Printemps des peuples

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48° 50′ 48″ N 2° 20′ 37″ E / 48.846792, 2.343473

Barricade, rue de Soufflot, proche du Panthéon de Paris en 1848, peinture de Horace Vernet.
Révolution de mars 1848 à Berlin.

Le Printemps des peuples ou Printemps des révolutions est un ensemble de révolutions que connaît l’Europe en 1848. Bien que réprimées, ces crises ont souvent été déterminantes pour l'évolution des pays concernés, notamment en Allemagne qui, en dépit de l'échec du traité de Francfort, s'est mise sur la voie de l'unification qui se réalisera en 1871.

Origines[modifier | modifier le code]

On peut voir le Printemps des Peuples comme une conséquence directe du Congrès de Vienne. En effet, les vainqueurs de Napoléon Bonaparte furent tentés d'agrandir le territoire des empires, au détriment des aspirations nationales de l'époque. La volonté d'endiguer ces aspirations est consacrée par le Traité qui instaure la Sainte Alliance (bien que non signée du Royaume-Uni) en 1815. Ignorés, ces mouvements deviennent forts.

Poussée du libéralisme contre le système Metternich[modifier | modifier le code]

Le Congrès de Vienne restaure les monarchies dans tous les États conquis par la France lors des guerres de la Révolution française ou des guerres napoléoniennes.

Cependant les courants politiques opposés nés de la Révolution, notamment le libéralisme, ainsi que le nationalisme, progressent. En 1830, Charles X est chassé au profit de Louis-Philippe (instauration d'une monarchie plus parlementaire) en France (Trois Glorieuses) ; la Grèce et la Belgique obtiennent leur indépendance la même année, et les Polonais se soulèvent sans succès en 1830-31 contre l’Empire russe (Insurrection de Novembre).

En Italie, Pie IX procède à un certain nombre de réformes modérées (censure confiée à des laïcs, création d'un garde civique,...) mais qui provoquent l'enthousiasme chez les libéraux.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Dès 1830, Paris s'active. Elle renverse le conservateur Charles X et met en place Louis-Philippe, que l'on appelle le Roi citoyen. Il met en avant le principe de souveraineté nationale, ce qui est la première entorse au Congrès de Vienne qui instaurait le droit d'ingérence. La France de l'époque est une très grande puissance. Quand le peuple français fait une révolution, il est suivi. La Pologne, la Belgique, l'Allemagne et l'Italie vont se révolter. Il y a une volonté d'unité nationale chez les trois derniers, d'indépendance chez les premiers. L'hymne actuel de l'Allemagne est composé à cette époque : « l'Allemagne au-dessus de tout ». En Italie, on rêve de l'époque antique où l'Italie était unie. C'est le Risorgimento, c'est-à-dire la résurrection. À l'époque, les carbonari sont un puissant mouvement politique italien, bien qu'illégal (combattu à la fois par le Piémont et par l'empire d'Autriche). Mazzini, activiste et un des grands dirigeants de ces carbonari, a une forte volonté. Il tente de réaliser l'unité italienne sous la République romaine, avec son ami Garibaldi, mais il échouera. Le compositeur Verdi écrira de la musique italienne pour une Italie unie. Opposé à l'idée d'une indépendance, Metternich déclare : « l'Italie n'est pas un pays mais un terme de géographie » ; Victor Hugo réplique et dit aux Italiens : « N'ayez qu'une pensée, vivre chez vous de votre vie à vous[1] ».

L'année 1848 marque le point culminant et la fin du Printemps des peuples. Le suffrage universel est refusé par le Roi des Français. Renversé, la IIe République est proclamée. Metternich est contraint à fuir la cour d'Autriche le 13 Mars. Des aspirations nationales sont une cause centrale des troubles dans l'empire, (beaucoup plus qu'en France). L'aspiration à l'unité allemande se fait de plus en plus forte, mais il y a une question essentielle, bien formulée par les historiens Vernus et Caron : comment concilier l'intégrité autrichienne et réussir à créer un État allemand englobant les territoires de la Confédération et ceux de l'Empire ? Il faudra choisir entre concept de grande Allemagne qui réunit à la fois ce qu'on appelle encore aujourd'hui l'Allemagne et tous les territoires germaniques inhérents à l'empire et la petite Allemagne, déjà unie économiquement avec le Zollverein, et donc sans l'Autriche. De plus, de forts mouvements commencent à Budapest le 3 mars, Prague le 11, contaminent par la suite l'Allemagne, l'Italie, les Vénitiens ensuite. Comme au début du siècle, ils demandent des réformes libérales mais également plus d'autonomie pour les Tchèques et les Hongrois, voire une indépendance totale chez les Italiens (bien qu'ils soient partagés entre monarchistes et républicains).

Malgré la puissance et l'étendue du mouvement, qui épargne uniquement la Russie et l'Espagne (même le Royaume-Uni a vu des manifestations libérales sur son sol), l'aspiration nationale des peuples et parfois même les revendications libérales avortent, dans l'ensemble. Le roi de Prusse concède une constitution qui garantit l'égalité des citoyens devant la loi. François Joseph, nouvellement arrivé sur le trône d'Autriche, met toutes les formes de la démocratie : Parlement bicaméral, élections, mais — en réalité — il met en place un néo-absolutisme. Il devient populaire en s'appuyant néanmoins sur une politique nationaliste : exécutif fort, centralisation, germanisation, cléricalisme. La Hongrie, qui s'était soulevée en un royaume quasi indépendant dirigé par Kossuth, est reprise, ainsi que l'Italie.

Même en France, le calme revient. Le nouveau président de la République se nomme Louis-Napoléon Bonaparte. Neveu de l'empereur, il est partisan d'une société où l'ordre règne. Le 2 décembre 1851, il fait un coup d’État et prend la tête du Second Empire sous le nom de Napoléon III. On revient au statu quo.

Poussée des sentiments nationaux[modifier | modifier le code]

Famille sur les barricades : la représentation rappelle les personnages fictifs d'Éponine et Gavroche lors de l'Insurrection républicaine à Paris en juin 1832.
Peinture réaliste de Honoré Daumier, XIXe siècle.

Tandis que les unités allemande et italienne s'accomplissent par étapes, l'empire austro-hongrois de la dynastie Habsbourg subit des poussées centrifuges et subit l'hostilité du tsar qui apparaît comme le protecteur des minorités slaves.

  • en Italie : dans la péninsule encore morcelée, des révoltes éclatent à Palerme, Naples, en Toscane, dans les États pontificaux, à Milan, etc. Les révolutions prennent des décisions très en avance sur leur temps, comme le vote des femmes[2]. Divers souverains accordent des constitutions. Si l'ordre est ramené presque partout (avec des interventions françaises et autrichiennes), c'est le début de l'unification du pays par le royaume de Piémont-Sardaigne.
« L'Assemblée de mai » de Pavle Simić, proclamation de la Voïvodine de Serbie à Sremski Karlovci, en mai 1848, alors au sein de l'empire Autriche-Hongrie.
  • en Autriche : des émeutes éclatent en mars à Prague et à Vienne. La Bohême est soumise dès le mois de juin, et la capitale en octobre. L'empereur Ferdinand abdique en faveur de son neveu François-Joseph. La faiblesse momentanée de l'Autriche encourage les révolutions hongroise et allemande.

Liste des révolutions de 1848[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Révolution de 1848 et Révolution de Mars.
  • Guerre du Sonderbund (novembre 1847), en Suisse : les cantons conservateurs sont battus par les forces progressistes qui prennent le pouvoir et imposent une nouvelle constitution en 1848.
  • Révolutions de 1848 :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre5658-chapitre22189.html
  2. Giancarlo de Cataldo, entretien avec Jacques de Saint-Victor, « Le grand roman de l’unité italienne », Revue des Deux-Mondes, mai 2011, ISSN 050-9278, p. 55

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]