École normale supérieure de Lyon

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École normale supérieure de Lyon
Image illustrative de l'article École normale supérieure de Lyon
Devise « L'enseignement par la recherche, pour la recherche »
Informations
Fondation 1880 (École normale de Fontenay-aux-Roses), 1987 (transfert de l'ENS de Saint-Cloud à Lyon), 2010 (réunion des ENS Lyon Sciences et LSH).
Fondateur Jules Ferry
Type École normale supérieure (EPSCP)[1]
Budget 125 000 000 €
Localisation
Coordonnées 45° 43′ 47″ N 4° 49′ 37″ E / 45.729734, 4.826875 ()45° 43′ 47″ Nord 4° 49′ 37″ Est / 45.729734, 4.826875 ()  
Ville Lyon
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Campus Site Descartes (LSH) - 15 Parvis René Descartes / Site Monod (Sciences) - 46 Allée d'Italie
Direction
Président Jean-François Pinton
Directeur Jacques Samarut, par interim
Chiffres clés
Enseignants-chercheurs 230
Chercheurs 350
Étudiants 2 209
Doctorants 433
Divers
Affiliation CGE, AGERA, RESCIF
Site web www.ens-lyon.fr

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École normale supérieure de Lyon

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École normale supérieure de Lyon

L’École normale supérieure de Lyon (ou ENS de Lyon) est une grande école scientifique et littéraire française, l'une des quatre écoles normales supérieures. Elle forme à l'enseignement et à la recherche dans le domaine des sciences fondamentales et expérimentales ainsi que dans celui des lettres et sciences humaines. Originellement créée pour former exclusivement ses élèves-fonctionnaires ou normaliens, recrutés sur concours, l'ENS forme aujourd'hui également des étudiants non rémunérés et des étudiants étrangers. L'École accueille environ 2 200 étudiants, 1 000 chercheurs, et un nombre important de laboratoires et de centres de recherches, répartis en dix départements. Référence dans l'enseignement supérieur français, elle est un centre de recherche important, et l'un des centres essentiels de formation des chercheurs français depuis le XIXe siècle, notamment, par son histoire, dans les domaines de la pédagogie et de l'éducation.

Dérivée des anciennes écoles normales supérieures de Fontenay-aux-Roses et de Saint-Cloud, fondées en 1880, elle est le fruit d'une décentralisation et d'une réorganisation de celles-ci entre 1987 et 2010, année de l'unification des départements transférés. Elle inclut l'Institut français de l'éducation (ancien INRP), et est située sur le campus urbain de Gerland, à Lyon. L'ENS de Lyon fait partie de l'Université de Lyon.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'École normale supérieure de Lyon provient de la réorganisation, entre 1981 et 1987, des anciennes Écoles normales supérieures de Saint-Cloud pour les garçons et de Fontenay-aux-Roses pour les filles. Ces écoles ont été instituées par Jules Ferry par les décrets du 13 juillet 1880 (Fontenay-aux-Roses) et du 22 décembre 1882 (Saint-Cloud). Elles avaient pour mission, jusqu'en 1945, de former les professeurs des écoles normales d'instituteurs et des écoles primaires supérieures, ainsi que les inspecteurs de l'enseignement primaire. Après-guerre, ces établissements ont perdu leur fonction initiale, pour préparer leurs élèves à l'agrégation et se tourner vers la recherche scientifique.

Il s'agissait, à leur fondation, d'institutions atypiques, destinées à répondre à l’ENS Ulm, jugée trop peu démocratique et trop élitiste par les républicains[2] en même temps qu'à se placer au sommet de la hiérarchie du système éducatif créé par les lois Jules Ferry. Dès lors, la position de l'ENS de Saint-Cloud a été, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, en décalage vis-à-vis du système universitaire et en particulier de la rue d'Ulm ; étant bien moins un établissement de recherche que « l'État-major des hussards noirs », selon la formule de Jean-Noël Luc.

1880-1918 : Saint-Cloud et Fontenay-aux-Roses; « État-major des hussards noirs »[3][modifier | modifier le code]

Vue, à gauche, du Pavillon de Valois de l'ancien Château de Saint-Cloud, qui accueille de 1882 à 1987 l'ENS.

Si l'ENS Ulm formait au début du XIXe siècle des professeurs de lycée et d'université, la profonde transformation du système éducatif qui suit la défaite de 1870, perçue comme une marque de la faiblesse de l'instruction populaire, bouleverse cette hiérarchie. Avec les victoires républicaines des élections de 1877 et de 1879, la formation et le recrutement des professeurs est profondément remanié, aux dépens du clergé. Dès 1879 sont réformées les écoles normales (EN), de filles et de garçons, qui deviennent laïques et obligatoires dans le chef-lieu de chaque département, tandis que leurs programmes sont définis précisément. Pour clé de voute de ce système institutionnel, Jules Ferry crée les ENS de Fontenay et de Saint-Cloud, qui forment les professeurs d'écoles normales et d'écoles primaires supérieures, en même temps qu'elles incarnent le sommet de la promotion sociale par l'instruction, puisqu'elles recrutent les meilleurs des élèves-maîtres, des écoles normales de tous les départements, par opposition à la rue d'Ulm, qui s'adresse aux élèves, essentiellement issus de familles très aisées[4], des classes préparatoires parisiennes. Saint-Cloud forme des instituteurs d'instituteurs, quand Ulm forme des professeurs de lycée, structure encore assez rare. Les deux ENS dites « primaires » bénéficient par conséquent d'une image très démocratique, et sont vues comme « l’œuvre la plus féconde de Jules Ferry »[5].

L'ENS de Fontenay investit l'ancienne demeure de Madame Tallien (48° 47′ 21″ N 2° 17′ 34″ E) tandis qu'à Saint-Cloud, l’École s'installe dans le parc, dans le « Pavillon de Valois », dépendance de l'ancien château (48° 50′ 20″ N 2° 13′ 06″ E). Le choix de ces lieux est symbolique autant que pragmatique ; il s'agit à la fois d'accueillir les « enfants du peuple […] dans le palais des Rois pour recevoir une éducation princière »[6] et de les éloigner de Paris et de ses divertissements. À Saint-Cloud, la discipline se veut en effet plus stricte qu'à l'ENS Ulm ; les locaux, si somptueux soient-ils, conservent un aménagement spartiate jusqu'en 1906. Les élèves, internes pour la plupart, sont soumis à un train de vie rigoureux ; lever à cinq heures, instruction en vase clos, sans accès aux cours des universités ; séjours à Paris rarement accordés[7]. Ce cadre et cette discipline particulière font naître un « esprit de Saint-Cloud »[8] ; ces instituteurs-élèves qui partagent le métier, l'origine sociale et provinciale le plus souvent, la promotion sociale d'un concours très sélectif[9], et, pragmatiquement, l'isolement de l’École, se retrouvent autour de pratiques et d'idées communes : le militantisme pédagogique, un républicanisme et un laïcisme intransigeants, des rivalités avec les élèves de la rue d'Ulm vus comme coupés du peuple et faisant parfois figure de dilettantes. Plus pragmatiquement, le repos du dimanche après-midi est l'occasion de fréquenter (amoureusement) les jeunes filles de l'ENS de Sèvres, de l'autre coté du parc de Saint-Cloud. De nombreux normaliens de Saint-Cloud ont ainsi rencontré dans les jardins de Le Nôtre leur épouse, à l'image de Jean Sarrailh.

L'origine sociale des élèves se voulait donc toute autre que celle des élèves de la rue d'Ulm. La majorité des Cloutiers, jusque dans les années 1920, sont déjà instituteurs, ou élèves-maîtres d'une école normale. Il s'agit le plus souvent des meilleurs élèves des écoles normales primaires de tous les départements, qui préparent seuls, durant leur quatrième année d'école normale ou leur premier année de fonction, le concours très sélectif de Saint-Cloud et de Fontenay-aux-Roses. Ce recrutement rigoureux s'élargit en 1895, avec l'ouverture de la première classe préparatoire à l'ENS de Saint-Cloud, au lycée Chaptal à Paris ; à l'image des lycées Louis-Le-Grand et Henri IV qui préparent à Ulm. Cela a pour effet de faire venir des élèves non-instituteurs, qui deviendront de plus en plus nombreux jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, et se tourneront de plus en plus vers la recherche. L'École normale de Versailles devient aussi, dans les années 1900, la plus importante préparation à l'ENS. L'établissement de Saint-Cloud est partagé entre scientifiques et littéraires, et se distingue par des profils sociologiques originaux pour une grande école. La part de Parisiens dans l'effectif des élèves ne dépasse pas 8% avant 1919[10], et les départements sont plus ou moins équitablement représentés[11]. Formant des enseignants au sommet de la hiérarchie éducative de la Troisième République, les ENS « primaires » sont aussi conçues comme l'image même de la promotion sociale par l'instruction, le principe étant que n'importe quel jeune provincial, nonobstant son origine sociale, puisse passer de l'école de son village à l'école normale de son département, et de là à l'ENS de Saint-Cloud ou de Fontenay. Celles-ci apparaissent donc comme les « école[s] du peuple »[12]. Les fils de classes aisées (cadres moyens ou supérieurs) forment jusqu'en 1914 moins de 2% des élèves, tandis que les fils d'artisans, de commerçants, d'agriculteurs, et surtout d'instituteurs sont surreprésentés. Entre 1882 et 1913, 23% des normaliens de Saint-Cloud sont fils d'agriculteurs, 19% d'instituteurs, 35% d'artisans, 0,4% de professions libérales[13]. La bourgeoisie répugne en effet à faire de leurs enfants des instituteurs ou des professeurs, professions mal rémunérées[14]. De fait, les élèves se voyant rapidement comme les éducateurs du peuple, et les sciences de l'éducation dont l’École fait sa spécialité devient le moteur d'un militantisme pédagogique, qui s'affirmera parfois radicalement, avec la création précoce d'un groupe socialiste, et à travers des figures comme Albert Thierry, lui-même fils d'artisan. L'établissement forme ainsi une élite populaire, à l'écart de toute filière de reproduction sociale bourgeoise.

1918-1945 : Une école en mutation[modifier | modifier le code]

Durant l'entre-deux-guerres, les ENS de Fontenay et de Saint-Cloud vivent, en quelque sorte, une crise d'identité ; en conservant leur rôle de haut-lieu de l'instruction publique, elles voient leur statut devenir plus ambigu ; leurs élèves venant beaucoup plus souvent de classes préparatoires et de milieux aisés, et s'orientant de plus en plus vers le professorat ou la recherche.

La Première Guerre mondiale a de lourdes conséquences sur le fonctionnement de l'ENS de Saint-Cloud, à l'image de ce qu'a subit Ulm ou l’École polytechnique [15]. Les promotions les plus jeunes (1911, 1912 et 1913) sont particulièrement meurtries, et l'ENS de Saint-Cloud ferme complètement ses portes entre 1914 et 1918. Près du tiers des promotions 1900-1914 disparaît lors du conflit, à l'image de Jules Leroux ou d'Albert Thierry[16]. Un monument au mort est dressé par l'Amicale des Anciens élèves ; il a depuis été transféré, en 2010, dans le hall du campus Descartes des bâtiments lyonnais.

Cette période d'inactivité met à mal la prééminence de ces établissements dans le système éducatif. Les réformes des années 1920 se font à l'aune du constat qu'a été celui de la mobilisation générale de 1914, celui du gouffre séparant l'instruction bourgeoise, celle des lycées, et l'instruction populaire, souvent trop faible. Le principe des écoles normales, et des écoles primaires supérieures est critiqué, notamment par Ferdinand Buisson, et le celui, démocratique, de l'école unique, du lycée ouvert à tous, s'impose. Le mouvement des Compagnons de l'Université Nouvelle, dans son programme de réforme de 1918-1919, envisage même la fermeture des ENS de Saint-Cloud et de Fontenay en même temps que celles des écoles normales et des écoles primaires supérieures. Si cette fermeture ne sera pas envisagée sérieusement, le rôle des Cloutiers est ébranlé ; dans un système dominé par le lycée et le baccalauréat et excluant les écoles primaires supérieures, le besoin de former des professeurs pour celles-ci n'est pas évident. Le place des ENS est alors remise en cause; au lieu de former des « éducateurs du peuple », elles se mettent à former des inspecteurs primaires et des directeurs d'écoles normales. Une série de décrets-lois dans les années 1930 réduit encore leur rôle, et ne sont suspendues que par l'action de Jean Zay et du Front Populaire.

Les élèves des ENS souffrent aussi d'un problème d'identité. Le recrutement, élargi peu avant le premier conflit mondial, éloigne quelque peu Saint-Cloud de ses origines populaires ; les élèves viennent de plus en plus de classes préparatoires, et représentent davantage qu'avant-guerre les classes aisées. De même, le flou demeurant quant à leur place véritable, elle s'ouvre sur l'Université ; dès 1909, les Cloutiers sont autorisés à suivre des cours en Sorbonne, et dans les années 1930, préparent de plus en plus l'agrégation. Saint-Cloud, en quête d'identité, suit alors de plus en plus le modèle de l'ENS Ulm.

Le régime de Vichy achève brutalement ce débat de l'école unique, en supprimant les écoles normales, le 18 septembre 1940. Les ENS de Fontenay et de Saint-Cloud, n'ayant plus de rôle véritable, sont occupées par les Allemands, les bâtiments de Saint-Cloud en partie détruits, les enseignants prisonniers. La République des professeurs a vécu. En 1942, elles deviennent toutefois brièvement Écoles nationales préparatoires à l'enseignement dans les collèges.

1945-1987 : Les ENS de Fontenay et de Saint-Cloud se tournent vers la recherche[modifier | modifier le code]

À la Libération, les deux établissements sont symboliquement restaurés dans leurs prérogatives anciennes, mais l'unification du personnel enseignant des écoles normales et des lycées, dans le système universitaire contemporain, les obligent à changer une nouvelle fois de fonction. Ils sont ainsi pleinement intégrés dans l'enseignement supérieur, se détachant complètement de leur vocation initiale, l'enseignement primaire. Aussi reprennent-ils le modèle de la rue d'Ulm en devenant, par décret du 19 février 1945, des Écoles normales supérieures préparatoires à l'enseignement du second degré avec pour mission de former des professeurs certifiés. La Quatrième République fait donc des ENS des centres de formation supérieures aux universités pour la formation des professeurs. Elle favorise ainsi leur assimilation à l'ENS d'Ulm ; la loi du 26 août 1948 unifie le statut des quatre ENS, et la fonctionnarisation de tous les normaliens est décrétée en 1954 par les ministres André Marie et Yvon Delbos[17].

Si Saint-Cloud prépare officiellement ses élèves au CAEC, auquel suivra le CAPES, et, pour les élèves-inspecteurs, à l'agrégation de pédagogie, les élèves se tournent plus majoritairement vers l'agrégation, tandis que la formation des professeurs du second degré, dont le sous-nombre doit être résorbé durant l'explosion scolaire des années 1950[18], devient l'apanage de l'université. Les études secondaires devenant la norme, elles ne peuvent guère dépendre d'établissements aussi sélectifs. La mise en place du CAPES en novembre 1951 éloigne encore les ENS de l'enseignement secondaire ; celles-ci se tournent exclusivement vers l'agrégation. Le décret du 4 juillet 1956 ne fait qu'entériner un fait accompli ; il met en place un cursus en quatre ans, avec pour objectif essentiel la préparation de l'agrégation. Ce schéma est encore en vigueur actuellement. L'ENS de Saint-Cloud participe à la création de l'agrégation de lettres modernes en 1957, par le biais du directeur René Vettier.

Le régime de quatre ENS (Ulm, Fontenay, Saint-Cloud et Sèvres) est donc totalement unifié, toutes visant le même concours et les mêmes débouchés. Le recrutement est lui aussi unifié, Saint-Cloud et Fontenay étant désormais préparées dans toutes les classes préparatoires scientifiques ou les khâgnes, non plus dans des classes préparatoires spécifiques. Elles deviennent plus attrayantes qu'avant-guerre, attirant plus de 1000 candidats scientifiques en 1969 , pour cinquante places. Saint-Cloud devient essentiellement un centre scientifique, se dotant de laboratoires de recherche, animés notamment par Daniel Roche ou Roland Mousnier en histoire, Pierre Barbéris en littérature. Formant des chercheurs et des enseignants du supérieur, Fontenay et Saint-Cloud voit à cette période leur héritage reconnu au grand jour au travers de ses anciens élèves les plus fameux, notamment en sciences sociales (voir la rubrique Anciens élèves) .

Cette nouvelle visibilité amène toutefois de nouveaux problèmes à l'école. Leurs prérogatives identiques, doublées de leur proximité géographique, stimulent une rivalité patente entre les ENS d'Ulm et de Saint-Cloud, entre Sèvres et Fontenay. Le monopole de l'élite intellectuelle à Paris, qui existait avant-guerre pour l'ENS Ulm étant caduque, les ENS se voient en compétition, ce alors que les Ulmiens sont mieux représentés dans les instances politiques, Saint-Cloud ne formant encore que peu de hauts fonctionnaires. La question du transfert de celle-ci (voir infra), fait passer le débat dans le milieu politique. Les partis de droite n'apprécient guère les sentiments politiques que l'on prête à Saint-Cloud et souhaitent l'éloigner ou la supprimer, tandis que les partis de gauche, tout en s'opposant au principe, jugé peu démocratique, des grandes écoles[19], défendent l'ENS de Saint-Cloud contre celle d'Ulm, en avançant la diversité sociale des élèves de la première par rapport à ceux de la seconde. La presse, en relatant, souvent de manière virulente, cette querelle, relaie cette image, plus fantasmée que réelle[20], d'une école démocratique, fer de lance de la promotion sociale[21].

En outre, l'ensemble des ENS, dans les années 1970 et 1980, est confronté aux problèmes des débouchés de leur formation dans un contexte de restriction du nombre de postes disponibles dans l'enseignement supérieur. Saint-Cloud souffre particulièrement, ayant moins de prestige et d'appuis qu'Ulm. Le système des ENS, par nature élitiste, se découvre dans une position contradictoire, formant des cadres dans l'absence de poste à pourvoir[22]. Vulnérable, il devient la cible des critiques les plus virulentes contre l'élitisme républicain ; Saint-Cloud épargné dans les années 1950 et 1960, doit également y faire face, dans la mesure où son recrutement populaire traditionnel tend à disparaître devant de nouveaux élèves d'origine sociale aisées[23]. La mutation sociologique de l'école est la rançon de son succès académique ; aussi, de plus en plus de Cloutiers passent ensuite par l'ENA, à l'image de Jean-Michel Gaillard. Une solution à ces problèmes est trouvée à travers la délocalisation de l'École.

Depuis 1987 : délocalisation à Lyon et unification[modifier | modifier le code]

Depuis 1935, année de la construction de l'autoroute de Normandie et de rénovation du Pont de Saint-Cloud, les locaux de Saint-Cloud étaient menacés de destruction pour laisser place à ces aménagements. La nouvelle vocation scientifique de l'ENS ravive les problèmes logistiques ; les laboratoires, les centres de colloques, les logements des étudiants beaucoup plus nombreux qu'avant-guerre demandent, de fait, de nouveaux bâtiments. En 1969, la décision de doubler le tunnel de l'autoroute A13, à proximité immédiate de l'École, amène brutalement le besoin d'un déménagement. Plusieurs villes sont envisagées (Orsay, Marseille, Orléans, Saint-Quentin-en-Yvelines[24]) avant que, le 30 septembre 1975, le premier ministre Jacques Chirac annonce la délocalisation de l'École à Lyon, dans le cadre du vaste ensemble de projet relatif à l'agglomération. En 1976, la restructuration de toutes les ENS est décidée, et aboutira à la suppression de l'ENS de Sèvres en 1985, et à la mixité des trois ENS restantes ; Fontenay-Saint-Cloud, Ulm et Cachan, qui remplace l'ENSET. Il est également décidée que la section scientifique de Saint-Cloud déménagera avant la section littéraire, qui s'installera à Fontenay-aux-Roses.

Les nouveaux locaux, qui constituent aujourd'hui le campus Monod, sont construits dans le quartier populaire de Gerland, à coté de la Halle Tony Garnier, dans un souci d'équilibre urbanistique, par les architectes Philippe Dubois-Brunet et Daniel Barraud. Cette section scientifique délocalisée est renommée École normale supérieure de Lyon, et est inaugurée en 1986 par Jacques Chirac. Elle entre en fonction en 1987. Cette délocalisation ne se fait pas sans heurts ; la presse accuse les responsables politiques d'« assassiner » l'ENS de Saint-Cloud[25] ou de simplement déménager une école élitiste sans la rendre plus accessible[26]. De même, le personnel enseignant de l'École accepte mal ce changement ; en 1987, lorsque le choix leur est laissé de suivre l'École ou d'intégrer un autre établissement parisien, la majorité des enseignants choisit de rester en région parisienne[27].

La section littéraire, renommée dans les années 1980 ENS de Fontenay-Saint-Cloud, déménage, elle, en 2000. Après avoir envisagé de s'installer dans la Villa Gillet[28], elle s'installe à proximité de la section scientifique, dans des bâtiments crées par Henri Gaudin et un jardin de Gilles Clément. Elle prend alors le nom d'ENS-LSH (Lettres et Sciences Humaines), et pour directeur l'historien Olivier Faron. Cette installation est l'occasion d'une restructuration du quartier de Gerland[29], quartier populaire et anciennement industriel, par l'arrivée de nombreux laboratoires de recherche privés, dont le laboratoire P4 Mérieux, ou le siège mondial de Sanofi Pasteur, la construction de la bibliothèque Diderot au début des années 2000, plus grande bibliothèque universitaire lyonnaise, ou la construction de la station de métro Debourg en 2000, devant l'entrée du site Descartes.

Les deux établissements lyonnais, l'ENS de Lyon scientifique, et l'ENS-LSH littéraire, fusionnent le 1er janvier 2010, le nouvel établissement unifié portant le nom d'ENS de Lyon. Les locaux sont séparés entre le campus Monod pour les scientifiques, et le campus Descartes, qui accueillent les jardins, pour les littéraires. En décembre 2011, le Conseil d'État a annulé – en fixant la date d'effet de cette annulation au 30 juin 2012 – la fusion en s'appuyant sur des vices de procédure lors du processus de regroupement[30][31]. Un nouveau décret de fusion est publié le 8 mai 2012[32]. En 2010, l'Institut français de l'éducation (ancien INRP) est également délocalisé et intègre l'ENS de Lyon. Il rejoint le campus Descartes. L'ENS renoue alors avec son héritage pédagogique, qu'elle traduit aussi en accueillant d'importants centres de recherche en sciences de l'éducation. En septembre 2010 est également ouverte, au sein de l'école, une classe préparatoire à l'enseignement supérieur (CPES), destinée à faciliter l’accès aux classes préparatoires et, par extension, aux grandes écoles, aux lycéens méritants issus de milieux modestes, ou de zones urbaines sensibles.


Enseignement[modifier | modifier le code]

Départements[modifier | modifier le code]

Depuis la création du nouvel établissement en 2010, l'ENS de Lyon propose des formations à la fois en sciences, en lettres et en sciences humaines.

Il existe six départements de sciences expérimentales et exactes : biologie, chimie, géologie, informatique, mathématique et physique.

Il existe également six départements en lettres et sciences humaines : arts ; langues, littératures et civilisation étrangères ; lettres ; sciences humaines ; sciences sociales.

Formations[modifier | modifier le code]

En sciences, cinq voies sont possibles pour l'année de Licence 3 : « biologie fondamentale », « informatique fondamentale », « mathématiques fondamentales », « sciences de la matière avec mention physique ou chimie », « sciences de la Terre et des planètes ».

En Lettres & Sciences Humaines, au vu du faible nombre d'élèves intégrant l'ENS en "carré" (après seulement 2 années de CPGE) les sections ne proposent pas de Licence, et les élèves qui intègrent à Bac+2 doivent effectuer leur L3 à l'université (généralement Lyon 2 ou Lyon 3), avec dans certaines sections un complément de formation à l'ENS.

L'ENS propose également une grande variété de masters :

  • 6 master recherche en Sciences (Master Biosciences, Informatique fondamentale, Mathématiques et applications, ingénierie mathématique ou mathématiques avancée, Spécialité Physique et chimie de la Terre et des planètes et Spécialité Paléontologie, sédimentologie, paléoenvironnement, Sciences de la matière Spécialité Physique ou Chimie, modélisation des systèmes complexes.)
  • 36 master recherche en Langues, Lettres, Sciences humaines et sociales.

Admission à l'ENS[modifier | modifier le code]

  • Normaliens

Les élèves normaliens sont recrutés par concours. Le concours est principalement destiné aux étudiants en classes préparatoires, et est composé d'une banque d'épreuves communes aux trois ENS. En sciences, il est également possible d'intégrer l'ENS Lyon pour les étudiants issus des filières universitaires via le « second concours ». Une centaine d'élèves dits Normaliens sont ainsi admis chaque année, obtenant le statut de fonctionnaire-stagiaire, et sont rémunérés durant quatre ans, avec possibilité d'un financement supplémentaire de trois ans pour les élèves décidant de faire un doctorat. Ils doivent 10 ans de service à l’État, dans le cadre d'un engagement décennal signé lors de leur entrée à l'école[33].

À titre d'information, les places offertes en Sciences en 2010 étaient de : 34 en « Biologie et Sciences de la Terre », 34 en « Sciences de la matière » (Physique et Chimie), 19 en « Mathématiques », 20 en « Informatique ».

Les places offertes en Lettres & Sciences Humaines étaient de : 37 en « Lettres & Arts », 35 en « Langue vivante », 38 en « Sciences Humaines » (Histoire, Géographie, Philosophie), 5 en « Sciences Économiques & Sociales » (Économie, Sociologie)[34].

  • Auditeurs (et autres Étudiants)

D'autres étudiants sont recrutés sur dossier : ils sont issus des classes préparatoires ou de l'université et sont appelés « auditeurs libres ». L'ENS accueille également des étudiants étrangers, des doctorants, ou d'autres types de profils (stagiaire en formation continue, étudiants boursier à BAC+1). Ils suivent les mêmes cours, les mêmes travaux pratiques et reçoivent les mêmes diplômes que les Normaliens. Ces « auditeurs » ne disposent pas du statut de fonctionnaire et ne sont donc pas rémunérés au titre de leurs études, ne sont pas tenus à un engagement décennal et l'octroi d'une bourse de thèse n'est pas automatique en fin d'études. Contrairement aux normaliens, qui se voient automatiquement admis à suivre un cursus de quatre ans à l'ENS, les « auditeurs » ne sont recrutés que pour une année renouvelable, ce qui rend plus complexe, pour eux, l'élaboration d'un projet professionnel cohérent au sein de l'établissement.

Les cursus à l'ENS[modifier | modifier le code]

Vue aérienne du site René Descartes (campus Lettres et Sciences Humaines), 15 Parvis René Descartes.

L'ENS Lyon est habilitée à délivrer des masters, des doctorats, et le diplôme de l'école. Elle prépare en outre à de nombreux concours de l'agrégation. Seule la "moitié" scientifique de l'ENS délivre des licences (cohabilitées avec l'Université Lyon 1) : les étudiants en parcours LSH qui intègrent en carré doivent donc passer leur première année à l'université (généralement Lyon 2) pour obtenir leur Licence 3.

  • Parcours d'un Normalien

Durant les trois premières années de leur scolarité, ces élèves suivent le parcours suivant: Licence, Master 1, Master 2. Les étudiants intégrant l’École en « cube » (après trois années de prépa) peuvent également entrer directement en Master (uniquement en parcours LSH, et à l'exception de l'histoire et de la géographie). Il est également possible de préparer l'agrégation entre le Master 1 et le Master 2 de recherche. À l'issue de cette année de préparation à l'agrégation, les élèves et étudiants reçoivent un Master 2 "Enseignement" qui leur permet de se présenter au concours. Cependant, pour continuer dans la recherche, les élèves et étudiants doivent s'inscrire l'année suivante en Master 2 Recherche.

Durant leur 4e année, les Normaliens peuvent suivre divers parcours : Agrégation, année de césure (par exemple à l'étranger), préparation du projet de thèse, 1re année de thèse... Il est également possible pour eux de suivre un Master dans un autre département. En effet, les changements de département sont autorisés avec l'accord des directeurs de départements.

  • Parcours d'un auditeur

En sciences, ces élèves peuvent intégrer l'ENS en 1re année et sont donc inscrits en Licence 3. Ils sont issus de Classes Préparatoires, d'Université (étudiants provenant de Licence 2), et éventuellement d'IUT ou d'universités étrangères. Certains peuvent également entrer en 2e ou 3e année : ces étudiants sont donc en Master 1 ou 2, ou en agrégation. Ils peuvent notamment provenir de l'université, mais aussi d'écoles vétérinaires, de médecine ou de cursus apparentés.

En Lettres et Sciences Humaines, les auditeurs entrent à l'ENS en 2e ou 3e année (M1, M2 ou agrégation). Ils proviennent pour la plupart de classes préparatoires (après avoir cubé), et parfois d'universités françaises ou étrangères.

La formation de l'ENS de Lyon : une formation par la recherche[modifier | modifier le code]

Les élèves bénéficient d'une formation à la recherche de très haut niveau, avec dans les sections scientifiques de nombreux stages en laboratoire (au moins un par an dans la plupart des formations scientifiques). Par exemple, dans le cadre d'un parcours en biologie l'étudiant effectuera :

En 1re année (Licence) : 7 semaines de travaux pratiques réparties pendant l'année de cours, qui est suivie de 7 semaines de stage en laboratoire (minimum).

En 2e année et 3e année (Master) : le premier semestre est dédié aux cours, les trois suivants à la recherche. Chacun des trois derniers semestres se compose d'un stage en laboratoire de 14 semaines minimum et d'une « UE Europe ». Les UE Europe sont des cycles de conférences thématiques organisées par l'ENS de Lyon, où des chercheurs français et étrangers sont invités à présenter leur résultats.

Les élèves souhaitant continuer en Doctorat peuvent effecteur leur thèse dans l'un des laboratoires de l'ENS ou ailleurs. Les normaliens bénéficient de bourses de thèse sur « quotas normaliens », bourses ministérielles dont la délivrance est décidée par l’École, et qui ont vocation à essaimer dans toute la France : la bourse est délivrée par l'ENS, mais l'étudiant peut faire sa thèse dans n'importe quelle école doctorale française. Actuellement, l'ENS compte plus de 400 doctorants.

La préparation au concours national de l'agrégation externe[modifier | modifier le code]

L'ENS de Lyon organise la préparation au concours externe de l'agrégation dans 16 disciplines :

D'après l'école, le taux de réussite à l'agrégation était d'environ 70 % en 2009 pour les sciences[35], ce qui en fait l'une des ou la meilleure préparation à l'agrégation[36] de France.

La préparation au concours national de l'agrégation interne[modifier | modifier le code]

Depuis 2013, l'ENS de Lyon propose une formation à l'agrégation interne de sciences physiques. Cet enseignement est structuré dans le cadre de la formation continue.

Le Diplôme de l'ENS de Lyon[modifier | modifier le code]

Comme de nombreuses grandes écoles, l'ENS a créé un diplôme "maison". Pour l'obtenir, il faut obtenir un master qui se prépare à l'école. Il faut en sus valider deux unités d'enseignement qui doivent être choisi dans deux domaines différents parmi:

  • une formation dans une autre discipline que la discipline d'origine (au moins 20 heures),
  • une formation internationale (d'au moins six semaines),
  • exercer une responsabilité ou faire un travail artistique ou de diffusion des savoirs.

Ces UC ne doivent pas être choisies parmi celles utilisées pour valider le master[37].

Il faut au moins deux inscriptions pour demander à valider ce diplôme.

Recherche[modifier | modifier le code]

L'école abrite un grand nombre de laboratoires de recherche. L'école est aussi partenaire du laboratoire international associé SALADYN créé en 2013[38].

Biologie[modifier | modifier le code]

  • Institut de Génomique Fonctionnelle de Lyon dirigé par Vincent Laudet
  • Laboratoire de Biologie Moléculaire de la Cellule dirigé par Laurent Schaeffer
  • Laboratoire « Reproduction et Développement des Plantes » dirigé par Jan Traas
  • Unité de Virologie Humaine dirigé par François-Loic Cosset
  • L'IBCP (Institut de Biologie et Chimie des Protéines) fondé par Alain-Jean Cozzone et dirigé par Gilbert Deleage se situe à côté de l'ENS. Des échanges ont lieu entre l'IBCP et l'ENS.
  • PALGENE (Plateforme Nationale de Paléogénétique et Evolution Moléculaire) dirigé par Catherine Hänni

Chimie[modifier | modifier le code]

Le Laboratoire de chimie de l'ENS de Lyon a été créé sous le nom de STIM (stéréochimie des interactions moléculaires) en 1987. Il s'appelle maintenant LC-ENS et il est dirigé par Chantal Andraud depuis janvier 2011. Les recherches s'y développent autour de trois axes[39] :

  • Chimie organique et matériaux nanostructurés ;
  • Chimie théorique ;
  • Matériaux fonctionnels et photoniques.

Informatique[modifier | modifier le code]

Laboratoire de l'Informatique du Parallélisme dirigé par Gilles Villard.

Mathématiques[modifier | modifier le code]

Unité de mathématiques pures et appliquées dirigée par Emmanuel Giroux.

Physique[modifier | modifier le code]

Laboratoire de physique dirigé par Thierry Dauxois. Ce laboratoire s'intéresse notamment à la physique théorique et non-linéaire.

Sciences de la Terre[modifier | modifier le code]

Laboratoire de Géologie de Lyon, Terre, Planètes, Environnement dirigé par Francis Albarède. L’Institut National des Sciences de l'Univers du CNRS (INSU) a décidé depuis de nombreuses années d'installer au LST certains de ses instruments nationaux de mesure.

Interdisciplinaire[modifier | modifier le code]

  • Laboratoire Transdisciplinaire Joliot-Curie dirigé depuis janvier 2011 par Françoise Argoul. Ce laboratoire a pour objectif de favoriser la recherche en biologie par des chercheurs d'autres disciplines.
  • Institut des Systèmes Complexes Rhône-Alpes dirigé par Pablo Jensen.
  • Institut Michel Serres, de recherche en écologie et développement, centré sur les thématiques de ressources et de biens communs.

Sciences humaines et sociales[modifier | modifier le code]

  • Laboratoire Triangle (UMR 5206 TRIANGLE)
  • Institut d'histoire de la pensée classique (IHPC)
  • Centre d'études en rhétorique, philosophie et histoire des idées (UMR 5037 CERPHI)
  • Institut d'Asie Orientale (IAO)
  • Interactions, Corpus, Apprentissages et Représentations (ICAR)
  • Groupe de Recherche sur la Socialisation (GRS)
  • Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA)
  • Laboratoire sciences et société, historicité, éducations, pratiques (S2HEP)
  • Littérature, idéologies, représentations aux XVIII et XIX siècles (LIRE)
  • Histoire et archéologie des mondes chrétiens et musulmans médiévaux (CIHAM)
  • Groupe d'analyse et de théorie économique (GATE)
  • Environnement, Ville, Société (EVS)
  • Centre Norbert Elias
  • Communication, Culture et Société (C2SO)
  • Institut des Sciences de l'Homme (ISH)
  • Centre d'études et de recherches comparées sur la création(CERCC)
  • Centre d'étude et de recherche sur l'occident romain (CEROR)
  • Institut des langues et cultures slaves
  • Institut Desanti
  • Institut européen Est-Ouest (IEEO)
  • Institut des langues anciennes
  • Institut des Arts
  • Centre d'épistémologie des sciences cognitives
  • Séminaire Interdisciplinaire de Recherches sur l'Espagne Médiévale (SIREM)

Institut français de l'éducation[modifier | modifier le code]

Depuis le 18 avril 2011, les activités de l'Institut national de recherche pédagogique (INRP), à l'exception du musée national de l'éducation, sont reprises par une composante de l'ENS Lyon, l'Institut français de l'éducation (IFE).

Classement international[modifier | modifier le code]

Les résultats du Times Higher Education 2010 classent l'ENS de Lyon (sous sa nouvelle forme) comme étant la 100e université mondiale, c'est-à-dire 3e établissement français derrière l'École polytechnique (France) et l'ENS Ulm. Le QS World University Ranking de 2013 la place à la 156e place mondiale, devant Science Po ou ParisTech[40].

Le classement de Shanghai de 2013 ne classe quant à lui l'ENS Lyon qu'entre la 201 et la 300e place, avec l’École polytechnique[41]. La pertinence de ce classement pour apprécier la qualité de l'ENS Lyon est contestée; il est en effet allégué que les critères du classement de Shanghai disqualifient les petites structures en se fondant plus sur la quantité de publications que sur la qualité des élèves, qui serait au centre de la stratégie des ENS. Par ailleurs, le classement qu'il donne des différents établissements français est très éloigné de ceux donnés par les observateurs spécialisés de ce pays.

Campus[modifier | modifier le code]

Site Monod (Sciences)[modifier | modifier le code]

Les bâtiments du campus Monod sont situés 46 allée d'Italie, dans le quartier de Gerland. Ils ont été conçus et réalisés par les architectes Philippe Dubois-Brunet et Daniel Barraud (architectes DPLG), à l'issue d'un concours d'architecture à deux degrés en 1981 et 1982. Francis Dubus, alors directeur de l'école à Saint-Cloud, s'était particulièrement impliqué dans ce projet. Une première tranche a été inaugurée par Jacques Chirac en 1986, et l’École est entrée en fonctions en 1987.

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Ce site est desservi par les stations de métro : Debourg et Stade de Gerland.

Depuis février 2014, le tram T1 dessert les deux sites de l'ENS de Lyon.

Site Descartes (Lettres et Sciences Humaines)[modifier | modifier le code]

Vue d'une partie de la « prairie » du campus Descartes (Lettres et Sciences Humaines).

Les bâtiments du campus Descartes sont l’œuvre de l'architecte Henri Gaudin, son fils Bruno Gaudin étant l'auteur de la Bibliothèque Denis Diderot. Le grand jardin fut pour sa part conçu par le paysagiste et écologue Gilles Clément, pensé comme une oasis de biodiversité au milieu de la ville. Le campus, au départ « ENS LSH » (jusqu'à la refusion avec l'ENS « sciences » en 2010), est entré en fonctions en 2000. Le bâtiment formation (salle de cours, gymnase, amphithéâtre et théâtre Kantor), le bâtiment recherche (laboratoires et équipes de recherche), le bâtiment administration et le bâtiment ressources regroupant les moyens de production (studio d'enregistrement, reprographie, centre de ressources informatiques, etc.) sont tous réunis par le Forum Félix Pécaut, l'entrée magistrale de l'école par le parvis René-Descartes, pensé par l'architecte comme lieu de circulation par essence. Le Forum cristallise presque tous les éléments récurrents de l'architecture si spécifique d'Henri Gaudin. La résidence des élèves, l'hôtel des invités et les logements de fonction composent les espaces privatifs en quelque sorte de ce campus urbain[42].

Vue du jardin du campus Descartes (Lettres et Sciences Humaines) avec, en arrière-plan, la Bibliothèque Diderot.

Le « jardin évolutif » est une création-concept du paysagiste Gilles Clément, destinée à reproduire un écosystème viable et cohérent au sein du campus. Les nombreuses essences de plantes y évoluent ainsi librement, se déplaçant, se replantant et évoluant d'elles-mêmes, n'étant que partiellement aidées par l'équipe des jardiniers, l'ensemble étant entièrement auto-recyclé avec le minimum d'apports extérieurs : le foin fauché dans la « prairie » sert de désherbant, le compost produit sur place fournit l'engrais, et les différents animaux jouent tous un rôle dans ce micro-biotope. Les jardins de l'ENS sont célèbres aussi pour leur faune étonnamment riche pour un campus urbain, composée notamment de lapins, de nombreux hérissons, d'une mare à grenouilles, d'une ruche, de nichoirs à osmies et autres insectes, et d'un élevage prolifique de moutons de Soay, dont le bélier est considéré comme une des mascottes de l'école.

L'architecte Bruno Gaudin est l'auteur de la Bibliothèque Denis-Diderot, dont l'accès est direct au sortir de la bouche de métro Debourg. Deux sites prennent place : la bibliothèque de l'école (incluant le CADIST Éducation issu de la bibliothèque de l'INRP) et la bibliothèque inter-universitaire. Le restaurant est aussi une réalisation de Bruno Gaudin et s'efface dans la magie du lieu. L'ensemble met en perspective le profil sud de la colline de Fourvière sous une focale originale. L'architecture globale s'intègre avec son environnement direct par des hauteurs modestes et des dégagements sur des artères et des immeubles du quartier.

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Ce site est desservi par la station de métro : Debourg.

Galerie[modifier | modifier le code]

Perspectives[modifier | modifier le code]

En 2006, l'ENS de Lyon ouvre un partenariat privilégié avec l'Université de Nice Sophia Antipolis consistant en la mise en place d'un cursus de 3 ans tout d'abord en informatique, puis en mathématiques, s'appuyant sur une L3 de l'ENS de Lyon suivie d'un master à l'Université de Nice Sophia Antipolis. Ce partenariat pourrait constituer le premier élément de la création d'une antenne de l'ENS de Lyon à Nice Sophia Antipolis[43].

Logos[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

Gouvernance de l’École normale supérieure de Lyon avant 2010 (École uniquement scientifique)[modifier | modifier le code]

Les directeurs qui se sont succédé sont:

Gouvernance de l’École normale supérieure de Lyon après 2010 (École de sciences et de sciences humaines)[modifier | modifier le code]

Pendant trois ans, l’École a été gouvernée à la fois par un Directeur général et un Président.

  • Janvier 2010 - juillet 2011
    • Directeur général : Olivier Faron
    • Président : Jacques Samarut
  • Juillet 2011 - avril 2012
    • Président et directeur général par intérim[44] : Jacques Samarut
  • Mai 2012 - août 2013
    • Directeur général : Olivier Faron
    • Président : Jacques Samarut
  • Septembre 2013 - décembre 2013
    • Président et directeur général par intérim : Jacques Samarut

Depuis les statuts prenant effet au 1er janvier 2014, l'École n'a à sa tête qu'un président. Les présidents suivants ont été nommés :

Quelques anciens élèves[modifier | modifier le code]

Normaliens issus de l'ENS de Lyon (ou de son prédécesseur l'ENS de Fontenay-Saint-Cloud), dans l'ordre chronologique des promotions[46] :

Chercheurs[modifier | modifier le code]

Écrivains, philosophes, historiens, géographes[modifier | modifier le code]

Roger Chartier, historien, professeur au Collège de France

Sciences exactes[modifier | modifier le code]

Catherine Bréchignac, physicienne, ancienne présidente du CNRS

Personnalités politiques[modifier | modifier le code]

Aurélie Filippetti, ministre de la culture du gouvernement Ayrault et normalienne de Lyon[47].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Responsabilités et compétences élargies (RCE) dévolues aux EPSCP autres que les universités, prévues par la loi du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités universitaires (LRU)
  2. Jean-Noël Luc (dir.), Des Normaliens, Histoire de l'Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud, Presse de la Fondation Nationale des Sciences politiques, 1982, p.13
  3. Jean-Noël Luc (dir.), Des Normaliens...op.cit., p.64
  4. J.Smith, The ENS in the third Republic, a study of the classes 1890-1904, Université de Pennsylvanie, 1967, p.43-47, 52-55
  5. Le Temps, 3 novembre 1881
  6. Accueil de la promotion 1889, cité dans le Bulletin de l'Amicale des anciens élèves de l'Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud, avril 1927, p.4.
  7. Jean-Noël Luc (dir.), Des Normaliens...op.cit., p.44-47
  8. Jean-Noël Luc (dir.), Des Normaliens...op.cit., p.44-60
  9. 1,5 à 2% d'admis entre 1880 et 1906
  10. Jean-Noël Luc (dir.), Des Normaliens...op.cit., p.111
  11. Jean-Noël Luc (dir.), Des Normaliens...op.cit., p.22-25
  12. Jean-Noël Luc (dir.), Des Normaliens...op.cit., p.25
  13. Jean-Noël Luc (dir.), Des Normaliens...op.cit., tableau 6, p.247
  14. V.Karady, « Normaliens et autres enseignants à la Belle Epoque », Revue française de sociologie, 1972, p.42
  15. Mariot Nicolas, « Pourquoi les normaliens sont-ils morts en masse en 1914-1918 ? Une explication structurale », Pôle Sud 1/ 2012 (n° 36), p. 9-30
  16. Livre d'or de l'ENS de Saint-Cloud (1914-1918), s 1, 1920  ; Jean-Noël Luc (dir.), Des Normaliens...op.cit., p.92-95
  17. Loi n° 48-1314 du 26 août 1948 attribuant aux élèves des écoles normales supérieures le traitement et les avantages afférents à la condition de fonctionnaire stagiaire et loi n° 54-304 du 20 mars 1954 accordant la qualité de fonctionnaire stagiaire à tous les élèves des écoles normales supérieures. Ces dispositions concernent les élèves français ou, depuis 1994, ressortissants d'un État membre de l'Union européenne.
  18. Voir Louis Cros, L’Explosion scolaire, Paris, CUIP, 1961.
  19. Voir « Contre les ENS », Le Monde, 15 janvier 1981, p.2
  20. Jean-Noël Luc (dir.), Des Normaliens...op.cit., p.170-188
  21. « L'ENS de Saint-Cloud va-t-elle disparaître sous les pioches des démolisseurs ? », L'Humanité, 19 mai 1971 ; « Saint-Cloud déporté », Le Nouvel Observateur, 27 juin 1971 ; « Comment on assassine une grande Ecole », Le Monde, 4 février 1972.
  22. E.N.Suleiman, Les élites en France, grands corps et grandes écoles, Paris, Le Seuil, 1981 ; notamment p.41-46
  23. Jean-Noël Luc (dir.), Des Normaliens...op.cit., p.189-229
  24. Jean-Noël Luc (dir.), Des Normaliens...op.cit., p.166-167
  25. Le Monde, 4 et 12 février 1972
  26. Pierre Bourdieu. La Noblesse d'Etat; grandes écoles et esprit de corps, Paris, Edition de Minuit, coll."Le sens commun", 1989
  27. Voir http://www.ina.fr/video/LYC9111140789
  28. Voir à ce sujet "La Ville Gillet menacée en douce; l'unité de recherche délogée au profit de l'ENS", Libération, 30 octobre 1997
  29. Voir à ce sujet : Alain Chevenez, Gerland, métamorphoses d'une Cité industrielle, l'exemple des Ecoles Normales Supérieures, Musée Gadagne, 2008 http://vimeo.com/57888698
  30. CE Ass 23 décembre 2011, no 335033
  31. lemonde.fr, 23 décembre 2011
  32. Décret n° 2012-715 du 7 mai 2012 fixant les règles d'organisation et de fonctionnement de l'Ecole normale supérieure de Lyon
  33. Mais cet engagement décennal prenant en compte les années d'ENS et de doctorat le cas échéant. Il n'est donc en réalité que de six ans, voire trois pour les docteurs.
  34. Source : site officiel de l’École.
  35. http://www.ens-lyon.fr/web/nav/article.php?id=1334
  36. C'est le cas par exemple de l'Agrégation SV-STU dirigée par Pierre Thomas qui devance celle de l'ENS Ulm en 2009.
  37. http://etudes.ens-lyon.fr/course/category.php?id=43
  38. [PDF]« Le Laboratoire International Associé du CNRS « SALADYN » », sur ambafrance-cn.org (consulté le 23 mai 2013)
  39. http://www.ens-lyon.fr/CHIMIE
  40. http://www.topuniversities.com/university-rankings/world-university-rankings/2013#sorting=rank+region=+country=+faculty=+stars=false+search=
  41. http://www.shanghairanking.com/ARWU2013.html
  42. Interview d'Henri Gaudin : http://trensistor.ens-lyon.fr/2012/01/les-entretiens-n4/
  43. http://portail.unice.fr/jahia/webdav/site/myjahiasite/users/giribald/public/GIS.ENSL.U.Nice.Med.7.pdf Groupement d'intérêt scientifique ENS de Lyon - Université de Nice Sophia Antipolis
  44. JO du 29 juillet 2011 : http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&dateJO=20110729&numTexte=79&pageDebut=12953&pageFin=12953
  45. JO du 8 juin 2014 : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000029054450
  46. qui correspond pour les ENS à l'année d'admission, et non à l'année de sortie comme dans les écoles d'ingénieur
  47. Source : biographie officielle sur le site du Ministère de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]