Blida

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Blida
Blida Paysages.jpg
Noms
Nom algérien البليدة
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Mitidja
Wilaya Blida
Daïra Blida
Président de l'APC Zitouni Mohamed
2012-2017
Code postal 09000
Code ONS 0901
Indicatif 025
Démographie
Gentilé Blidéen(s), Blidéenne(s)
Population 1 002 937 hab. (2008[1])
Densité 18 831 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 29′ 00″ N 2° 50′ 00″ E / 36.483333, 2.833333 ()36° 29′ 00″ Nord 2° 50′ 00″ Est / 36.483333, 2.833333 ()  
Superficie 53,26 km2
Divers
Budget 3,6 milliards de DA en 2013[2]
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Blida.
Localisation de la commune dans la wilaya de Blida.

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Blida

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Blida
Liens
Site de la commune http://www.wilayadeblida.dz/

Blida (en arabe : البليدة et , El Boulaida البُلَيْدَة), surnommée « La Ville des Roses »[3], est une commune de la wilaya de Blida, dont elle est le chef-lieu, en Algérie.

Située au contact de l'Atlas blidéen et de la Mitidja, Blida est fondée au XVIe siècle pour accueillir des immigrés andalous. Elle est distante de 50 km de la capitale algérienne, et consiste une ville doublet d'Alger. Elle est la 5e ville du pays par la taille, son unité urbaine compte 331 779 habitants en 2008.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune de Blida est située au centre de la wilaya de Blida. La ville est située à 47 km au sud-ouest d'Alger. L'unité urbaine s'étend en outre de la commune de Blida sur les communes suivantes : Ouled Yaïch, Soumaa, Bouarfa, Beni Mered et Guerouaou[4].

Communes limitrophes de Blida
Oued Alleug Beni Tamou Beni Mered
Chiffa Blida Ouled Yaïch
Chiffa Bouarfa Chréa

Relief et hydrologie[modifier | modifier le code]

La ville de Blida est située au pied du versant nord de l'Atlas blidéen et au Sud de la plaine de la Mitidja, à une altitude de 260 mètres. Elle est localisée sur un cône de déjection construit par l’oued Roumman-El Kebir[5].

Climat[modifier | modifier le code]

L'Atlas tellien protège la ville des vents secs du sud en provenance des Hauts Plateaux. Cette protection permet à la région de bénéficier d'un climat méditerranéen propice à l'agriculture[6].

Nuvola apps kweather.png Données climatiques à Blida.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 9 9 11 12 15 18 21 21 20 17 13 10 15
Température moyenne (°C) 12 12 14 16 18 21 24 25 23 20 15 12 18
Température maximale moyenne (°C) 15 16 17 20 22 25 28 29 27 23 18 15 21
Source : Weatherbase, statistiques[7].


Transports[modifier | modifier le code]

La ville est desservie par :

Localités de la commune[modifier | modifier le code]

La ville de Blida vue du piémont de Chréa

Lors du découpage administratif de 1984, la commune de Blida est constituée à partir des localités suivantes[8]  :

  • Blida
  • Sidi El Kebir
  • Tafraout
  • Nader Ourou
  • Hannous (partie basse)
  • Taberkachent
  • Timizert
  • Dardara
  • El Kennar
  • Sidi Fergani
  • Aïn Soltane
  • Imma Mghita
  • Cheikh Benaïssa
  • Hamalite
  • Kamariz
  • Agba El Hamra
  • Ben Boulaïd
  • Zabana
  • Sidi Abdelkader
  • Ben Achour
  • Maramane
  • Beni Sbiha I
  • Kessasma
  • Oued Abarar

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le mot Blida vient de l'arabe classique boulayda qui signifie petite ville ou petite contrée, qui est le diminutif de Bilad (pays, contrée)[9], il devient en arabe dialectal Blida, ce terme est employé durant la colonisation française. La ville est également surnommée Ourida (petite rose)[10].

Histoire[modifier | modifier le code]

Période ottomane[modifier | modifier le code]

La ville de Blida est fondée au XVIe siècle par le marabout Sidi Ahmed el Kabir avec la participation de musulmans andalous[11] qui s'installent à Ourida (premier nom de Blida) et transforment alors les terres incultivables en vergers grâce aux plantations d'orangers et l'art de l’irrigation. Ils apportent également à la région, l'art de la broderie sur cuir[12],[13].

La légende locale attribue à Sid Ahmed Ben Youcef surnommé el Kebir des origines andalouses, mais il est originaire du Sahara occidental[14]. À la demande de Barberousse qui a fourni les finances nécessaires des caisses de la régence d'Alger, il créa le noyau de la ville de Blida pour accueillir des réfugiés andalous[14]. Selon la tradition orale, il s'écria en contemplant la ville  : « On t'appelle El-Blida (petite ville), je t'appelle El-Ourida (« la petite rose ») ».

Sous la domination ottomane, la ville s'agrandit, elle devient un lieu de repos et de prédilection des souverains turcs d'Alger[15]. Les Ottomans bâtissent des portes monumentales (Bab) à chacune des entrées, Bab el Dzair, Bab el Rahba, Bab el Sebt, Bab el Zaouia, Bab el Kseb, Bab el Kebor et Bab el Kouikha, ces portes n'existent plus de nos jours[9].

Ville de plaisir, et de beauté ; la ville était également menacée, car soumise à des tremblements de terre répétés[5]. En 1817, une épidémie de peste a fait 70 à 100 morts par jour durant un an. En mars 1825, un tremblement de terre détruit la ville[12] qui cause également la mort d'une partie de ses habitants[15]. La population s'est réfugiée à Montpensier[Où ?] qui était alors au nord de Blida. L'agha Yaya fit reconstruire la ville plus au nord[réf. nécessaire].

Période de la colonisation française[modifier | modifier le code]

Les troupes françaises occupent Blida en 1839[11], neuf ans après la conquête de l'Algérie de 1830 et après de nombreuses tentatives d'occupation. Ils bâtissent de grandes casernes militaires, ce qui explique que Blida est devenue une ville garnison de l’armée française pendant toute la durée de la colonisation française[10]. Sa population est de 61 600 en 1950[12]. C'était la seconde ville du département d'Alger.

Détruite par le séisme de 1825, Blida a été reconstruite par les Français selon un plan d'urbanisation moderne (rues à angle droit et maisons basses)[11]. Aux portes de la ville, trois villages de colonisation sont créés : Joinville et Montpensier en 1843 et Dalmatie en 1844[5]. En 1848, elle est érigée en municipalité.

L’indépendance[modifier | modifier le code]

Mosquée d'Al-kawthar.

Après l'indépendance, Blida, ancienne sous-préfecture du département français d'Alger, devient chef-lieu de wilaya en 1974. Elle devient en quelque sorte la capitale de la Mitidja[9]. Toutefois, en raison de sa proximité avec l’agglomération algéroise, Blida sert d’un doublet à Alger ; elle accueille des fonctions et équipements qui ne trouvent plus place dans la capitale. Elle abrite une Université, un centre national de maintenance de la Sonatrach, des zones d’habitat nouvelles destinées à absorber la population attirée par la capitale. L’intensité des liaisons quotidiennes entre les deux villes traduit ce rôle de doublet[5].

Après l'indépendance, la ville a connu un exode rural important. Elle passe de la 9e ville du pays par la taille en 1954, au 5e rang en 1977, 6e en 1987[5] et 5e en 2008[16]. Cette progression démographique s'est accompagnée par des problèmes de logement, malgré les programmes de grands ensembles réalisés par l'État. La poussée urbaine a provoqué l'intégration dans le tissu urbain des vieux noyaux des villages de colonisation et le développement des habitats illicites[5].

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolutions[modifier | modifier le code]

Selon le recensement général de la population et de l'habitat de 2008, la population de l'unité urbaine de Blida est évaluée à 331 779 habitants[16], alors que celle de la commune de Blida est de 163 586 habitants contre 116 949 en 1977 :

Évolution démographique
1977 1987 1998 2008
116 949 127 284 144 225 163 586
(Source : recensement [17],[18])


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges de la commune de Blida en 2008 en pourcentage[19]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,25 
80 et +
0,31 
1,40 
70 à 79 ans
1,55 
2,25 
60 à 69 ans
2,43 
4,08 
50 à 59 ans
3,97 
6,29 
40 à 49 ans
6,25 
7,47 
30 à 39 ans
7,96 
8,83 
20 à 29 ans
9,27 
9,45 
10 à 19 ans
9,05 
9,53 
0 à 9 ans
9,04 

Économie[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

La station de ski de Chréa est proche de Blida.

La cité possède un parc d'attraction dans la zone militaire de Blida à la sortie Ouest, lieu de repos familial, où les familles peuvent admirer les montagnes verdoyantes qui surplombent la ville. Ce dernier est à l'abandon depuis fort longtemps.

Administration et politique[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2012 en cours Ali Bencherchali[20] Ramz El-Acil (liste indépendante)  
Les données manquantes sont à compléter.

Enseignement[modifier | modifier le code]

La ville de Blida dispose d'une université nationale à caractère publique, et de plusieurs instituts de formations professionnelles.

L'université appelée Université Saâd Dahlab de Blida, se situe entre dans le quartier de Ouled Yaïch sur la route de Soumaa.

Récemment, un autre nouveau pôle de l'université a été construit au niveau de l'El Affroun, disposant de plusieurs facultés et des cités universitaires.

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Musiciennes en costume traditionnel

Ville d'art et de traditions, Blida a su garder un cachet spécifique pour la musique andalouse[précision nécessaire].

Blida a préservé plusieurs métiers traditionnels à l'instar de la distillation de l'eau de rose, la broderie sur tissu et le travail du cuivre[21].

La ville est également connue pour la confection des gâteaux algériens. La période ottomane a marqué de son empreinte la population locale. Parmi, les spécialités héritées des Turcs : Tcharak, Baklawa et Ktaif. Les gâteaux de Blida se distinguent également par leur forme artistique, la ville a connu la multiplication des commerces de pâtisserie traditionnelle[21].

Sports[modifier | modifier le code]

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Tombeau de Sidi-Ahmed El-Kebir, fondateur de la ville

Le premier noyau urbain a été doté d’une mosquée implantée sur l’actuelle place du 1er Novembre. Cet édifice religieux a été transformé en caserne, puis en hôpital, en église et enfin en école, avant d’être rasée pour devenir la place d’armes. Deux autres établissements, un four et un hammam ont été bâties par une main d’œuvre recrutée auprès des réfugiés d’Andalousie venus d’Oliva[14].

Le tombeau de Sidi Ahmed El Kebir, situé dans le cimetière proche de la vallée de l'oued El Kébir à 3 km au sud de la ville, dans lequel sont enterrés le patron de Blida ainsi que ses deux fils[22].

Parmi les quatre mosquées dont disposait la ville avant la colonisation française, l’une est convertie au culte catholique, une transformée en caserne, les deux autres laissées aux Musulmans[5]. Les mosquées Ben Sâadoun (achevée à la fin du XIXe siècle) et Torki Hanafi (érigée en 1750), construites par les Turcs[23]. La mosquée de Baba Mohamed qui se trouvait à l’entrée de Bab Dzair, fut transformée en une caserne militaire pour leur escadron[réf. nécessaire].

Le quartier El Djoun ou douirette, est le plus vieux quartier de Blida, la plupart ses demeures sont construites dans un style mauresque. Le quartier s'est profondément dégradé[9].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Victor Margueritte (1866-1942), romancier et auteur dramatique français, natif de Blida;
  • Elissa Rhaïs (1876-1940), auteur de romans et de nouvelles orientalistes, native de Blida;
  • Henri Salvano (1901-1964), footballeur international français, natif de Blida;
  • Jean Coulomb (1904-1999), géophysicien français, natif de Blida;
  • Keltoum (1916-2010), actrice;
  • Jean Daniel (né Jean Daniel Bensaïd en 1920), écrivain et journaliste français, natif de Blida;
  • Bouguerra Belkacem (né en 1920), footballeur algérien USMB, natif de Blida.
  • Mohamed Kouaci, (1922-1996), photographe et combattant de l'ALN
  • Frantz Fanon (né en 1925 à Fort-de-France, Martinique), essayiste et psychiatre martiniquais et algérien, médecin-chef d'une division de l'ancien hôpital psychiatrique de Blida-Joinville rebaptisé Hôpital Frantz Fanon après l'indépendance;
  • Henri Atlan (né en 1931), médecin biologiste, philosophe et écrivain français, natif de Blida;
  • Georges Laffly (1932-2008), journaliste, critique littéraire et essayiste français, natif de Blida;
  • Rabah Driassa (né en 1934), chanteur algérien de musique populaire, natif de Blida;
  • Mahfoud Nahnah (1942-2003), homme politique algérien, natif de Blida;
  • Rachid Nouni (né en 1943), musicien algérien de chaâbi, natif de Blida;
  • Valérie Boisgel (né en 1946), actrice et auteure française, native de Blida;
  • Abdelkader Maidi (né en 1947), écrivain, poète, natif de Blida.
  • Shmuel Trigano (né en 1948), sociologue, philosophe et professeur des universités français, natif de Blida;
  • Frédéric Pieretti (né en 1954), réalisateur, producteur, acteur, éditeur et traducteur français, natif de Blida;
  • Farid Khodja (né en 1964), artiste-interprète algérien de musique andalouse, natif de Blida;
  • Amar Meriech (né en 1964), poète et journaliste algérien, natif de Blida
  • Mohamed Bourouissa (né en 1978), photographe, natif de Blida;
  • Farès Hemitti (né en 1987), footballeur algérien, natif de Blida;
  • Abderrahmane Aziz (né en 1920), chanteur algérien connue par (Yakabaa Ya bit Rabi);

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF]Recensement 2008 de la population algérienne, wilaya de Blida, sur le site de l'ONS.
  2. op. cit., « APC de Blida, les dépenses pourraient atteindre 4,8 milliards de dinars »,‎ 2013
  3. El Watan, édition du 09 Décembre 2010
  4. Armature urbaine (RGPH 2008)..., op.cité, p.42.
  5. a, b, c, d, e, f et g Marc Côte, « Blida », in Encyclopédie berbère, 10 | Beni Isguen – Bouzeis, En ligne, mis en ligne le 01 mai 2013, consulté le 22 octobre 2013.
  6. Daniel Babo, Algérie, Éditions le Sureau, coll. « Des hommes et des lieux » (ISBN 978-2-911328-25-1), p. 30
  7. « Blida, Algeria », sur www.weatherbase.com (consulté en 26 février 2012).
  8. Journal officiel de la République Algérienne, 19 décembre 1984. Décret n° 84-365, fixant la composition, la consistance et les limites territoriales des communes. Wilaya de Blida, page 1490.
  9. a, b, c et d Blida, la ville des roses, en quête de son lustre d'antan, La Tribune du 18/11/2008
  10. a et b Mon beau paysBlida (III), Info Soir du 22/03/2006
  11. a, b et c Daniel Babo, op. cit., p 31
  12. a, b et c Benjamin Stora, Histoire de l'Algérie coloniale (1830-1954) Collection Repères 2004, p-53 (ISBN 9782707144669)
  13. Algérie, Edition Les guides bleus Hachette,‎ 1981, 612 p. (ISBN 2-01-007926-4), p. 208
  14. a, b et c Il était une fois Blida, Sid Ahmed El Kebir, providentiel, El Watan du 08/09/2010.
  15. a et b Mon beau pays: Blida (II), Info Soir du 21/03/2006
  16. a et b ONS, Armature urbaine (RGPH 2008) : Les principaux résultats de l'exploitation exhaustive, Alger, Office National des Statistiques,‎ septembre 2011, 213 p. (ISBN 978-9961-792-74-2, lire en ligne), p. 100
  17. (en) Population de Blida (World Gazetteer)
  18. (en) the People's Democratic Republic of Algeria - Blida (Geohive)
  19. Wilaya de Blida — Population résidente par age et par sexe. Consulté le 25 février 2012.
  20. K. Fawzi, « Blida : Le FLN perd des communes », dans Liberté, 15 décembre 2012 (Lire en ligne).
  21. a et b Les gâteaux traditionnels : Carte de visite de la ville des roses, Algérie Presse Service du 30/07/2011.
  22. Le guide bleu - Hachette, op. cit., p. 209.
  23. Daniel Babo, op. cit., p. 31.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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