Aurès

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35° 20′ N 6° 41′ E / 35.33, 6.683

Aurès
Localisation de l'Aurès
Localisation de l'Aurès
Géographie
Altitude 2 328 m, Djebel Chélia
Massif Atlas saharien
Longueur 200 km
Largeur 90 km
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilayas Batna, Biskra, Khenchela, Oum-El-Bouaghi, Tebessa
Géologie
Âge Crétacé
Roches Roches métamorphiques et sédimentaires

L’Aurès est une région d'Algérie située à l'est de ce pays, caractérisée à la fois par son relief principalement montagneux (massif de l'Aurès) et par son peuplement traditionnel (le groupe berbérophone des Chaouis).

Cette région, dont le nom remonte à l'Antiquité (en latin : Aurasius mons, « la montagne fauve »[1]), faisait partie, avant la conquête romaine du territoire de l'ancienne Numidie[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Origine du terme Aurès

Il est dérivé du berbère Awras signifiant « fauve », ainsi Adrar n'Awras est littéralement la « montagne fauve » en raison notamment du nombre important de fauves qui s'y trouvaient il y a à peine un siècle encore ainsi qu'en raison de la couleur jaune fauve du massif[réf. nécessaire]).

« L'Aurès » ou « Les Aurès » ?

Longtemps, les naturalistes (Buffon), les géographes, les ethnologues (Mathéa Gaudry, Germaine Tillion), suivant l'usage latin, berbère et arabe, ont écrit « l'Aurès » au singulier.

Le pluriel apparaît en français dans la deuxième moitié du XXe siècle ; cette forme est popularisée par les appelés français à travers leurs souvenirs de la guerre d'Algérie (Avoir 20 ans dans les Aurès), par les médias et même par des auteurs algériens (Le Vent des Aurès, 1966). Kateb Yacine est un des premiers écrivains à l'utiliser.

Actuellement, on trouve aussi bien le singulier (« massif de l'Aurès » sur la carte Michelin no 743 « Algérie Tunisie ») que le pluriel[3].

« Aurésien » ou « Aurassien » ?

Le nom ou adjectif dérivé correspondant à Aurès est soit « aurésien » : « Un Aurésien de Meskiana, tout juste âgé de 68 ans, s'est éteint le 14 décembre à New York » (El Watan, 2007[4]), « Revoilà le challenge aurésien » (El Watan, 2011[5]), soit « aurassien » : « Mohamed Méchati animera une rencontre-débat [...] au forum culturel aurassien... » (El Moudjahid, 2013[6]).

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de l'Aurès.

Délimitation de l'Aurès[modifier | modifier le code]

Image prise à partir du village d'Ighz'ar n Taqqa ou Oued taga dans l'Aurès.
La forêt de Bouhmama (Chélia) entre la wilaya de Batna et Khenchela.
Le massif de l'Aurès

Il correspond[7] à la partie orientale du massif de l'Atlas, entre les monts des Zibans et la ville de Biskra (à l'ouest), les villes de Batna et Khenchela (au nord), la ville de Tebessa et la frontière tunisienne (à l'est), les monts des Nememcha et le Sahara (au sud).

Cependant, la région de l'Aurès ne se limite pas au massif.

Historiens et géographes de l'Antiquité et du Moyen Âge

Salluste décrit une chaîne de montagnes qui sépare deux régions, l'une maritime (la côte est de l'actuelle Algérie) et l'autre intérieure (Tell). Les monts Aurès se terminent par le désert du Sahara[8].

D'autres sources[réf. nécessaire] indiquent que le nom du bouclier ou de la chaîne de montagnes s'appelait Auréus clupeus et qu'on lui a donné ensuite le nom de Mons Aurasius.

Le géographe byzantin Procope indique une surface entre 1 800 à 2 000 km2.

Ibn Khaldoun délimite l'Aurès par le royaume des Kutumas, les Zibans, le Mzab, l'Oued Righ et le fait correspondre au royaume des Zénètes.

Points de vue contemporains

Émile Félix Gautier, professeur à l'université d'Alger, distingue l'Aurès oriental et l'Aurès occidental, en se fondant sur les études d'Ibn Khaldoun[9].

Pendant la guerre d'Algérie, le FLN inclut l'Aurès dans la « Wilaya I », qui est évidemment beaucoup plus étendue (450 000 à 500 000 km2), qui correspond au territoire chaouis, allant de l'Est de la Hodna à la frontière tunisienne et de Doucen à Aïn M'lila.

D'après Ammar Negadi, à l'est, les monts Aurès englobent la région qui va de Souk Ahras à Négrine et dépassent la frontière tunisienne et dépassent M'daourouch et longent la wilaya de Tébessa (Nememcha). Vers le sud, l'Aurès s'étend vers le sud-ouest de la Wilaya de Biskra à Négrine. Vers l'ouest, les limites de l'Aurès atteignent la Petite Kabylie. L'Aurès comprend une partie de la wilaya de Sétif et de la Wilaya de Mila. Le contour passe les régions de Aïn Oulmene, de Maghra, de Barika et de M'doukal. Vers le nord, l'Aurès comprend une partie des wilayas de Sétif, d'Oum el Bouaghi et de Skikda jusqu'à la wilaya de Souk-Ahras.[réf. nécessaire]

Certains[réf. nécessaire] bornent l'Aurès à la wilaya de Batna et désignent Batna comme capitale de la région, d'autres l'identifient aux wilayas de Batna et Khenchela, d'autres[réf. nécessaire], enfin, aux wilayas de Batna, Khenchela et Oum el Bouaghi.

Topographie[modifier | modifier le code]

Relief du Nord de l'Afrique.

Le massif de l'Aurès forme la partie est de l'Atlas saharien ; le point culminant est le djebel Chélia (2 328 mètres). Il n'offre guère de passages nord/sud, mais partiellement traversé par une dépression synclinale nord-est/sud-ouest au fond de laquelle coule l'oued Abiod.

Hydrographie
  • Rivières : Oued Abiod (en amazigh Ighzer Amellal), Oued Abdi (Ighzer n'Abdi), Oued el Ahmer (Ighzer Azggagh), Oued Taga (Ighzer n'Taqqa), Oued El Madher, etc.
  • Marais : marais de Medghassen (en amazigh Alma n'Imadghassen), marais de Draâ Boultif (Alma n'Ighil n'Boultif)
  • Chotts : Chott Djendli, Chott Tincilt
  • Barrages (et lacs artificiels) : barrage de Timgad, barrage de Beni Haroun Wilaya de Mila
Relief
  • Montagnes : djebel Chélia (2 328 m) (Batna-Khenchela), mont Bouarif (Batna), pic des Cèdres près de Batna, Chechar (Tbessa), Belezma (Batna), Awras (Batna), Mahmel, Mahmed Wilaya de Batna (2 321 m) Bouzina), Nouacer, Djebel Ouled Aïcha (en amazigh Adhrar n'Ath Aicha), Djebel Ben Bouslimane (Adhrar n'Ath Bou Sliman), Djebel Ali (Ich n'Ali) près de Batna, etc.
  • Cols : col du Telmet (en amazigh Tizi n'Talmet), le col d'Ouled Ali (Tizi n'Ath Ali), le col Tifrasin (Tizi n'Tifrassin),
  • Plaines : Nerdi (Bouzina dans la Wilaya de Batna)
Formations végétales
  • Forêts : les forêts de Belezma, de Beni-Oudjnan, de Beni Amloul (en amazigh Ath Melloul), d'Ouled Yakoub ; forêt Bouarif, forêt Legag, etc.
  • Les espaces ou parcs protégés : parc national de Belezma
  • Les oasis : El Kantara, Ghoufi, etc.
Divers
  • Gisements et ressources naturelles : ciment, sel, mercure, fer, zinc, cuivre, argent, or, plomb, antimoine, phosphates, pétrole, gaz, bois, etc[10].
  • Sources thermales : la Fontaine chaude Hammam Essalihine de Khenchela, source de Batna (Kasrou), source de Biskra, source de Guelma (hammam Maskhoutine), etc.

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat en Algérie.
Le mont de Boserdon (1 690 m) à Hammam Essalihine

Les hivers sont très froids, la température atteint parfois fois les −18 °C sans facteur humide. Les étés sont très chauds. Le thermomètre affiche parfois 50 °C à l'ombre. Les variations de température sont très importantes dans cette région. La température estivale varie de 30 °C à 38 °C.

La pluviométrie est d'environ 325 mm de moyenne annuelle au niveau des grandes villes, mais cette quantité est largement dépassée en haute montagne où règnent des microclimats humides. Les chutes de neige sont au rendez-vous chaque année, de la seconde moitié de novembre au début de mars. Les sommets restent enneigés jusqu'en avril, voire au début de mai. Des pluies diluviennes sont également constatées, provoquant parfois des dégâts considérables.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Les glands du chêne vert constituent une part importante du régime alimentaire dans l'Aurès

Certaines espèces de poissons vivent dans les eaux de rivières ou de ruisseaux près de Timgad.

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Les voies de communication[modifier | modifier le code]

La gare la plus proche est à Batna (ligne Constantine-Biskra, qui passe à l'ouest du massif).

Les principales routes sont actuellement :

  • la Nationale 31 qui relie Batna à Biskra par Arris en suivant le cañon de l'oued El Abiod ;
  • la Nationale 87 qui relie Batna à Biskra par Menaa en suivant la vallée de l'oued Abdi ;
  • la Nationale 83 qui relie Khenchela à Biskra en contournant le massif au sud-est.

Partant de la N 31, une route de montagne monte jusqu'au-delà de M'Sara.

Les villes et villages[modifier | modifier le code]

Activités économiques[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des Aurès.
Medghassen la sépulture du roi Numide[11] et patriarche des Zénètes selon Ibn Kheldoun[12]
Ruines de Timgad
Massinissa, roi des Massyles 206- 203 puis roi de Numidie 203-148. Il fit tomber Carthage aux côtés des romains.

Les Aurès et sa tribu les Chaouis ont toujours été terre de révoltes et de déclenchement de conflits depuis l'Antiquité mais aussi bien avant[13],[14],[15]

La période numide[modifier | modifier le code]

Le mausolée de Medghassen (commune de Boumia), au nord du massif de l'Aurès, date de 300 ans av. J.-C. Il s'agit d'un monument numide, le plus ancien mausolée de l'actuelle Algérie[16]. Les Aurès auraient formé le noyau des Zénètes (Maghraoua, Ifren, Djerawa, Zianides, Mérinides, etc.). Selon l'hypothèse controversée d'Ibn Khaldoun, Medghassen serait le patriarche des Zénètes[12].

Massinissa, né vers 238 av. J.-C. dans la tribu des Massyles (Mis Ilès) et mort au début janvier 148 av. J.-C., dont le royaume inclut les Aurès, unifie la Numidie. Plusieurs rois lui succèdent jusqu'à la conquête romaine.

La période romaine[modifier | modifier le code]

Au départ, les Romains établissent une ligne de contrôle[17] fondée sur les forts de Cirta, Ammaedara (Haïdra), Thelepte, Capsa (Gafsa) et Tacapes (Gabès). La légion d'Afrique romaine, la Legio III Augusta a son centre à Ammaedara à partir du règne d'Auguste. Il s'agit d'assurer la protection des établissements romains contre des tribus nomades et semi-nomades (Musulames, Gétules, etc.).

Puis la ligne est déplacée vers le sud-ouest et installée aux limites du massif de l'Aurès : la légion passe à Théveste (Tébessa) vers 75, sous Vespasien. Vers 100, sous le règne de Trajan, est fondée la colonie de Timgad ; en 128, sous le règne d'Hadrien, la légion est installée à Lambèse, qui devient capitale de la Numidie à partir du règne de Septime Sévère. Des routes sont tracées dans le massif[18] (notamment le long de l'oued Abiod) ; un poste avancé est créé dans le désert à Gemellae à 40 km au sud-ouest de Biskra, avec une cohorte de Syriens (cohors I Chalcidenorum) mentionnée en 126[18].

Les villes romaines de la région

Un peu plus loin, on trouve Hippo Regius (Hippone, actuelle Annaba), Thibilis (commune de Sellaoua Announa) et Calama (Guelma), Cuicul (Djemila) et Sitifensium (Sétif), Tiddis (commune de Beni Hamiden) et Cirta (Constantine).

Des traces de la présence romaine existent à l'intérieur du massif : l'inscription de Tighanimine, relative à la construction d'une route le long de l'oued Abiod sous le règne d'Antonin le Pieux ; le nom de la localité de Djmina, Petra geminiana (commune d'El Mizaraa).

Les révoltes

Plusieurs chefs berbères se révoltent dans les Aurès. Tacfarinas (première moitié du Ier siècle après J.-C.)), combat l'Empire romain sous le règne de l'empereur Tibère.

Faraxen, en l'an 253 ap. J.-C.[19], venant du Djurdjura, attaque la Numidie romaine[20], avec l'aide de cinq tribus, les Quinquegentiani et les Babares et les tribus originaires des Aurès, du sud et du Hodna. Il sera capturé à Lambèse, à 10 km de Batna vers 260 ap. J.-C. Les inscriptions qui indiquent sa capture par les Romains sont à Lambèse.

On peut également citer le nom de Yabdas, roi des Aurès, vers 536[21].

Antiquité tardive (Vandales et Byzantins)

Les Vandales et les Byzantins vont influencer la région. Plusieurs révoltes sont recensées par les historiens notamment des Zénètes. Selon Corripus dans la Johannide, la cavalerie des Zénètes dont les Ifren ou Ayth Ifren était investie dans la guerre des Berbères contre les Byzantins entre 547 et 550 au temps de Jean Troglita.

Carte du Djebel Aourès par Luis Rinn, 1893

Le récit de Procope dans les Guerres des vandales indique qu'en l'an 539, lorsque le général byzantin Solomon est envoyé pour la seconde fois en Afrique par l'empereur Justinien, il pacifie d'abord les provinces de Zeugitane, de Numidie et de Byzacène. Il entreprend ensuite de soumettre les Aurès avec une partie de l'armée byzantine commandée par Gontaris, venue camper non loin du fleuve Abigas, près de Baghaï, ville alors abandonnée à la suite des incursions des Aourasiens, qui l'avaient ruinée. Après un combat malheureux, le général byzantin est forcé de se retrancher, quand arrive, avec le reste de l'armée, Solomon qui lui envoie des renforts et qui va camper 50 stades plus haut (c'est-à-dire dans la plaine au-dessous de Mascula (Khenchela), alors ruinée et dont, pour cette raison, Procope ne parle pas)[22].

La période musulmane[modifier | modifier le code]

Ensuite, les musulmans arrivent pour islamiser la région. Koceila et Dihya vont s'imposer dans la région et dans tout l'est de l'Afrique du Nord.

Au VIIe siècle, d'après Ibn Khaldoun, les Aurès étaient principalement habités des Aurébas, tribu de Koceila, des Zénètes Djerawa, tribu de la reine Kahina-Dihiya, et des Houaras[23]. Les tribus Aurébas sont également décrites comme étant originaires de l'actuelle Libye[24]. Dans son ouvrage The Muslim conquest and settlement of North Africa and Spain (ouvrage librement consultable sur le net), l'auteur Abd al-Wāḥid Dhannūn Ṭāhā, s'appuyant sur plusieurs sources bibliographiques dont celles d'Ibn Khaldoun, précise page 26 de son livre la présence, avant la conquête islamique du Maghreb, de tribus Aurébas dans l'actuel Maroc[25].

L'unité politique et administrative de la Berbérie Orientale et Centrale était en grande partie réalisée par Kusayla qui s'était converti à l'Islam. Dès lors, un conflit éclate entre ce chef berbère et le chef des armées omeyyades. Kairouan est prise par Koceila, ce dernier s'étant reconverti au christianisme. Oqba Ibn Nafaa tue Koceila. Dihya, dite la Kahina, prend la tête de la résistance. Issue de la tribu des Djerawa, une tribu zénète implantée dans les Aurès comme le furent plusieurs rois (agellid, pluriel igelliden) berbères de Numidie, elle a été élue ou nommée à cette charge par le conseil de la confédération des tribus. Dihya tue Oqba Ibn Nafaa selon Ibn Khaldoun, vengeant Koceila.

Dihya procéda ainsi à la réunification de nombreuses tribus de l'Afrique du Nord orientale et du Sud. Dihya défait par deux fois la grande armée des Omeyyades grâce à l'apport des cavaliers des Ayth Ifren. Elle règnera sur toute l'Ifriqiya pendant cinq années. Dihia sera vaincue dans une dernière bataille contre les Omeyyades. Elle sera la seule femme de l'histoire à combattre l'empire omeyyade. Après la défaite de la Kahina, la population des Aurès, région à cheval entre les actuelle Algérie et Tunisie et une partie de l'actuelle Libye (autrement dit la province de l'Ifriqiya), a adhéré aux principes de l'Islam.

Ibn Khaldoun écrit que le commandant Musa ben Nusayr augmenta son contingent militaire en exigeant 12 000 Berbères de l'Ifriqiya (dont les Aurès faisait partie intégrante) pour réislamiser les autres populations situées à l'Ouest de sa province (Ifriqiya); Il faut préciser qu'en arabe l'Ouest ou Occident ou Pays du soleil couchant se disent Maghreb comme cela est indiqué dans la traduction des écrits de Ibn Khaldoun par le Baron de Slane. Il est également nécessaire de rappeler d'une part que l'islamisation du Maghreb avait déjà débuté sous son prédécesseur Oqba et que, d'autre part, il y a des milliers de kilomètres entre les Aurès du Moyen Âge ou Kairouan (capitale de la province d'Ifriqiya de Musa ben Nusayr) et Tanger, ce qui implique pour cette époque des mois de marche (à pied ou à cheval) et de nombreuses autres tribus berbères à convertir ou à reconvertir comme le mentionne Ibn Khaldoun[26]. Ibn Khaldoun n'écrit à aucun moment que les 12 000 hommes exigés ont servi à la conquête de l'Andalousie, de l'Espagne ou de l'Occident chrétien. Ibn Khaldoun écrit qu'après la conquête du Maghreb par les troupes de Musa ben Nusayr, Tariq (écrit Tarec dans l'ouvrage), gouverneur de Tanger, y stationna avec 12 000 berbères fraîchement convertis accompagnés de 27 Arabes chargés de leur formation coranique, sans aucune autre précision, en particulier sur l'origine des ethnies présentes[27]. C'est seulement après avoir jugé l'Islam bien ancré au Maroc que Moussa Ibn Noçaïr retourna en Ifriqiya d'où, par missive, il dépêcha en 711 Tariq ibn Ziyad stationné à Tanger de conquérir l'Espagne[28],[29].

Ensuite, plusieurs conflits entre les Berbères et les dynasties arabes (Omeyyades, Fatimides, Abbassides) sont signalés par les historiens dans la région des Aurès comme Al Bakri et Ibn Khaldoun.

Abu Yezid de la tribu des Banou Ifren renversera les Fatimides avec l'aide des tribus Zénètes des Aurès mais il sera vaincu par les Zirides, alliés au premier temps aux Fatimides.

Les Hilaliens gagnent la bataille contre les Berbères. Il y aura un arrangement entre les deux parties. Les Hilaliens venus avec leurs familles vont vivre avec les Berbères avec parfois des tensions entre les deux. Il s'ensuit une période d'unification avec la dynastie des Almohades (dynastie berbère). Après, les Hafsides(dynastie berbère) prennent toute la région jusqu'à l'arrivée des Ottomans.

La période de la colonisation française[modifier | modifier le code]

La conquête de l'Algérie

Pendant la conquête de l'Algérie par les Français, le bey de Constantine, Ahmed Bey, se réfugie dans le massif de l'Aurès après la prise de Constantine en 1837. L'armée française arrive aux abords de l'Aurès (Batna et Biskra) en 1843-1844 et le bey fait sa reddition en 1848. En 1849, une révolte a lieu non loin de là, celle du cheikh Bouziane, à Zaatcha (à l'ouest de Biskra) (juillet-novembre 1849).

La commune mixte de l'Aurès (1885-1956)

Après les expériences administratives initiales (deux « caïdats », puis trois « tribus »), le Second Empire décide la mise en place de treize communes, que les officiers français délimitent à travers des pourparlers avec la population chaouïa de 1865 à 1885. Mais, à cette date, la Troisième République met fin à l'administration militaire et installe un système moins favorable aux indigènes : l'Aurès relève désormais de la sous-préfecture de Batna (département de Constantine) et devient une « commune mixte », sous l'égide d'un fonctionnaire du corps préfectoral, l'« administrateur principal » (assisté de deux adjoints et d'un secrétaire) dont la résidence est à Arris. Les treize communes prévues deviennent des « douars » (à la tête desquels se trouvent les « caïds ») divisés en « ferqas » (fractions), dont un membre est désigné comme « ouaqqaf »[30], qui n'est qu'un intermédiaire sans pouvoir. La commune mixte de l'Aurès inclut au sud les douars Tadjemout et Oulech (actuelle commune d'El Mizaraa) ainsi que le douar M'Chouneche.

La révolte de 1916

Une révolte importante a lieu au cours de la Première Guerre mondiale, en relation avec la conscription (1916).

L'Aurès dans les années 1930

Au recensement de 1931, la commune mixte de l'Aurès a une population d'environ 57 000 habitants, répartis en environ 14 000 familles indigènes et 30 familles allogènes, principalement des fonctionnaires ; outre les administrateurs, on trouve quelques instituteurs et gendarmes et un garde-forestier ; les non fonctionnaires sont pour la plupart des « colons » (assez pauvres) installés à Foum Toub ; il n'y a aucun commerce : il faut aller à Batna, reliée à Arris par une ligne régulière d'autobus ; un marché hebdomadaire se tient à Médina. En 1934, les gendarmes sont au nombre de six[31]. En 1938, une unité de goumiers est installée dans l'Aurès[32].

La réforme administrative de 1956

Cette réforme vise à renforcer l'encadrement administratif de l'Algérie : en ce qui concerne la région, Batna devient chef-lieu d'un département (parfois désigné comme « département de l'Aurès ») et Arris chef-lieu d'arrondissement (sous-préfecture). Nombre des anciens douars deviennent des communes.

Mais, à cette date, l'encadrement de la population est principalement assuré par les structures militaires (Sections administratives spécialisées, villages de regroupement) mises en place depuis le début de l'insurrection algérienne en 1954.

La guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Un rôle important est tenu par l'Aurésien Mostefa Ben Boulaïd, issu d'une famille de notables d'Arris, dans la formation en 1954 du Front de libération nationale : un des neuf « chefs historiques », il est responsable de la région Aurès jusqu'à sa mort en 1956.

L'Aurès joue un rôle de premier plan lors de la journée du 1° novembre 1954 (Toussaint rouge), par laquelle le FLN proclame son existence : attaques des casernes de Biskra, Batna et Khenchela (4 soldats tués) ; attaque de l'autocar Biskra-Arris, suivie de la mort d'un caïd, mais aussi d'un instituteur originaire de métropole dont le cas a suscité des débats[33].

Suite à cette journée, l'Aurès subit une répression particulièrement dure (trois « ratissages » en novembre-décembre 1954, mise en place de camps de regroupement de la population civile), qui ne fait d'ailleurs pas cesser l'état de rébellion[34]

Suite à la loi du 3 avril 1955 sur l'état d'urgence, le gouverneur général Jacques Soustelle l'institue d'abord dans deux zones : l'Aurès et la Grande Kabylie ; en mai, il donne les pouvoirs civils et militaires dans l'Aurès au général Parlange. L'armée dispose donc de pouvoirs de police judiciaire, notamment le droit d'« assigner à résidence », qui est utilisé (de façon abusive) pour créer des camps d'internements[35].

Deux batailles importantes ont lieu en 1955 : celles d'Ifri el blah et du djebel Ahmar Khaddou. Par la suite, quand l'insurrection devient générale, l'Aurès reste un théâtre important de la lutte entre l'ALN et l'armée française.

Mostefa Ben Boulaïd meurt en 1956 avant le congrès de la Soummam (20 août) qui intègre l'Aurès dans la « wilaya I », beaucoup plus étendue. Lui succèdent, d'abord son frère, Omar[36], puis plusieurs responsables, par exemple Mohamed Tahar Abidi, Tahar Zbiri (1961-1962).

Population[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chaouis.

Cette région abrite les tribus amazigh chaoui. Mais au fil du temps, des Algériens de toute provenance s'y sont installés, surtout dans les villes, créant ainsi un grand métissage entre ses communautés.

La société aurésienne traditionnelle

La circoncision est une pratique millénaire dans les Aurès et toujours perpétuée de façon quasiment identique depuis son existence[37].

La culture aurésienne[modifier | modifier le code]

L'artisanat[modifier | modifier le code]

Tasse des Aurès (vers 1970)
Poterie décorée des Aurès (vers 1970)
Oiseau, poterie des Aurès (vers 1970)

Poterie[modifier | modifier le code]

Selon plusieurs historiens, les poteries des Aurès apparaissent dans les spécificités plastiques de leur décor incisé et de leurs formes carénées, comme les plus proches des premières formes de l'art berbère.

Origines

« Comme malgré la colonisation romaine de Lambèse, les berbères Chaouïa sont restés à l'écart des grands courants » extérieurs, « on peut admettre que cette ornementation en relief (dentelures, bourrelets, bosses, etc.) est caractéristique de la poterie berbère véritable, disons primitive. », écrit ainsi Arnold van Gennep[38]. Analysant ce décor en relief, Gabriel Camps observe que « seule la poterie aurassienne se distingue, entre autres éléments, par la multiplication des mamelons coniques sur la panse et sur les anses, décoration qui contribue grandement à son aspect archaïque ». Lui supposant « une origine siculo-italique », il pense que ce décor, s'étant répandu au Chalcolithique sur toute une région s'étendant des côtés de la Tunisie jusqu'à l'Aurès, puis ayant progressivement disparu devant la progression de la poterie peinte, « se serait maintenu dans le bastion aurassien »[39].

Caractéristiques

Décorées de reliefs ou d'incisions, les poteries des Aurès sont enduites d'une laque rouge sombre ou brune, le « louq », fait de résines « cuites, triturées, teintées et modelées en bâtons qui durcissent en refroidissant », passé sur les poteries encore chaudes en fin de cuisson[40]. Cette pratique est à la fois ornementale et, imperméabilisant les poteries, utilitaire. Le « tarbout », assiette ou plat, et la tasse au profil caréné sont souvent ornés de dessins de valeur symbolique.

Le « tarbout » présente un profil original, l'arrondi de son bord, sans méplat, s'inclinant légèrement vers l'extérieur en quatre points opposés, souvent soulignés d'encoches[41]. Celles-ci se retrouvent sur l'arête des tasses ou des pots à traire.

Le « fân », utilisé pour cuire la galette, n'est pas verni mais orné de reliefs ponctués de lignes et de ronds rouges.

D'autres poteries, ayant peut-être fonction de jouets, sont modelées en formes d'animaux (notamment oiseaux).

Tissage[modifier | modifier le code]

Tissage des Aurès, région de Ghoufi (vers 1970)

La technique du tapis haute-laine n'étant pas locale, ce sont les tissages, les « tellis », les couvertures, coussins et musettes à grains qui sont caractéristiques du style des Aurès. À la laine est souvent mélangée le poil de chèvre.

Les « tellis » sont généralement composés de bandes de couleurs, mais il arrive qu'il soient ornés d'un liseré ou de quelques lignes cuivrées. De larges registres sombres, sur lesquels un décor semble brodé, coupent parfois le fond constitué de bandes unies. Des médaillons losangés, eux-mêmes composés de réseaux de fins losanges, peuvent aussi s'imbriquer sur toute la surface du « tellis ».

Les mêmes losanges se retrouvent sur les bandes des couvertures ou les surfaces des coussins[42].

Bijoux[modifier | modifier le code]

Bijoux Chaouis, Musée de l'Homme, lors d'une exposition consacrée à Germaine Tillion

Les arts traditionnels[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Le folklore est diversifié dans les régions des Aurès.

La musique traditionnelle est bien représentée par nombreux chanteurs aurassiens. Les premiers chanteurs qui ont connu un succès international sont Aissa Jermouni et Ali Khencheli[43]. Le style de musique Rahaba est propre à toute la région des Aurès. De plus, plusieurs styles de musique existent comme le style arabo-andalous, l'un des chanteurs chaouis Salim Hallali. Plusieurs chanteurs des Aurès se sont inspirés de ce style comme Youcef Boukhantech.

Les femmes ont pu avoir leur place sur la scène nationale. La télévision algérienne diffusait les chansons de Thelja (Ya Saleh) et de Beggar Hadda dans les années 1970. Aussi, Houria Aïchi a fait plusieurs albums en France, ainsi que la célèbre chanteuse Dihya (du nom de la reine des Aurès), épaulée de Messaoud Nedjahi, l'un des meilleurs compositeurs et paroliers Chaoui. L'un de ses meilleurs albums s'intitule Dzaier assa.

Un autre genre de musique moderne chaoui s'est imposé dans la région. Cette musique atypique est un mélange d'inspirations de rock, de blues, de folk et de raï en langue chaoui et en arabe. Quelques chanteurs et musiciens aurassien(ne)s s'illustrent dans ce genre tels que Belbeche, Katchou et Nacerdine Hora, tous ayant commencé en langue chaoui, pour ne citer qu'eux. D'autres, plus jeunes, utilisent exclusivement la langue chaoui. Ainsi le Groupe Tafert, Youba etc. Quelques instruments de musique sont propres à la région comme la Gasba, etc et d'autres telles la Zorna sont spécifiques à l'ensemble de la musique orientale (Cf en Turquie). À tort, beaucoup de gens attribuent à ce genre une appellation « Staifi » en raison du fait de l'utilisation de la langue arabe tandis que la musique, en elle-même, est chaoui.

Danse[modifier | modifier le code]

Les habits chaouis (burnous), le cheval, le fusil et les youyous font partie de la danse des aurassiens.

Littérature[modifier | modifier le code]

La poésie orale, les contes et les légendes font l'objet d'étude de la part des spécialistes en littérature et en linguistique.

Pratiques culturelles contemporaines[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Plusieurs écrivains ont écrit dans les deux langues, arabe et française, c'est le cas de Kateb Yacine.
  • Plusieurs auteurs Batnéens ont écrit des livres comme El hachemi Saidani (mort en 2005), Mohamed Nadir Sebaa (né en 1956), Abderezzak Hellal (né en 1951), Beïda Chikhi, Docteur d’État et professeur à la Sorbonne, etc.
  • Anna Gréki (1931-1966) fut écrivaine et militante de la cause du Front de libération nationale (Algérie)[44].
  • Les auteurs comme Redha Malek (né en 1931), Mustapha Bekkouche (né en 1930), Amar Mellah (né en 1938), Merarda Mostefa Bennoui, Ali Merouche ont écrit des livres documentaires et historiques.
  • La poésie arabe : le poète Mohamed Laïd Al-Khalifa (1904-1979), Mohamed el akhdar el Saihi, Mohamed Ababsa El Akhdari[45], ont écrit plusieurs poèmes sur la ville de Batna et des Aurès.
  • Messaoud Nedjahi a écrit plusieurs romans en langue française sur la vie des Chaouis[46]..
  • Liliane Amri (née en 1939), mariée à un Chaoui, est l'auteure du roman La Vie à tout prix. Son livre est une autobiographie et elle livre une description de la vie des Aurès, surtout des femmes des années 1960 aux années 1990. Elle parle parfaitement le chaoui et elle a contribué au développement de la région des Aurès.
  • Bachir Rahmani (1957), médecin écrivain, a écrit Amrir, (2002), dont la note de lecture faite par le quotidien l'Expression du 12-09-2002 s'intitule : « Un sacerdoce au cœur des Aurès ». [L'auteur].
  • Saleh Bezzala, poète en langue chaoui.
  • Nassira Belloula, née à Batna et auteur de plusieurs romans, récits et essais comme La Revanche de May, Visa pour la Haine, Rebelle en toute demeure, Djemina ou encore Les Belles Algériennes.

Beaux-arts[modifier | modifier le code]

Sculpture
Peinture

Plusieurs artistes sont nés, tel Jeballah Bellakh[48], et vivent dans les villes des Aurès. Certains sont morts comme Abdou Tamine et Chérif Merzougui. D'autres peintres ont immigré vers l'Europe comme Houamel Abdelkhader qui vit en Italie.

Dans les Aurès, il n'y a ni galerie d'art ni musée des beaux-arts. Cependant, les maisons de la culture de Batna, de Khenchela, de Biskra, etc., organisent des activités artistiques telles que des expositions, des rencontres, etc.[47].

En 2007, lors du festival Alger la capitale de la culture Arabe, plusieurs activités se sont déroulées dans les régions des Aurès[49].

L'Aurès dans la culture moderne[modifier | modifier le code]

Études universitaires[modifier | modifier le code]

Ethnographie et ethnologie
  • Dans les années 1920, dans sa thèse La Femme chaouia de l'Aurès (1928), Mathéa Gaudry décrit la vie des femmes de cette région en particulier dans la période coloniale. Elle retrace le parcours de la Kahina.
  • Germaine Tillion (1907-2008) fait plusieurs longs séjours dans l'Aurès entre 1934 et 1940, menant un grand travail scientifique sur la région et ses habitants[50],[51]. Pendant la Guerre d'Algérie, elle est intervenue auprès du gouvernement français pour défendre la cause des Algériens.
  • Mohamed Hamouda Bensai (1902-1998) était essayiste et philosophe[52].
Histoire
  • Claude-Pierre-Hyppolyte Polain, historien, mort le 17 mars 1876 à Batna[53].
Géographie

Points de vue européens sur l'Aurès[modifier | modifier le code]

La peinture orientaliste[modifier | modifier le code]

De nombreux peintres européens et plus particulièrement français, généralement orientalistes, ont peint lors de leurs séjours dans les Aurès des paysages et des portraits, notamment Gaston Bouchinet (Castelsarasin, 1898 - Verdun-sur-Garonne, 1966), Eugène Deshayes (Alger, 1862 - Alger 1939; trois œuvres au Musée des Beaux-Arts dAlger, une au Musée d'Oran), Paul Fenasse (Alger, 1899 - New Braulnfeg, Texas, 1976), Eugène Girardet (Paris, 1853 - Paris, 1907), Louis Granata (Spezzano Grand, 1901 - Salon-de-Provence, 1964), Édouard Herzig (Neuchâtel, 1860 - Alger, 1926; deux œuvres au Musée d'Alger), Roger Irriéra (Bordeaux, 1884 - Aix-en-Provence, 1957), L. (Léonie?) Lebas, Constant Louche (Alger, 1880 - Grenoble, 1965), Fritz Müller (Blida, 1867 - Alger, 1926; une œuvre au Musée d'Alger), Maxime Noiré (Guinglange, Moselle - 1861 - Alger 1927) qui y travailla de nombreuses années et fut surnommé « le chantre des Aurès » pour ses vues dites « rosées » (quatre œuvres au Musée d'Alger), Jules Van Biesbroeck (Portici, Italie, 1873 - Bruxelles, 1965)[54].

Littérature européenne[modifier | modifier le code]

  • André Gide (1868-1951) a visité les Aurès. Il fut un ami de Mohamed Hamouda Bensai (1902-1998).
  • La grande romancière suisse Isabelle Eberhardt (1877-1904) a habité Batna dans le quartier de Zmella.
  • Plusieurs auteurs d'origine française ont écrit également des livres qui traitent des thèmes liées aux Aurès et à la ville de Batna comme Jean-Pierre Marin, Jean-Noël Pancrazi (né en 1949), Liliane Raspail, Jean Pèrés et Eugène Delessert, etc.

Films[modifier | modifier le code]

Acteurs 

Personnalités[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : sources utilisées pour la rédaction de cet article

Monographie
  • Lieutenant-colonel Raoul de Lartigue, Monographie de l'Aurès, Constantine, 1904, disponible en ligne sur le site Aurès chaouia
Géographie
  • A.-E. Mitard, « Aperçu des grands traits géographiques de l'Aurès (Algérie) », Revue de Géographie alpine, volume 29, 1941, p. 557-577, disponible en ligne sur le site Persée
Histoire : avant la colonisation
  • Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, traduction de William Mac-Guckin baron de Slane, Alger, Nabu Press, 2011 (ISBN 978-1272219505) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Ernest Mercier, Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'à la conquête française (1830), 1868, tome 1, p. 188[58].
  • Émile Félix Gautier, Le Passé de l'Afrique du Nord : Les siècles obscurs, p. 220-221.
  • Gisèle Halimi, La Kahina, Plon, 2006 (Pocket, 2009 (ISBN 978-2-266-17407-7))
  • Émile Masqueray, Formation des cités chez les populations sédentaires de l'Algérie (Kabyles du Djurdjura, Chaouïa de l'Aourâs, Beni Mezâb), thèse de l'université de Paris (1886), Paris, Leroux, 1886
  • Émile Masqueray, De Aurasio monte, ab initio secundi p. h. saeculi usque ad Solomonis expeditionem, thèse complémentaire de l'université de Paris (1886), Paris, Leroux, 1886
Histoire : la période coloniale
  • Jean Morizot, L'Aurès ou le mythe de la montagne rebelle, Paris, L'Harmattan, 1992
  • Abdelhamid Zouzou, L’Aurès au temps de la France coloniale. Évolution politique, économique et sociale (1837-1939), Alger, Houma, 2001, 1 996 pp. (2 volumes)
  • Abderrahmane Bouchène et alii (dir.), Histoire de l'Algérie à la période coloniale (1830-1962), Paris, La Découverte et Alger, Barzakh, 2012 (La Découverte/Poche, 2014) :
    • Fanny Colonna, « Les Aurès, 1916-1945. État des savoirs, de l'archéologie à la photographie », p. 422-424
    • Ouanassa Siari Tengour, « La révolte de 1916 dans l'Aurès », p. 255-260
    • Ouanassa Siari Tengour, « Aurès, 1° novembre 1954 », p. 508-514
  • Ouanassa Siari Tengour, « Les dirigeants de l'Aurès-Nememcha (1954-1956) », contribution au colloque de l'ENS de Lyon Pour une histoire critique et citoyenne. Le cas de l'histoire franco-algérienne, 20-22 juin 2006, Lyon, ENS-LSH, 2007 (cf. Présentation sur le site de l'ENS).
  • Mostefa Haddad, « Tradition orale, mémoire collective et quelques repères historiques dans l’Algérie coloniale : le cas des Aurès et du pays chaoui », colloque ENS Lyon, 2006
Société
  • Émile Masqueray, Note concernant les Aoulad-Daoud du Mont-Aurès (Aourâs), Alger, Jourdan, 1879
  • Léon Souguenet, Julia Donia : Missions dans l'Aurès (1915-1916), Paris, Renaissance du livre, 1928
  • Mathéa Gaudry, La Femme chaouia de l'Aurès Étude de sociologie berbère, thèse de sociologie de l'université d'Alger (1928), Paris, Librairie Paul Geuthner, 1929 (réédition : Alger, Chihab, 1998)
  • Germaine Tillion, Il était une fois l'ethnographie, Paris, Seuil, 2000 [récit de sa première mission en 1934 et description de la société aurésienne dans les années 1930 (son premier ouvrage sur l'Aurès, la thèse qu'elle avait pratiquement achevée en 1942 ayant été perdue au cours de la Seconde Guerre mondiale)]
  • Danièle Jemma-Gouzon, Villages de l'Aurès Archives de pierre, Paris, L'Harmattan, coll. « Histoire et perspectives méditerranéennes », 2000
Artisanat
  • « La poterie peinte », chapitre IV de Camps Gabriel, Monuments et rites funéraires protohistoriques Aux origines de la Berbérie, Paris, Arts et Métiers graphiques, 1962 (630 p.) p. 320-417 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • « Tissage de la montagne, les Aurès », dans Jeux de trames en Algérie, Alger, Ministère de l'agriculture et de la réforme agraire, 1975, p. 111-117] Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • « Lampes des Aurès », dans J. B. Moreau, Les Grands Symboles méditerranéens dans la poterie algérienne, Alger, SNED, 1977, p. 169-188] Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • « Poterie des Aurès », dans À la rencontre de la poterie modelée en Algérie, Alger, Ministère de l'agriculture et de la réforme agraire, 1982, p. 118-129] Document utilisé pour la rédaction de l’article
Photographies
  • Thérèse Rivière, Aurès/Algérie, 1935-1936 : photographies, Alger, Office des publications universitaires/Paris, Maison des Sciences de l'homme, 1987 [suivi de : Fanny Colonna, Elle a passé tant d'heures...]
  • Germaine Tillion et Nancy Wood, L'Algérie aurésienne, Paris, La Martinière/Perrin, 2001 [ISBN 2-7324-2769-1] (photographies prises par Germaine Tillion dans les années 1930, accompagnées de citations de Il était une fois l'ethnographie)
Divers
  • Tahar Djaout, L'Invention du désert, Éditions du Seuil, Paris, 1987, p. 31-33.
  • Kateb Yacine, Parce que c'est une femme, textes réunis par Zebeïda Chergui, théâtre, [contient un entretien de Kateb Yacine avec El Hanar Benali, 1972, La Kahina ou Dilhya; Saout Ennissa, 1972; La Voix des femmes et Louise Michel et la Nouvelle Calédonie], Paris, Éditions des Femmes - Antoinette Fouque, 2004, 174 pages.

Cartographie[modifier | modifier le code]

L'Afrique du Nord
L'Aurès
  • « L'Aurès en 1934 » dans Germaine Tillion, L'Algérie aurésienne, p. 5
  • « Esquisse des régions naturelles de l'Aurès ; principales localités » dans Mitard, 1941, p. 560 disponible en ligne

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. S. Chaker, Encyclopédie Berbère, entrée « Aurès »
  2. Extrait de l'Encyclopédie Universalis/ Numidie
  3. Cf. fiche de l'INA dans laquelle, sur la même page assez courte, on trouve en général « l'Aurès », mais une fois « les Aurès ».
  4. [1]
  5. [2]
  6. [3].
  7. Cf. carte Michelin 743 « Algérie Tunisie ».
  8. Gustave Boissière, L'Algérie romaine : Ouvrage couronné par l'Académie française. 2e éd.
  9. Le passé de l'Afrique du Nord : Les siècles obscurs. Avec 25 illustrations, Émile Félix Gautier, p. 220-221.
  10. Ammar Negadi
  11. Souvenirs d'une exploration scientifique dans le nord de l'Afrique, Jules-René Bourguignat
  12. a et b Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères
  13. La vie économique du Chaouia de l'Aurès.
  14. Tradition orale, mémoire collective et quelques repères historiques dans l’Algérie coloniale : le cas des Aurès et du pays chaoui
  15. LES BATAILLES DE L'ARMEE DE LIBERATION NATIONALE
  16. Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique, historique
  17. Sur l'évolution de la défense romaine en Afrique, cf. Paul Petit, La Paix romaine, PUF, coll. « Nouvelle Clio », 1967, pp. 110-111.
  18. a et b Petit, 1967, p. 111.
  19. Comptes rendus des séances - Académie des inscriptions & belles-lettres publié par Ernest Émile Antoine Desjardins
  20. Mentions de l'insurrection du Faraxen
  21. Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus... De Ernest Mercier
  22. Procope, Guerre des Vandales, livre II
  23. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères
  24. Jean-Pierre Marin, Jean Deleplanque, Au forgeron de Batna, L'Harmattan,‎ 2005, 493 p. (ISBN 2747593118, lire en ligne), p. 26
  25. The Muslim conquest and settlement of North Africa and Spain
  26. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, Tome I, traduit par le Baron de Slane, livre entièrement consultable en ligne, page 214
  27. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, Tome I, traduit par le Baron de Slane, livre entièrement consultable en ligne, page 215
  28. Article sur Moussa Ibn Noçaïr / Encyclopédie Universalis
  29. Tariq ibn Ziyad et l'islamisation du Maroc page 21
  30. Cf. Germaine Tillion, Il était une fois l'ethnographie, Paris, Seuil, 2000, p. 30-34, pour l'évolution de l'administration coloniale.
  31. Il était une fois l'ethnographie, p. 24-28, pour la société de l'Aurès en 1934.
  32. L'Algérie aurésienne, p. 145.
  33. Bernard Droz, Histoire de la guerre d'Algérie, Seuil, 1982, p. 60.
  34. Droz, 1982, p. 64.
  35. Bernard Droz, Histoire de la guerre d'Algérie, Seuil, 1982, p. 70.
  36. Droz, 1982, p. 117.
  37. Le cérémonial de la circoncision
  38. Arnold van Gennep, Les poteries modelées d'Afrique du Nord, cité dans À la rencontre de la poterie modelée en Algérie, Alger, Ministère de l'agriculture et de la réforme agraire, 1982, p. 119
  39. Gabriel Camps, Monuments et rites funéraires protohistoriques, Aux origines de la Berbérie, Paris, Arts et Métiers graphiques, 1962. p. 324-5. La thèse de Gabriel Camps est que « tout se passe comme si une céramique à fond plat sans décor peint, mais munie d'appendices divers et d'incisions, avait d'abord pénétré, venant d'Italie et des îles (Sardaigne, Sicile, Pantelleria), en Tunisie et en Algérie orientale, et comme si cette céramique avait été ensuite concurrencée, puis éliminée par une autre vague ignorant le décor incisé ou en relief, mais portant une riche décoration peinte. Les poteries du premier style se seraient conservées dans l'Aurès alors que les secondes n'y pénétraient que faiblement » (op. cit., p. 394)
  40. À la rencontre de la poterie modelée en Algérie, Alger, Ministère de l'agriculture et de la réforme agraire, 1982, p. 119
  41. op. cit., p. 119
  42. Jeux de trames en Algérie, Alger, Ministère de l'agriculture et de la réforme agraire, 1975, p. 112-114
  43. Dominique Auzias, Algérie
  44. Frantz Fanon: portrait. Par Alice Cherki. Publié par Seuil, 2000. ISBN 2-02-036293-7. Page 236
  45. Écrivains algériens: dictionnaire biographique Par Achour Cheurfi. Publié par Casbah éditions, 2004. page 17. ISBN 9961-64-398-4
  46. Profession: infirmière, par Messaoud Nedjahi. Publié par Éditions Publibook. ISBN 2-7483-3522-8 livre en ligne
  47. a et b Le Soir d'Algérie presse
  48. Benamar Mediene, Pour le peintre, la perspective n'a de sens que dans l'ouverture infinie du regard..., dans « Créative Algérie », Phréatique no 51, Paris, hiver 1989, p. 96-97.
  49. Ministère de Culture Algérie
  50. Thérèse Rivière et Fanny Colonna, Aurès/Algérie, 1935-1936 Photographies
  51. Germaine Tillion, Il était une fois l'ethnographie
  52. Jean Déjeux, Femmes d'Algérie: légendes, traditions, histoire, littérature, Boîte à Documents, 1987, p. 244, disponible en ligne.
  53. Book Google
  54. Liste établie d'après Marion Vidal-Bué, L'Algérie des peintres, 1830-1960, Alger, Edif 2000 / Paris, Paris-Méditerranée, 2002
  55. Le film sur Mostefa Ben Boulaïd
  56. a et b Site officiel du film La Maison jaune
  57. Liberté presse
  58. Histoire de l'Afrique septentrionale en ligne