Compagnies méharistes sahariennes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les compagnies méharistes sahariennes étaient des unités de l'armée française destinées à contrôler les territoires du Sahara à l'époque de l'Algérie française. Elles jouèrent notamment un grand rôle lors de la conquête du sud-algérien et assurèrent ensuite la présence française dans le Sahara.

Tenue d'un légionnaire des CSPLE

Utilisant des dromadaires dans ces régions où les premières automobiles ne pouvaient pas s'aventurer, elles furent désignées sous le nom de compagnies ou escadrons méharistes.

Véritables sentinelles du désert, ces compagnies furent alors chargées de la pacification des zones touareg, des travaux topographiques, de la surveillance des caravanes et des pistes, de la surveillance des frontières, etc.

Historique[modifier | modifier le code]

Si les premières unités méharistes existèrent dès 1885, elles ne furent officiellement créées qu'à partir de 1901 sous l'impulsion du commandant Laperrine. Leurs noms, nombre et localisations évoluèrent avec le temps.

La loi du 30 mars 1902 porta création de cinq compagnies sahariennes[1] respectivement basées à Fort-Polignac (Tassili), Tindouff, El Oued, Adrar et Tamanrasset. Ces compagnies étaient commandées par des officiers des Affaires indigènes et dépendaient de la direction de l'infanterie. Elles étaient autonomes et comptaient environ 68 méharis.

Des compagnies sahariennes portées furent quant à elles créées à Ouargla, Colomb-Béchar et Ain Sefra, Laghouat et Sebha pour les compagnies sahariennes portées de la Légion étrangère (CSPLE).

Plus tard, ces compagnies furent fusionnées pour donner naissance à quatre Compagnies Sahariennes Portées de la Légion étrangère (CSPL).

Les unités sahariennes de la Légion étrangère[modifier | modifier le code]

1re compagnie[modifier | modifier le code]

le 1er novembre 1940, la compagnie automobile du 1er REI devient autonome et prend le nom de compagnie saharienne portée de la Légion étrangère (CSPL). Sa garnison est située tout d'abord à Tabelbala puis à Aïn Sefra à partir de mars 1944.

Le 15 mars 1946, elle se scinde en deux et donne naissance aux 1re et 2e CSPL. La 1re CSPL s'implante à Fort-Flatters en 1955 puis à Ksar El Hirane en 1960. Le 1er janvier 1961, la 1re CSPL devient le 1er escadron saharien porté de la Légion étrangère (1er ESPLE)

1er escadron[modifier | modifier le code]

Équipé de blindés légers il est assimilé à une unité de l'arme blindée cavalerie.

Cette unité forme corps et est indépendante au même titre qu'un régiment, tant dans son équipement que dans ses missions. L'escadron est stationné à Ksar El Hirane, près de Laghouat et effectue des tournées de police dans le désert ainsi que des raids éclairs sur des positions repérées de l'ennemi.

En 1961, à l'issue du putsch des généraux, l'escadron reçoit la mission d'assurer la surveillance des personnalités civiles et militaires arrêtées avant leur rapatriement en France.

En août 1962, le 1er ESPLE perd trois hommes, dont le lieutenant Gélas, qui seront les derniers morts français de la Guerre d'Algérie.

Stationné à Reggane et à Aoulef à partir de juillet 1962, l'escadron est dissous et intégré au 2e régiment étranger d'infanterie le , date à laquelle il devient la 7e compagnie portée du régiment.

Commandants du 1er ESPLE

2e compagnie[modifier | modifier le code]

La 2e CSPL est créée le 15 mars 1946 par dédoublement de la CSPL et s'installe à Ouargla puis en 1948 à Laghouat.

En 1954 elle intervient à Gafsa en Tunisie puis participe à la guerre d'Algérie.

La compagnie est dissoute le 31 mars 1963 et devient la 1re compagnie portée du 4e REI.

3e compagnie[modifier | modifier le code]

La 3e CSPL est créée le 1er février 1949 en Algérie à Sidi-bel-Abbès et s'implante au Fort Leclerc près de l'oasis de Sebha où elle est chargée de la surveillance du Fezzan jusqu'en 1956 avant de rejoindre le département des Oasis.

L'unité est dissoute le 31 mars 1963 et devient la 7e puis 3e compagnie portée du 4e REI.

Le poète Pierre-Eugène Bourgin qui signait ses œuvres sous le pseudonyme de Von Palaïeff a servi dans cette unité.

4e compagnie[modifier | modifier le code]

La 4e CSPLE est formée le 1er janvier 1956 à Aïn-Sefra à partir de la 24e CPLE dissoute à cette même date. Elle s'implante ensuite à Colomb-Béchar à compter de 1957.

Elle est dissoute le 31 mars 1963 et devient la 2e compagnie portée du 2e REI.

Les insignes de poitrine[modifier | modifier le code]

Organisation[modifier | modifier le code]

Compagnies méharistes[modifier | modifier le code]

A leur création en 1902, quatre de ces compagnies étaient composées de fantassins montés et de méharistes (montés sur des dromadaires ou méharis) alors que la cinquième disposait de véhicules adaptés au désert.

Ces compagnies peuvent être en configuration normale ou réduite. Elles se composent alors d'un peloton de commandement et de deux ou trois pelotons de méharistes pour effectif total de 142 ou 178 hommes.

Compagnies sahariennes portées (CSP)[modifier | modifier le code]

Ces compagnies sont toutes les cinq organisées selon la même structure :

Elles comptent 195 hommes avec des véhicules de tous types.

Groupement saharien d'annexes[modifier | modifier le code]

  • Groupement saharien d'annexe d'Algérie

En Algérie, quatre groupes sahariens d'annexe constituent des forces de police affectées en renfort aux postes des territoires du Sud. Ils sont en général stationnés à Touggourt, Colomb-Béchar, Laghouat et Ouargla et comptent chacun environ 320 hommes.

  • Groupement saharien du Sud tunisien

Ce groupement, qui comporte un peloton de commandement, trois pelotons méharistes et quatre pelotons motorisés, compte environ 720 hommes, tous grades confondus, plus de 100 dromadaires et 80 véhicules.

Compagnie saharienne d'infanterie du Fezzan[modifier | modifier le code]

Cette unité fut créée par la France après la Seconde Guerre mondiale pour contrôler cette ancienne colonie italienne. Elle est stationnée à Sebha et compte plus de 300 hommes et de nombreux véhicules.

Uniforme[modifier | modifier le code]

Les uniformes des compagnies sahariennes sont issus à la fois des traditions de la Légion étrangère et de celles des premières unités méharistes. Ils comprennent :

  • un képi blanc pour la troupe et noir pour les officiers et les sous-officiers
  • une vareuse de toile blanche
  • des épaulettes de tradition "vert et rouge"
  • un sarouel, pantalon ample, noir ou blanc selon l'unité
  • un manteau, le burnous, en drap noir doublé de blanc selon l'unité
  • la ceinture bleue, portée sous le ceinturon et le baudrier
  • un ceinturon et un baudrier porte-cartouche formant un V sur la poitrine et dans le dos
  • des sandales, les nails.

Après la Seconde Guerre mondiale, cet uniforme ne sera plus utilisé que comme uniforme de parade et devint kaki uni, y compris le képi.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Trois autres compagnies à quatre pelotons existaient au Levant ainsi que des groupes nomades en Afrique-Occidentale française

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]