemcen, Constantine, Bougie, Fès, voire Cordoue en Espagne, etc.

Différentes dynasties et empires règnent à Biskra : les Zénètes, les Omeyades, les Fatimides, les Hammadides, les Hilaliens, les Almohades, les Mérinides, les Zianides, les Hafsides, les Ottomans. La ville de Biskra fut le théâtre de plusieurs batailles. Plusieurs gens vont se réfugier dans les montagnes des Aurès pour échapper à la mort.

En 1680, une épidémie de peste provoque la mort de 7 000 personnes à Biskra[7].

Une communauté juive vivait à Biskra jusqu'en 1962. La plupart de ses membres étaient originaires de Biskra et des environs : Ouled Djellal, Tolga, Sidi Okba, El Oued. Certains vivaient d'une manière très proche des musulmans. Certains étaient agriculteurs, producteurs de dattes, notamment dans l'oasis de Gharta. La nouvelle synagogue construite dans les années 1950 fut transformée en Chambre de commerce à l'Indépendance.

Mairie de Biskra
La période coloniale

Les Français prennent le contrôle de la ville au XIXe siècle. Pendant la colonisation française, plusieurs groupes et personnes se révoltent dans la ville et dans la région comme les Zaatchas. Au début, l'Émir Abd El-Kader prend tout le Zab. Ensuite, les Zaatchas se révoltent sous Bouziane[8].

En 1874, Biskra devient une « commune indigène », administrée par les officiers des Affaires indigènes ; elle inclut alors les postes de T'kout et d'Ouled Djellal. En 1885, la ville et les alentours de Biskra (80 km²) deviennent « commune de plein exercice » de l'arrondissement de Batna (département de Constantine). T'kout est alors rattaché à la commune mixte de l'Aurès (chef-lieu : Arris). Le reste de la commune indigène est rattaché à Touggourt ; à partir de 1933, cette commune indigène devient la « commune mixte de Biskra ».

En 1956, Batna devient une préfecture et Biskra une sous-préfecture du département de Batna (ou : « de l'Aurès ») ; la commune mixte intègre l'arrondissement de Biskra et les anciens douars deviennent des communes[9].

La guerre d'indépendance

Dans le cadre de l'organisation du Front de libération nationale, Biskra fait d'abord partie de la Zone 1 (Aurès) sous la direction de Mostefa Ben Boulaïd ; à partir du congrès de la Soummam (août 1956), elle relève de la Wilaya VI (Sahara).

En 2009, a été inauguré le Musée historique de la Wilaya VI .

Économie[modifier | modifier le code]

Industrie et commerce[modifier | modifier le code]

Banque CNEP à Biskra.

L'industrie à Biskra s'appuie sur la fabrication de câbles. L'une des principales entreprises algériennes a été récemment acquise par une entreprise américaine, General Cable, à hauteur de 60 % du capital, le reste, 40 % est détenu par l'état algérien. L'industrie du cuir est en déclin, depuis le net recul de l'activité touristique.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Les dattes de Biskra sont exportées dans plusieurs pays du Monde : le Canada, l'Europe, les États-Unis, etc.

Des bananiers sont cultivés dans la région.

Le sel est exploité dans la région de Biskra[10].

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Le Diwan de Biskra (Algérie) lors du festival de Musiques de Rues de Besançon 2006
Une rue de Biskra, la nuit.

La musique Chaoui est la musique la plus jouée à Biskra comme dans tout le reste des Aurès, ainsi que le folklore de MEZOUED ou bien CHEKOUA, Biskra partage aussi les mêmes chansons folkloriques tunisiennes.

Relations internationales[modifier | modifier le code]

La ville de Biskra est jumelée avec:

Festivals et salons[modifier | modifier le code]

  • La direction du commerce et la direction du tourisme de Biskra ont organisé en novembre 2011,le premier Salon international commercial des dattes et du tourisme oasien.
  • En mars 2012, la wilaya a accueilli le premier salon national de la commercialisation des légumes et des épices.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Lena Bernstein, aviatrice, décédée à Biskra en juin 1932.
  • Ibn Khaldoun, historien, philosophe, diplomate et homme politique, séjourna à Biskra.
  • André Gide, écrivain français, décrivit à plusieurs reprises la beauté de la ville et de ses habitants, notamment dans Si le grain ne meurt et Les Nouvelles Nourritures
  • Auguste Maure, photographe orientaliste français, fonde le tout premier studio de photographie de Biskra dans les années 1860.
  • Marius Maure, photographe né à Biskra, fut à l'origine des toutes premières cartes postales de Biskra et de ses environs.
  • Larbi Ben M'hidi, combattant et responsable du FLN durant la guerre d'Algérie, suivit une partie de sa scolarité dans une école de Biskra.
  • Mohamed Khider, homme politique, militant pendant la révolution algérienne, membre fondateur du Comité révolutionnaire d'unité et d'action.
  • Mohamed Chabani, combattant algérien pendant la révolution algérienne, fit sa scolarité à Biskra.
  • Hamid Grine, journaliste, écrivain et ministre de la communication dans le gouvernement de sellal III, né le 20 juin 1954 à Biskra.
  • Omar el Bernaoui, poète algérien, décédé le 24 février 2009[Où ?].
  • Mohamed El-Aid El Khalifa, poète Algérien d'expression arabe, membre de l'association des Ulémas Algeriens, né à Aîn El Baïda en 1904, vécu à Biskra, décédé à Batna en 1979.
  • Mohamed Balhi, grand reporter et écrivain, né le 12 décembre 1951 à Biskra.
  • Le colonnel Ahmed Benabderzzak[Qui ?], combattant durant la révolution Algérienne.
  • Yvan Touitou, chercheur en chronobiologie né à Biskra en 1940.
  • Belbel Chaabane, combattant durant la révolution Algerienne né à Biskra en 1940.
  • Ahmed Toumi, combattant durant la révolution Algerienne décédé à Biskra le 27 avril 2013
  • Mohamed Larbi Baarir, combattant de la guerre d'indépendance,mort lors de la bataille de Thameur le 29 mars 1959 avec les colonels El Haoues, Amirouche et le commandant Omar Driss.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Wilaya de Biskra : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. Dictionnaire Larousse
  3. Mohand-Akli Haddadou, Dictionnaire toponymique et historique de l'Algérie, Tizi Ouzou, Éditions Achab,‎ 2012 (ISBN 9789947972250), p. 211.
  4. Roger Duvollet, Constantinois, Sahara, Oranie, Algérois : rail d'Algérie et cheminots du Sahara, la ligne du Sud-Oranais, Aïn-Séfra, Béni-Ounif de Figuig, Kénadsa, Bidon 2, Béchar, s.n., 1985, page 177.
  5. « Les puits artésiens du Sahara », pp. 113 et suivantes, Bulletin de la Société de géographie (France), Delagrave, 1867, Série 5, tome 13. « Note B : Histoire, ethnographie, linguistique »p. 175
  6. a, b, c et d Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères
  7. Marc Côte, La ville et le désert : Le Bas-Sahara algérien, Paris, Karthala, coll. « Hommes et sociétés »,‎ 2005, broché, ill., cartes, graph., couv. ill. en coul. ; 24 cm, 306 p. (ISBN 2-84586-733-6 et 978-2845867338, notice BnF no FRBNF40094476, [%5Bhttp://books.google.ca/books?id=dgB_sYxkWbEC&pg=PA27&dq=salah+bey+biskra&hl=fr&ei=SHm6TLbbC4OKlwfx8LjTDA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=5&ved=0CD4Q6AEwBA#v=onepage&q=salah%20bey%20biskra&f=false%5D lire en ligne])
  8. http://www.algerian-history.info/reszaatchas.htm
  9. Sur l'évolution administrative de la région de Biskra, cf. Fonds « Biskra » aux Archives nationales d'Outre-Mer (Aix-en-Provence).
  10. Enasel SPA

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]