Pierre Lagaillarde

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Pierre Lagaillarde

Naissance 15 mai 1931
Courbevoie, Hauts-de-Seine
Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau : France Française
Profession Avocat
Député d'Alger (mandat 1958-1961)
Autres activités
Pierre Lagaillarde
Fonctions
Parlementaire français
Député 1958-1961
1958 –
Gouvernement Ve République
Groupe politique Non-inscrit
Biographie
Date de naissance 1931
Résidence Alger-Ville (1ère circonscription)

Pierre Lagaillarde né le 15 mai 1931 à Courbevoie (France) est un ancien avocat et député (sans étiquette) du département d'Alger, activiste nationaliste et anti-indépendantiste partisan du maintien du statu quo des départements français d'Algérie (Algérie française) pendant la Guerre d'Algérie (1954-1962).

Il est l'instigateur d'insurrections révolutionnaires à Alger que sont d'une part le coup du 13 mai 1958 qui aboutit à la chute de la IVe République et d'autre part la semaine des barricades en janvier 1960 qui le mène à son arrestation. Il est par ailleurs le cofondateur (avec Jean-Jacques Susini) de l'OAS en exil clandestin à Madrid en décembre de la même année.

Condamné par contumace pour rébellion contre l'État à la suite de l'affaire des barricades, il bénéficie de la loi d'amnistie générale en 1968 et s'installe à Alicante sur la côte espagnole. À l'époque s'y est établie une importante communauté de Pieds-Noirs exilés, par suite aux vagues de rapatriements des Français d'Algérie correspondant aux accords de cessez-le-feu et à l'imminence de l'indépendance algérienne entre mars et juillet 1962.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Selon le Time Magazine du lundi , Pierre Lagaillarde (âgé de 28 ans) aurait déclaré: « Je suis peut-être un fasciste, mais je ne suis pas un réactionnaire. Mon arrière-grand-père était sur les barricades. Je suis un authentique révolutionnaire ! »[1].

Toujours selon la même source, l'ancêtre républicain de Lagaillarde serait mort à Paris en 1851 en tentant de défendre la Seconde République durant le coup d'État du 2 décembre ayant porté au pouvoir Louis Napoléon[1]; durant la Révolution française de 1848, et sous le régime monarchique de l'empereur Napoléon III, de nombreux opposants républicains de métropole sont déportés en Algérie (le terme contemporain était « transportés ») où ils font souches.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est âgé d'un an quand ses parents, tous deux avocats, quittent la métropole pour venir s'installer dans le Département d'Alger en 1932[1]. Il suit des études de droit à l'Université d'Alger.

Avocat[modifier | modifier le code]

Il exerce le métier d'avocat à la cour de Blida, département d'Alger.

Appelé du contingent en Algérie[modifier | modifier le code]

Il effectue son service militaire durant la guerre d'Algérie et est démobilisé en 1957 avec le grade de sous-lieutenant et devient officier subalterne parachutiste de réserve.

Carrière et activisme politique[modifier | modifier le code]

En 1957, il prend la présidence de l'Association Générale des Étudiants d'Algérie (A.G.E.A.).

Le , il est un élément clé du putsch d'Alger et bénéficie de la complicité d'autres insurgés tels Jacques Roseau et Robert Martel mais aussi de cadres de l'armée en Algérie. C'est ainsi au volant d'un camion GMC des parachutistes qu'il défonce la grille interdisant l'accès au bâtiment du Gouvernement Général de l'Algérie (GG du Forum d'Alger) et permet ainsi à l'insurrection populaire de gagner le bâtiment du Ministre de l'Algérie résident, Robert Lacoste alors à Paris, et de le mettre à sac. À la suite de la prise temporaire du commandement civil et militaire en Algérie par le général Jacques Massu, Pierre Lagaillarde devient membre du Comité de salut public (1958) d'Alger présidé par le général Raoul Salan.

Plus tard la même année, en novembre, Pierre Lagaillarde se présente comme député sans étiquette (ou groupe des non-inscrits) et est élu pour la 1ère circonscription d'Alger-ville. Il a exercé son mandat du au , date de sa déchéance[2].

En janvier 1960, opposé à la proposition d'autodétermination du président Charles de Gaulle, et à la suite du rappel à Paris du général Massu, Lagaillarde prend la tête, avec d'autres tels que Joseph Ortiz, d'un second mouvement insurrectionnel à Alger, celui-ci connu sous le nom de la semaine des barricades. Mis aux arrêts le 1er février, il est envoyé en métropole et incarcéré à la prison de la Santé à Paris après que son immunité parlementaire fut levée[3].

Condamnation & amnistie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Organisation armée secrète.

Début novembre 1960 débute le "procès des Barricades", remis en liberté sur parole, le temps du procès, il en profite pour s'exiler à Madrid où il rejoint le général Raoul Salan et Jean-Jacques Susini. Ensemble ils fondent l'OAS (Organisation Armée Secrète), le 3 décembre de la même année.

Il est condamné par contumace en mars 1961 à dix ans de réclusion criminelle, et déchu de son mandat de député le 5 mai 1961[4].

Il bénéficie de la loi d'amnistie en 1968.

Exil en Espagne[modifier | modifier le code]

Pierre Lagaillarde a été responsable de l'économat à la fin 1966[5] puis surveillant général du Lycée Français d'Alicante (LFA); son épouse y a été professeur[6]. Cet établissement scolaire privé, financé par le mécénat de certains Français d'Algérie exilés[6], s'est ouvert en octobre 1962 sous l'appellation "Nouvelle École Française"[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • On a triché avec l'Honneur : Texte intégral de l'interrogatoire et de la plaidoirie des audiences du 15 et 16 Novembre 1960, par Pierre Lagaillarde (auteur) & Jean Gallot (préface), Éditions de la Table ronde, 1961 (204 p.)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Photos[modifier | modifier le code]

Vidéogrammes[modifier | modifier le code]