Charles de Freycinet

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Charles de Freycinet
Charles de Freycinet
Charles de Freycinet
Fonctions
34e, 37e, 42e président du Conseil des ministres français
et Ministre des Affaires étrangères
(46e, 49e, 54e chef du gouvernement)
28 décembre 187923 septembre 1880
Gouvernement Freycinet 1
Législature IIe législature, IIIe législature
Prédécesseur William Henry Waddington
Successeur Jules Ferry
30 janvier 18827 août 1882
Président Jules Grévy
Gouvernement Freycinet 2
Prédécesseur Léon Gambetta
Successeur Charles Duclerc
7 janvier 18863 décembre 1886
Président Jules Grévy
Gouvernement Freycinet 3
Législature IVe législature
Prédécesseur Henri Brisson
Successeur René Goblet
48e président du Conseil des ministres français
et Ministre de la guerre
(60e chef du gouvernement)
17 mars 189027 février 1892
Président Sadi Carnot
Gouvernement Freycinet 4
Législature Ve législature
Prédécesseur Pierre Tirard
Successeur Émile Loubet
Ministre d'État
29 octobre 191512 décembre 1916
Président Raymond Poincaré
Gouvernement Gouvernement Aristide Briand (5)
Biographie
Nom de naissance Charles Louis de Saulces de Freycinet
Date de naissance 14 novembre 1828
Lieu de naissance Foix, Ariège (France)
Date de décès 14 mai 1923 (à 94 ans)
Lieu de décès Paris, France
Nationalité française
Parti politique Républicain opportuniste
Diplômé de École Polytechnique
Profession Ingénieur
Présidents du Conseil des ministres français

Charles Louis de Saulces de Freycinet, né à Foix (Ariège) le 14 novembre 1828 et mort à Paris le 14 mai 1923, est un homme politique et ingénieur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles de Freycinet est le fils de Casimir de Saulces de Freycinet (1786-1842), contrôleur de la comptabilité des impôts indirects en Tarn-et-Garonne, originaire d'une famille protestante du Dauphiné, et d'Anne Nancy Malet. L'un de ses oncles, Louis Claude de Freycinet a été officier de marine, géographe et membre de l'Académie des sciences. Un autre de ses oncles fut l'amiral Louis-Henri de Freycinet, gouverneur de l'Île Bourbon, puis de la Guyane[1].

Il étudie à l'École polytechnique (X1846) avant d'entrer dans les services de l'État. Ingénieur du corps des mines, il débute en 1852 sa carrière professionnelle dans l'administration des Travaux Publics à Mont-de-Marsan et la poursuit à Chartres et à Bordeaux. Il est chef de l’exploitation de la Compagnie des chemins de fer du Midi jusqu'en 1862. Pendant sa mission à Bordeaux, il épousa dans cette ville, le 8 septembre 1858, Jeanne Alexandrine Bosc (née le 25 août 1837 à Bordeaux), petite-fille du négociant Jean-Jacques Bosc (1757-1840), conseiller municipal de Bordeaux nommé pendant les Cent-Jours (1815), puis député de la Gironde (1829-1830). De décembre 1862 jusqu'à 1868, à la demande du Ministre des Travaux publics, il conduit une mission d'étude, d'abord en Angleterre en 1863, puis jusqu'en 1868 dans le reste de l'Europe (Belgique et Prusse rhénane notamment), sur la prévention des risques industriels et l'amélioration de la protection des travailleurs. Le résultat de ces études a été publié en 1869 sous le titre Traité d'assainissement industriel. S'étant à cette occasion particulièrement intéressé à la réforme administrative, il fut nommé, par Émile Ollivier, membre de la Commission de décentralisation, présidée par Odilon Barrot et dont faisait partie également Maxime Du Camp.

Il devient collaborateur de Gambetta comme délégué à la guerre dans le gouvernement de la Défense nationale en 18701871, durant la Guerre franco-allemande de 1870. Il soutient, autant que faire se peut, le jeune officier Louis Nathaniel Rossel qui refuse l'armistice face à la Prusse. Il est promu officier de l'ordre impérial de la légion d'honneur en 1870.

Pendant cette période (1870-1871), il a pour secrétaire Justin Germain Casimir de Selves, fils de sa sœur Marie Elisabeth Zoé et de Jacques Joseph Gustave de Selves, Contrôleur des tabacs à Aiguillon (47) en 1872.

Il devient sénateur de la Seine en 1876, mandat qu'il conserve jusqu’en 1920.

Il est ministre des Travaux publics (18771879) dans le gouvernement présidé par Jules Dufaure, où son nom est attaché à la multiplication de lignes de chemin de fer en tant qu'aménagement du territoire (chaque préfecture et sous-préfecture doit être reliée), souvent de rentabilité médiocre (plan Freycinet), dans le but de désenclaver les régions mal desservies. Il contribue également à la modernisation des voies fluviales, notamment, à l'imitation de Louis Becquey près de 60 ans auparavant, par l'établissement d'une norme pour la taille des écluses, connue depuis sous le nom de gabarit Freycinet. En 1878, Charles de Freycinet, ministre des travaux publics, déposa à la Chambre des députés un projet de loi relatif à la reconstruction du pavillon central des Tuileries, à l'affectation de ce bâtiment à un musée de l'art moderne et à l'établissement d'un jardin dans la cour du Carrousel[2].

Il est ensuite à plusieurs reprises président du Conseil après avoir été appelé pour la première fois par Jules Grévy, cumulant cette fonction avec celle de ministre des Affaires étrangères en 1879-1880, puis en 1885-1886. Il soutient Jules Ferry dans ses projets de laïcisation et de scolarité obligatoire. Il est candidat à l'élection présidentielle de 1885, sans succès.

En 1886, il fait expulser les prétendants au trône de France, puis il est battu par Sadi Carnot aux élections à la présidence de la République de 1887. Premier civil à devenir ministre de la Guerre en 1889-1890, il ramène le service militaire à trois ans (au lieu de cinq), crée l’état-major général et modernise l’équipement militaire en faisant adopter par l’armée le fusil Lebel et le Canon de 75 mm modèle 1897.

Accusé d’avoir voulu étouffer le Scandale de Panama, il est éloigné du pouvoir, mais retrouve le ministère de la Guerre dans le cabinet Charles Dupuy où, soucieux de défendre l’honneur de l’armée, il se montre ardemment anti-dreyfusard. Président de la Commission des forces armées au Sénat, il est encore ministre d’État dans le Gouvernement Aristide Briand (5) en 1915-1916[3].

Il est élu membre libre de l'Académie des sciences en 1882 et membre de l'Académie française en 1890[4].

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Officier de la Légion d'Honneur Officier de la Légion d'honneur

Résidences[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Traité de mécanique rationnelle (1858)
  • De l'analyse infinitesimale (1860 ; 1881)
  • Des pentes économiques en chemin de fer (1861)
  • Emploi des eaux d'égout en agriculture (1869)
  • Principes de l'assainissement des villes (1870)
  • Traité d'assainissement industriel (1870)
  • " La guerre en province pendant le siège de Paris 1870 - 1871 (Précis historique) ", 10e édition, Michel Lévy Éditeurs, Paris (1872)
  • Essai sur la philosophie des sciences (1896)
  • La Question d'Égypte (1905)
  • Souvenirs (1848-1893) (1913)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source: Annales des Mines (http://annales.org/archives/x/freycinet.html)
  2. Jean-Claude Daufresne, Louvre & Tuileries, architectures de papier, éd. Pierre Mardaga, Paris, 1987, p. 283.
  3. D'après l'ouvrage du ministère des Affaires étrangères intitulé « Commission supérieure pour l'examen du projet de mer intérieure dans le sud de l'Algérie et de la Tunisie présenté par Monsieur le Commandant Robert » (Paris, imprimerie nationale, 1882), Freycinet était président du conseil et ministre des affaires étrangères en 1882.
  4. Histoire pour tous : juin 1971 - no 134 page 366 - Fiche signalétique de Freycinet

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]