Tirailleur

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Un tirailleur est un fantassin faisant partie des unités légères de l'infanterie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le mot Tirailleur a deux significations dans le domaine militaire.

C'est une tactique de combat de l'infanterie, souvent pratiquée par des troupes légères qui se déploient devant le front des troupes, pour harceler l'ennemi, selon les époques avec des armes de jet ou des armes à feu.

Cette méthode de combat a aussi donné son nom à certaines unités de l'infanterie légère qui la pratiquaient dans différentes armées. À partir du XIXe siècle, l’armée française a formé beaucoup de ces unités, équipées légèrement, dans les colonies. Il y eut ainsi des tirailleurs en Afrique du Nord, en Afrique noire, en Indochine. Il y eut aussi des Tirailleurs corses en Corse.

Tirailleurs de l'Armée française[modifier | modifier le code]

Lieutenant et tirailleur du 4e RMT de la Division marocaine (1917)

Afrique du Nord[modifier | modifier le code]

Les tirailleurs nord-africains appartenaient à l'Armée d'Afrique.

Décorations des régiments[modifier | modifier le code]

Pour les décorations et les citations, les régiments de tirailleurs nord-africains sont avec les Zouaves parmi les plus décorés de l'armée française et viennent juste après le Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc (RICM), appartenant aux troupes coloniales, et le Régiment de marche de la Légion étrangère, appartenant à l'Armée d'Afrique[1].

Même s'ils ne furent pas à strictement parler des Tirailleurs, il convient également de mentionner les Goums marocains, tant ces fantassins participèrent étroitement aux opérations dans lesquelles les Tirailleurs furent impliqués surtout lors de la Seconde Guerre mondiale.

À ce jour, sur les 34 drapeaux d’Infanterie de l'armée française décorés de la Légion d'honneur, 8 sont des régiments de fantassins nord-africains. Sur les 4 drapeaux de régiments de l'Armée française décorés à la fois de la Légion d'honneur et de la Médaille Militaire on compte un régiment de tirailleur, le 2e R.T.A[2],[3],[4].

Au cours de la Première Guerre mondiale, les faits d'armes des fantassins nord-africains leur valurent les plus hautes distinctions. Ils obtiennent plus de 20 % des plus hautes distinctions décernées (Drapeaux décorés de la Légion d'honneur ou de la Médaille militaire et fourragères rouges à la couleur de la Légion d'Honneur) alors que leurs effectifs au combat ne représentent à la fin de la guerre que 2 % du total des combattants[5],[6].

Au cours de cette guerre, au total, environ 815 régiments de toutes les armes ont été engagés par la France. Sur les 19 régiments d'infanterie qui ont eu leur drapeau décoré de la Légion d'honneur ou de la Médaille militaire on dénombre 4 régiments de tirailleurs[7]. Sur les 17 régiments (et 6 bataillons) qui ont reçu la fourragère à la couleur de la Légion d'honneur (au moins 6 citations à l'ordre de l'Armée) on dénombre également 4 régiments de tirailleurs.

En outre, les 16 régiments de Tirailleurs maghrébins en activité au 31 août 1918 ont tous obtenu la fourragère (au moins 2 citations à l'ordre de l'Armée) totalisant 62 citations à l'ordre de l'armée[8]; 7 reçurent la fourragère au couleurs de la Croix de Guerre[9], 5 la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire[10] et 4 fourragère aux couleurs de la Légion d’honneur[11],[12],[13].

Durant la Seconde Guerre mondiale, sur 36 régiments d'infanterie qui reçurent la fourragère (au moins deux citations à l'ordre de l'Armée), 14 sont des régiments de fantassins nord-africains (10 de tirailleurs et 4 Tabors marocains)[14].

Deux régiments, les 4e R.T.T et 7e R.T.A ont été cités au moins 10 fois à l'ordre de l'armée de 1914 à 1945 et comptent parmi les plus décorés de l'Armée française[8].

Il n’y a pas de liaison directe entre le port d’une fourragère et l’attribution au drapeau de la décoration correspondante car c’est uniquement le nombre de citations à l’ordre de l’Armée qui est pris en compte pour l’attribution de la fourragère à une unité.

Drapeaux[modifier | modifier le code]
Fourragères[modifier | modifier le code]
Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]
Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]
Guerre d'Indochine[modifier | modifier le code]
Citations collectives[modifier | modifier le code]
Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les 16 régiments de tirailleurs nord-africains (dont 2 mixtes zouaves-tirailleurs qui ont conservé l’appellation mixte sans l’être) en activité au 31 août 1918 ont obtenu 62 citations à l'ordre de l'armée (sans compter les citations obtenues par les bataillons et les compagnies) au cours de la Première Guerre mondiale. Le décret du 5 juillet 1919 a également attribué la Légion d'honneur aux drapeaux des 4e, 7e RMT et 4e RMZT et la médaille militaire au drapeau du 2e RMT déjà décoré de la Légion d'honneur.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les régiments de tirailleurs nord-africains et les quatre groupements de tabors marocains ont obtenu plus de 40 citations à l'ordre de l'armée (sans compter les citations obtenues par les bataillons et les compagnies) au cours de la Seconde Guerre mondiale, la plupart obtenues entre 1943 et 1945 durant les campagnes d'Italie et de France.

Afrique Noire[modifier | modifier le code]

Les tirailleurs sénégalais, terme générique désignant les tirailleurs d'Afrique noire, appartenaient à l'Armée coloniale.

Décorations des régiments[modifier | modifier le code]

Le seul drapeau de tirailleurs sénégalais décoré de la Légion d'honneur est celui du 1er régiment décoré en 1913.

Parmi les tirailleurs d'Afrique noire, seuls 11 bataillons, sur un total de 91 bataillons combattants en 1914-1918[16] constitués au cours de la guerre, ont obtenu la fourragère : le 43e bataillon de tirailleurs sénégalais qui a reçu la fourragère aux couleurs de la médaille militaire pour ses 4 citations à l’ordre de l’armée et 8 bataillons de tirailleurs sénégalais, 1 bataillon de tirailleurs malgaches et le bataillon de tirailleurs somalis qui ont obtenu la fourragère aux couleurs de la croix de guerre 1914-1918 [17].

Drapeaux[modifier | modifier le code]
Fourragères[modifier | modifier le code]
Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]
  • Fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918 (2-3 citations à l'ordre de l'Armée)
    • 12e bataillon de tirailleurs malgaches (3 citations)
    • 1er bataillon de tirailleurs somalis (2 citations)
    • 27e bataillon de tirailleurs sénégalais (2 citations)
    • 36e bataillon de tirailleurs sénégalais (2 citations)
    • 53e bataillon de tirailleurs sénégalais (2 citations)
    • 61e bataillon de tirailleurs sénégalais (2 citations)
    • 62e bataillon de tirailleurs sénégalais (2 citations)
    • 64e bataillon de tirailleurs sénégalais (2 citations)
    • 68e bataillon de tirailleurs sénégalais (2 citations)
    • 69e bataillon de tirailleurs sénégalais (2 citations)
Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, un régiment et deux bataillons ont obtenu la fourragère aux couleurs de la croix de guerre 1939-1945 (2-3 citations). Le Bataillon de marche n°2 fut la première unité de l'armée de terre française à recevoir la croix de l'ordre de la Libération le 9 septembre 1942.

Autres pays[modifier | modifier le code]

Dans l’armée de Lettonie, il y a une unité célèbre, les tirailleurs rouges de Lettonie

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tirailleurs Algériens et Tunisiens 1830/1964, Carnets de la Sabretache, numéro spécial, 1980, série 55
  • Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994
  • Robert Huré, L'Armée d'Afrique: 1830-1962, Charles-Lavauzelle, 1977
  • Dominique Lormier, C'est nous les Africains, Calmann-Levy, 2006
  • Les Africains, Historama, hors-série no 10, 1970
  • Razik Alex Menidjel, Les tirailleurs algériens, Éditions Publibook, 2007 (ISBN 2748336321)
  • Eugène-Jean Duval, L'épopée des tirailleurs sénégalais, L'Harmattan, 2005

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les troupes coloniales dans la Grande Guerre: actes du colloque organisé pour le 80e anniversaire de la bataille de Verdun, IHCC-CNSV, 1997, p. 90
  2. 2e régiment de tirailleurs algériens, Régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE), Régiment d’infanterie coloniale du Maroc (RICM), 3e Régiment de Zouaves
  3. La Médaille Militaire, site france-phaleristique.com
  4. a, b et c La Légion d'Honneur, site france-phaleristique.com
  5. Environ 56 000 combattants maghrébins sur 2 351 000 hommes en novembre 1918, Jacques Frémeaux, Les colonies dans la grande guerre, Éditions 14-18, 2006, p. 69
  6. Il n’y a pas de liaison directe entre le port d’une fourragère et l’attribution au drapeau de la décoration correspondante car c’est uniquement le nombre de citations à l’ordre de l’Armée qui est pris en compte pour l’attribution de la fourragère à une unité
  7. Le 5 juillet 1919, un décret du Président de la République Raymond Poincaré, attribue la Légion d'honneur (ou la Médaille militaire, pour ceux étant déjà décorés de la Légion d'Honneur) aux drapeaux de 14 régiments (23e RI, 26e RI, 152e RI, 153e RI, 3e Zouaves, 4e Zouaves, 8e Zouaves, 9e Zouaves, 2e RTA, 4e RTT, 7e RTA, 4e mixte Zouaves-Tirailleurs (16e RTT), 43e RIC, RICM) qui se sont illustrés au cours de la guerre. Au total 19 drapeaux de l'Armée de Terre ont été décorés de la Légion d'Honneur ou de la Médaille Militaire pour la période 1914-1918, Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Royale, 1919, p. 2023-2035
  8. a et b Les fourragères, site france-phaleristique.com
  9. cités deux ou trois fois à l'ordre de l'armée
  10. cités quatre ou cinq fois à l'ordre de l'Armée
  11. cités six fois à l'ordre de l'Armée.
  12. Jean-Louis Larcade, Zouaves et Tirailleurs, Argonaute, 2000
  13. La décision de construire la Grande Mosquée de Paris, première mosquée construite en France, est prise après la Première Guerre mondiale pour rendre hommage aux 36 000 Maghrébins, essentiellement des tirailleurs, tués lor de ce conflit, Maurice Barbier, La laïcité, L'Harmattan, 1995, p. 98
  14. Fourragères, France-Phaleristique.com
  15. Paul Gaujac, L'armée de la victoire : de Naples à l'île d'Elbe. 1943-44, éd. Charles-Lavauzelle, 1985, p. 48
  16. 89 Sénégalais, 1 Malgache, 1 Somali
  17. Les traditions du 1er bataillon de Tirailleurs somalis par Antoine Champeaux
  18. Ordre Général no 46 du Général Commandant Supérieur des Troupes du Groupe de l'A. O. F., du 10 juin 1919. Le 43e Bataillon de tirailleurs sénégalais, titulaire de quatre citations à l’ordre de l’armée, se voit attribuer la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire. Formation constituée pour le conflit, le bataillon est dissous le mois suivant. Sa Croix de Guerre 1914-1918 avec quatre palmes et sa fourragère sont alors transmises au 1er Régiment de tirailleurs sénégalais.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]