Réseau Jeanson

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Le réseau Jeanson était un groupe de militants français, agissant sous les directives de Francis Jeanson, qui opéra en tant que groupe de soutien du FLN durant la guerre d'Algérie, principalement en collectant et en transportant fonds et faux papiers.

Les porteurs de valises[modifier | modifier le code]

Le rôle principal du réseau consistait à agir en tant que cinquième colonne en collectant et en transportant des fonds et des faux-papiers pour les agents du FLN opérant dans la métropole, d'où leur surnom de « porteurs de valises ». La plupart de ses membres proviennent du monde médiatico-intellectuel, rassemblant chrétiens de gauche, trotskistes, syndicalistes ou communistes dissidents[1].

La DST a connaissance relativement tôt des agissements du réseau, mais celui-ci est protégé en haut lieu par le garde des Sceaux lui-même, Edmond Michelet et son cabinet.

Le réseau est finalement démantelé en février 1960 et son procès s'ouvre le 5 septembre 1960. Six Algériens et dix-huit Français sont inculpés. Ils seront défendus par vingt-six avocats dont, le plus en vue, Roland Dumas s'efforcera de faire durer la procédure et de ridiculiser le tribunal. Cette stratégie s'avèrera payante auprès de l'opinion publique. Quinze des inculpés sont condamnés le 1er octobre à dix ans de prison, maximum de la peine ; trois sont condamnés à cinq ans, trois ans et huit mois. Neuf sont acquittés.

Des intellectuels de gauche, avec le Manifeste des 121, apportent leur soutien aux porteurs de valises, dans un contexte où la position de l'État français est de moins en moins claire.

Francis Jeanson s'est toujours défendu d'avoir trahi la France, au contraire, il justifie son attitude par la fidélité aux idéaux sur lesquels doit s'appuyer cette même communauté française[2]. En fuite à l'étranger il est jugé par contumace en octobre 1960. Il est, lors de ce procès, reconnu coupable de haute trahison et condamné à 10 ans de réclusion criminelle. Il est amnistié en 1966[3].

Figures[modifier | modifier le code]

Le célèbre activiste anticolonialiste communiste Henri Curiel assassiné en 1978, en faisait partie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hervé Hamon et Patrick Rotman, Les Porteurs de valises, Albin Michel, 1979
  • Jacques Charby, Les Porteurs d'espoir, La Découverte, 2004
  • Eric Michel, Algérie ! Algérie !, Presses de la Renaissance, 2007. Roman (ISBN : 978-2-7509-0319-0)
  • Raymond Muelle, La gangrène des « porteurs de valises », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 4H, printemps-été 2012, p. 25-27

Francis Jeanson a écrit plusieurs livres sur la guerre d'Algérie et son engagement :

  • L'Algérie hors la loi, en collaboration avec Colette Jeanson, 1955
  • Notre guerre, Éditions de Minuit 1960
  • La Révolution algérienne, problèmes et perspectives, 1962

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raymond Muelle, La gangrène des « porteurs de valises », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 4H, printemps-été 2012, p. 25-27
  2. Francis Jeanson, une vie consacrée à l'exigence du sens
  3. Disparition du philosophe Francis Jeanson

Articles connexes[modifier | modifier le code]