Skikda

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Skikda
Centre ville de Skikda bâti sur les ruines de Rusicade
Centre ville de Skikda bâti sur les ruines de Rusicade
Noms
Nom algérien سكيكدة
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Skikda
Daïra Skikda
Président de l'APC Ramzi Chebli (RND)
2012-2017
Code postal 21000
Code ONS 2101
Démographie
Gentilé Skikdis
Population 163 618 hab. (2008[1])
Densité 3 147 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 52′ 00″ N 6° 54′ 00″ E / 36.866667, 6.9 ()36° 52′ 00″ Nord 6° 54′ 00″ Est / 36.866667, 6.9 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 300 m
Superficie 52 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la Wilaya de Skikda
Localisation de la commune dans la Wilaya de Skikda

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Skikda

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Skikda

Skikda (en arabe : سكيكدة prononcé Sukaïkida en arabe classique, Skikda en arabe algérien), anciennement appelée Rusicade à l'époque romaine et Philippeville lors de la colonisation française, est une commune algérienne située en bordure de la mer Méditerranée, à 345 km à l'est d'Alger, dans la wilaya de Skikda. Elle est le chef-lieu éponyme de la wilaya de Skikda et de la daïra de Skikda.

La population de la commune de Skikda s'élève, au dernier recensement de 2008, à 163 618 habitants, et à 564 555 habitants pour l'ensemble de sa métropole[réf. nécessaire].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La commune de Skikda est située au nord de la wilaya de Skikda, sur le littoral méditerranéen. Elle est bordée au nord par la mer Méditerranée et elle touche les communes de Filfila (à l'est), d'El Hadaiek et Hamadi Krouma (au sud) et de Aïn Zouit (au sud-est).

Communes limitrophes de Skikda
Mer Méditerranée
Aïn Zouit Skikda Filfila
El Hadaiek  • Hamadi Krouma

Elle couvre une superficie de 5 200 hectares[2].

Skikda est située à 345 km à l'est de la capitale Alger, à 105 km à l'est de Jijel, à 65 km au nord-est de Constantine et à 72 km à l'ouest d'Annaba[Note 1].

Les coordonnées géographiques de la commune au point central de son chef-lieu valent respectivement 36° 52′ 00″ Nord et 6° 54′ 00″ Est.

Relief et hydrographie[modifier | modifier le code]

Grotte à skikda

La région de Skikda, de part et d'autre de la vallée du Saf-Saf, jusqu'à Ayoun Bouziane, est localisée entre la presqu'île de Collo, dont le cap Bougarouni, à l'ouest; la plaine de Guerbés, le cap de Fer et le massif de l'Edough à l'est ; la chaîne numidique (prolongement des Babors), dont le djebel Sidi Driss, le col du Contour et la chaîne de Zerdeza, au sud; et, enfin, le golfe de Numidie au Nord. Outre les dépressions de Saf-Saf, la plus importante, et celles de Tamalous et Azzaba, la wilaya de Skikda est une région montagneuse où l'altitude moyenne est de 300 m, avec, cependant, des pics dépassant les 1 000 m (djebel El Goufi, au-dessus de Collo, et djebel Sidi Driss, au-dessus de Oum Toub). Elle fait partie de l'Atlas tellien qui, à partir de l'Algérois vers l'Est du pays, se scinde en deux chaînes montagneuses parallèlement à la côte méditerranéenne : le bourrelet liminaire ancien du littoral et la chaîne du tertiaire, plus au sud, représentant la chaîne numidique qui prend naissance à Mila, à l'ouest (djebel M'cid Aïcha) et traverse la région de Guelma (djebel Maouna), après avoir servi de rempart entre les wilayas de Skikda et Constantine[3].

Par ailleurs, l'étude géologique du sous-sol de cette région fait ressortir cinq types de structures lithologiques: un soubassement primaire du pré-permien constituant le bourrelet liminaire ancien de la presqu'île de Collo; des sables ferrugineux (rouges) de l'ère secondaire (Ben M'hidi, Ain Righa…) une couverture gréso-argileuse modérément plissée du Numidien de l'ère tertiaire (El Goufi, Sidi Driss et toute la chaîne numidique) des terrains éruptifs ou volcaniques récents du tertiaire et du quaternaire (Bougarouni, Filfila, Cap de Fer, Chetaïbi…)[4] et, enfin, des terrains très récents de plaines alluviales du Saf-Saf, Zeramna, oued El Guebli, dans la dépression de Tamalous et oued El Kébir, dans la plaine de Guerbés. Du point de vue climatique, la région de Skikda est dominée par un climat dit de type méditerranéen caractérisé par un hiver doux et pluvieux et un été sec et chaud[5]. Les précipitations moyennes annuelles enregistrées varient entre 800 et 1 200 mm de pluies, ce qui permet le développement d'une couverture végétale abondante se traduisant sur le terrain par la densité des forêts de chênes lièges et la biodiversité importante qui caractérise les écosystèmes terrestre, marin et d'eau douce (rivières, lacs…). Cette abondance de pluie explique également le vaste réseau hydrographique constitué par les cours d'eau permanents et alimente les réserves en eau souterraine sous forme de nappes phréatiques[6].

Transports[modifier | modifier le code]

Une télécabine du téléphérique de Skikda.

La ville dispose d'une gare ferroviaire et d'un important port autonome. En septembre 2008, la ville de Skikda s'est dotée d'un téléphérique reliant la cité Bouabaz à la cité Bouyala.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la commune dérive de Tasigda ou Tacigda, ancien nom berbère de la ville, qui dérive à son tour de Rusicade, forme latine du nom punique de l'antique ville[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

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Origine de la population[modifier | modifier le code]

Les souches originelles de ce qui allait composer actuellement la population de Skikda et sa région, et à travers notamment des rapports d'enquêtes et de chroniques que Laurent-Charles Féraud avait réalisés pour l'armée coloniale française et publiés dans le n° 110 de la Revue africaine, en 1875. Les textes qui ont trait aux origines de la population de Skikda et de sa région sont revus sans conteste par l'auteur à la faveur de l'évolution de la situation militaire et de l'expansion coloniale. Ce qui n'est guère surprenant au vu des états de service de Féraud qui appartenait à ces chroniqueurs des premières décennies de la conquête coloniale française en Algérie.

II était chargé de recueillir le maximum d'informations et de renseignements sur le pays et la population algérienne pour permettre à l'envahisseur d'affiner les multiples stratégies et stratagèmes dans le but d'asseoir sa domination. Les objectifs premiers de ces rapports ont une connotation militaire expansionniste, ils ne sauraient donc prétendre à constituer une référence à caractère historique, car empreints de subjectivité et d'arrière-pensées. La définition la plus appropriée pour qualifier ces rapports est de parler d'une sorte de répertoire détaillé de tribus de la région concernée, en l'occurrence celle enserrée entre le Lac de Fetzara à l'est, l'Oued Zhor à l'ouest, la mer Méditerranée au nord et l'oued Smendou au sud.

II n'en demeure pas moins que 22 tribus y ont été décrites. D'origine arabes et berbère mais pour la plupart arabisées il s'agit des : Redjata, Béni Mehenna, Ouled Attia des Toumiette, Eulma Maâssela, Béni Oualban, Ouled el Hadj, Beni Isahak de l'Oued Sahel, Zeramna, Béni Bou Naïm Séfisfa, Medjadjda, Béni Salah, Zerdaza, Béni Isahak du Goufi, Béni Fergan, Msalia, Taabna, Ouichaoua Rifia, Achâch, Ouled Ahmidech, Ouled Maâzouz, Ouled Attia des montagnes de Collo et les Béni Toufout.

Selon le scientifique et capitaine de Génie Ernest Carette, à l'arrivée de la France il y avait selon les estimations 1 million de personne d'origine arabe pour 2 millions d'origine berbères, voilà dans ce lien les tribus et douars ou confédération tribal considéré comme arabes ou berbères selon les sciences ethnologique de l'époque[8].

Cette liste, bien sûr, ne saurait être exhaustive, par oubli ou par méconnaissance, notamment en raison des différentes expropriations, du démantèlement de l'organisation tribale, des recompositions sociales introduites au sein des populations autochtones, ainsi que de l'exil et l'expatriement de pans entiers de la société qui ont suivi les différentes périodes d'occupations qu'a connues Skikda, d'autant plus que le recoupement des témoignages consignés dans les différents rapports des chroniqueurs se font par voie orale. Par ailleurs, relativement à d'autres sources, en sa qualité de région du Nord Constantinois, Skikda appartient à l'extrémité de ce que des géographes, tels que Paul Vidal de La Blache, Jean Despois et René Raynal[9] appellent la Kabylie orientale. D'ailleurs, à ce propos, les ancêtres fondateurs du arch des Béni Mehenna affirmaient que Mehenna descendait de la tribu des At Melloul, de la Grande Kabylie.

Le arch des Beni Mehenna était, avant la colonisation française, une confédération tribale comprenant des douars (fractions) des Béni Mehenna de Kerkera, dont les Ouled Khezzar et les Hadjadjma; celles des Msalaouia, Ouled Nouar, Béni Bechir, Béni Bou Naim du GoufI et Béni Bou Naim de Sefisfa, Zeramna, Medjadjda et Taabna. Les informations relatives au mode de vie indiquent que ces populations étaient en grande partie montagnardes et sédentaires vivant d'une agriculture de subsistance à base d'arboriculture (oliviers, figuiers, figuiers de barbarie…), de céréaliculture pauvre (orge, sorgho…) en raison de l'acidité des sols des massifs forestiers, et, enfin, de petit élevage.

Plus tard, l'essor de l'agriculture des grands domaines des plaines, dont celles de Saf-Saf, et du Zeramna, ainsi que le développement de Skikda et des autres agglomérations de la région contribueront de près à l'éclatement de l'organisation tribale et à la désorganisation des anciennes structures sociales, en général, ce qui a eu pour conséquences évolution des modes de vie et l'accroissement de la population urbaine.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Cette période sur laquelle on connait très peu de choses se compose de deux âges : la préhistoire et la protohistoire. Le premier âge se traduit par l'existence d'un ensemble de vestiges qui ont été recensés dans les localités de Tamalous et de Kerkera, dans la zone ouest du bas massif, ainsi qu'à Souk Lihoud, près de Bounaghra, dans la presqu'île de Collo. Ces vestiges sont représentés par des monuments mégalithiques importants. Il s'agit, en l'occurrence, de dolmens, monuments datant de l'ère néolithique (20 000 ans av. J.-C.). On y trouve également des grottes anciennes. Quant au second âge, la protohistoire, qui représente en fait l'aube ou le début de l'ère historique, elle a été décrite par le célèbre historien français Stéphane Gsell (1864-1932) qui lie cette période à une peuplade qui avait élu domicile dans cette région et que des sources latines auxquelles il a été fait référence appelaient les Gutuma. II s'agit en fait des Kutama, une tribu berbère dont les limites territoriales occupaient, selon le sociologue et historien arabe maghrébin Ibn Khaldoun, l'axe Béjaïa, Annaba et Baghaï, dans les Aurès. Selon toujours Ibn Khaldoun al-Hadrami les Kutama sont des arabes.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Statue de Philippeville 1893
Philippeville entre 1860 et 1900.
Période Phéniciene

Ancien comptoir phénicien fondé durant l'extension de la civilisation des Phéniciens au-delà de leurs frontières originelles. Sa création se situe à l'arrivée de ces derniers sur les côtes de l'océan Atlantique vers 2 000 ans av. J.-C. Il est connu que les Phéniciens excellaient dans la navigation marine, car ayant compris que la prospérité, la fructification de leurs richesses et le développement économique ne pouvaient provenir qu'au-delà des limites marines. II fallait donc traverser océans et mers pour assouvir leurs buts expansionnistes. Mais les distances lointaines entre la vile mère, Phénicie, et les grands centres commerciaux ou les grandes villes situées le long de la façade marine du continent poussèrent les Phéniciens à établir des comptoirs commerciaux. C'est dans cet ordre d'idées que les Phéniciens de la ville de Tyr fondèrent la ville d'Utique en Afrique antique (actuelle Tunisie) en 1100 av. J.-C. qui est considérée comme le plus ancien comptoir et ce, en relation avec le sens étymologique du mot Utique signifiant en langue punique ancienne ou antique, et qui en arabe aussi veut dire la même chose. Plus tard, vers 814 av. J.-C. fut fondée Carthage ou Qarthadesh.

C'est ainsi donc que la ville d'Utique fut le point de départ d'une succession de comptoirs et de ports le long de la façade occidentale de la mer Méditerranée occupant ainsi une position géostratégique car soustraits à l'action des vents violents. Le positionnement de ces sites commerciaux fut fait selon un intervalle de 30 km en raison du cabotage, les vaisseaux de l'époque n'étaient pas encore aptes à s'aventurer en haute mer. Parmi ces comptoirs, on peut noter, entre autres, ceux de Saldae (Béjaïa), lol (Cherchell), Kertenne (Ténès), Icosium (Alger), Igelgili (Jijel), Hippone (Annaba), etc.

Entre les XIIe et XIe siècles avant notre ère, virent le jour les comptoirs de Rusucade (Skikda), Chullu (Collo), Tsaf-Tsaf et Astora (Stora), tous quatre faisant partie de l'actuelle wilaya de Skikda. Le comptoir de Tsaf-Tsaf fut érigé à proximité de l'ancienne embouchure de l'actuel Oued Zeramna, non loin de l'actuelle gare ferroviaire et de la place du 1er novembre, au pied de cet autre comptoir qu'est Rusucade, appellation phénicienne composée de deux mots « Rus » désignant le cap, et « Ucade » (prononcé Oucade) signifiant feu, le tout donnant ainsi une traduction littérale de « cap du feu ».

Cette signification étymologique se retrouve également dans deux autres villes côtières auxquelles les Phéniciens donnèrent les noms de Rusazir (Azzeffoun) et Rusuccum (Dellys). Les phares n'existant pas encore, le premier ayant été édifié par les Grecs d'Alexandrie, en Égypte, sur l'Île de Pharos sous le règne de Ptolémée II Philadelphe au IIIe siècle avant notre ère, les Phéniciens allumaient chaque soir un brasier sur le promontoire de Rusucade afin de diriger vers Astora les navires venant de l'Est. II faut dire que de par sa position altitudinale avantageuse car plus élevée que les autres promontoires environnants, Rusucade était l'emplacement idéal pour accueillir le phare.

D'ailleurs, à ce propos, notons qu'en berbère "Askad" désigne le belvédère et Skikda signifierait donc le belvédère d'où l'on peut admirer la beauté de la baie de Stora. Pour sa part, Tsaf-Tsaf désigne également le nom de l'antique Zeramna. Tout cours d'eau bordé de saules est appelé par les Phéniciens Tsaf-Tsaf (Saf-Saf en arabe). À cette époque (antiquité), beaucoup plus loin en amont, et la plaine alluviale actuelle située entre Merdj Eddib et Ben M'hidi n'existait pas encore, un lagon ainsi que d'immenses marécages que finira par combler la rivière venant des Zerdezas en représentaient le paysage originel.

En outre, à 3 km à l'ouest de Rusucade est localisé le comptoir de Astora dont le mot tire son origine de la racine sémitique « STR » qui signifie « protéger ». Astora désigne également la déesse phénicienne de l'amour et de la beauté, déesse considérée par la même occasion protectrice des navigateurs. Il est, par ailleurs, à signaler que le trait particulier de Astora, qui est aussi un golfe montrant donc une eau toujours calme, renforce la croyance des navigateurs sur le caractère protecteur de Astora, car les protégeant, ainsi que le port, des vents violents de direction nord-ouest soufflant sur la région.

Rusucade connut un développement important sur tous les plans à telle enseigne qu'il devint le centre névralgique des activités commerciales autour duquel perlaient notamment Chullu et Tsaf-Tsaf. Actuellement, il ne reste plus de cette grande ville phénicienne que quelques vestiges funéraires localisés sur les hauteurs de Stora, à travers les nécropoles de Stora, le djebel de Skikda, antique Rusucade, à proximité du siège de la wilaya, dans un site dominant le golfe.

Durant cette phase d'occupation de Rusucade, les Phéniciens introduisirent l'usage du bronze et du fer ainsi que celui de leurs nombres et de leur alphabet. Ils enseignèrent également aux autochtones de meilleurs procédés de culture de la vigne et leur apprirent à greffer l'oléastre pour donner l'olivier.

Période Numide

En 202 av. J.-C., l'armée du général carthaginois Hannibal est vaincue lors de la bataille de Zama (Tunisie actuelle) dans de violents affrontements qui l'ont opposé à l'alliance scellée entre les Romains dirigés par Scipion l'Africain et la cavalerie numide menée par le chef des Numides Massyles, Massinissa. Tsaf-Tsaf, que les Romains transcrivent Thapsa ou Thapsus, ainsi qu'Astora et Rusucade font partie du royaume numide gouverné par Massinissa et qui s'étend de Vaga (Béja en Tunisie) à la Mulucha (actuelle Moulouya), rivière frontalière avec la Maurétanie turgitane (le Maroc actuel). La capitale de ce royaume est Cirta, qu'on prononce Qurta (quourta), mot d'origine punique signifiant la ville.

Durant cette période, Rusucade connut un niveau de développement des plus importants. À cet effet, elle contribua de façon notable à la promotion et l'amélioration des relations commerciales avec le siège principal des Romains, à savoir la grande ville de Rome. Cette coopération bilatérale permit à Cirta de devenir le point nodal de la production agricole qui a atteint un degré d'évolution tel que la capitale du royaume numide constitua pour les Romains le principal centre d'approvisionnement en viandes, huiles, olives et autres denrées alimentaires pour toutes leurs colonies et leur territoire situes à l'intérieur des plaines. Cependant, malgré cette embellie commerciale, la période numide fut caractérisée par une faiblesse clans le réseau routier, problème d'ailleurs que les Romains rencontrèrent lors de l'approvisionnement de leurs colonies situées à l'intérieur des terres qui étaient desservies par de simples chemins de terre non aménagés à travers monts et collines. C'est ce qui poussa les Romains, lors de leur occupation, à développer tout un réseau de maillages routiers, notamment à Rusucade. Seulement, cette coopération numidoromaine est loin d'être un havre de paix, car les intentions belliqueuses des Romains commencèrent à poindre à l'horizon, notamment après la destruction de Carthage en 146 av. J.-C., qui vit les Romains s'intéresser de près au royaume numide afin d'empêcher et de mettre un terme à l'expansion et l'essor de ce dernier.

Période romaine

La grandeur du royaume numide a aiguisé les velléités hégémonistes autour du trône. En effet, les conflits et guerres intestines pour le pouvoir ont conduit à la mort de Himessal ; et en tentant de le venger, son frère Adherbal s'est vu affliger, à son tour, une défaite cuisante face à son ennemi et cousin Jugurtha. À la suite de cela, Aderbal a fait appel au conseil des sages de la cour romaine en leur soumettant sa requête dans le but de gagner leur soutien et de les rallier à sa cause. II obtint une réponse favorable et le conseil des sages romain a dépêché à Cirta une commission présidée par Opimius qui avait pour consigne de scinder le royaume numide en deux parties. C'est ainsi qu'en 116 av. J.-C. furent créées deux zones. La Numidie orientale à la tête de laquelle fut désigné Aderbal, et la Numidie occidentale qui revenait à Jugurtha.

Mais ce dernier ne l'entendait pas de cette oreille et refusait à Rome le droit de s'immiscer dans les affaires internes du royaume numide. Pour parer donc à cette situation conflictuelle, Jugurtha usa de sa position d'homme politique fort et de l'estime qu'il avait de son peuple, deux principaux avantages qu'il avait sur son rival et cousin Aderbal, pour mener, en 113 av. J.-C., un assaut contre son ennemi juré et assiéger la capitale Cirta. Un an après le siège, Cirta tomba aux mains de Jugurtha et Aderbal fut tué durant l'été de l'an 112 av. J.-C. Jugurtha recouvra son trône sur la Numidie et un vent de panique gagna les Romains qui virent en lui un danger menaçant leurs intérêts en Afrique du Nord. C'est ainsi que plusieurs campagnes de guerre furent menées contre Jugurtha et la Numidie.

Rome dût mobiliser des moyens colossaux qui aboutirent à la victoire finale. En 105 av. J.-C., Jugurtha fut arrêté et Cirta devenait la capitale de la nouvelle confédération romaine qui intégra en son sein des villes importantes, à l'image de Colic, Mila et Skikda. Rusucade, devenue Rusicade, et Astora devinrent des colonies romaines et connurent durant cette période un développement économique et commercial important. Conséquence de cette occupation, Rusicade vit son réseau routier se développer à une vitesse vertigineuse et ce, pour drainer les multiples échanges commerciaux qui se font avec les villes alentour et dont Rusicade fut la plaque tournante d'un commerce florissant. Parmi ces routes celle qui relie Cirta au port de Rusicade; la route nord-ouest qui longe le littoral en traversant l'oued Annab et qui rejoint la ville d'Hippone (Annaba); la route en direction de l'est qui plonge dans les villes de l'intérieur pour se bifurquer selon deux autres directions: l'une menant vers Guelma et l'autre menant vers le sud pour atteindre Mila. Plus tard, le général Pompée, rival de Jules César dans la lutte pour le pouvoir, est vaincu avec son allié Juba Ier, roi de Numidie, à Thapsus de l'Afriqua (Tunisie actuelle) en 46 av. J.-C. Ce dernier se donna la mort et son fils Juba II, élevé dans la cour de Rome, fut proclamé roi de Maurétanie à lol Caesarea (Cherchell actuelle) vers 25 av. J.-C. et marié à Cléopâtre Sélène, fille d'Antoine et de la reine Cléopâtre d'Égypte, à la gloire de laquelle son mari érigeât le monument le « Tombeau de la chrétienne ». Nonobstant les origines numidiennes du roi, ce royaume fut contrôlé par les Romains.

Après donc la victoire de César en 47 av. J.-C., la ville de Rusicade a connu de nombreuses modifications à travers notamment l'extension de la zone portuaire où furent construits de nombreux hangars dans le but de répondre aux besoins sans cesse croissants des activités et des échanges commerciaux.

Par ailleurs, un siècle après l'occupation romaine, Rusicade devint un Municipe se gouvernant selon ses propres lois (conformément à la définition même du terme Municipe), mais s'acquittant néanmoins de l'impôt en nature (ou impôt de l'Annone) à destination de Rome. Les habitants des Municipes deviennent progressivement des citoyens à part entière et sont dirigés par un magistrat imposé (Praefectus) et des magistrats librement choisis. L'occupation romaine durant plusieurs siècles ne fut pas sans laisser de traces. En effet, de nombreux édifices imposants furent érigés çà et là et dont quelques-uns sont encore visibles à travers des vestiges sauvegardés dans un musée.

À l'origine, la ville de Rusicade était dédiée à l'Astora des Romains, la déesse Vénus, d'où son nom de « Colonia Veneria Rusicade » ou « colonie de Rusicade dédiée à Vénus ». L'âge d'or de Rusicade correspond au règne des Antonins, au IIe siècle après J.-C., plus exactement entre 182 et 96 après J.-C. La ville connut une richesse et une opulence des plus enviables et abritait une population estimée à l'époque à 100 000 âmes, les dimensions du théâtre romain en faisant foi vu qu'il pouvait accueillir 30 000 spectateurs. Il est à noter que le plan des rues de la ville coloniale française Philippeville est superposable sur celui de la ville romaine de Rusicade, à une exception près, le Zeramna a cédé la place à la rue nationale, actuelle rue Didouche Mourad, après avoir été détourné de son lit par les autorités françaises, durant la colonisation, vers le Saf-Saf par le biais d'un canal.

Dans toute ville romaine, il y a une rue principale appelée le « Cardo maximus » et traversée en son centre par le « Decumanus ». Pour Rusicade, le Cardo maximus à une direction nord-sud de part et d'autre du lit du Tsaf-Tsaf ou Thapsus (actuel Zeramna et plus précisément la rue Didouche Mourad) et le Decumanus montre une direction est-ouest et correspond à l'actuelle rue Boudjemâa Lebardi qui traverse la rue nationale vers le siège de la direction de l'Éducation.

Par ailleurs, d'autres édifices sont également le témoin de l'occupation romaine. Il s'agit notamment de :

  • Le "Forum romain", qui a été bâti au centre de la ville de Rusicade et qui servait de lieu de rencontres où se déroulaient moult activités socio-politico-culturelles. C'était un lieu d'expression. L'actuelle esplanade de la Liberté en est le témoin.
  • Les ponts de la route supérieure de Stora qui étaient des ponts romains construits en gros appareils réguliers (gros blocs de pierre réguliers) que l'APC a malheureusement couverts de ciment au début des années 1980.
  • Les fondations du théâtre municipal sont celles du temple de Vénus, épaisses substructures en petit appareil régulier, couverts également de ciment au début des années 1990.
  • Les fondations du Palais de justice correspondent à celles du temple de la Victoire.
  • Les fondations de l'hospice des vieillards sont celles des temples d'Hélios (dieu du soleil) et de Mithra.
  • Les fondations de l'hôpital et l'hôtel Es-Salem correspondent à celles de Jupiter Appenin et de Bellone (déesse de la guerre).
Période vandale

Durant longtemps, Rusicade préserva sa réputation de ville-phare et de centre commercial très important par où transitent de nombreux navires venant de toutes les contrées avoisinantes et lointaines et servit pendant une longue période, avec Stora, de plaque tournante économique dans l'approvisionnement et les échanges commerciaux entre Rome et ses colonies en Afrique du Nord. Mais cette embellie économique et cette relative accalmie connurent une fin tragique avec l'arrivée des Vandales sur les côtes de l'Afrique du Nord.

En effet, les Numides, après leur défaite face aux Romains, n'abdiquèrent jamais. Des poches de résistance s'organisaient çà et là et de continuelles frappes sont portées à l'ennemi romain. Plusieurs tentatives de recouvrement de leur souveraineté sont menées par les Numides dont les assauts militaires déstabilisaient le régime en place et affaiblissaient les forces romaines. C'est cette ambiance de tension et belliqueuse qui constitua pour les Vandales un terrain propice à leurs velléités expansionnistes dans cette région du continent. En effet, le roi vandale Genséric, à la tête d'une forte armada, envahit la terre numide en assiégeant Hippone et affligea une lourde défaite aux Romains en 431, à la suite de quoi un traité (traité de Bone) a été paraphé entre les deux parties. Mais cela ne fut qu'une ruse de la part des Vandales, car, pour eux, ce traité représenta un moment de répit, un sursis, pour leur permettre de rassembler leurs forces et de mieux se réorganiser et affiner leur stratégie d'attaque. D'ailleurs, cette tactique a porté ses fruits puisqu'en 439, à la suite d'une attaque surprise, les Romains furent défaits à Carthage qui tomba entre les mains des Vandales. C'était le début d'une nouvelle ère pour Rusicade, nouvelle mais néanmoins funeste, car l'occupation vandale fut des plus destructrices. C'était le commencement de la fin. En fait, avec l'arrivée des Vandales rien n'a changé, en bien cela s'entend, car ils n'apportèrent aucune amélioration à leurs nouvelles colonies, en général, et à Rusicade, en particulier. Ils ont maintenu en place tous les systèmes de gouvernance et économiques à l'exception du mode de gestion immobilière qui se traduisait notamment par l'expropriation violente des terres fertiles et cultivables. Les actes de répression étaient le lot quotidien des habitants. L'anarchie, la décadence et la dégradation des conditions de vie n'augurent rien de bon et la création de sites militaires était le jeu prisé des Vandales, ce fut d'ailleurs le seul domaine dans lequel ils excellaient. II fut ainsi jusqu'à la destruction de Rusicade, fait du dernier roi vandale fuyant le général byzantin Belisaire et ce, en 533.

Au terme de la période romaine et vandale, et à la suite des bouleversements qui s'ensuivirent, la région de Rusicade connut de nombreuses tentatives de recouvrement de la souveraineté berbère qui était sous la domination byzantine.

Moyen Âge et Période musulmane[modifier | modifier le code]

À partir du VIIe siècle, l'arrivée des musulmans dans le Maghreb a permis de débarrasser cette région du joug colonialiste. Avec l'avènement de l'islam, la langue arabe fut introduite et fut facilement assimilée car les autochtones maitrisaient déjà l'usage de la langue punique, parallèlement au langues berbères et au latin. D'ailleurs, la nouvelle appellation de Rusicade tire ses origines de l'arabe, donnant "Sucaïcada" ou "Ras Skikda". Il est à rappeler que les premiers chroniqueurs arabes, dont lbn Abd El Hakam, rapportent l'appellation au toponyme de Taskikdit. Avec l'arrivée des Ottomans qui ont dominé Constantine et Collo, les régions montagneuses ont échappé à la domination turque. Parmi ces regions, on peut noter Skikda et Stora.

La période coloniale[modifier | modifier le code]

Photochrome de Skikda vue de la mer au début des années 1900.

Les ruines de la ville antique, détruite par les Vandales au Ve siècle de l'ère chrétienne, furent investies par les Français en janvier 1838 lors de la colonisation peu après la chute de Constantine. Repoussées lors d'une première tentative par voie terrestre en provenance de Constantine, les troupes françaises étaient entrées par la baie de Stora, un ancien comptoir phénicien dont l'histoire remonte à 1000 avant Jésus-Christ, devenue plus tard le port de pêche de Skikda, et installèrent leur quartier général sur l'emplacement actuel de l'hôpital, situé en hauteur, pour faire face à la résistance armée des tribus des environs. La ville fut rebaptisée Fort de France du nom du navire qui permit le débarquement des Français dans la baie, puis Philippeville en hommage au roi Louis-Philippe. Elle conservera ce nom jusqu'en 1962.

C'est en négociant avec les tribus hostiles des environs, notamment les puissantes confédérations guerrières des Béni Méhenna et des Béni Béchir, que les Français purent occuper, en premier lieu, une des deux rives de l'Oued Saf-Saf (l'antique Thapsus) qui coupe les deux vallées sur lesquelles se trouve la ville actuelle. Les Français négocièrent également les hauteurs de Bouabbaz en échange de la construction de la Mosquée de Sid Ali el-Adib en 1840 sur l'autre versant de la ville faisant face au lieu. La mosquée de Sid-Ali el-Adib, du nom d'un saint d'origine syrienne venu de Béjaïa, est aujourd'hui la plus ancienne mosquée de la ville.

L'empereur Napoléon III accueilli par le maire et le sous-préfet Nouvion fit escale à Philippeville le 28 mai 1865 (second voyage de l’Empereur en Algérie).

En 1911, au cours d'une grève de protestation des dockers du port de Philippeville, les ouvriers musulmans lèvent un drapeau turc et un autre, de couleur verte, frappé du croissant et de l'étoile qui est considéré comme l'un des ancêtres du drapeau algérien, pour exprimer leur solidarité et leur fidélité à l'Empire ottoman.

En 1914, le port de Skikda est violemment bombardé par deux bâtiments de guerre de la marine ottomane, alors en guerre aux côtés du IIe Reich allemand contre la France.

En 1942, les troupes alliées y débarquent, notamment sur les plages de Jeanne d'Arc (actuellement Larbi Ben M'Hidi) où la carcasse rouillée d'un mini sous-marin gît toujours au niveau de la 7e plage. La ville est également la cible de bombardement aérien effectués par des avions-bombardiers italiens et allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale. La venue des GI américains suscite l'enthousiasme général des populations musulmanes de la ville. En 1942, un incident entre un tirailleur sénégalais et des Algériens sert de prétexte à un massacre commis au niveau du quartier arabe (l'actuelle Souika) durant lequel des tirailleurs sénégalais, tuent une trentaine de civils algériens. C'est grâce à l'intervention de l'armée américaine que cesse le massacre dont les victimes sont inhumées en présence du maire de la ville, Cuttoli, et des principaux notables européens et musulmans.

La guerre d'Indépendance[modifier | modifier le code]

Au cours de la guerre d'indépendance (1954-1962), Skikda fut le théâtre d'atroces massacres : le 20 août 1955, une série d'attaques menées par des unités de l'Armée de libération nationale (ALN) contre des cibles européennes au voisinage et dans la ville entraîne de terribles représailles de la part des forces de commando-parachutistes et de Bérets rouges de l'armée française dont l'école était située à Jeanne d'Arc (7 km de la ville) et des milices armées constituées d'extrémistes pieds-noirs.

Les militaires tiraient à vue sur tous les hommes de 14 à 70 ans. Ceux qui ne furent pas sommairement exécutés sur place furent rassemblés et emmenés au stade municipal (aujourd'hui Stade du 20 août 1955) où ils furent massacrés et ensevelis dans des fosses communes recouvertes à la chaux vive tandis que des hameaux (notamment le Béni-Melek) subissaient des pilonnages massifs à l'artillerie et des bombardements aériens. On estime aujourd'hui à plus de 12 000, le nombre de civils algériens désarmés tués lors de ce massacre tandis que les sources coloniales l'avaient évalué à 1 200. Des sources algériennes estiment que le bilan serait en réalité beaucoup plus lourd puisqu'on ne sait pas avec exactitude tous les lieux, mis à part le stade, où furent enterrées les autres victimes de la répression[réf. nécessaire].

Depuis l'Indépendance[modifier | modifier le code]

En 1962, la ville de Skikda connut un exode massif de la population pied-noir vers la France. Durant les années 1950, mais plus particulièrement à partir des années 1960 et 1970, la ville connut un afflux massif de populations rurales (mais également celles en provenance d'autres Wilayas aussi lointaines qu'Oran) à la recherche d'emplois dans le secteur tertiaire puis dans le domaine pétrolier, ce qui a eu pour effet de recomposer totalement les structures sociales de la ville et la disparition de sa population d'origine[10] Le même phénomène s'accentua au cours des années 1990 durant lesquelles les populations fuyant l'insécurité vinrent s'établir dans les grandes agglomérations urbaines.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2007 2010 Ferhat Ghanaï[11]   Enseignant, directeur de l’OPGI
2010 2012      
2012 en cours Ramzi Chebli[12] RND  
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

En 2005, un accord a été signé avec les autorités palestiniennes pour jumeler la ville de Skikda avec Jérusalem Est.

Économie[modifier | modifier le code]

Région à forte vocation agricole et touristique, elle demeure l'un des bastions de l'industrie pétrolière du pays puisqu'elle abrite une plateforme pétrochimique qui comprend deux raffineries de pétrole, deux centrales électriques, un terminal de gazoduc et un d'oléoduc, deux unités de liquéfaction de gaz et une unité chimique de polymères. Le tout s'étend sur une surface de plus de 1 500 hectares.

En 2004, la China National Petroleum Corporation (CNPC) a remporté un contrat d'un montant de 390 millions de dollars visant à reconstruire la raffinerie de Skikda[13]. Un pôle technologique dont le site se situantt à la sortie sud de la ville serait actuellement à l'étude.

Sports[modifier | modifier le code]

La ville possède un club de football : la JSMS ou la Jeunesse Sportive du Médina Skikda, portant les couleurs Noir et Blanc. Elle fut l'une des meilleures équipes du championnat national dans les années 1960-1970.

Culture[modifier | modifier le code]

La fête de la fraise est un événement annuel qui se tient au mois de mai pour célébrer l'une des spécialités de la région. Des danses folkloriques, des fantasias, des concours de pâtisseries et d'artisanat sont organisés à cette occasion. La ville dispose aussi de maisons de la culture dont celle de Aïssat Idir, au style haussmannien, et des bibliothèques.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

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La ville compte un patrimoine architectural important dont le plus impression reste l'amphithéâtre romain, édifié au IIIe siècle de l'ère chrétienne, est situé en plein centre de la ville de Skikda (adjacent au lycée de jeunes filles En-Nahda). Sa capacité est plus importante que celle des amphithéâtres de Guelma et de Timgad. Skikda faisait partie des rares villes possédant sept salles de cinéma dès les années 1930 : l'Empire, l'Eden, le Rivoli, le Rialto, le Régent, le Colisée et le Lido ainsi qu'un grand casino à la plage qui porte le même nom. Le théâtre municipal est d'un style similaire, par certains de ses aspects, au style baroque et constitue l'une des curiosités de la ville. L'Hôtel de ville de style néo-mauresque, conçu par Le Corbusier. Il contient des tableaux de maîtres d'une très grande valeur[14].

Panorama de Philippeville, Photo de Félix-Jacques Moulin, ca 1856

Cette région est importante pour l'hivernage de l'avifaune d'une partie de l'Europe [15], patrimoine environnemental de la ville.

Patrimoine Préhistorique[modifier | modifier le code]

II ne subsiste de cette période que deux types de vestiges des grottes et des monuments mègalithiques représentés par des dolmens. Les grottes sont localisées à Tamalous et Kerkera, dans la presqu'île de Collo. Quant aux dolmens, ils sont répertoriés au niveau de Bounaghra, au lieu-dit Souk Lihoud, de Tamalous (où il en a été recensé 20) et de Kerkera (au nombre de 3). Le mystère entourant ces dolmens sur leur rôle demeure entier. Mais des tentatives d'interpretation leur attribueraient la fonction de nécropoles megalithiques de l’ère préhistorique[16].

Patrimoine Antique[modifier | modifier le code]

De l’antique et prospère Rusicade, il ne reste plus que, grossièrement, deux vestiges qui ont défié le temps et les hommes le thèâtre antique et la voûte romaine. Les autres formes sous lesquelles on retrouve ce qui représentait l’époque faste de la période romaine sont les ruines romaines et les substructures ainsi que les fondations d'édifices publics romains sur lesquels a été bâtie la nouvelle ville coloniale.

Les différents sites abritant les ruines romaines sont nombreux. On peut citer les ruines romaines de Oued Bibi et Oued Tanger, dans la commune de Aïn Zouit, entre Skikda et Collo celles de Paratianis, à Guerbès ou littoral de Djendel (daIra de Azzaba); celles de Culucinatis (prés de la Marsa), de Celtiana, I'antique Beni Oulbane et, enfin, les ruines de Cobb et de Stora. De ces ruines ont été récupérées de très nombreuses pièces archéologiques qui ont alimenté les différents musées de la région, notamment le musée municipal de Skikda[17].

La voûte romaine est située à proximité du port de pêche de Stora. Ce vestige était en réalité une nymphée consacrée au culte de l'eau et comprenant un ensemble de vastes salles d'eau (citernes) creusées sous la falaise de l’Horloge. Cette construction servait au stockage de I'eau. Les citernes restaurées par les colons français et situés dans la partie basse de Stora et utilisées depuis l'occupation française, étaient d'une contenance de 3 000 m3 d'eau environ à l'époque romaine. La citerne se trouvant sous la voûte et qui recevait les eaux provenant de la fontaine située au-dessus est une merveille architecturale de la période romaine. Malgré les mutilations qu'elle a subi et qui ont éventré une large proportion de sa voûte, elle témoigne de son antique importance par ses dimensions 8 mètres de large sur 9 mètres de haut, avec une longueur qui ne devait pas être inférieure à 20 - 25 mètres. Des blocs de maçonnerie provenant de cette citerne existent encore sur le contrebas indiquant par Ià qu'elle s'est effondrée ou qu'elle a été démolie lors de l'établissement, durant l'époque coloniale, du chemin menant de Stora au petit phare, Parmi les autres ouvrages en dur destinés à l'eau, on peut citer les sept citernes romaines (seb'a ebiar) de Fort national, au sommet de la partie nord de Bouyala, qui sont encore utilisées de nos jours pour alimenter en eau les vieux quartiers de Skikda.

Les substructures et fondations d'édifices publics romains. Le sept octobre 1838, lorsque l'armée coloniale arriva à Skikda, elle découvrit les vestiges d'une immense ville antique, les ruines de Rusicade. Du fait de la résistance héroïque des Skikdis, sous la direction de Si Zaghdoud, les Français prirent la résolution de s'installer sur le site même de Rusicade et s'empressèrent de construire le mur d'enceinte et édifièrent de nouvelles maisons sur les restes des constructions antiques[18].

Les cubes de granit de l'époque romaine furent réutilisés dans la majorité des assises des nouveaux édifices coloniaux. On peut d'ailleurs le constater de visu dans le quartier Napolitain, dans le mur porteur extérieur du CEM El Khawarizmi et dans beaucoup d'autres quartiers de la ville coloniale. En outre, le tracé des rues du Skikda colonial correspond et se confond avec celui de l'antique Rusicade, à quelques exceptions près. Le Cardo maximus (principale rue des villes romaines) qui comprenait deux voies parallèles de part et d'autre d'un lit d'oued correspond à l'actuelle rue Didouche Mourad, et le Decumanus (occupant perpendiculairement d'est en ouest le Cardo maximus) correspond à l'actuelle rue Boudjemaâ Lebardi[19].

Concernant les édifices publics de l'ère coloniale, pour la plupart bâtis sur des substructures ou des fondations d'édifices de l'époque romaine, on peut citer le collège Emile Maupas (lycée Ennahda) qui occupa l'esplanade du Proscenium (la scène) du théàtre romain ; le théâtre municipal construit sur les substructures en petit appareil régulier du temple de Vénus ; le tribunal bâti sur les substructures du temple de la Victoire ; la place Marqué (actuelle Ier Novembre) qui s'étend au-dessus des vestiges (qui existent toujours) d'une fontaine monumentale[20]; l'hôpital et l'ex-caserne de France (Hôtel Es Salem) qui furent édifiés sur les restes du temple de Jupiter et Bellone ; l'hospice des vieillards construit sur ce qui fut le temple de Mithra. Le mur d'enceinte colonial (1838-1930), dont il reste des pans entiers sur le Bouyala-Seb'a Ebiar avec des tours de guet et des meurtrières, épousait le trace des fortifications de l'époque romaine.

Le génie militaire de l'armée française dut détruire le Cirque (amphithéâtre), qui était situé prés du cimetière européen, pour ériger le mur d'enceinte. Dans ce Cirque, pouvant accueillir jusqu'à 8 000 spectateurs, se déroulaient à l'époque romaine des combats de gladiateurs et des naumachies (spectacles d'un combat naval dans un bassin aménage à cet effet).

Par ailleurs, l'église Saint-Philippe (détruite en 1979), fut édifiée en grand appareil avec le granit ocre des carrières romaines, sur l'emplacement de la basilique romaine dédiée à la martyre donatiste Sainte-Digna dont le tombeau et les restes, découverts en 1886[21], sont conservés au musée de Constantine. Enfin, la place de la Liberté correspond au Forum de la période romaine[22].

Patrimoine Moderne[modifier | modifier le code]

Pour célébrer le centenaire de la colonisation de l’Algérie, des fêtes grandioses furent organisées en 1930 par les autorités françaises à travers tout le pays. C'est dans cette optique que la municipalité de Philippeville (Skikda) se lança dans une vaste opération d'édification d'un ensemble urbanistique de style andalou-mauresque, les prémices de ce qui allait devenir le style néo-mauresque. C'était la période faste de la colonisation. L'Algérie semblait définitivement acquise[23].

II fallait donc passer à l'étape suivante, celle de s'approprier, nationaliser, intégrer et franciser l'art et le patrimoine architectural arabo-musulman de l'Algérie. Cet ensemble urbanistique comprend de véritables chef-d'œuvre architecturaux aux lignes sobres et au décor très riche c'est un exemple d'art néo-mauresque adapté par le très grand architecte attitré de la ville, Charles Montaland, aux exigences et aux nécessités modernes d'une importante administration, que ce soit celle de I'Hôtel de ville, de la gare des chemins de fer, de Ia banque centrale ou celle de la grande poste et du palais Mériem Azza. La majorité de ces constructions se situent le long du boulevard Front de mer.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

En 1935, le réformateur religieux Abdel-Hamid Ibn Badis visitant la ville y fut mal accueilli. Ce qui a donné naissance au mythe d'une ville dont les enfants auraient été maudits par le célèbre prédicateur.

Durant les années 1920-1930, un prédicateur religieux errant du nom de Ben Aroua émit une série de prophéties sur l'avenir de la ville dont celles, demeurées célèbres dans la mémoire collective, relatives à la guerre et à l'indépendance, à un serpent métallique dont les origines se perdent dans les sables du désert et la tête dans la mer, allusion allégorique au pipeline qui relie les champs pétrolifères du Sahara au terminal pétro-chimique, ainsi qu'à la survenue d'une catastrophe de type apocalyptique dont ne seront rescapés que ceux qui se réfugieront sur les hauteurs du Djebel Messiouen situé non loin de la ville.

Personnalités liées à Skikda[modifier | modifier le code]

Ordre chronologique des années de naissance.

.Fadel Lakani ( 1887) Cheikh et marabout de la zaouia des Hansallah !

  • Embarek LAIFA (1936-),père de la recherche minière en Algérie indépendante, Docteur en géologie minière et ancien responsable de la Sonarem ;

Sources, notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Wilaya de Skikda : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. Zoheir Zaid, « Oued Z'Hor, entre les frontières de Skikda et Jijel : une beauté, des paysages », Tourisme magazine, no 29,‎ mai-juin 2011, p. 28 (ISSN 1112-7139, lire en ligne).
  3. http://www.univ-biskra.dz/revue-fshs/edition/n5/17.pdf
  4. :: Site Officiel De La Wilaya De Skikda ::
  5. http://www.umc.edu.dz/theses/sc-terre/AMI4284.pdf
  6. http://www.bioeco.org/docs/443.pdf
  7. Salem Chaker, Linguistique berbère : études de syntaxe et de diachronie, Peeters Publishers,‎ 1995 (ISBN 9782877231527, lire en ligne), p. 159.
  8.  Recherches sur l'origine et les migrations des principales tribus de l'Afrique septentrionale et particulièrement de l'Algérie http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k104729j/f451.image[1]
  9. H. Isnard. Jean Despois et René Raynal, Géographie de l'Afrique du Nord-Ouest., Méditerranée, 1968, vol. 9, n° 2, pp. 181-182.
  10. http://www.urbaco-edr.com/skikda.htm
  11. Khider Ouahab, « Skikda : Décès du P/APC », dans El Watan, 2 octobre 2010 (Lire en ligne).
  12. Abderrahmane Boukarine, « APC de Skikda : Le RND rafle la mise », dans Liberté, 15 décembre 2012 (Lire en ligne).
  13. Les Chinois à Alger, Le Gri-Gri International, 26 avril 2005 (repris sur le site Afrik.com)
  14. http://www.skikda-port.com/skikda/situation.htm
  15. S. Metallaoui et M. Houhamdi, Biodiversité et écologie de l’avifaune aquatique hivernante dans Garaet Hadj-Tahar (Skikda, Nord-Est de l’Algérie) p. 1 ; en ligne : 14 avril 2011 DOI:10.1051/hydro/2010002 (Résumé et version PDF (416.9 KB)
  16. Grandeur et décadence de l'Etat algérien - Ahmed Rouadjia - Google Livres
  17. Ville Portuaire D'Algrie: Oran, Skikda, Arzew, Honaine, Ghazaouet, an El Bia ... - Google Livres
  18. L'investigateur: journal de la Société des Etudes Historiques, Volume 2, 1832
  19. Guide d'Algérie: paysages et patrimoine - Marc Coté - Google Livres
  20. L'action urbaine au Maghreb: enjeux professionnels et politiques - Google Livres
  21. Desjardins Ernest. Note sur la pierre de l'église de Philippeville. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 30e année, N. 2, 1886. pp. 223-227.
  22. Agricultures familiales et développement rural en Méditerranée - Google Livres
  23. http://www.rehabimed.net/Home/Noticies/RRPB.pdf

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Distances orthodromiques, dites aussi à vol d'oiseau.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]