Mosquée Ketchaoua

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Mosquée Ketchaoua
Image illustrative de l'article Mosquée Ketchaoua
Mosquée Ketchaoua aujourd'hui
Présentation
Nom local جامع كتشاوة
Culte Islam
Type Mosquée
Début de la construction 1436
Autres campagnes de travaux Reconstruite en 1794
Style dominant Style byzantin
Géographie
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Commune Alger
Coordonnées 36° 47′ 06″ N 3° 03′ 38″ E / 36.785, 3.06055636° 47′ 06″ Nord 3° 03′ 38″ Est / 36.785, 3.060556  

Géolocalisation sur la carte : Algérie

(Voir situation sur carte : Algérie)
Mosquée Ketchaoua

La mosquée Ketchaoua ou Ketchawa d'Alger est un lieu de culte musulman sunnite qui a été, de 1832 à 1962, une cathédrale catholique nommée Saint-Philippe.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première mosquée Ketchaoua d'Alger est bâtie par la tribu Rebai en 1436[1], auprès de l'emplacement d'une source, au lieu-dit « Le plateau des chèvres », d'où son nom en langue turque, qui s'effondrera en moins de deux siècles. Un bâtiment plus important est construit vers 1613 sous le gouvernement de la Régence ottomane, très vite effondré, lui aussi. Elle est à nouveau reconstruite en 1794 sous le gouvernement de Hasan Pacha[2]. Son architecture est inspirée des mosquées construites en Turquie par des architectes chrétiens dans le style chrétien byzantin.

Suite à la conquête de l'Algérie par la France, la mosquée est réquisitionnée sur une décision de 1831 de Savary. Invoquant ses droits protégés par la convention du 4 juillet 1830 signée par Bourmont lors de la prise d'Alger, la population refuse jusqu'à la dernière minute de donner son accord pour la réquisition de l'édifice[3], la mosquée Ketchaoua étant le plus important lieu de culte musulman de la ville. Le 17 décembre 1831, Savary donne l'ordre d'occuper la mosquée, 4 000 musulmans environ s'y étant barricadés.

À partir de 1844, la mosquée menaçant de s'effondrer une quatrième fois, les quelques rangs de pierres qui en restaient sont détruits et l'actuel monument, représentant 5 fois au moins la surface précédente, est construit. À la place de l'ancien minaret de style maghrébin à section carrée d'origine, effondré avant 1613 et jamais reconstruit depuis, furent construites les deux tours de la façade, et un chœur[4].

La cathédrale est classée monument historique par l'administration française en 1908[5]. Les obsèques de Camille Saint-Saëns y sont célébrées en 1921.

Elle redevient une mosquée en 1962, au moment de l'indépendance de l'Algérie. L'orgue installé en 1929, est en partie détruit à ce moment là[6]. La grande cloche est offerte à la chapelle bretonne des Sept-Saints, lieu d'un célèbre pèlerinage islamo-chrétien en France.

Faisant partie du site de la casbah d'Alger, elle est inscrite à l'inventaire du patrimoine mondial de l’Unesco[7]. Depuis 2008, des travaux de consolidation ont été entrepris pour arrêter la dégradation des tours de la façade[8].

Description[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint-Philippe d'Alger en 1899

Édifice surprenant par le mélange des styles romano-byzantin et turco-arabe, la mosquée Ketchaoua fut le centre d’un quartier animé entre la citadelle et la rade d’Alger.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Parmi les artistes ayant participé à sa décoration : le peintre Louis Matout (1811-1888)
  1. http://www.elwatan.com/Les-travaux-de-confortement
  2. Lucien Golvin, Le legs des Ottomans dans le domaine artistique en Afrique du Nord, Persée, 1985 en ligne
  3. Nabila Oulebsir,"Les usages du patrimoine : Monuments, musées et politique coloniale en Algérie (1830-1930)", Edition de la Maison des Sciences de l'homme, 2004
  4. Histoire de la cathédrale d'Alger, La dépêche d'Algérie, aout 1962.
  5. Site Strabon, sites et monuments historiques d'Algérie
  6. Orgues de la cathédrale Saint-Philippe d'Alger
  7. CNDP fiche pédagogique
  8. El Moudjahid 21/09/2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]