Robert Lacoste

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'homme politique de la Dordogne et ancien ministre. Pour le syndicaliste du Lot-et-Garonne, voir Robert Lacoste (syndicaliste). Pour les homonymes, voir Lacoste.
Robert Lacoste
Fonctions
Sénateur de la Dordogne
26 septembre 1971 – 1er octobre 1980
Groupe politique Socialiste
Député de la 4e circonscription de la Dordogne
6 décembre 1962 – 30 mai 1968
Législature IIe, IIIe (Cinquième République)
Prédécesseur Michel Diéras
Successeur Pierre Janot
Député de la Dordogne
21 octobre 1945 – 08 décembre 1958
Législature Ire, IIe, IIIe (Quatrième République)
Maire d'Azerat
1945 – 1982
Biographie
Date de naissance 5 juillet 1898
Lieu de naissance Azerat
Date de décès 8 mars 1989 (à 90 ans)
Lieu de décès Périgueux
Nationalité Drapeau : France Française

Robert Lacoste, né le 5 juillet 1898 à Azerat (Dordogne) et mort le 8 mars 1989 à Périgueux[1], est un syndicaliste et homme politique français, député socialiste de la Dordogne de 1945 à 1958 et de 1962 à 1967, sénateur de 1971 à 1980, mais surtout connu comme gouverneur général et ministre de l'Algérie de février 1956 (gouvernement de Guy Mollet) à mai 1958.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Robert Lacoste fait des études de droit à l'université de Paris.

Il devient ensuite fonctionnaire des finances et militant syndical CGT.

Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il participa à la Résistance, fut un signataire du Manifeste des Douze.

En 1944, il fut délégué général adjoint du Comité Français de Libération Nationale pour la France occupée. En 1944 il devint ministre à la Production industrielle dans le gouvernement provisoire du général de Gaulle. Il accompagna ce dernier lors de sa visite à Oradour-sur-Glane, le 5 mars 1945.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Maire d'Azerat à partir de 1945, il le reste jusqu'en 1983[2].

Membre des deux assemblées constituantes, député socialiste de la Dordogne, il fut ministre de l’Industrie jusqu'en 1950.

En 1948, il supprime des avantages acquis à la Libération par les mineurs et doit faire face aux importantes grèves des bassins houilliers qui seront sévèrement réprimées[3].

Il fut ministre des Finances et de l’Économie en 1956.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Après la visite en Algérie de Guy Mollet, accueilli par des Français d'Algérie lui jetant des tomates (la « journée des tomates »), Lacoste remplaça le général Catroux en février 1956 en devenant ministre résident et gouverneur général de l'Algérie. Il conserva le ministère de l’Algérie jusqu'au coup du 13 mai à Alger. Partisan du maintien de l'Algérie dans la République française, il fut un des principaux acteurs de la répression du peuple algérien durant la guerre d'Algérie. Pour cela, il n'hésita pas à défendre l'usage de la torture par l'armée française et la police, en déclarant par exemple le 7 juillet 1957 à Alger devant des anciens combattants :

« sont responsables de la résurgence du terrorisme, qui a fait à Alger, ces jours derniers, vingt morts et cinquante blessés, les exhibitionnistes du cœur et de l'intelligence qui montèrent la campagne contre les tortures. Je les voue à votre mépris. » [4]

Témoignant pour la défense du général Salan lors de son procès, le 19 mai 1962, Robert Lacoste déclare à propos des partisans du FLN et des Accords d'Évian[5]:

« J’ai quand même le droit de dire cette espèce d’écœurement que j’ai aujourd’hui parce que ceux-là qui ont tué femmes et enfants à la terrasse des cafés, aux arrêts d’autobus, à la sortie des écoles, dans les stades et dans les bals populaires, sont amnistiés[5]. »

Après 1962[modifier | modifier le code]

Il siégea à nouveau à l’Assemblée nationale de 1962 à 1967. De 1971 à 1980, il fut élu sénateur socialiste de la Dordogne, tout en assumant, de 1974 à 1979, la vice-présidence du Conseil régional d’Aquitaine.

Président du Conseil supérieur de l’électricité et du gaz de France en 1950, il fut maire d’Azerat jusqu’en 1983.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

  • Secrétaire général à la Production industrielle du gouvernement Charles de Gaulle (1) (du 26 août au 4 septembre 1944)
  • Ministre de la Production industrielle du gouvernement Charles de Gaulle (1) (du 4 au 10 septembre 1944)
  • Ministre de la Production industrielle du gouvernement Charles de Gaulle (1) (du 10 septembre 1944 au 21 novembre 1945)
  • Ministre de la Production industrielle du gouvernement Léon Blum (3) (du 16 décembre 1946 au 22 janvier 1947)
  • Ministre de la Production industrielle du gouvernement Paul Ramadier (1) (du 22 janvier au 11 août 1947)
  • Ministre du Travail et de la Sécurité sociale (par intérim) du gouvernement Paul Ramadier (1) (du 4 au 9 mai 1947)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Paul Ramadier (1) (du 11 août au 22 octobre 1947)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Paul Ramadier (2) (du 22 octobre au 24 novembre 1947)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Robert Schuman (1) (du 24 novembre 1947 au 26 juillet 1948)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement André Marie (du 26 juillet au 5 septembre 1948)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Robert Schuman (2) (du 5 au 11 septembre 1948)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Henri Queuille (1) (du 11 septembre 1948 au 28 octobre 1949)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Georges Bidault (2) (du 29 octobre 1949 au 7 février 1950)
  • Ministre des Affaires économiques et financières du gouvernement Guy Mollet (du 1er au 9 février 1956)
  • Ministre Résident en Algérie du gouvernement Guy Mollet (du 9 février 1956 au 13 juin 1957)
  • Ministre de l'Algérie du gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury (du 13 juin au 6 novembre 1957)
  • Ministre de l'Algérie du gouvernement Félix Gaillard (du 6 novembre 1957 au 14 mai 1958)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Il a été inhumé à Azerat, cf. cimetière d'Azerat
  2. Pays-Perigord-Noir.com - Azerat
  3. La face obscure du socialisme, entretien, marianne.net, 4 mai 2014
  4. Étienne Maquin, Le parti socialiste et la guerre d'Algérie, L'Harmattan, 1990.
  5. a et b André Figueras, Salan, Raoul: ex-général..., La Table ronde, 1965, p.245