Alfred Chanzy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Alfred Chanzy
Image illustrative de l'article Alfred Chanzy

Naissance
Nouart, France
Décès (à 59 ans)
Châlons-en-Champagne, France
Origine Drapeau de la France France
Arme Légion étrangère
Grade Général
Années de service 18431883
Conflits Guerre franco-prussienne de 1870
Commandement 48e Régiment d'Infanterie: 1864 - 1868
16e Corps d'Armée: 1870
7e Corps d'Armée: 1872
19e Corps d'Armée: 1874 - 1878
Faits d'armes - 1859 : Bataille de Magenta
- 1859 : Bataille de Solférino
- 1871 : Bataille du Mans
Distinctions Grand' croix de la Légion d'honneur
Médaille militaire
Autres fonctions - Député puis Sénateur inamovible
- Président du conseil général des Ardennes
- Ambassadeur en Russie

Antoine Alfred Eugène Chanzy est un général français, né à Nouart dans les Ardennes le et décédé à Châlons-en-Champagne, à l'époque Châlons-sur-Marne dans la nuit du 4 au .

Biographie[modifier | modifier le code]

D'une famille d'agriculteurs, son père et son oncle se sont engagés dans les troupes napoléoniennes. Si l'oncle était resté dans l'armée et était devenu capitaine de cuirassiers, son père avait en revanche quitté le service après avoir été sous-officier et chevalier de la Légion d'honneur. Il avait obtenu, à son retour en 1821, un poste de receveur des contributions directes, fonction administrative qui faisait de lui un modeste fonctionnaire mais lui garantissait une vie correcte pour lui et sa famille.

Après avoir suivi quelque temps les classes du collège de Sainte-Menehould, Chanzy s'engage à 16 ans en 1839 comme timonier sur Le Neptune, mais le manque de bataille navale le déçoit. La frustration, et surtout les vexations des marins et un mal de mer chronique, eurent raison de sa courte vocation et il quitta la marine à son retour en France, le 10 décembre 1840.
Il s'engage en 1841 au 5e régiment d'artillerie de Metz, puis suit les cours au Collège royal.

Entré en 1841 à Saint-Cyr (133e sur 138 au concours d'entrée), élève studieux, il sort dans les vingt-cinq premiers de sa promotion, est nommé sous-lieutenant en 1843 et rejoint les zouaves commandés par Cavaignac à Blida. Il reste 16 ans en Algérie.

Carrière en Algérie[modifier | modifier le code]

Présent à la reddition d'Abd el-Kader, lieutenant en 1848 au 43e régiment d’infanterie de ligne, capitaine en 1851 au 1er régiment de la Légion étrangère, il rejoint le service des bureaux arabes à Tlemcen puis à Oran.

Chef de bataillon en 1856 au 23e de ligne, il participe à la guerre en Italie (batailles de Magenta et Solférino en juin 1859).

Lieutenant-colonel au 71e régiment d’infanterie de ligne en avril 1860, il part en août avec le corps expéditionnaire en Syrie, où il est commandant du QG chargé des affaires politiques, grâce à sa connaissance de l'arabe.

Il effectue un séjour au corps d'occupation de Rome, au 72e de ligne, de 1861 à 1864.

Colonel en 1864 du 48e régiment d'infanterie de ligne, il est de retour en Algérie avec son régiment, où il combat sur la frontière marocaine.

Général de brigade en 1868, il exerce le commandement de subdivision à Sidi-Bel-Abbès, où il "nettoie" le sud-ouest des razzias de tribus marocaines. Il s'adjoint à cette époque comme plus proche collaborateur le futur général de Boisdeffre, qui le suivra dans tous ses postes.

Il est promu commandeur de la Légion d'honneur en juin 1870.

Guerre franco-prussienne de 1870[modifier | modifier le code]

Statue-hommage à Chanzy au Mans

À la déclaration de guerre il se voit refuser un poste à l'armée du Rhin. Général de division le 20 octobre 1870 sur intervention de Mac-Mahon auprès de Gambetta, il est nommé chef du 16e corps de la première armée de la Loire. Il participe aux combats de Coulmiers et Loigny. Le 6 décembre, il est nommé commandant en chef de la seconde armée de la Loire, arrête un temps l'offensive allemande à Villorceau. Mais il ne peut progresser et se replie sur Vendôme, puis sur Le Mans où son armée est battue les 10 et 11 janvier 1871. Il se retire alors sur Laval le 16 janvier et sur la rive droite de la Mayenne, où le trouve l'armistice du .

La bataille du Mans est une défaite importante pour l'armée française. En 1871, une commission d'enquête est créée dont le rapport, accablant pour l’armée française, est rédigé par l’historien breton Arthur de La Borderie.

Élu député des Ardennes en 1871, sans même avoir fait acte de candidature, tant son prestige est grand, il rejoint le gouvernement à Bordeaux, où il prône la poursuite de la résistance. Le 7 mars, l'armée de la Loire est dissoute.

Chanzy se rend à Paris le 18 mars, alors que s'organise la Commune. Arrêté, il est menacé d'exécution, puis libéré. À Versailles, il se range avec les républicains modérés et siège au centre-gauche. Puis il est nommé sénateur.

Troisième République[modifier | modifier le code]

À la tête du 7ecorps d'armée en 1872, il devient, sur proposition du maréchal Mac-Mahon "gouverneur général civil et commandant des forces de terre et de mer en Algérie" en juillet 1873. Sous son administration la colonie connait des troubles, et il est contraint de mettre Alger en état de siège par un arrêté du 29 mars 1874. Il est responsable d'une certaine modernisation de la colonie, avec la construction de lignes de chemins de fer, et autres ouvrages civils. Il inaugure une Exposition Algérienne en 1876. Il reste à ce poste jusqu'en 1879.

Nommé sénateur inamovible en 1875 et élu président du conseil général des Ardennes, mais il reste en résidence à Alger. Au Sénat, il siège au centre gauche avec les républicains conservateurs.

Après la démission de Mac-Mahon, bien que n'étant pas candidat, il obtient 14,8 % des voix contre Jules Grévy le 31 janvier à l'élection présidentielle de 1879.

Après l'élection sa situation de Gouverneur Général devient impossible, dès le 13 février[1] 1879 il est nommé ambassadeur en Russie à Saint-Petersbourg et le 24 février il est relevé officiellement de ses fonctions de Gouverneur Général de l'Algérie. Il reste en Russie pendant trois ans avant d'en démissionner suite à désaccord avec Gambetta.

En 1882, il est réintégré à l'état-major général et nommé membre du Conseil supérieur de la guerre. Il prend le commandement du 6e corps d'armée à Châlons-sur-Marne où une caserne porte son nom .

Il succombe brusquement à Châlons d'une hémorragie cérébrale, dans la nuit du 4 au 5 janvier 1883. Il est inhumé à Buzancy dans les Ardennes.

Il existe de nombreuses statues du général Chanzy, dont celle du monument à la deuxième armée de la Loire au Mans, due au sculpteur lillois Crauk, et les diverses versions du sculpteur ardennais Aristide Croisy, à Buzancy, à Nouart, au Sénat,etc.

Chanzy était catholique fervent et, bien qu'accusé d'être clérical, semble s'être toujours opposé à l'ultramontanisme.

Les papiers personnels d'Alfred Chanzy sont conservés aux Archives nationales sous la cote 270AP[2]

Décorations[modifier | modifier le code]

Plaque sur la maison de Châlons où il mourut.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arthur Chuquet, Le général Chanzy (1823-1883), Paris, Cerf, 1884 ;
  • Jules-Alphone-Ignace Rouiet, Eloge du Général Chanzy, 1886.
  • Frédéric Beauchef, 1871, Le Mans une bataille oubliée, éditions Libra Diffusio, Le Mans, 2010.
  • Commandant Léonce Grandin, Chanzy, Dans le passé, Éditions SPES, Paris, 1929, 364 p.
  • Allocution prononcée par Son Exc. Mgr l'archevêque de Reims aux funérailles du général Chanzy, le 10 janvier 1883[4].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]