Biskra

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Biskra
Assemblée populaire communale de Biskra
Assemblée populaire communale de Biskra
Noms
Nom algérien بسكرة
Nom chaoui Tibeskert
Nom amazigh Biskra in Tifinagh.svg
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Biskra
(chef-lieu)
Daïra Biskra
(chef-lieu)
Président de l'APC Azzedine Slimani
2012-2017
Code postal 07000
Code ONS 0701
Démographie
Gentilé Biskri(tes)
Population 600 000 hab.
Densité 4 704 hab./km2
Géographie
Coordonnées 34° 51′ 00″ N 5° 44′ 00″ E / 34.85, 5.73333334° 51′ 00″ Nord 5° 44′ 00″ Est / 34.85, 5.733333  
Altitude 87 m
Superficie 127,55 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Biskra.
Localisation de la commune dans la wilaya de Biskra.

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Biskra

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Biskra
Liens
Site de la commune http://apcbiskra.dz/default.aspx

Biskra (en arabe بسكرة, en tifinagh Biskra in Tifinagh.svg en chaoui Tibeskert) est une commune algérienne, chef-lieu de la wilaya de Biskra, située à 400 km environ au sud-est d'Alger.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Située au nord du Sahara, au pied du massif de l'Aurès et des Monts du Zab (Zibans)[1], Biskra est surnommée la « reine des Zibans » (Arrous-ezzibane en arabe), « porte du désert » ou « la Nice saharienne ».

Communes limitrophes de Biskra
El Outaya Branis Branis
El Hadjeb Biskra Chetma
Oumache Oumache Sidi Okba

La ville se situe à 115 km au sud-ouest de Batna et à 222 km au nord de Touggourt.

Relief[modifier | modifier le code]

Biskra est située une altitude de 87 m au-dessus du niveau de la mer, ce qui fait d'elle une des villes les plus basses d'Algérie ; elle est au pied du col de Sfa (900 m) dans les Monts du Zab, à seulement 7 km au nord de la ville.

Transports[modifier | modifier le code]

La ville de Biskra est desservie :

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme « Biskra » vient du nom de la ville romaine de Vescera, qui serait selon une première hypothèse, qu'aucune présence carthaginoise sur les lieux ne vient confirmer, d'origine carthaginoise, et selon une deuxième hypothèse, d'origine latine, ayant le sens de « station ».

Plus probablement, Vescera, prononcé [weskera], dériverait du verbe berbère wesker ou esker, signifiant en touareg « être bien établi sur sa base », « être bien fait » ou en kabyle « être moyen », « être plutôt bon », « faire », ou dériverait du mot en tamazight du Maroc central taskart (pluriel taskarin) signifiant « petite plaine » ou « petit terrain plat »[2],

Et une troisième hypothèse plus réaliste, qui renvoie l’origine de l’appellation à l’époque musulmane pour symboliser la cohabitation harmonieuse entre deux tribus, l’une berbère, Bissa et l’autre Arabe, des Beni-Hilal Kora. L’assemblage des deux noms aurait donné le nom de Biskra.

Histoire[modifier | modifier le code]

Époques romaine et byzantine[modifier | modifier le code]

Elle est alors appelée Vescera mais aussi Ad Piscinam, en référence à une source (Hammam Es-Sahlin[3]).

Les Byzantins importent des palmiers dattiers pour en faire la culture. Les Berbères zénètes se sédentarisent et font de Biskra une ville prospère au Moyen Âge.

Période musulmane[modifier | modifier le code]

Banu Hilal à Biskra.

Pendant l'ère musulmane, la vile est le siège de Koceila qui est le commandant des Awrabas et avaient également le pouvoir avec les Chaouis et les Zénètes. Et après ce litige, la ville sera sous le contrôle des Omeyyades et Koceila change de siège et nomme Kairouan comme capitale des Berbères et déclare appartenir à la communauté chrétienne et souhaite se rebellé contre l'autorité musulmane[4]. Suite au décès de son supérieur (Koceila)[4], la Kahena qui devient reine des Aurès se soulève contre les Arabes et ordonne à la confédération des Tahouda d'assassiné Oqba ibn Nafi dans les environs de la ville, ce qu'il fut avec succès[4]. Une mosqué sera érigée à l'endroit de son décès et elle portera son nom (la mosqué de Sidi Okba)[4]. Dès que les représentent des pouvoirs arabes et berbères s'éteignent, une nouvelle ère s'annonce sous Tariq ibn Ziyad et la ville devient un relais entre le désert et des villes comme Kairouan, Tlemcen, Constantine, Béjaïa, Fès ou Cordoue (en Espagne).

Beaucoup de dynasties et empires règnent dans la ville comme les Fatimides, les Omeyyades ou les Hafsides.

Il y as eu énormément de batailles et plusieurs personnes vont se réfugier dans les montagnes des Aurès afin d'échapper aux combats. En 1680, une épidémie de peste provoque le décès de 7 000 personnes[5]. Quelques Juifs vivaient dans la ville vers 1960. La plupart de ses membres étaient originaires de la ville ou de ses environs : Ouled Djellal, Tolga, Sidi Okba ou El Oued. Certains vivaient de la même manière que les musulmans, et certains était aussi agriculteurs, producteurs de dattes, notamment dans l'oasis de Gharta. La nouvelle synagogue construite dans les années 1950 fut changer en chambre de commerce lors de l'indépendance.

Mairie de Biskra

La période coloniale[modifier | modifier le code]

Les Français prennent le contrôle de la ville au XIXe siècle. Pendant la colonisation française, plusieurs groupes et personnes se révoltent dans la ville et dans la région comme les Zaatchas. Au début, l'Émir Abd El-Kader prend tout le Zab. Ensuite, les Zaatchas se révoltent sous Bouziane[6].

En 1874, Biskra devient une « commune indigène », administrée par les officiers des Affaires indigènes ; elle inclut alors les postes de T'kout et d'Ouled Djellal. En 1885, la ville et les alentours de Biskra (80 km2) deviennent « commune de plein exercice » de l'arrondissement de Batna (département de Constantine). T'kout est alors rattaché à la commune mixte de l'Aurès (chef-lieu : Arris). Le reste de la commune indigène est rattaché à Touggourt ; à partir de 1933, cette commune indigène devient la « commune mixte de Biskra ».

En 1956, Batna devient une préfecture et Biskra une sous-préfecture du département de Batna (ou : « de l'Aurès ») ; la commune mixte intègre l'arrondissement de Biskra et les anciens douars deviennent des communes[7].

La guerre d'indépendance[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'organisation du Front de libération nationale, Biskra fait d'abord partie de la Zone 1 (Aurès) sous la direction de Mostefa Ben Boulaïd ; à partir du congrès de la Soummam (août 1956), elle relève de la Wilaya VI (Sahara).

En 2009, a été inauguré le Musée historique de la Wilaya VI.

Origine de la population[modifier | modifier le code]

La population est issu de diverse origine mais reste de base berbère, les habitants se repartissent en plusieurs groupes ethniques vivant en harmonie.

  • Les Chaouis : groupe ethnique berbère qui est surtout présent dans le nord de la région.
  • Les Subsahariens : population originaire d'Afrique subsaharienne.

Culture[modifier | modifier le code]

Gastronomie[modifier | modifier le code]

La cuisine de Biskra se compose de nombreux plats, dont le mhajeb dit localement Mahdjouba, la Dobara ou la Chakhchoukha.

Langues[modifier | modifier le code]

La population s'exprime en arabe algérien (influence pré-hilalienne), et en chaoui.

Musique[modifier | modifier le code]

Le Diwan de Biskra (Algérie) lors du festival de Musiques de Rues de Besançon 2006
Une rue de Biskra, la nuit.

La musique la plus réputé de la ville est la Gnaouas, ainsi que la musique chaoui.

Fêtes[modifier | modifier le code]

De nombreuse fêtes y sont célébré religieuse ou culture, comme l'Aïd, Yennayer (nouvel an berbère), la fête des dattes, la fête du printemps, etc.

Économie[modifier | modifier le code]

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

Banque CNEP à Biskra.
  • Câble : Enicab, entreprise de production de câble (filiale du groupe General Cable).
  • Eau Minérale : Guedila, marque d'eau en bouteille vendu dans tout les supermarchés du pays, dont le siège social est basé dans la commune de Djemorah.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Les dattes de Biskra sont exportées à l'étranger : Europe, France, Belgique, États-Unis, Canada, etc.[réf. nécessaire]

Tourisme[modifier | modifier le code]

La ville a attiré 12.844 touristes en 2014 soit une augmentation de 60 % par apport à 2013[8].

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

La ville compte un club de football l'Union sportive de Biskra (USB).

Relations internationales[modifier | modifier le code]

La ville de Biskra est jumelée avec:

Festivals et salons[modifier | modifier le code]

  • En mars 2012, la wilaya a accueilli le premier salon national de la commercialisation des légumes et des épices.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Lena Bernstein, aviatrice, décédée à Biskra en juin 1932.
  • Ibn Khaldoun, historien, philosophe, diplomate et homme politique, séjourna à Biskra.
  • André Gide, écrivain français, décrivit à plusieurs reprises la beauté de la ville et de ses habitants, notamment dans Si le grain ne meurt et Les Nouvelles Nourritures
  • Auguste Maure, photographe orientaliste français, fonde le tout premier studio de photographie de Biskra dans les années 1860.
  • Marius Maure, photographe né à Biskra, fut à l'origine des toutes premières cartes postales de Biskra et de ses environs.
  • Larbi Ben M'hidi, combattant et responsable du FLN durant la guerre d'Algérie, suivit une partie de sa scolarité dans une école de Biskra.
  • Mohamed Khider, homme politique, militant pendant la révolution algérienne, membre fondateur du Comité révolutionnaire d'unité et d'action.
  • Mohamed Chabani, combattant algérien pendant la révolution algérienne, fit sa scolarité à Biskra.
  • Hamid Grine, journaliste, écrivain et ministre de la communication dans le gouvernement de sellal III, né le 20 juin 1954 à Biskra.
  • Mohamed El-Aid El Khalifa, poète algérien, membre de l'association des oulémas algériens, né à Aîn El Baïda en 1904, vécut à Biskra, décédé à Batna en 1979.[réf. nécessaire]
  • Mohamed Balhi, Journaliste à Algérie-Actualité de 1980 à 1994; en 1996, directeur de la rédaction au Soir d'Algérie puis, de 1997 à 2000, éditorialiste-chroniqueur à El Watan ; conseiller puis directeur des éditions à l'ANEP de 2000 à 2012. Auteur de livres
  • Le colonel Ahmed Benabderzzak, combattant durant la révolution algérienne.[réf. nécessaire]
  • Yvan Touitou, chercheur en chronobiologie né à Biskra en 1940.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire Larousse
  2. Mohand-Akli Haddadou, Dictionnaire toponymique et historique de l'Algérie, Tizi Ouzou, Éditions Achab,‎ 2012 (ISBN 9789947972250), p. 211.
  3. « Les puits artésiens du Sahara », p. 113 et suivantes, Bulletin de la Société de géographie (France), Delagrave, 1867, Série 5, tome 13. « Note B : Histoire, ethnographie, linguistique »p. 175
  4. a, b, c et d Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères
  5. Marc Côte, La ville et le désert : Le Bas-Sahara algérien, Paris, Karthala, coll. « Hommes et sociétés »,‎ 2005, broché, ill., cartes, graph., couv. ill. en coul. ; 24 cm, 306 p. (ISBN 2-84586-733-6 et 978-2845867338, notice BnF no FRBNF40094476, [%5Bhttp://books.google.ca/books?id=dgB_sYxkWbEC&pg=PA27&dq=salah+bey+biskra&hl=fr&ei=SHm6TLbbC4OKlwfx8LjTDA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=5&ved=0CD4Q6AEwBA#v=onepage&q=salah%20bey%20biskra&f=false%5D lire en ligne])
  6. http://www.algerian-history.info/reszaatchas.htm
  7. Sur l'évolution administrative de la région de Biskra, cf. Fonds « Biskra » aux Archives nationales d'Outre-Mer (Aix-en-Provence).
  8. http://www.elwatan.com/regions/est/biskra/biskra-le-nombre-de-touristes-en-hausse-03-02-2015-286571_131.php

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]