Béatification

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Béatification de Jean-Paul II par le pape Benoît XVI, le .

Une béatification est la déclaration, par décret pontifical, qu'une personne de foi chrétienne a pratiqué les vertus naturelles et chrétiennes de façon exemplaire, ou même héroïque. La vénération publique de celui ou celle qui est alors appelé bienheureux ou bienheureuse est par la suite autorisée, localement ou universellement.

Au sein de l’Église catholique[modifier | modifier le code]

Procédure[modifier | modifier le code]

Une béatification n'aboutit qu'après une longue procédure (ou procès) préparatoire, mise en route par l'évêque du lieu où est décédé le candidat, et soutenue par une dévotion populaire, avec appel de témoins — favorables ou contraires — et examen des écrits. Le tout doit être confirmé par un miracle obtenu par l'intercession céleste de la personne concernée.

Selon l'article 9a des Normes pour la cause des saints (Novæ leges pro causis sanctorum), promulguées le , les évêques doivent attendre cinq ans après la mort de la personne concernée avant d'introduire sa cause, afin que l'émotion n'entre pas en ligne de compte.

La Congrégation pour les causes des saints a promulgué en 2007 la version actuelle des règles à suivre pour l'enquête diocésaine[1].

La plupart des théologiens ne considèrent pas la béatification comme une déclaration infaillible de la part du pape, contrairement à la canonisation.

Promulgation[modifier | modifier le code]

La déclaration de béatification se fait lors d'une cérémonie eucharistique solennelle, après la lecture du texte d'Évangile. Aucun rite liturgique particulier n'y est attaché.

Le pape Jean-Paul II a, lors de son pontificat, modifié considérablement la pratique de la béatification. Jusqu'en , il a béatifié 1 340 personnes, soit plus que l'ensemble des béatifications effectuées par ses prédécesseurs depuis le pape Sixte V, qui établit une procédure de béatification similaire à celle en pratique aujourd'hui. En outre, Jean-Paul II a introduit lui-même une cause en canonisation, ce qui permet d'écarter la réserve des cinq ans : mère Teresa fut en effet béatifiée (en 2003) seulement six ans après sa mort (1997). La béatification de Jean-Paul II a également été prononcée le dimanche 1er mai 2011 par son successeur Benoît XVI six ans après sa mort.

But et intention[modifier | modifier le code]

Béatification et canonisation ont pour but, de la part de l'Église catholique, de proposer au peuple chrétien des exemples de vies éminemment chrétiennes.

Vénération et prières sont proposées ou autorisées, localement s'il s'agit d'une béatification (ou même universellement — dans certains cas — s'il en est décidé ainsi). Le culte se traduit par l'attribution d'un jour de commémoration au calendrier liturgique, autant que possible celui de la mort terrestre (ou « naissance au Ciel », selon l'expression classique du martyrologe) de l'intéressé.

Pour les catholiques, ce culte de dulie n'est pas à confondre avec la commémoration des défunts. Ce n'est pas non plus un culte des morts. Les bienheureux et les saints participent à la Vie éternelle. Dans la foi, une communion spirituelle et mystique s'établit avec eux ; c'est la communion des saints. Cette croyance fait partie du credo chrétien. Voir aussi le Code de droit canonique de 1983, canons 1186-1187 et suivants.

En principe (et sauf indult du Saint-Siège, cf. commentaires du canon 1218), un bienheureux ne peut pas être choisi comme patron titulaire pour la dédicace d'une église, ce « privilège » étant réservé aux saints dûment canonisés.

Quelques bienheureux[modifier | modifier le code]

  • 498 « martyrs de la persécution religieuse en Espagne » ont été béatifiés le 28 octobre 2007 à Rome[2].
  • Antonio Rosmini (1797-1855), prêtre et fondateur d'une congrégation : ses écrits ont été mis à l'index en 1849 ; cette censure est levée peu avant sa mort intervenue en 1855 ; 40 de ses thèses ont été condamnées par Léon XIII en 1887. Sa redécouverte fut progressive au XXe siècle, et il a été béatifié en 2007.
  • Mère Teresa, née en 1910 à Uskub, dans l'Empire ottoman (actuellement Skopje, Macédoine), et décédée le 5 septembre 1997 à Calcutta, Inde. Béatifiée en 2003, 6 ans seulement après sa mort.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]