Souk Ahras

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne ville de Souk Ahras. Pour La wilaya, voir Wilaya de Souk-Ahras.
Souk Ahras
Musée municipal de Souk Ahras
Musée municipal de Souk Ahras
Noms
Nom algérien سوڤ أهراس
Nom chaoui ⵟⴰⴴⴰⵚⵟ (Taghaste)
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Grand Bône
Wilaya Souk Ahras (chef-lieu)
Daïra Souk Ahras
Président de l'APC Benabid Djamel
2012-2017
Code postal 41000
Code ONS 4101
Indicatif 037
Démographie
Gentilé Soukahrassi, Soukahrassienne
Population 155 259 hab. (2008[1])
Densité 191 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 17′ 15″ N 7° 57′ 15″ E / 36.287456, 7.95410236° 17′ 15″ Nord 7° 57′ 15″ Est / 36.287456, 7.954102  
Altitude 653 m
Superficie 812 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Souk Ahras
Localisation de la commune dans la wilaya de Souk Ahras

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Souk Ahras

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Souk Ahras
Liens
Site de la commune http://www.wilaya-soukahras.dz/

Souk Ahras, ou la protégée des lions, anciennement Thagaste, est une commune de la wilaya de Souk Ahras en Algérie, située à 75 km au sud-est de Guelma et à 100 km au sud-est d'Annaba. La vieille ville de Thagaste est mentionnée par Pline l'Ancien comme une municipe.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune de Souk Ahras est situé au Centre-Est de la wilaya de Souk Ahras, elle occupe une superficie totale de 812 km2.

Communes limitrophes de Souk Ahras
Mechroha Mechroha Ouled Driss
Hennancha Souk Ahras Ouillen
Hennancha Zâarouria Zâarouria

Relief et hydrographie[modifier | modifier le code]

Carte topographique de la région de Souk ahras, région montagneuse de 1 000 m d'altitude en moyenne, et qui représente une extension de l'Atlas tellien.

La ville de Souk Ahras est située dans un cuvette, entourée de montagnes boisées comme le Djebel Beni Salah ou Djbel Ouled Moumen. Souk Ahras est traversée par un des principaux oueds maghrébins, la Medjerda. Trois barrages existent dans la région de Souk Ahras, celui de Ain-Edalia alimente la ville de Souk Ahras et ses environs avec 76 millions de mètres cubes. Les barrages de Oued Charef et de Djedra, fournissent une capacité de 153 et de 35 millions de mètres cubes, respectivement. Le barrage de Djedra est destinée à l’alimentation de la ville de Souk Ahras en eau potable pour une quantité de 12 millions de mètres cubes, alors que 2 millions de mètres cubes seront pompés pour irriguer les terres agricoles[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Souk Ahras est influencé par des facteurs qui lui donnent des caractéristiques spécifiques. Distante de 80 km de la mer Méditerranée, la pénétration des courants marin et humide est aisée. La ville de Souk Ahras est située dans un cuvette, entourée d'un relief montagneux. De ce fait, la ville est caractérisée par un climat semi-humide. Souk-Ahras se distingue par un été chaud et un hiver froid et humide et la pluviométrie atteint une moyenne de 800 mm par an.

Nuvola apps kweather.png Données climatiques à Souk Ahras.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 3,9 3,9 5,6 6,7 10,6 13,9 16,7 17,8 15,6 11,7 7,8 5 10
Température moyenne (°C) 8,9 10 11,7 13,9 17,8 21,7 25,6 26,7 22,8 18,9 13,9 10 16,7
Température maximale moyenne (°C) 13,9 15 17,8 20,6 25 30 35 35 30,6 25,6 20 15 22,8
Précipitations (mm) 111,76 81,28 101,6 71,12 45,72 22,86 2,54 10,16 45,72 104,14 109,22 137,16 840,74
Source : Weather Reports, statistiques sur 121 ans[3].


Lieux-dits, écarts et quartiers[modifier | modifier le code]

En 1984, la commune de Souk Ahras est constituée à partir des localités et quartiers suivants[4] :

  • Souk Ahras ville
  • Cité An Nasser
  • Cité Diar Ezzarga
  • Cité du 1er novembre 1954
  • Cité du 5 juillet
  • Cité du 17 octobre
  • Cité du 20 août
  • Cité du 26 avril 1958
  • Cité El Allaouia
  • Cité Ibn Rochd
  • Cité Kouicem Abdelhak
  • Cité Sidi Messaoud
  • Cité Sidi Okba Ibn Nafaâ
  • Cité Tagtaguia
  • Route Annaba 2

Histoire[modifier | modifier le code]

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Gravure rupestre représentant deux lions à Kef Lemsawra dans la région de Souk Ahras

Ville natale de saint Augustin (né le 13 novembre 354), évêque d'Hippone[5], Souk Ahras a joué un rôle important dans l'histoire politique et culturelle de l'Algérie en raison de sa position stratégique. Carrefour des civilisations numide, puis romaine et enfin berbère, elle fut le lieu de fortifications militaires (Madaure, Tifèche, Khemissa...) que de centres urbaines. Pendant la colonisation française, elle est devenue une importante ville commerciale assurant les échanges entre le Sud, le Nord-est algérien et la Tunisie. Pendant la révolution, elle a abrité dans les djebels des Ouled Bechiah une base autonome des différentes wilayas de l'Armée de libération nationale, appelée « base de l'Est ».

La période préhistorique[modifier | modifier le code]

La ville de Souk Ahras, comme sa région, a connu la culture atérienne qui s'établissait de la fin du Paléolithique moyen au début du Paléolithique supérieur.

Après l'atérien, Souk Ahras entra dans la culture capsienne. Plusieurs outils de pierre, qui remontent à cette période, furent découverts, dont les flèches pédonculées trouvées sur le site de l'actuelle ville de Souk Ahras, mais aussi à Tiffech et Taoura[6].

La période numide et punique[modifier | modifier le code]

Carte ancienne de la Numidie, Taghaste apparait vers l'est, Heinrich Kiepert's Atlas Antiquus, Berlin 1869

La plus importante source d'informations sur cette époque de la ville, reste les Confessions d'Augustin où il raconte ses aléas dans la ville de son enfance.

En 814 avant notre ère, les Phéniciens fondèrent la ville de Carthage et nouèrent des relations commerciales avec les peuples berbères de la région. Trois centres commerciaux furent fondés par la suite à Souk-Ahras, M'daourouch et Tébessa. Les Berbères de Souk Ahras apprirent des Puniques certaines techniques d'agriculture, d'architecture et de planification urbaine, et furent aussi influencés par leur langues et certains de leur rites religieux.

Durant cette période, les Berbères s'organisèrent en deux puissants royaumes qui sont Massaesyles et Massyles après qu'ils furent de simples tribus éparses gouvernées par les Aghlid (ⴰⴴⵍⵉⴸ Rois en Berbère) Gaïa pour l'un et Syphax pour l'autre.

Massinissa et Rome vainquirent Carthage, ce qui leur permettra de réaliser l'unification de la Numidie, regroupant Massaesyles et Massyles aux environs du troisième siècle avant notre ère. À partir de là, furent établies les actuelles frontières de l'Algérie. Elle engloba un bon nombre de tribus berbères de Souk Ahras. Parmi elles Gétules, Garamantes, Maures, Libyques et Musulamii (en).

Carthage sut saisir l'importance stratégique de Souk Ahras et des régions berbère s'étendant au nord. Elle œuvra à la réalisation de leur alliance dans ses rangs au cours des guerres puniques qui durèrent plus de cent ans entre elle et Rome car la région était objet de conflits entre les Phéniciens et les Romains dont l'enjeu était l'extension et l'acquisition des richesses.

La période Romaine[modifier | modifier le code]

Augustin enfant à Taghaste
Tombeau de Monique, mère d'Augustin, à la basilique Saint-Augustin de Rome

Avant la période romaine, Souk Ahras était sous le règne de Massinissa et fut considérée comme une ville d'une certaine importance, un point de passage stratégique vers Carthage. Massinissa et Rome vainquirent les Carthaginois et Syphax sous le commandement d'Hannibal au moment du déclenchement de la célèbre bataille de Zama dans la région de Naragara (actuelle Heddada), aux environs de l'année 202 av. J.-C. L'ambition de Massinissa grandit après qu'il eut unifié la Numidie de l'est à l'ouest. Rome eut peur qu'il ne portât atteinte à ses intérêts dans la région ou qu'il l'attaquât. Elle lui déclara la guerre en l'an 155 av. J.-C. Après sa mort en 147 ou 148 av. J.-C. Rome envahit la Numidie et s'établit dans le nord de l'Afrique à partir de l'est aux environs du premier siècle de l'ère chrétienne. Rome étendit son influence sur Souk Ahras. Elle édifia des villes, des colonies et des forteresses pour que sa communauté puisse s'y établir.

Durant la période pré et post Massinissa, Souk Ahras connut un ensemble de croyances et de rite religieux, tels la sanctification du soleil et de la lune, reconnus comme des dieux célestes. Il fut découvert dans la région une inscription latine portant l'expression "Solo deo invicto" (Le soleil Dieu puissant), comme des textes décrivant des sacrifices humains au dieu punique Moloch. Les habitants de la région adorèrent aussi Ifri, une déesse supposée protéger les résidents des grottes et des cavernes car dérivant du mot afri qui signifie caverne en Amazigh.

Durant cette période, le système romain inclut Souk Ahras dans le territoire Africa Nova ayant pour capitale Hippone (Annaba).

Aux environs de l'an 27, il fut procédé à la réorganisation de l'Empire. Africa Nova et Africa Vetus furent unifiés en ce qui s'appela l'Afrique proconsulaire ayant pour capitale Carthage et Souk Ahras devint l'une de ses plus importantes villes. Économiquement, les Romains se basèrent sur l'exportation des richesses de la région vers l'Empire. De ce fait, elle fut considérée comme le grenier de céréales et des richesses dans toute leur diversité. En plus de l'exploitation des richesses agricoles de Thagast, elle exploita également ses richesses animales. Les Romains chassèrent les lions, les guépards et les ours de ses forêts pour les utiliser dans les aires de lutte et les jeux de cirque, l'opération ayant été dessinée dans une mosaïque de terre se trouvant à Henchir El‑K'siba (Ouled Moumen).

« Tagaste est une ville de haute classe, et de grande culture, où les livres étaient abondants, au point que la municipalité les distribuait gratuitement aux enfants, et que si quelqu'un achetait une brosse à dent, le vendeur lui offrirait un livre avec[7]. »

— Elbert Green Hubbard

Ils chassèrent aussi, des forêts de Bagrada, les éléphants sur la base de l'argument de protection des terres agricoles. Leur motivation restait l'ivoire au prix très élevé, utilisé pour l'embellissement des palais et des maisons somptueuses. Parallèlement à cette situation, plusieurs révolutions éclatèrent à Souk Ahras, à l'exemple de la révolution des Gétules durant l'ère de Juba II qui s'étendit à toute la Numidie, suivie par la révolution de Tacfarinas qui fut rejoint par le révolutionnaire Micipsa. Elles prirent la forme d'une révolution sous le commandement de Firmus et de son fils Nubel [8].

La période vandale[modifier | modifier le code]

À la suite des nombreuses crises connues par Souk Ahras durant la dernière période du règne romain, arrivèrent les Vandales sous le commandement de Genséric après l'an 430. Les Vandales envahirent les villes romaines de la région de Souk Ahras puis marchèrent sur ses territoires affiliés au proconsulaire comme une zone d'implantation. Genséric hérita des Romains de la gestion des terres de Thagast et de ses villes et de la collecte des impôts de leurs propriétaires Berbères et Romains.

Durant cette période, le champ de la religion chrétienne s'élargit et se développa à Souk Ahras. Comme témoignages de cette période, on note des sculptures sur pierres sur lesquelles sont dessinées des croix chrétiennes aux environs de Kef Rdjem et aussi des monuments mortuaires comprenant une croix à Madauros, Souk Ahras, Khmissa et El-Hadada. Les tribus berbères de la région de Souk Ahras se soulevèrent contre les Vandales et attaquèrent les fermes et les villes. Le règne des Vandales à Souk Ahras ne dura pas longtemps[Combien ?], ils seront chassés par les Byzantins.

La période byzantine[modifier | modifier le code]

Statue du musée de la ville remontant à la période byzantine.

La présence byzantine dans la région intervient à l'année 534 sous le commandement de Blazirus. L'expansion des Byzantins vers Souk Ahras et d'autres villes de Numidie devait redoré le blason qu'avait l'Afrique romaine, ainsi que la récupération des dépôts de stockage afin d'approvisionner Constantinople. Une fois stabilisés, les Byzantins édifièrent citadelles et forteresses, utilisant pour cela des pierres des anciennes villes romaines. Les villes de Khmissa et Madaure furent occupées, des forts et des citadelles ont été construits en divers lieux de la région pour le contrôle des habitants et la protection des régions agricoles, plus particulièrement celles de Taghaste, en plus de celles de Henchir Kssiba (Ouled Moumen), Taoura, Tiffech. Malgré la politique byzantine pratiquée dans la région de Souk Ahras, celle-ci ne reçut pas un accueil cordial, auprès des indigènes. Des soulèvements se généralisèrent sur toute la région des Aurès sous le commandement de Labdas, Koceila et ensuite El-Kahina. Cette révolution aboutit à l'élimination du pouvoir byzantin, qui fut ensuite anéanti définitivement par les conquêtes islamiques aux environs du septième siècle de l'ère chrétienne.

Les conquêtes islamiques[modifier | modifier le code]

Les conquérants islamiques firent de l'est et du sud-est de l'Algérie une ouverture pour l'introduction de l'islam au pays des gouif du Maghreb d'une façon générale. Ceci s'effectua durant le deuxième mandat d. blchlci kcxtxyk hé xy7xoy y8yxohlj Oqba Ibn Nafi Al Fihri sur le Maghreb du temps de Yazid, qui conquit l'Algérie et qui arriva jusqu'à Tanger. Il se heurta à Okba et à son armée à Souk Ahras par la résistance des tribus guif qui se sont soulevées contre cette présence nouvelle par crainte de perdre les terres, la souveraineté et la liberté[réf. nécessaire].

Les révolutions contre les conquérants à Souk Ahras, furent menées par les leaders du Maghreb moyen Kahina et Aksel[réf. nécessaire]. L'islamisation ne put changer radicalement la vie des résidents locaux ; de ce fait, ils purent conserver leur langue hébreu , leurs us et leurs rites. La propagation de la langue arabe se fit ensuite rapidement du fait de son statut de langue de Coran et finit par cohabiter avec la langue berbère.

Ibn El-Ashaath utilisa la citadelle byzantine de Tiffech et il édifia un camp de l'État majoritaire aux environs du huitième siècle de l'ère chrétienne. La dynastie des Ziri Ouled Abou Ziri et celle des Fatimides se succédèrent au Xe siècle de l'ère chrétienne. Plusieurs autres dynasties comme les Aghlabides, Hafsides et les Almohades.

Dynastie Berbère des Hafsides (1228-1574)

Durant la période ottomane[modifier | modifier le code]

Souk Ahras est devenue une circonscription affiliée au Beylik de l'Est, ayant pour capitale Constantine sous le règne du Bey de cette dernière. La plus grande partie de ses habitants durant cette période, appartenait aux plus grandes tribus et plus particulièrement à celles de Hnancha et El‑Harakta. Les chefs de ces tribus furent appelés les Caïds (dirigeants). Ils travaillaient avec les hommes du beylik sous l'autorité du bey de Constantine et au vu de son importance, un grand nombre d'entre eux y résidèrent. La présence ottomane se distingua à Souk Ahras par la coexistence pacifique avec les indigènes. Toutefois, la politique et les lois turques qui y furent adoptées après, oscillèrent vers la tyrannie et la répression à l'encontre des habitants. Ils les contraignirent au versement de lourds impôts au makhzen. Ils furent aussi l'objet de nombreuses contraintes de la part des soldats turcs et des politiciens.

L'autorité ottomane versa dans les abus et les excès. Des révoltes éclatèrent, entraînant de multiples batailles, notamment celle des Hnancha sous le commandement de El‑Ouznadji contre le bey de Constantine. Pendant près d'un siècle, les batailles succédèrent à des périodes d'accalmie, jusqu'au départ définitif des Turcs de la région, qui resta indépendante jusqu'à la colonisation française.

L'occupation française[modifier | modifier le code]

Cheikh El Keblouti leader de la révolte de 1871 contre la présence française[9].

Le 25 mai 1843, les troupes de l'armée française occupèrent la ville de Souk Ahras en deux campagnes. Au début de l'année 1856, Souk Ahras a enregistré les premières vagues des colons qui arrivèrent d'Europe, en vue de s'y établir, attirés par ses atouts naturels et climatiques et par ses potentialités agricoles, commerciales, et industrielles, ce qui entraîna la mise en place d'un centre de résidents européens à Souk Ahras.

En réaction à cette situation, les habitants de Souk Ahras se soulevèrent contre l'occupation française par le biais de résistances populaires, dont la plus connue fut la résistance des Hnancha sous la direction de Mohamed El‑Kablouti, ou ce qui est également connu par la résistance des Spahis en 1871. Cette résistance se développa parmi les tribus des Hnancha, comme une réaction aux mauvais traitements auxquelles furent soumis les habitants locaux, ainsi qu'à la décision de transfert d'un grand nombre de personnes des Sabahia, en vue de leur participation, aux côtés des Français, à la guerre qui les opposait aux Prussiens. Cette révolte eut un impact sur tout le territoire national. Quelques mois plus tard la révolte du Mokrani éclata.

Après le mouvement des Spahis, le champ de vengeance à l'encontre des autorités françaises s'élargit. Les tribus de Souk Ahras trouvèrent l'occasion propice pour exprimer leur refus de l'occupation. Elles se regroupèrent pour former la résistance populaire sous la direction des Cheikhs des Hnancha, à l'exemple de Cheikh Ahmed Assaîah, et El‑Foudheil Ben Razki.

Toutefois, le renforcement des forces françaises et la répression très dure du soulèvement, poussa El‑Kablouti et se compagnons à la retraite vers la Tunisie.

Au début du XIXe siècle, la résistance prit une nouvelle forme à Souk Ahras. Ce fut le début de la lutte intellectuelle et politique, plus particulièrement après l'apparition de l'association des Oulémas musulmans d'Algérie et le mouvement national, représenté par le parti de la victoire des libertés démocratiques le parti du peuple et l'organisation secrète.

La révolution de 1954[modifier | modifier le code]

Photo prise par les appelés du contingent durant la bataille de Souk-Ahras
Souk Ahras passa de la Wilaya II, à une base indépendante nommée base de l'est à partir de 1957 sous le commandement de Laskri Amara dit Bouglez

Au moment du déclenchement de la révolution de 1954, Souk Ahras constitua un élément très important. Elle était affiliée à la deuxième région du Nord Constantinois. Après la chute au champ d'honneur de Badji Mokhtar, le 17 novembre 1954, et l'ébranlement de sa situation, elle devint une partie de la première région Aurès Nmemcha, depuis octobre 1955. Après la consolidation de la révolution et son intensification, la région frontalière de Souk-Ahras acquit une grande importance vu sa situation stratégique et sa position sur les frontières de l'est. Les Moudjahidines pouvaient ainsi s'approvisionner en armes et en munitions. C'est pour cela que fut fondée la base de l'est en 1957, dont Souk Ahras abritait le centre de commandement. La base fut créée dans le but de superviser directement l'organisation de l'Armée de libération nationale sur les frontières.

Son existence dura près de deux années, et elle opéra le recyclage de l'armée de libération en 1959 et 1960 suivant des techniques et des procédés nouveaux, à la suite de la prise en charge, par le colonel Houari Boumédiène, de l'état-major, de l'Armée de libération. Boumédiène fut secondé par le commandant Ahmed Kaïd et le commandant Ali Mendjeli. Il leur fut adjoint par la suite le commandant Azzedine. La base donna un nouvel élan à la Révolution, particulièrement dans le domaine du financement, de l'approvisionnement et les affrontements contre les centres du colonialisme français sur les lignes Challe et Maurice[10].

Souk Ahras a participé à la Révolution, en collaboration avec l'armée des frontières établie en Tunisie, par le biais de création de centres propres à elle destinés à l'entraînement des moudjahidine et au stockage des armes. Ces centres s'étendirent tout au long de la frontière. Nous pouvons citer Ghardimaou, Tajerouine, Le Kef et Sakiet Sidi Youssef.

Parmi les plus importants de ces centres, citons : l'École des cadres à Melag, l'École des experts en explosifs à Le Kef, le centre d'entraînement à Garn Halfaia. La base de l'Est joua un rôle prédominant dans l'organisation de l'Armée de libération nationale sur les frontières, plus particulièrement au début de l'année 1960, date à laquelle s'est implantée la structure de l'état-major à Ghardimaou sous la direction du colonel Houari Boumediene. La région a vécu également les événements de Sakiet Sidi Youcouf le 8 février 1958, date à laquelle les troupes aériennes françaises bombardèrent la région considérée alors comme le refuge d'un grand nombre de moudjahiddine et de familles algériennes sur le sol tunisien.

Un grand nombre de batailles embrasèrent la région : la bataille d'El‑Houmaimim de Sidi Fredj à l'automne 1955, la bataille Djebel El‑M'ragha en décembre 1955, la bataille Eraâdia en mars 1956, la bataille de Boussassou en mai 1956, la bataille du Djebel M'sid en juin 1956, la bataille de Djebel Beni Salah en février 1957, la bataille de Djebel El‑Ouassita en janvier 1958, la bataille de Djebel Sidi Ahmed en mai 1959, la bataille de Khanga Estara en 1960, et la bataille d'El Maâgoula en novembre 1961. À cela il faut ajouter les nombreux accrochages et embuscades[10].

La bataille de Oued Echouk (littéralement : Oued des épines), qui eut lieu le 26 avril 1958 est considérée comme la plus importante bataille de la révolution, sous le commandement de Mohamed Lakhdar Sirine. Aux 1 300 soldats de l'ALN l’Armée française opposa 6 bataillons d’infanterie, 4 régiments paras, 1 groupement blindé et un appui feux aérien et d’artillerie. 639 martyres tombèrent au champ d'honneur, ainsi qu'une centaine de soldats français. Cette bataille a montré la capacité de l'ALN à frapper et à infliger de lourdes pertes aux troupes française, malgré le rapport de force déséquilibré. Cette bataille dura plus d'une semaine sur un rayon de plus de 50 km.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Lion de Barbarie symbole de la ville

Souk Ahras est issu de la combinaison de deux mots, le premier arabe : souk (سوق) qui signifie « marché », et le deuxième berbère (chaoui) ahras (ⴰⵁⵔⴰⵚ) qui est le pluriel de Aher (ⴰⵁⵔ) et qui signifie « lions », et cela en raison de la présence de ces animaux jusqu'en 1930[11] dans ses forêts.

Nombres d'animaux féroces tués à Souk Ahras et sa région entre 1877-1892
Année 1877 1878 1879 1880 1881 1887 1891 1892
Lions 3 4 5 3 1  ? 1  ?
Panthères 2 7 5 7 2 8 2 4
Sources : Dr. Rouquette, Monographie de la commune mixte de Souk Ahras, 1904, p. 274

La deuxième légende rapporte qu'à l'origine elle s'appelait Souk Ras qui veut dire, Marché des têtes, la ville ayant abrité dans le passé un marché où l'on vendait des têtes momifiées d'animaux sauvages, notamment les lions les ours les éléphants et les guépards. Plusieurs dessins rupestres, notamment à Kef Lemsaoura, et des mosaïques, qui ont été trouvés sur des sites proches de la ville, montrent les scènes de chasse aux animaux sauvages.

L'ancien nom numide de la ville Thagaste dérive du berbère, Thagoust, dans le sens de sac, compte tenu du site de la ville située au pied d'une montagne entourée de trois cimes qui prennent la forme d'un sac la contenant. Par la suite, quand les Arabes pénétrèrent dans la région, elle fut appelée Soukara. Dans d'autres sources, elle est citée comme Le Palais de l'Africain, selon az-Zahiri.

Population[modifier | modifier le code]

Les habitants de la ville de Souk Ahras sont d'origine berbères. Ils sont essentiellement issus des différentes régions de la wilaya de Souk Ahras et des wilayas limitrophes. Les premières tribus s'étant établies à Souk Ahras furent connues sous le nom des Papiria[12],[13], ou Babiria du nom de berbères, composée de Causses et de Syliactae[14]. Les tribus de Mousoulami et de Kirina y résidèrent. On peut citer parmi les autres tribus : les Hnanchas qui se sont développés le plus et les Hrakta qui ont tous des origines berbères. Ces tribus vivaient dans des tentes et pratiquèrent le nomadisme. Elles se sédentarisèrent plus tard et fondèrent des villes propres à chacune d'elles, dont la ville de Souk Ahras, ancienne Thagaste.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Évolution démographique dans la ville[15],[16]
1948 1977 1987 1998 2010
17 025 57 173 80 015 115 882 157 329


Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Religion[modifier | modifier le code]

Zaouia de sidi mesaoud, saint Soufi de la ville (image de 1967)

Parmi les monuments sacrés de la ville, figure le mausolée de Sidi Messaoud, le père spirituel de Souk Ahras. Il est Sidi Messaoud Ben Boubaker le Cheikh de la Zaouïa El‑Qadiriyya de cette région. La Zaouïa assuma un rôle important, car constituant un phare de l'éthique vertueuse et des nobles sciences islamiques. Durant sa vie, il érigea de ses propres revenus, le Mausolée, là où il priait longuement.

Après son décès, aux environs de l'an 1770 de l'ère chrétienne, il y fut enterré. En 1840, le monument se détériora. Il est reconstruit par El‑Hadj Chafaâ, l'un de ses petits fils qui lui donna sa forme actuelle. Sur le mausolée apparaissent les traces de l'architecture néo-mauresque. L'intérieur fut décoré de poteries et de diverses catégories de tapis.

"Olivier de St. Augustin", olivier millénaire, qui a survécu à une tentative de mise en feu par les wahhabistes des années 1990[17]. Il est entretenue en coucours avec la ville d'Ostie, en Italie, où s'est éteinte Monica, fille de Thagaste

Souk Ahras reste un lieu de pèlerinage pour les adeptes de l'Augustinisme, et les protestants et jansénistes du monde en général. La ville conserve un olivier millénaire, sous lequel Augustin avait l'habitude de s'installer pour réfléchir. Une tradition locale faisait que les femmes musulmanes de la ville, se recueillaient devant cet olivier pour y enterrer les prépuces excisés, issus de la circoncision de leurs garçons, afin qu'ils aient l'intelligence et l'esprit de ce philosophe. D'autres organisent des "Z'red" (festins) près de cet arbre pour la "baraka".

Certaines études affirment que cet olivier à existé bien avant le saint homme, et estiment la date de sa plantation à environ 900 BC[18].

Musique[modifier | modifier le code]

Gasba de Beni Salah (en)

Sports[modifier | modifier le code]

Fanion de l'Entente

L'Entente sportive de Souk Ahras (ESSA), est le porte drapeau de la ville dans plusieurs sports, notamment le football, où elle évolue en ligue régionale d'Annaba.

Le tour de Souk Ahras rassemble chaque année plus de 150 cyclistes de toutes les ligues algériennes.

L'histoire sportive de la ville retient le boxeur Tabet Salah des années 1940/50 et l'équipe de football des années 1970 lorsque l'ESSA évoluait en 2e division et a gagné plusieurs coupes.

Personnalités liées à la ville[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Chiffres du recensement 2008 de la population algérienne, wilaya de Souk Ahras, sur le site de geohive.
  2. elwatan.com
  3. « Souk Ahras, Algeria », sur www.weatherreports.com (consulté le 4 juin 2011)
  4. Journal officiel de la République algérienne, 19 décembre 1984. Décret no 84-365, fixant la composition, la consistance et les limites territoriale des communes. Wilaya de Souk Ahras, page 1567.
  5. « Berbère, né en 354 à Tagaste, en Africa, il mourra évêque d'Hippone en 430, alors que les Vandales assiègent la ville », Fernand Braudel, Grammaire des civilisations (1963), Flammarion, 2008, chap. II-Christianisme, humanisme, pensée scientifique, p. 453
  6. aps.dz
  7. Livre en
  8. Firmus sur Roman-Emprors.com
  9. INSURRECTION D'EL KEBLOUTI À SOUK AHRAS - A.Djaâfri
  10. a et b http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/03/06/article.php?sid=131226&cid=41
  11. récit de chasse
  12. Enciclopedia italiana di scienze, lettere ed arti, volume 33, Giovanni Gentile, Calogero Tumminelli, Istituto Giovanni Treccani, Rome version online ici
  13. Il flaminato nelle province romane dell'Africa, Maria Silvia Bassignano version online ici
  14. Vita Augostino di H'sen Dardour
  15. World Gazzetter lien
  16. Recensement 1948 pdf
  17. Le chemin vers la foi selon saint Augustin, L'Express Le chemin vers la foi selon saint Augustin
  18. L’Olivier de Souk Ahras : Entre mythe et réalité

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]