Sétif
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| Sétif | ||
La fontaine d'Ain El Fouara sous la neige |
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| Noms | ||
|---|---|---|
| Nom algérien | سطيف | |
| Administration | ||
| Pays | ||
| Wilaya | Sétif | |
| Daïra | Sétif | |
| Président de l'APC | Wahrani Nacer 2012-2017 |
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| Code postal | 19000 | |
| Code ONS | 1901 | |
| Démographie | ||
| Gentilé | Sétifien, Sétifienne | |
| Population | 288 461 hab. (2008[1]) | |
| Densité | 2 266 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | 1 100 m (min. : 1 100 m) (max. : 1 100 m) | |
| Superficie | 127,30 km2 | |
| Localisation | ||
Localisation de la commune dans la wilaya de Sétif. |
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Sétif (en arabe: سطيف, arabe algérien : Sṭif) est une ville algérienne et le chef-lieu de la wilaya de Sétif. Située à 300 kilomètres à l'est d'Alger, à 65 km de Bordj Bou Arreridj et à 132 km de Constantine, dans la région des Hauts-Plateaux au sud de la Kabylie , la ville se situe à 1 100 mètres d'altitude.
La ville et la région de Sétif sont souvent considérées comme le point de départ des manifestations du 8 mai 1945, signe avant-coureur de la guerre d'Algérie[2].
Sommaire |
Géographie [modifier]
Situation [modifier]
La ville est située au Nord Est de l’Algérie, dans les hauts plateaux.
Relief, géologie, hydrographie [modifier]
Transports [modifier]
- La ville dispose d'une gare routière et d'une gare ferroviaire la reliant jusqu'à Alger à l'ouest et jusqu'à Annaba à l'est.
- La ville dispose d'un aéroport situé à 12 km à l'ouest de la ville, qui a été inauguré en 2006.
- Sétif est desservie par la route nationale 5 et par l'autoroute Est-Ouest au sud de la ville.
- Un projet de construction d'un tramway est à l'étude[3].
Lieux-dits, quartiers et hameaux [modifier]
On peut décomposer Sétif en plusieurs quartiers dont : les ( 200 , 300 , 400 , 500, 600 , 1000,1006 &1014) logements, Dallas (Cité 1er novembre), El Hidhab (Nouvelle ville ),Cité Hachemi (Lahchama), Centre Ville (Léblad),haret HOFRA, AIN DROUDJ, Tandja (Cité Yahiaoui), la rue de SILLEGUE , Bel air , Lapinède , Kaaboub, El Gasriya, BIRGAI (haret DIGHECHE), AIN BOUAROUA et de nombreux autres quartiers....
Urbanisme [modifier]
Toponymie [modifier]
Histoire [modifier]
Époque numide [modifier]
Sétif fut d’abord numide ; le nom de Sétif est un mot berbère dont la racine signifie 'Noir', allusion à la fertilité de ses terres. Sétif faisait partie du royaume des Messasyliens et en l'an -225. elle était la capitale d'un royaume berbère, titre qu'elle perdit lorsque Juba lui préféra Cherchell. C'est près de Sétif que Jugurtha livra une grande bataille à Marius.
Époque romaine [modifier]
Jugurtha livré, Sitifis releva du royaume de Maurétanie, attribué successivement à Bocchus puis Boccuris, Juba II et enfin Ptolémée IV, assassiné à Lugdunum à l'instigation de Caracalla. Par sa situation stratégique, Sitifis intéressa Nerva qui y installa dès 96 une colonie de vétérans, Colonia Nerviana Augusta Martialis Veteranorum Sitifensium. Claude réduisit la Maurétanie en province romaine, la divisa en deux, et rattacha Sétif à la nouvelle Maurétanie Césarienne, capitale Césarée/Cherchell. En 290, Sétif devient capitale de la Maurétanie Sitifienne (actuelle Algérie orientale), détachée de la Maurétanie Césarienne. La nouvelle province relève alors du diocèse d'Afrique relevant lui-même de la préfecture d'Italie.
La région de Sétif est un des greniers à blé de la Rome antique : Caput Saltus Horreorum (aujourd'hui Aïn-Zada) en est le siège[4].
On possède une lettre d'Augustin à Novat, évêque de Sétif.
Préludant à la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, un peuple germanique, les Vandales, menés par leur roi Genséric, (427 - janv. 477), passèrent d'Espagne en Afrique, en l'an 429, à la demande du gouverneur romain, le comte Boniface, révolté contre l'empereur Valentinien. L'itinéraire des Vandales en Afrique, de Tingi (Tanger) vers Carthage, passa par Sitifis atteinte probablement dès 430. Boniface vaincu, Genséric établit le siège de son royaume à Carthage en 439, forçant l'empereur à le reconnaître maître de l'Afrique « romaine ».
La ville conserve des vestiges des IIIe siècle et IVe siècle : remparts, temple, cirque, mausolée dit "de Scipion"... Le produit des fouilles archéologiques est conservé et exposé au Musée Archéologique de la ville, et diverses stèles dans le jardin Abd-el-Kader. Il est à mettre en relation avec le site de Cuicul / Djemila.
Époque byzantine [modifier]
En 531, le roi des Vandales, Hildéric, fut renversé par l'usurpateur Gélimer, donnant à l’empereur romain d’Orient Justinien, anxieux de restaurer l’Empire romain, un prétexte d'intervention. Parti de Byzance (Constantinople/Istanbul), son général Bélisaire profita de soulèvements en Tripolitaine et du concours des Maures, qui lui permirent de prendre Carthage (533) puis Gélimer lui-même (534). Les Byzantins trouvèrent à Sitifis, une population réduite, du fait des prédations vandales. En 539, Sitifis redevint capitale d'une province « romaine » byzantine : la Mauritanie Première. À cette époque, Solomon édifia l'enceinte de la forteresse byzantine, dont les murs Ouest et Sud sont encore visibles.
Époque musulmane [modifier]
Abou Abdallah, un chef de guerre fatimide appuyé sur les Berbères Kutama assiège Sétif et la capitule. La muraille qui l'entourait est détruite en 904.
Sétif continuait de relier les grandes villes musulmanes de Fès à Tunis et à l’Orient. Mais l'intensité des changements politiques et économiques à l'époque des dynasties arabo-berbères cause sa décadence. Décrite comme petite ville à la fin du XVe siècle, Sétif était alors rattachée au royaume Hafside de Bougie.
À l'époque ottomane, les alentours de Sétif étaient dominés par les grandes familles locales (dont les Ameurs) et gouvernée par les chefs turcs envoyés par les Beys de Constantine. Cette organisation laisse Sétif loin des pouvoirs politiques et la marginalise , il faudra attendre la colonisation française pour assister à une reconstruction et renaissance de la ville , disparue depuis.
Époque coloniale [modifier]
En 1838, Sétif est prise par une colonne dans le cadre des opérations visant Constantine. La colonisation se développe notamment sous le Second Empire, et provoque le développement de l'actuel centre-ville. La construction de la gare de Sétif, sur la ligne Alger-Constantine, aurait été décidée par le conseil communal en 1877. 1926 marque une première ouverture de logements sociaux aux Algériens de Sétif.
Massacres de Sétif (1945) [modifier]
Sétif est le point de départ le 8 mai 1945 d'une série d'émeutes nationalistes réprimées dans le sang par les autorités coloniales françaises.
À Sétif, le mardi 8 mai 1945, la ville est pavoisée. C’est le jour de la capitulation allemande, les Algériens sont autorisés à célébrer la victoire des Alliés. A Sétif, la manifestation autorisée commence à envahir les rues dès 8 heures. Estimée à plus de 10 000 personnes, elle défile avec des drapeaux des pays alliés vainqueurs et des pancartes « Libérez Messali Hadj », « Nous voulons être vos égaux » « ou « A bas le colonialisme ». Le PPA (Parti du Peuple algérien) a créé un drapeau qui servira de modèle pour celui de l’Algérie future. Les militants le mêlent à ceux des Alliés. Vers 8h45 surgissent des pancartes « Vive l’Algérie libre et indépendante » et en tête de la manifestation Aïssa Cheraga, chef d’une patrouille de scouts musulmans, arbore le drapeau algérien. Tout dérape alors : devant le café de France, la tentative de la police, qui a voulu s’emparer du drapeau algérien (exhibé pour la première fois) que brandit Aïssa Cherraga puis par le jeune Saâl Bouzid qui s’en est emparé, sera la cause du drame. Face à l’obstination du jeune Saâl Bouzid (on essaie de lui retirer le drapeau mais il résiste), la situation dérape et des coups de feu éclatent entre quelques manifestants armés (alors qu'il était convenu que le cortège serait désarmé) et les policiers. Le jeune porteur de drapeau s’effondre, touché par une balle de la police. Les tirs provoquent la panique et, devant le drame, certains manifestants en colère se replient et s’en prennent aux Européens rencontrés au hasard. La nouvelle de l’émeute gagne rapidement la région. La manifestation d’indépendantistes à Sétif tourne à l’insurrection violente. La révolte gagne les villes voisines. La répression qui s’ensuivra sera d’une brutalité extrême, faisant des milliers de morts parmi les insurgés. L’armée française s’est livrée à un nettoyage en règle pour mater un mouvement qui aurait pu s’étendre.
C’est le gouverneur Chataigneau qui décrète l’état de siège. Il donne pleins pouvoirs au général Henri Martin, patron de l’armée en Afrique du Nord pour « rétablir l’ordre d’urgence ». La France coloniale ne lésine pas : 40 000 soldats. Les villages "rebelles" sont bombardés. La marine de guerre pilonne les côtes.
L’État français annonçait à l’époque 102 morts européens et 1 500 Algériens tués. Officiellement, le gouvernement algérien parle aujourd’hui de 45 000 victimes, chiffre avancé dès l'été 1945 par le Parti du peuple algérien (PPA) [5]. Les historiens estiment aujourd'hui à plus de 20 000 morts[6]. Pour Benmebarek, l'administrateur responsable de la région de Sétif lors du massacre, il s'élèverait à deux mille morts.
Démographie [modifier]
Administration et politique [modifier]
Jumelages [modifier]
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La ville de Sétif est jumelée avec plusieurs villes : |
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Transport [modifier]
Deux lignes de tramway sont prévues, les travaux commenceront en 2013[7].
Économie [modifier]
Sport [modifier]
La ville de Sétif dispose d'une équipe de football, l'Entente sportive de Sétif qui par ailleurs a gagné 8 coupes d’Algérie,5 championnats et une coupe d’Afrique des clubs.
Patrimoine [modifier]
La ville recèle un patrimoine archéologique qui a poussé les services de l'Unesco à conseiller l'aménagement d'un parc archéologique à visées touristique et culturelle. Néanmoins, celui-ci n'est toujours pas inscrit à ce jour à la liste du patrimoine mondial. L'un des monuments emblématiques de la ville est l'ancienne mosquée (El Masdjid el Atik) ainsi que la fontaine d'Ain El Fouara.
Personnalités liées [modifier]
- Ferhat Abbas (1899-1985), premier président la République algérienne, y a vécu ;
- Kateb Yacine (1929-1989), écrivain, y a vécu ;
- Rachid Bey (1949-2009), écrivain, y est né ;
- Kamel Bencheikh (1953-), écrivain, y est né
- Bouzid Saâl (1919-1945), nationaliste algérien et première victime des massacres de Sétif et Guelma le 8 mai 1945, y a vécu.
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Nacéra Benseddik, Nouvelles inscriptions de Sétif, BAA VII, 1977-79, pp. 33-52
- Nacéra Benseddik, Sétif, Dictionnaire du Monde antique, éd. PUF, Paris, 2005
- Nacéra Benseddik et C. Lochin, Saturne et ses fidèles : à propos de stèles de Cuicul, Mopth. et Sitifis, colloque international sur l'Algérie antique : permanences, relations, représentations, identités et culture dans l'Algérie antique, Rouen, avril 2003 [2005], pp. 261-292
- Boucif Mekhaled, Chronique d'un massacre : 8 mai 1945, Sétif-Guelma-Kherrata, éd. Syros, Paris, 1995
- Jean Louis Planche, Sétif 1945. Histoire d'un massacre annoncé, éd. Perrin, 2006
- Roger Vétillard, Sétif, Mai 1945. Massacres en Algérie, éd. de Paris, 2008
- Eugène Vallet, Un drame algérien. La vérité sur les émeutes de mai 1945, éd. Grandes éditions françaises, 1948
- Radouane Ainad Tabet, Le 8 Mai 1945 en Algérie, Office des Publications Universitaires, Alger, 1985
- Denise Morel, Sétif de ma jeunesse, éd. Gandini, 2001
- Virginie Galbarini, Le Triomphe indien de Dionysos : étude descriptive et iconographique d’une mosaïque de Sétif , Bulletin annuel de l’ASAC-SAKA, 2005
- Abdelkader Benarab, La Bataille de Sétif, éd. L'Harmattan, 2011
Sources, notes et références [modifier]
- Wilaya de Sétif : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion. Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
- Mohammed Harbi, « La guerre d'Algérie a commencé à Sétif », Le Monde diplomatique, mai 2005, p. 21
- projet de construction d'un tramway est à l'étude sétif,dimanche 11 mai 2008 | Kebiche Abdelhakim, Le Sétifois, n° 3[1]
- Corpus inscriptionum latinarum : inscriptionum mauretaniae latinarum p1919 par Th. Mommsen, J. Schmidt, R. Cagnat, H. Dessau, [2]
- Les Français d'Algérie: vie, mœurs, mentalité de la conquête des Territoires du Sud à l'indépendance. Pierre Mannoni. L'Harmattan, 1993, ISBN 2-7384-1377-3, p272-273
- Les mots de la guerre d'Algérie Par Benjamin Stora[3]
- http://www.setif.info/article7755.html