Zohra Drif

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Zohra Drif
Photographié ici lors de son arrestation par les paras français en septembre 1957.
Photographié ici lors de son arrestation par les paras français en septembre 1957.

Naissance 1934
Tiaret
Origine Drapeau de l'Algérie Algérie
Allégeance FLN
et Zone autonome d'Alger
Années de service 19561962
Conflits Drapeau : AlgérieGuerre d'Algérie Drapeau : France
Faits d'armes Bataille d'Alger
Autres fonctions Députée
Vice-présidente du Conseil de la nation
Présidente du Groupe d'amitié Algérie-France

Zohra Drif, (arabe : زهرة ظريف), née en 1934 à Tiaret, est une femme politique algérienne. Avocate retraitée, elle est sénatrice et vice-présidente du Conseil de la nation.

Elle fut l'épouse de Rabah Bitat, un des neuf chefs historiques du FLN. Elle est considérée en Algérie comme une héroïne de la Révolution algérienne, ayant lutté pour l'indépendance de ce pays et contre sa colonisation par la France ; elle était alors connue notamment pour ses activités dans le « Réseau bombes » lors de la bataille d'Alger, aux côtés d'Ali la Pointe, Hassiba Ben Bouali et Yacef Saâdi, chef de la Zone autonome d'Alger.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Zohra Drif naît en 1934 à Tiaret dans une famille bourgeoise et passé toute son enfance à Vialar. Son père, cadi à Vialar l'envoie terminer ses études à Alger, au lycée Fromentin et par la suite à la faculté de droit d'Alger. Avec la littérature, elle découvre le Siècle des Lumières, la Révolution française de 1789 et les libertés individuelles, ce qui l'amène à réfléchir à la situation en Algérie, révoltée par la colonisation et par la différence de traitement entre colons, indigènes juifs et indigènes musulmans.

Militantisme et prison[modifier | modifier le code]

Le 30 septembre 1956, la cellule dont elle fait partie est chargée de placer trois bombes dont celle du Maurétania qui n'explosera pas, celle du bar de la cafétéria de la rue Michelet, et celle qu'elle dépose elle-même[1] dans un café-bar, le « Milk Bar », fréquenté par des Pieds-Noirs : l'attentat tue trois jeunes femmes et fait une douzaine de blessés, dont de nombreux enfants. Arrêtée avec Yacef Saâdi dans le refuge de la rue Caton de la casbah d'Alger, Zohra Drif est condamnée en août 1958, à vingt ans de travaux forcés par le tribunal militaire d'Alger pour terrorisme. Enfermée alors au quartier des femmes de la prison de Barberousse, elle est transférée ensuite dans diverses prisons françaises. Elle vit alors dans l'obsession de la peine capitale. En 1960, toujours en prison, elle écrit son témoignage intitulé la Mort de mes frères. Zohra Drif est finalement graciée par le général de Gaulle lors de l'indépendance de l'Algérie en 1962.

Après l'indépendance[modifier | modifier le code]

Elle est avocate, enseignante, députée et puis vice-présidente du Conseil de la nation, Zohra Drif fait partie des critiques du code de la famille, dès sa promulgation, en 1984.

Elle préside aussi le Groupe d’amitié Algérie-France au Conseil de la nation, le rôle de ce groupe, selon elle : est de « promouvoir des relations d’amitié avec le peuple français », des « relations de confiance » entre parlementaires algériens et français, de « discuter des problèmes qui intéressent nos deux peuples en toute franchise ». Et d’indiquer : « Dès la Déclaration du 1er novembre 1954, le FLN a dit, et cela a été ensuite constant, que nous combattons les forces colonialistes et non le peuple français ».

Cinquante ans après l'attentat du Milk Bar[modifier | modifier le code]

Les « poseuses de bombes ». De gauche à droite : Samia Lakhdari, Zohra Drif, Djamila Bouhired et Hassiba Ben Bouali.

Lors d'un forum débat coorganisé par Marianne-France Inter-El-Khabar qui s'est tenu à Marseille les 30, 31 mars et 1er avril 2012 sur le thème « La guerre d’Algérie, cinquante ans après », Zohra Drif, en présence de Danielle Michel-Chich (une des victimes de l'attentat du Milk Bar, âgée alors de 5 ans), s’attire déjà les foudres du public : « Vous êtes une criminelle de guerre ! Vous avez tué des enfants ! ». Elle se défend en ces termes : « Nous avons pris les armes pour combattre un système. Ce genre de système ne vous laisse d’autre choix que de mourir pour vivre dans votre pays. » Lorsque Danielle Michel-Chich l’interroge sur la légitimité de son geste, Zohra Drif répond : « Ce n’est pas à moi qu’il faut vous adresser, c’est à tous les pouvoirs français qui sont venus asservir mon pays. À titre personnel et humain, je reconnais que c’était tragique, tous ces drames, les nôtres comme les vôtres. Nous étions pris dans une tourmente qui nous dépassait, qui vous dépassait[2]. Elle poursuit en justifiant son combat par l'état de guerre, considérant les victimes tout aussi inévitables que par exemple, dans une autre guerre, celles du bombardement de Dresde[3].

Mandats[modifier | modifier le code]

  • Membre de l'Assemblée Constituante (1962-1964)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, réédition en 2 volumes, Tome1 1954-1957 p. 745, Fayard, 2005.
  2. Attentat du Milk Bar, rien, Zohra Drif ne regrette rien, Marianne2, 1er avril 2012; Article en ligne
  3. Réponse de Zohra Drif à Danielle Michel-Chich une de ses victimes de l’attentat du Milk Bar ], Forum débat coorganisé par Marianne-France Inter-El-Khabar qui s'est tenu à Marseille les 30, 31 mars et 1er avril 2012; Vidéo

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]