Arabe algérien
| Algérien, arabe algérien الجزايريَّ [al-jazayriya] |
|
| Parlée en | Algérie, Tunisie (dans l'intérieur de la Tunisie), Maroc (zone frontière algéro-marocaine), diaspora algérienne (Europe en particulier France, Canada) |
|---|---|
| Nombre de locuteurs | environ 35 millions. |
| Typologie | SVO flexionnelle |
| Classification par famille | |
|
|
| Codes de langue | |
| ISO 639-2 | ara[1] |
| ISO 639-3 | (en) arq |
| IETF | arq |
| modifier |
|
L'arabe algérien est la principale langue véhiculaire d'Algérie[2], utilisée par 70 à 90 %[3] de la population [4]. Ses locuteurs le dénomment darja « dialecte », ou el-jazayriya signifiant simplement « l'algérien ».
C'est un idiome arabe rattaché au groupe de l'arabe maghrébin, avec l'arabe marocain, l'arabe tunisien. Sa morphologie, sa syntaxe, sa prononciation et son vocabulaire sont assez différents de l'arabe littéral. Par ailleurs, il est difficilement intelligible par les arabophones du Moyen-Orient. L'arabe algérien s'établit sur un substrat berbère et comporte une importante base lexicale issue du français. Il a en outre été influencé par différentes langues des groupes ayant peuplé ou administré cette région au cours de l'histoire dont le turc, l'arabe andalou, ou encore l'espagnol[5].
Le nombre de locuteurs de cette langue est estimé à 35 millions en Algérie et 2 millions à l'étranger[3], soit environ 37 millions dans le monde[3], principalement en France, Belgique, Allemagne, Royaume-Uni, et Canada. Le vocabulaire algérien est à peu près similaire dans toute l'Algérie. Cependant certaines nuances peuvent être notées entre les régions.
Sommaire
|
Origines [modifier]
Étapes de l'arabisation d'Algérie [modifier]
L'arabisation de l'Algérie actuelle s'est faite en deux grandes étapes et par deux grands flux de population depuis le Moyen-Orient.
La première étape suit directement la conquête islamique des VIIe et VIIIe siècles, cette arabisation n'est que superficielle puisqu'elle ne concerne que les villes conquises et où les Arabes s'installèrent et constituèrent une classe dominante et aristocratique qui imposa sa langue au reste des habitants de ces villes. Les campagnes et la vaste majorité du pays restant quant à elles purement de langue berbère. Les dialectes issus de cette vague d'arabisation sont appelés pré-hilialiens.
La deuxième étape résulte des invasions de certaines tribus arabes bédouines des XIe et XIIe siècles, principalement les Banu Hilal et les Banu Maqtil. Cette arabisation fut beaucoup plus forte et plus profonde que la première, puisqu'elle toucha non seulement les villes mais aussi les hauts-plateaux, les plaines et certaines oasis, après ça une bonne moitié du pays fut arabisée, le berbère ne se maintenait plus que dans les montagnes , les plains adjacentes et dans certaines oasis du sud. Les dialectes issus de cette arabisation sont appelés hilaliens.
Enfin, il faut noter que l'influx de population depuis le Moyen-Orient n'a jamais été suffisamment important pour arabiser une majorité d'algériens, au maximum ces immigrants moyen-orientaux et leurs descendants peuvent former 15 % à 20 % de la population algérienne[6], l'arabisation linguistique s'est donc faite principalement par le biais des zaouias et des confréries religieuses, qui employaient l'arabe comme langue liturgique et langue d'enseignement, ainsi que par les pouvoirs politiques des différents royaumes berbères ayant régné sur le Maghreb au Moyen Âge et qui ont tous utilisé l'arabe comme seule et unique langue officielle.
- Les traits préhilaliens : sont dominants dans les parlers des régions qui ont subi la première arabisation mais pas la deuxième[réf. nécessaire], existent en Algérie dans deux régions différentes, une à l'est qui regroupe la wilaya de Jijel, la wilaya de Mila et une partie de la wilaya de Skikda (avec des variantes locales : Taher, Jijel, Mila, Collo, El Milia ..etc), et une à l'Ouest concentrée dans la wilaya de Tlemcen (variantes locales : Tlemcen, Nedroma, Ghazaouet ..etc).
- Les traits hilaliens : sont dominants dans les parlers des régions qui n'ont connu que la seconde arabisation et pas la première[réf. nécessaire], dans tous les hauts plateaux, et en particulier au centre et à l'ouest, et une partie de l'Oranie, dans les oasis arabophones, d'est en ouest dans les Wilayas de : Tébessa, Batna, Biskra, Msila, BBA, Sétif, Djelfa, Saida, Tiaret, Ouargla ...etc.
- Les parlers mixtes, présentant à la fois des traits préhilaliens et hilaliens , sont parlés dans les villes et les régions qui ont subi les deux vagues d'arabisation et ont donc pour dialectes un mélange des deux genres[réf. nécessaire], ce groupe inclut les parlers des Wilayas de : Constantine, Alger, Blida, Annaba, Skikda, Chlef, Tipaza, Médéa, Boumerdès, Oran, Mostaganem ...etc en gros les plaines côtières du nord-est et du nord-centre et les koinès urbains.
Une bonne méthode pour classifier un dialecte entre hilalien et pré-hilalien est de voir la prononciation de la lettre « q », prononcée « g » dans les dialectes hilaliens mais prononcée « q », «k » ou « a » dans les dialectes pré-hilaliens, on peut retrouver les deux formes dans les dialectes mixtes.
| quelques caractéristiques | trait pré-hilalien | trait hilalien | exemple ( pré-hilalien / hilalien (français) ) |
|---|---|---|---|
| propriété ( de ) | di , dyal | taε , ntaε | el khedma dyali / el khedma ntaεi ( mon travail ) |
| lettre t (ﺕ) | ts attesté | t | ntsa / nta ( toi) |
| lettre q (ﻕ) | q (ﻕ) , k (ﻙ) ou a (أ) | g (ڨ) | qatt / gatt (chat) |
| modal pour les verbes au présent | parfois ka ou tsa | aucun | ka yebni / yebni (il construit) |
| genres masculin et féminin (pour les verbes) | parfois confondus | toujours différenciés | ntsi tsroḥ / nti troḥi (tu vas) (féminin) |
| consonnes interdentales Dh (ﻅ ,ﺽ, ﺫ) et Th (ﺙ) | souvent altérées respectivement en D (ﺩ) , T (ﻁ) et Ts | prononcées telles quelles | hada / hadha (celui là) |
| lettre gh (ﻍ) | toujours gh (ﻍ) | parfois prononcée q (ﻕ) (nord du Sahara) | Laghouat / Laqouat ( Laghouat ) |
Évolution [modifier]
Au fil des siècles, ces deux types d'arabe se sont considérablement mélangés, surtout dans le vocabulaire mais aussi dans la prononciation, au point qu'on peut parler aujourd'hui d'arabe algérien au singulier. Même la forme mixte se répand maintenant de plus en plus partout dans le pays et notamment dans les villes importantes, les chefs lieux de wilayas et leurs alentours. Il faut bien sûr ne pas oublier le fond berbère présent quasiment dans tous les dialectes du pays [7].
Dans sa forme actuelle, cet arabe algérien reflète les différentes étapes qu'il a vécu au cours de son histoire. Au point de vue lexical, on note la présence de mots berbères tels que aïreuj («passoire»), aghhtal («escargot»), etc., et un grand nombre d'autres mots puisés dans le vocabulaire de l'agriculture, l'élevage et la toponymie. La présence des mots turcs et espagnols témoignent de l'influence du turc et de l'espagnol dans l'arabe algérien. le français a aussi laissé un bon fonds lexical qui illustre la capacité d'adaptation de l'arabe algérien[2].
Depuis l'ouverture économique de l'Algérie dans les années 1990, l'arabe algérien est marqué par un phénomène d'innovation lexicale hybride arabo-française de la part de la jeunesse algérienne, ce phénomène s'observe dans l'ensemble de l'environnement social et des activités sociales (enseignes de magasins, produits commerciaux ... etc.). En effet, Djezzy le principal opérateur téléphonique doit une partie de son succès selon les spécialistes à son slogan historique « ich la vie » (vis la vie)[8] .
Le célèbre humoriste et comédien algérien, Mohamed Fellag, décrit ainsi sa langue :
« L'algérien de la rue est une langue trilingue, un mélange de français, d'arabe et de berbère[2]. »
Dans un entretien, il déclarait aussi :
« C'est ma langue le mélange des trois langues, c'est ma langue;c'est ça que je parle naturellement, et elle est comprise naturellement, parce que le public est comme moi, que ce soit au marché, dans la rue, dans le bus ou dans les milieux scientifiques, les gens parlent comme ça ! [...] Moi, je suis contre tous les purismes, je suis pour le mélange, je suis pour l'utilisation libre de toute contrainte. Je ne suis pas linguiste, mais je pense que c'est comme ça que les langues sont faites, en se mélangeant à d'autres langues. Travailler ces langues, ça m'amuse aussi; c'est riche, on s'adapte tout de suite ; un mot qui manque en arabe dialectal, hop ! on le prend au français et on le conjugue en arabe, on le triture et on en fait un mot. Un ami kabyle m'a raconté une discussion sur la langue qu'il a eue avec sa mère ; il lui disait: tu sais en kabyle il y a beaucoup de mots arabes et français ; par exemple, jami (jamais), c'est du français, et sa mère qui lui dit: « jami de la vie », jami, c'est du kabyle, je l'ai toujours dit ; elle l'avait intégré[2]. »
Variétés [modifier]
L'arabe algérien se caractérise par quatre grandes variétés régionales et des parlers urbains dénommés « beldi » dans les villes de tradition arabo-andalouse et turque[9]:
- L'algérois: qui couvre toute la zone centrale du pays,influencé par le turc et le kabyle.
- L'oranais: à l'ouest présentant des mots d'origine ibérique influencé par le zénete.
- La variété de l'est du pays: parlée en parallèle avec le Chaoui dans certains régions.
- La variété du Sud.
- Les parlers citadins sont présents à Alger, Tlemcen, Annaba, Constantine, Nedroma, Béjaïa, Mostaganem, Cherchell, Blida...etc
Les accents sont en pratique bien plus nombreux, et sans représenter un obstacle pour la communication ils sont plus souvent une façon de reconnaître l'origine du locuteur, alors que les arabophones des autres pays arabes ont du mal à comprendre le parler des Algériens. Du fait des mouvements profonds qu'a connus la population depuis l'indépendance, une variété standard de cette langue a tendance à émerger, amplifiée par la musique populaire et les séries télévisées, l'arabe algérien a aussi influé le dialecte Oujdi (Maroc)[10].
Statut et usages [modifier]
Bien que cette langue soit dominante dans les échanges à tous les niveaux, l'arabe littéral reste la langue officielle de l'Algérie, donc celle utilisée dans les échanges écrits avec l'administration. Il est aussi employé dans la présentation du journal télévisé des chaînes nationales, et dans les grands quotidiens arabophones comme El Khabar et Echourouk, ce qui en limite quelque peu l'audience.
Des formes écrites de l'arabe algérien se retrouvent par contre dans la poésie, et sur de nombreux journaux tabloïdes principalement sportifs. Du fait de sa non codification, les règles d'écriture de cette langue peuvent varier en fonction de celui qui rédige un texte.
Mais l'arabe algérien n'est en général pas très prisé par le pouvoir. Il est souvent qualifié comme un «dialecte» incapable de véhiculer une «culture supérieure»[2]. En 1993, le critique égyptien Taha Husain aurait écrit à propos de l'arabe algérien: «Le dialectal ne mérite pas le nom de langue et ne convient pas aux objectifs de la vie intellectuelle.»[2].
Même le chef d'État actuel a déclaré dans un de ses discours[11]:«Je ne parviens pas à déterminer quelle langue parlent les Algériens.Ce n’est ni de l’arabe, ni du français ni même de l’amazigh (le berbère)… ce n’est qu’un mauvais mélange, des propos hybrides que l’on comprend à peine. Prenons l’exemple le terme mayixistiche (cela n’existe pas), qui ne peut être compris que par l’Algérien du XX1e siècle.».
Cependant avec la tendance de l'homogénéisation linguistique des parlers locaux et l'échec de la politique d'arabisation, l'avenir linguistique de l'Algérie réside dans l'Arabe algérien[12].
En 1969, un groupe d'enseignants algériens demande dans une lettre publiée à un hebdomadaire l'utilisation de l'arabe algérien dans l'enseignement[13].
Réflexions [modifier]
Langue et culture [modifier]
En prenant en compte l'inestimable patrimoine culturel, constitué de poèmes, de récits et de chansons, qui est dépendant de cette langue, l'omniprésence d'autres langues largement dominantes dans le paysage médiatique algérien ne fait qu'accentuer la disparition des termes et leur remplacement par d'autres d'origine étrangère. Ceci constitue un péril certain pour une culture qui à terme, finira par perdre son ancrage populaire et tomber en désuétude.
La musique raï très populaire auprès des jeunes Algériens se démarque par son adaptation exclusive de l'arabe algérien, son rejet de l'arabe classique, l'utilisation massive des expressions hybrides arabo-françaises et l'absence des textes proches de l'arabe littéraire contrairement à la musique andalouse, la musique patriotique, et la musique citadine chaâbi[8] .
Omniprésence et clandestinité [modifier]
|
|
Cet article provoque une controverse de neutralité (voir la discussion).
Considérez-le avec précaution. (Questions courantes)
|
Autrefois étudiée à l'école au temps de la colonisation française, la darija ou darja (ou arabe dialectal) a été délaissée après l'indépendance en faveur d'une arabisation globale.
En comparant le statut de cette langue avec celui de l'arabe littéraire ou même, celui récent de la langue tamazight, il est quelque peu paradoxal de voir que, bien que constituant la majorité écrasante en termes de nombre de locuteurs, la langue algérienne garde un statut de totale clandestinité en Algérie, n'étant pas même dénombrée parmi les langues nationales.
D'autre part, l'officialisation à terme de la darija risquerait de reléguer la langue arabe, au statut de langue morte, étudiée uniquement dans les écoles coraniques. C'est ce qui est arrivé à Malte, où la langue officielle est une forme de darija officialisée et où l'arabe a été abandonné.
Livres en arabe algérien [modifier]
L'émergence d'une littérature dans cette langue en est à ses prémisses ; certaines tentatives intéressantes ont vu le jour, notamment la traduction en 2008 du roman de Saint-Exupéry Le Petit Prince, par Zahia Talbi et Lucienne Brousse, deux enseignantes de cette langue au centre des Glycines d’Alger[14].
Il existe des volumes pour apprendre l'arabe algérien (L'arabe algérien de poche) qui témoigne de la vitalité de l'arabe algérien[2].
Systèmes d'écriture, codification [modifier]
La langue arabe comporte des lettres inexistantes dans l'alphabet latin. Afin de communiquer en dialecte algérien ou en arabe (en chatant, écrivant des courriels ou SMS), ces lettres ont été remplacées par les chiffres suivants :
- 2 = ء Se prononce comme un « A » sec, (un A coupé instantanément)
- ﻉ = 3
- ﺥ = 5
- 6 = ط
- ﺡ = 7
- ﻕ = 9
Vocabulaire [modifier]
Variations locales de la Darija Algérienne [modifier]
Dans la Darija Algérienne, il peut exister quelques variations locales. Cette variation s'observe principalement au voisinage des frontières (Maroc et Tunisie). Quelques variations locales de la Darija Algérienne:
- les parlers algériens occidentaux, n’ont pas le même suffixe que les autres algériens à la 3e personne du singulier ils ajoutent le « EH » alors que les autres algériens ajoutent le « OU » (à l'exception des parlers citadins et ceux de l'Oranie oriental). Par exemple, « chefteh » : « je l'ai vu » qui serait « cheftou » dans les autres dialectes.
- Tlemcen, le QA est prononcé comme A (il en est de même pour les autres sons E, I, U, O, OU). Par exemple / Qolt / (j’ai dit) est prononcé / elt /. Le 'o' devient 'e' car le dialecte tlemcenien se veut léger alors que / Qahwa / (café) est prononcé / Ahwa /.
- Jijel, le dialecte djidjélien se distingue par la prononciation de la lettre « Q » comme « K » et sa profusion d'emprunts berbères.
Certains dialectes sont influencés par l'arabe andalou introduit par les réfugiés d'Al-Andalus, notamment l'arabe bougiote. L’Arabe algérien fait partie des dialectaux arabes maghrébins, et disparaît au profit de l'arabe marocain et l’arabe tunisien vers les frontières respectives.
Comme tous les pays du monde, les dialectes algériens se varient d’une région à l’autre. Et voici quelques mots et de leurs variantes d'une région à l'autre, cependant les variantes sont plus nombreuses au sein de la même région, le tableau en dessous ne mentionne que les mots dominants pour une région.
| le mot en Arabe | le mot en Français | Dialecte d'est | Dialecte du centre | Dialecte d'ouest | Dialecte du sud |
|---|---|---|---|---|---|
| جميع Jamiε | Tous | Kamel - okol | Kamel - Gaε | Gaε | Gaε |
| غاضب Ghadhib | En colère | Metghachech - Mghachech | Zeεfan | Zeεfan | Zeεfan |
| كثير Kathir | Trop | Yasser- Bezaf-Barcha | Bezaf | Bezaf | Yasser- Bezaf |
| البيض El Baydh | Œuf | l'bidh-l'εdham | l'bidh- Waled l'djadj | l'baydh | l'bidh |
| الطماطم Et tamatim | Tomates | Tmatem | Tomatich | Tomatisse - Tomatich | Tomatich |
| يا أخي Ya Akhi | Mon frère | Ya khouya | Ya khouya- ye khou | Ye khouya - ye khayi | Ye khouya |
| أحبك Ohiboka | Je t'aime | n'habek- n'chetik | n'habek | n'bghik | n'habek-n'bghik |
| جميل Jamil | Beau | Bahi - Mlih | Chbeb | Chbeb | Zin |
| الجزائر El jaza'ir | Algérie | Dzayer- Djazayer | Dzayer- Djazayer | Djazayer | Dzayer- Djazayer |
| ملكي Milki | La mienne | (n)Taεi - Tiεi | (n)Taεi- Dyali | (n)Taεi | (n)Taεi |
| نعم Naεam | Oui | Ih- Hih- Hah | Ih- An3am | Wah- Yeh | Wah- N3em- Yih |
| لا La | Non | Lela- Lla- Aha - maha | Lela | Lla | Aha |
Noms et adjectifs [modifier]
| français | arabe algérien | prononciation en arabe littéraire | écriture en arabe littéraire |
|---|---|---|---|
| bois | chreb | charab | شرب |
| ciel | sma' | sama' | سماء |
| eau | mâ' | mâ' | ماء |
| femme | mra | mara'a | مراة |
| feu | nâr | nâr | نار |
| grand | kbir | kabir | كبير |
| homme | radjel \ rdjal | radjol \ ridjal | (رجل)(رجال) |
| jour | nhâr, yom | nahâr, yaom | نهار، يوم |
| lune | qmer/gmar | kamar | قمر |
| nuit | lil | layl | ليل |
| pain | khobz /kessera | khobz | خبز |
| petit | ṣghir | ṣaghir | صغير |
| sable | rmel | raml | رمل |
| hiver, pluie | chta \ nou | mater | مطر |
| balle | balun | koraton | كرة |
| serviette | serbita - Bechkir | minshafa | منشفة |
| toilette, | beit el ma'; beit er-râHa | mirhadh | مرحاض |
Formules de politesse [modifier]
| Français | Algérien - Alphabet latin | Algérien - Alphabet arabe |
|---|---|---|
| Merci | Saha, Saḥḥit | صحّا، صحّيت |
| Salutation | Salem, Slama | سالام |
| Bonjour | Sbaḥ lkhir | صباح الخير |
| Bonsoir | Mselkhir | مسلخير |
| Au revoir | beslama, ebka εlakhir, (Aya) Hyia | بسلامة، |
| S'il te plait | Men fadlek, Mada bik, Rabi εaychek, Tεich | من فضلك مادا بيك، ربي يعَيْشك تعيش |
| Excuse-moi | Esmeḥ li, Sameḥni | اسمحلي، سامحني |
Mots algériens d'origine berbère [modifier]
- fermač (édenté)
- yesser (beaucoup)
- fekroun (tortue)
- lous ou loussa (frère, sœur du mari)
- εaggoun (muet / bègue)
- gnin (lapin)
- Taqa (fenêtre)
- tgerraε (roter)
- chlaɣem (moustache)
- fertass (chauve)
- hidoura (peau de bête)
- ɣoufala (chevelure abondante)
- mkečrad (frise)
- taghyoulit (bêtise humaine)
- lalla (Madame)
- dadda (Monsieur)
- didi (tonton)
- karmouss (figue)
- sebbala (robinet)
- khačkhač (boite crânienne)
- zellif (crâne)
- dmer (pousser)
- arzouzi (frelon)
- tareghla (champignon)
- nezgoum (L'ennui)
- djrana (grenouille)
- mazouzi (le dernier enfant de la famille)
- tebrouri (la grèle)
- germouna (capuche )
- yechir (bébé)
- chira (fille)
- zeroudia (carotte)
- lassafi (niège fine)
- grelou (cafard )
- bouhali (idiot)
- gourbi (maison)
Expressions hybrides arabo-françaises [modifier]
- anti berd (anti froid)
- ficheless (faiblesse )
- tmarmidation ( souffrance)
- mouchkilation (problème/crise)
- infehmable (non compris)
- indjouzbale (non permis)
- haffariste (homme d'affaires)
- hittisme (chômage)
- gharbiste (occidentalise)
- inchoufable (non visible)
Emprunts aux langues étrangères [modifier]
Mots algériens d'origine latine [modifier]
|
Mots algériens d'origine italienne [modifier]
|
Mots algériens d'origine espagnole [modifier]
|
Mots algériens d'origine turc [modifier]
|
Mots algériens d'origine française [modifier]
|
Quelques expressions utiles [modifier]
- Oui = Ehh/ wah /Hih / Enεam
- Non = LLa
- Asseyez-vous = riyyeḥ/ jemaε/ egεod /
- Il y a un problème ? = andek mouchkla? / kayen mouchkel? / kayen problem?
- Je ne sais pas = ma εlabalich/ ma naεref / manich εaref \ma andbalich
- Je ne peux pas = ma nejemch/ ma neqderch/ ma nagderch
- Je n'accepte pas = ma neqbelch
- Laisse-moi tranquille = khelini trankill/ baεedni/ akhtini
- Aidez-moi = εawenni/ saεedni
- Je voudrais un verre de thé = ani heb\baghi kess tey/atey
- Je voudrais un verre de café = ani heb\baghi kess qahwa
- Je voudrai un verre d'eau = ani heb kess ma
- la nourriture = l'makla\makla
- le déjeuner = leftour, laghda
- le dîner = laεcha
- Je veux payer = Habit/bghit nkhalles/ nselek
- Vous avez de la monnaie ? = εandek essarf ?
- Je n'ai pas compris = ma fahamtch
- Répétez ce que vous avez dit = εawed wach qolt/ εawed cha goult / εawed asem elt
- Parlez doucement = ahder belεqel/ bechwiya
- Est-ce que vous pouvez me traduire ? = tenjem tterjemli/ takder tterjemli
- Que t'arrive t'il ? = wach bik?/ wach sarlek? / malek? / asem sralek?
- Il est midi = ahi tnach/ rahi nos nhar
- Je m'appelle Mohamed = essmi/wassemni\samouni Mohamed/mhamed
- Quoi ? = wech?/wechnou?/chawala?/chenhi?/kifache?(comment ?)
Exemples de vocabulaire [modifier]
- dormir = yenεas, yergod, yerqod
- manger = yekol, yetghada, yemcheh , yharguem
- la police = l'bolisi, la polis, l'chorta
- le marché = l'marchi, el sog
- la fenêtre = taga, tequa
- le placard = l'placard '
- le savon = saboun
- la semaine = simena, smena, sbouε
- la voiture = tomobile, carossa, lauto, sayarra
- le cheval = l'εoud' , le'hsan
- tu m'attires = εjebtini
- maman = mama, yema, mwoua, mway, mma
- cuisiner = yettayeb
- travailler = yekhedem
- regarder = ychoufe, yekhzore
- attention = balak, εandek
- j'ai l'impression que... = djabli rabi, djatni, tbanli...
Grammaire et Conjugaison [modifier]
Conjonctions et prépositions [modifier]
| Français | Algérien | Notes d'utilisation |
|---|---|---|
| Mais | beṣṣeh | |
| Si | ila, lakan | utilisé pour des conditions impossibles et vient juste avant le verbe |
| Si | ida, loukan | pour les conditions possibles |
| pour que | bash | |
| que | beli | |
| comme | ki shgol/kima | aussi: ke li |
| à cause | εela khaterch, εela khater | aussi: εala djel |
| quand | ki | utilisés avant verbes |
| avant | gbel/qbel ma | utilisés avant verbes |
| sans | bla ma | utilisés avant verbes |
| quelque chose | kash ma | utilisés avant verbes |
| sous | teht | |
| au-dessus de | fouq/foug | |
| après | mem beεd | |
| à côté | qodam/godam / Bahda | |
| à | εend | |
| avec | mεa | |
| entre | bin | |
| autant | qed ma/ged ma | |
| même que | qed qed/ged ged |
Genre [modifier]
l'Arabe algérien a deux genres, masculin et féminin. Les noms masculins et les adjectifs se terminent généralement par une consonne, tandis que les noms féminins se terminent généralement par un « a ». Exemples:
- Kbir « grand », kbira « grande ».
- Tfal « un petit garçon », tofla « une petite fille ».
Pluriel [modifier]
Similaire à l’arabe classique, l’algérien utilise un pluriel irrégulier pour de nombreux mots masculins
- l'arabe classique; rajol → rijal / langage Alg; rajel → rjaal «homme»
Le pluriel régulier est utilisé aussi, mais les suffixes « ayn » et « an » utilisé pour la forme dual (مثنى) en arabe classique ne sont pas utilisés. Le mot « Zoudj » est ajouté pour designer le dual (comme le mot « deux » en français).
Le Suffixe (in) est utilisé pour tous les cas du pluriel.
- Moumen (croyant) → moumnin
- εaqel (sage) → εaqlin
Pour les noms féminins, le pluriel est le plus souvent régulier, obtenu par l’ajout du suffixe « -at »,
- L'arabe classique; bint (fille) → Banat / lang Alg; tofla → labnat
Le pluriel irrégulier est utilisé pour certains mots;
- Tabla → Ṭwabel « Table ».
- Chkara → Chkayére « Sachet ».
Les Interrogations [modifier]
- Quoi?: wech/ ech/ cha ?
- Quand? : weqtach/ winta ?
- Pourquoi?: εalech/(w)εlah / (w)εalech/ liyeh/ εaleh / lech ?
- Lequel? : ema/ wech men /wina(h)?
- Où?: win/ fin?
- Qui? : chkoun/ menhou/ achkoun ?
- Comment?: kifech/ kifeh?
- Combien? : chehal/ qedech ?
- Dans quoi?: fech/ fah ?
- D'où ?: mnin?
Conjugaison et Pronoms [modifier]
La conjugaison est fait en ajoutant des affixes (préfixes, suffixes, les deux ou aucun):
| Personne | Passé | Présent | ||
|---|---|---|---|---|
| Singulier | Pluriel | Singulier | Pluriel | |
| 1ére | - t | - na | n - | n(e) - ou |
| 2éme (m) | - t | - tou | t - | t - ou |
| 2éme (f) | - ti | - tou | t - i | t - ou |
| 3éme (m) | - | - ou | i/y(e) - | i/y(e) - ou |
| 3éme (f) | - t | - ou | t(e) - | i/y(e) - ou |
- Exemple du verbe kteb « écrire » :
| Personne | Passé | Présent | ||
|---|---|---|---|---|
| Singulier | Pluriel | Singulier | Pluriel | |
| 1re | ktebt | ktebna | nekteb | nekketbou |
| 2e (m) | ketbet | ktebtou | tekteb | tekketbou |
| 2e (f) | ktebti | ktebtou | tekketbi | tekketbou |
| 3e (m) | kteb | ketbou | yekteb | yekketbou |
| 3e (f) | ketbet | ketbou | tekteb | yekketbou |
| Personne | Passé | Présent | Future | Présent continue | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Singulier | Pluriel | Singulier | Pluriel | Singulier | Pluriel | Singulier | Pluriel | |
| 1re (m) | ktebt | ktebna | nekteb | nekketbou | Rayeh nekteb | Rayehin nekketbou | Rani nekteb | Rana nekketbou |
| 1re(f) | ktebt | ktebna | nekteb | nekketbou | Rayeha nekteb | Rayehin nekketbou | Rani nekteb | Rana nekketbou |
| 2e (m) | ketbet | ktebtou | tekteb | tekketbou | Rayeh tekteb | Rayehin tekketbou | Rak tekteb | Rakoum tekketbou |
| 2e (f) | ktebti | ktebtou | tekketbi | tekketbou | Rayeha tekketbi | Rayehin tekketbou | Raki tekketbi | Rakoum tekketbou |
| 3e (m) | kteb | ketbou | yekteb | yekketbou | Rayeh yekteb | Rayehin yekketbou | Rah yekteb | Rahoum yekketbou |
| 3e (f) | ketbet | ketbou | tekteb | yekketbou | Rayeha tekteb | Rayehin yekketbou | Raha tekteb | Rahoum yekketbou |
- Pronoms toniques :
| Francais | Algérien | Francais | Algérien |
|---|---|---|---|
| moi | ana / anaya | nous | ḥna / ḥnaya |
| toi (m) | enta / ntaya | vous (m) | entouma |
| toi (f) | enti / entiyya | vous (f) | entouma |
| lui | houwa | eux | houma |
| elle | hiya | elles | houma |
Example : « Ana thani. » — « Moi aussi. »
- Être au Présent (l'équivalent ici de estar en espagnol et non pas ser) :
| Francais | Algérien | Francais | Algérien |
|---|---|---|---|
| Je suis | Rani | Nous sommes | Rana |
| Tu es (m) | Rak | Vous êtes (m) | Rakoum |
| Tu es (f) | Raki | Vous êtes (f) | Rakoum |
| Il est | Rahou | Ils sont | Rahoum |
| Elle est | Rahi | Elles sont | Rahoum |
Exemple : « Rani hna. » — « Je suis ici. » et « Wech raki? » ou « Ki raki(parler de l'ouest)? » — « comment es (va) tu? » pour s'adresser à une femme.
- Avoir au Présent :
| Francais | Algérien | Francais | Algérien |
|---|---|---|---|
| J'ai | εendi | Nous avons | εend'na |
| Tu as (m et f) | εendek | Vous avez (m et f) | εend'kom |
| Il a | εendou(eh) | Ils ont | εend'hom |
| Elle a | εend'ha | Elles ont | εend'hom |
Exemple : « εandi tomobile. » — « J'ai une voiture. »
Cependant « εand » n'est pas un verbe, sa traduction est: « chez » ; ainsi « l'youma tbet εandi. » veut dire: « aujourd'hui tu passes la nuit chez moi. » et « εand Hicham. » — « chez Hicham .».
Exemple de texte [modifier]
Djehha et le « Bouzellouf » [modifier]
| Bouzellouf | la tête d'un mouton |
|---|---|
Wahd nhar, djehha medlou baba-h frank, bach yechri bouzellouf. Chrah, kla gaε lehmou. bqa γir l'εdam, jabou l babah. ki chafou qallou: "wechnou hada?" qallou: "bouzellouf".
|
Un jour, le père de Jehha lui a donné un franc, pour qu'il achète une tête de mouton. Il l'a acheté ensuite il a mangé toutes la viande. Seule une carcasse vide a été laissée, il l'apporta à son père. Puis, quand il aperçut, il s'écria: «Qu'est-ce que c'est? Jehha a répondu : « la tête d'un mouton ».
|
Exemple d'un texte du maître de Chaâbi algérois, Dahmane El Harrachi [modifier]
| Arabe algérien | En phonétique | Francais |
|---|---|---|
|
يا رايح وين مسافر تروح تعيا وتولي شعال ندمو العباد الغافلين قبلك وقبلي شعال شفت البلدان العامرين و البر الغالي شعال ضيعت اوقات و شعال تزيد ما زال تخلي يا الغايب في بلاد الناس شعال تعيا ما تجري ديك وعد القدرة ولّى زمان وإنت ما تدري |
Ya r-rayeh win msafer trouh teεya w twelli Chehal nedmou leεbad el-ghâfliin qeblek w qebli Chehal cheft el-beldàn l'εamriin w l-ber el-khali Chehal dhîyeεt wqat chehal tzid mazal w tkhelli Ya l-ghâyeb fi blad en-nas chehal teεya ma tedjri Tzid waεd el-qodra wla z-zman w nta ma tedri |
Ô toi qui t'en vas, où pars-tu ? Tu finiras par revenir Combien de gens peu avisés l'ont regretté avant toi et moi Combien de pays surpeuplés et de régions désertes as-tu vu ? Combien de temps as-tu gaspillé ? Combien vas-tu en perdre encore et que laisseras-tu ? Ô toi l'émigré, tu ne cesses de courir dans le pays des autres Le destin et le temps suivent leur course mais toi tu l'ignores |
Notes et références [modifier]
- code générique
- Fiche Algérie dans tlfq.ulaval.ca
- (en) Fiche langue sur le site Ethnologue.com
- Les statistiques sur bases linguistiques sont interdites en Algérie, et il est doncedifficile de donner un chiffre plus précis.
- Khaoula Taleb Ibrahimi, « L’Algérie : coexistence et concurrence des langues », dans L'Année du Maghreb, vol.1 (2004) (Lire en ligne)
- http://www.ruudleeuw.com/trv-berbers.htm
- Le substrat berbère de la culture maghrébine
- Renouvellement social, renouvellement langagier dans l'Algérie d'aujourd'hui Par Chafia Yamina Benmayouf (books.google.fr)
- Le français en Algérie : lexique et dynamique des langues Par Ambroise Queffélec
- http://www.ethnologue.com/show_language.asp?code=asp
- city-dz magazine:La langue arabe «matixistiche» en Algérie
- Le français en Algérie: lexique et dynamique des langues Par Ambroise Queffélec,p124 (books.google.fr)
- Où va l'Algérie By Ahmed Mahiou, Jean-Robert Henry,p277
- Publié en 2008 par les éditions Barzakh (Algérie)
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Jihane Madouni-La Peyre, Dictionnaire arabe algérien-français : Algérie de l'ouest, Langues et Mondes, L'Asiathèque, coll. « Dictionnaires L & M - Langues O' », Paris, 2003, 547 p. (ISBN 2-911053-92-3)
- Norbert Tapiéro, Manuel d'arabe algérien moderne, Klincksieck, coll. « Librairie Klincksieck - Série linguistique » n° 7, Paris, 2008, 214 p. + 1 CD audio (ISBN 978-2-252-03667-9)
- Moktar Djebli, « Méthode d'arabe maghrébin moderne », vol 1 et 2, éd L'harmattan, Paris, 1988
- Abdou Elimam, « Le maghribi, langue trois fois millénaire », éd. ANEP, Alger, 1997
- Hans-Rudolf Singer, « Das Westarabische oder Maghribinische », Handbuch der arabischen Dialekte, éd. Otto Harrassowitz, Wiesbaden, 1980, pp. 249-276