Antoine Pinay

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Antoine Pinay
Antoine Pinay organise le passage au nouveau franc.
Antoine Pinay organise le passage au nouveau franc.
Fonctions
Médiateur de la République
19731974
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Aimé Paquet
Ministre des Finances et des Affaires économiques
1er ministre des Finances de la Ve République
23 juillet 195813 janvier 1960
Président René Coty
Charles de Gaulle
Gouvernement Charles de Gaulle III
Michel Debré
Prédécesseur Charles Spinasse
(Affaires économiques)
Lui-même (Finances)
Successeur Wilfrid Baumgartner
Ministre des Finances
1er juin 195823 juillet 1958
Président René Coty
Gouvernement Charles de Gaulle III
Prédécesseur Edgar Faure
Successeur Lui-même
Ministre des Affaires étrangères
23 février 19551er février 1956
Président René Coty
Gouvernement Edgar Faure II
Prédécesseur Edgar Faure
Successeur Christian Pineau
Ministre des Finances et des Affaires économiques
8 mars 19528 janvier 1953
Président Vincent Auriol
Gouvernement Antoine Pinay
Prédécesseur Edgar Faure (Finances)
Robert Buron (Affaires économiques)
Successeur Maurice Bourgès-Maunoury (Finances)
Robert Buron (Affaires économiques)
123e président du Conseil des ministres français
et ministre des Finances et des Affaires économiques
(139e chef du gouvernement)
8 mars 195223 décembre 1952
Président Vincent Auriol
Gouvernement Antoine Pinay
Législature IIe législature
Prédécesseur Edgar Faure
Successeur René Mayer
Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme
12 juillet 19508 mars 1952
Président Vincent Auriol
Gouvernement René Pleven I
Henri Queuille III
René Pleven II
Edgar Faure I
Prédécesseur Maurice Bourgès-Maunoury
Successeur André Morice
Président du Conseil général de la Loire
19491979
Sénateur de la Loire
19381940
Député de la Loire
19361938
1946 - 1959
Maire de Saint-Chamond
19291977
Biographie
Nom de naissance Antoine Pinay
Date de naissance 30 décembre 1891
Lieu de naissance Saint-Symphorien-sur-Coise (France)
Date de décès 13 décembre 1994 (à 102 ans)
Lieu de décès Saint-Chamond (France)
Nationalité français
Parti politique NI (1936-1938)
UDR (1938-1940)
RI (1946-1955)
IPAS (1956-1959)
Conjoint Marguerite Fouletier (1895-1970)
Chefs du gouvernement français

Antoine Pinay, né le 30 décembre 1891 à Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône) et décédé le 13 décembre 1994 à Saint-Chamond, fut un homme d'État français.

Président du Conseil des ministres en 1952, il fut plusieurs fois ministre sous la IVe République, avant d'occuper les fonctions de ministre des Finances dans les débuts de la Ve République sous la présidence du général de Gaulle.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Un industriel qui entre en politique sous la IIIe République[modifier | modifier le code]

Industriel, à la tête d'une tannerie, il a été maire de Saint-Chamond (Loire) de 1929 à 1977. En 1934, il devient conseiller général de la Loire du canton de Saint-Chamond et préside la commission départementale de 1934 à 1936. Il fonde le SIEL en 1950. Sa carrière nationale commence en 1936 quand il est élu député de la Loire de l'Alliance démocratique (droite modérée), jusqu'en 1938. Il est ensuite élu sénateur en 1938.

Sous Vichy[modifier | modifier le code]

Il vote en 1940 les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. En 1941, il est nommé au Conseil national de Vichy, puis décoré de la francisque, faisant partie selon sa biographe Christiane Rimbaud des notables de province sur lesquels le régime voulait s’appuyer. Il refuse pourtant les propositions qui lui sont faites de servir Vichy et démissionne en 1942 du Conseil national. En 1943, il rejette la proposition qu’on lui fait de la préfecture de l’Hérault. Il contribue également à faire passer des juifs et des résistants en Suisse et à Alger. Sylvie Guillaume, auteur d'une thèse sur Pinay, estime que la volonté d'associer Pinay à Vichy malgré la réalité est le fruit de la volonté de ses « adversaires communistes »[1]. De même, Christiane Rimbaud estime que les communistes lui firent un « mauvais procès » en l'associant au régime de Vichy alors qu'il a résisté[2].

Sous la IVe République[modifier | modifier le code]

Membre du Centre national des indépendants et paysans (CNIP, parti de droite libérale), il poursuit sa carrière politique pendant la IVe et la Ve République. Député de 1946 à 1958, il entre au gouvernement comme secrétaire d'État en 1948, puis ministre en 1950.

Président du Conseil des ministres du 8 mars au 23 décembre 1952, il lance un premier emprunt national, gagé sur l'or. Il lutte efficacement contre l'inflation dans le contexte économique très favorable de la fin de la guerre de Corée, et signe en mai 1952 le traité de Paris instituant la Communauté européenne de défense (CED).

Il est candidat à la présidence de la République en 1953. En 1955, il est ministre des Affaires étrangères et permet l'indépendance du Maroc (accords de la Celle-Saint-Cloud) et ouvre la voie à l'autonomie tunisienne.

Sous la Ve République[modifier | modifier le code]

Ministre des Finances de De Gaulle[modifier | modifier le code]

Charles de Gaulle, président de la République, le choisit pour le ministère des Finances en juin 1958. Antoine Pinay lance un second emprunt national et préside au passage au nouveau franc.

Echec d'une candidature fédérant la Droite anti-gaulliste[modifier | modifier le code]

En désaccord avec la politique algérienne et extérieure du gouvernement, Antoine Pinay remet sa démission en janvier 1960. Il abandonne ensuite toute activité politique nationale.

Dans les années suivantes, Antoine Pinay est à l'origine d'une des tentatives montées pour structurer l'opposition à De Gaulle dans la perspective d'une élection présidentielle au suffrage universel qui vient d'être introduite dans la Constitution.

L'idée d'une candidature Pinay fait son chemin, sur une ligne libérale, atlantiste et pro-européenne, susceptible de rassembler les critiques de droite à la politique gaulliste. Mais Antoine Pinay est empêché de se présenter par la menace que soit exploitée contre lui des dossiers de « ballets roses », qu'aurait étayée la « main courante » déposée contre lui à la suite d'un prétendu « attouchement sur mineur »[3].

Ce fait politique, connu dans les milieux politiques et à Saint-Chamond, n'a été porté à la connaissance du grand public, qu'en 2011 par la publication du livre Sexus Politicus[4], pour laquelle les auteurs s'appuyèrent sur les travaux de Sylvie Guillaume[5].

Antoine Pinay ayant renoncé à se présenter, son électorat potentiel éclata entre le soutien à Jean-Louis Tixier-Vignancourt, marqué par l'Algérie Française, et le rassemblement centriste autour de Jean-Lecanuet, lancée par le MRP. D'autres, enfin, purent, derrière Valéry Giscard d'Estaing et les Républicains indépendants, rester dans l'alliance majoritaire avec l'UNR / UDT.

Le « sage de Saint-Chamond »[modifier | modifier le code]

Délaissant désormais toute ambition politique nationale, Antoine Pinay se consacre à ses mandats de maire de Saint-Chamond (jusqu'en 1977) et de Président du Conseil général de la Loire (jusqu'en 1979).

En 1973-1974, il est le premier médiateur de la République, fonction créée par le gouvernement Messmer sous le président Pompidou.

Il a laissé l'image d'un gestionnaire prudent et efficace. Jusqu'à la fin de sa longue vie (presque 103 ans), celui que l'on surnomma « le sage de Saint-Chamond » fut consulté par de nombreux hommes politiques qui se sont réclamés de son expérience et de son pragmatisme reconnu.

Décédé à près de 103 ans, il est le doyen des présidents du Conseil français.

Lieux de villégiature[modifier | modifier le code]

Il fut un hôte assidu de Sainte-Maxime (Var).

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sylvie Guillaume, Antoine Pinay ou la confiance en politique, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1984, p. 15
  2. Christiane Rimbaud, Pinay, Perrin, 1990, p. 37 et suivantes
  3. La Provence - 16 mai 2011 |
  4. Christophe Dubois - Christophe Deloire -"Sexus Politicus" - chapitre 4 |[1]
  5. Note publiée sur le site "Lumières sur Rhône-Alpes" en accompagnement du "portait d'Antoine Pinay" - émission d'Antenne 2 - 13/12/1994|[2]
  6. Généastar : Ascendants d'Antoine PINAY

Liens externes[modifier | modifier le code]

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