Dwight David Eisenhower

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Dwight David Eisenhower
Image illustrative de l'article Dwight David Eisenhower
Fonctions
34e président des États-Unis
20 janvier 195320 janvier 1961
(&&&&&&&&&&&029228 ans, 0 mois et 0 jour)
Élection 4 novembre 1952
Réélection 6 novembre 1956
Vice-président Richard Nixon
Prédécesseur Harry S. Truman
Successeur John F. Kennedy
Biographie
Date de naissance 14 octobre 1890
Lieu de naissance Denison, Texas (États-Unis)
Date de décès 28 mars 1969 (à 78 ans)
Lieu de décès Washington DC (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Parti politique Parti républicain
Conjoint Mamie Eisenhower
Diplômé de Académie militaire de West Point
Profession Militaire (Général d'armée)
Religion Presbytérianisme

Signature

Dwight David Eisenhower
Présidents des États-Unis

Dwight David Eisenhower (prononcé [ˈaɪzənhaʊər ]) (14 octobre 1890 - 28 mars 1969), surnommé « Ike », est le 34e président des États-Unis, durant deux mandats du 20 janvier 1953 au 20 janvier 1961. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est General of the Army et commandant en chef des forces alliées en Europe. Il est membre du parti républicain.

Il est chef d'État-Major général des Forces armées des États-Unis de 1945 à 1948 et commandant suprême des forces alliées en Europe du 2 avril 1951 au 30 mai 1952.

En tant que président des États-Unis, il supervise le cessez-le-feu en Corée, lance la course à l'espace, développe le réseau des autoroutes inter États et fait du développement de l'armement nucléaire l'une de ses priorités dans le cadre de la guerre froide avec l'URSS.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Troisième de sept enfants de David Jacob Eisenhower et de Ida Elizabeth Eisenhower (née Stover), David Dwight Eisenhower est né le 14 octobre 1890 à Denison[1] (Texas) au sein d'une famille modeste, de tradition mennonite d'origine allemande dont le nom est Eisenhauer[2],[3]. La mère de Dwight, Ida Eisenhower, faisait partie des Témoins de Jéhovah. Il est baptisé David Dwight mais appelé couramment Dwight. L'ordre des deux prénoms est définitivement inversé lors de son incorporation à l'académie militaire de West Point[4].

Le nom de ses ancêtres s'écrivait à l'origine "Eisenhauer". C'est en 1741 que Hans Nicolas Eisenhauer avait émigré de Sarre pour s'installer en Amérique, dans la colonie britannique de Lancaster (Pennsylvanie)[3].

La famille Eisenhower s'installe à Abilene au Kansas en 1892. C’est lors de sa scolarité à Abilène que le jeune Dwight Eisenhower aurait reçu le surnom de « Ike » par son meilleur ami d'enfance.[réf. nécessaire] Son éducation est fondée sur les valeurs familiales chrétiennes. Néanmoins, sa mère fut une adepte des témoins de Jehovah à partir de 1895, tout comme son père, et la résidence des Eisenhower servit de lieu de réunion pendant plusieurs années[5],[6].

À 19 ans, en 1909, il obtient son diplôme de fin d’études secondaires du lycée d'Abilène et commence à travailler dans une laiterie car ses parents n’ont pas les ressources financières nécessaires pour l’envoyer à l’université. Il tente l'examen d'entrée de l'académie navale mais n'est pas admissible en raison de son âge. Il entre finalement à l'université de Kansas City pour préparer une carrière militaire et réussit brillamment ses examens qui le font entrer d'office à l'académie militaire de West Point.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Eisenhower et son épouse Mamie à l'université Ste Mary à San Antonio au Texas en 1916.

En 1911, Dwight Eisenhower, est admis à l’Académie militaire de West Point. Il en sort, quatre ans plus tard, 61e sur 164 avec le grade de Lieutenant, dans la moyenne de sa promotion et est affecté, à sa sortie d'école, au Fort Sam Houston de San Antonio au Texas (sa promotion sera qualifiée plus tard par les historiens de « la promotion sur laquelle les étoiles tombèrent, en anglais The class the stars fell on  » par les nombreux généraux qu'elle donna). C'est là qu'il rencontre Mamie Geneva Doud (18961979), qu'il épouse le 1er juillet 1916, et avec qui il a 2 fils, Doud Dwight Eisenhower (1917-1921, des suites de la scarlatine) et John Sheldon David Doud Eisenhower (1922-2013).

En 1917, il est promu capitaine et sert comme instructeur dans plusieurs camps d'entrainement alors que le pays est engagé dans la Première Guerre mondiale. Malgré ses demandes, il n'obtient pas d'affectation en Europe et, en 1918, prend le commandement du Tank Training Center à Camp Colt en Pennsylvanie.

Au Camp Meade, près de Washington, en 1920, promu au grade de major, il rejoint l’Infantry Tank School où il retrouve un officier du corps blindé : le colonel Georges S. Patton, par ailleurs grand joueur de bridge. Ensemble ils publient, comme de Gaulle, des articles préconisant l’utilisation des chars afin d’éviter une nouvelle guerre de tranchées. Ses idées ne sont pas appréciées par ses supérieurs et il est même menacé de passer en cour martiale.

Il est ensuite affecté dans la zone du canal de Panama sous les ordres du général Fox Conner qui reconnaît sa valeur et l’inscrit, en 1925, à l’école de formation aux fonctions de commandement et d’état-major de Fort Leavenworth d’où il sort premier de sa promotion ce qui lui vaut des affectations importantes notamment auprès du général John Pershing et du général Douglas MacArthur.

En 1927, il est membre de la commission américaine des monuments de guerre et en 1928, sort diplômé de l'école de guerre américaine (War College). En 1929, il est détaché à Paris avant de rejoindre le Département de la Guerre (équivalent du Ministère de la Guerre).

En 1933, chef d'état-major du général Douglas MacArthur, il accompagne ce dernier à Manille alors qu’il est conseiller militaire auprès du gouvernement philippin. Il est promu lieutenant-colonel en 1936.

Eisenhower donnant les dernières instructions aux soldats du débarquement en Normandie : Full victory-nothing else (« la victoire complète et rien d'autre»).
Dwight David Eisenhower.

Fin 1939, c'est sur sa demande, alors que la guerre a été déclenchée en Europe, que Dwight Eisenhower revient aux États-Unis et est affecté à Fort Lewis dans l'État de Washington. Promu au grade colonel, il devient chef d'état-major de la 3e armée en juin 1941, affecté à Fort Houston au Texas. Chargé de l’entraînement des troupes, il se distingue particulièrement par sa stratégie pendant les manœuvres, qui ont lieu en septembre 1941 en Louisiane, et auxquelles participent plus de 400 000 hommes. À l'issue de celles-ci, il est promu au grade de général de brigade. Il retourne à Washington quelques jours après l’attaque de Pearl Harbor pour être affecté au Département de la Guerre sous les ordres du général Marshall. Il en devient l'assistant en février 1942 et prend la tête de la division Opération de l’état-major sous les ordres du général Patton. Promu général deux étoiles, il est nommé en juin 1942 commandant en chef des forces américaines en Europe. Il supervise alors l'ensemble des opérations militaires tant en Europe qu'en Afrique du Nord. Il commande le débarquement de novembre 1942 en Afrique du Nord, l’opération Torch, où confronté aux divergences entre Britanniques et Américains, il fait preuve de tout son talent de conciliateur et de négociateur pour rapprocher les vues plutôt que de les opposer. Cette opération est aussi, en dépit du manque de moyens matériels, un précieux enseignement pour les débarquements qui ont suivi. En février 1943, il est promu général 4 étoiles alors qu'il prépare la campagne de Tunisie contre les forces de l'Afrika Korps.

En 1943, Dwight Eisenhower est chargé de l’invasion de la Sicile (opération Husky et Ladbroke) et de l’Italie. Il est contraint, en outre, d'intervenir dans le règlement de la querelle qui oppose les généraux Henri Giraud et Charles de Gaulle à propos de l'exercice du leadership français en Afrique du Nord. Sa préférence va à Giraud qui, le 29 mai 1943 dans l'enceinte du palais d'été d'Alger, l'a publiquement décoré des insignes de Grand-croix de la Légion d'honneur, au grand dam de de Gaulle qui se plaignit de ne pas avoir été consulté[7].

Lors de la conférence interalliée de Téhéran de novembre 1943, il a été décidé qu’un second front allié serait ouvert à l’Ouest. Les Américains fournissant la majorité des hommes et du matériel, le chef de l’opération serait donc américain. Le président Roosevelt ne pouvant se passer de son conseiller militaire, le général George Marshall, c’est tout naturellement Eisenhower qui est choisi pour cette mission. Il quitte alors le théâtre des opérations méditerranéennes pour Londres.

Télégramme d'Eisenhower sur les premières opérations du débarquement du 6 juin 1944.

À la tête du SHAEF (Supreme Headquarter Allied Expeditionary Force), Eisenhower planifie le débarquement en Normandie et l'installation de la tête de pont en France, l’opération Overlord et commande la plus importante force d’invasion de tous les temps. Souvent remis en cause par les Britanniques mais soutenu par Marshall, Eisenhower, par son calme, sa finesse psychologique répond parfaitement aux caractères forts que sont Montgomery, Patton et le général de Gaulle. Face à l’opiniâtreté du général français qui défend la souveraineté politique de la France, Eisenhower renonce à la mise en place de l’AMGOT et autorise même la 2e DB du général Leclerc à entrer dans Paris en août 1944. Moins d’un an plus tard, Eisenhower atteint le but fixé : obtenir la capitulation sans condition de l’Allemagne.

Le 20 décembre 1944, il est promu général cinq étoiles ("General of the Army", l'équivalent de la distinction de maréchal de France).

En juin 1945, il est décoré par le général de Gaulle de la Croix de la Libération.

Au lendemain de la guerre, Eisenhower succède à Marshall comme chef d’état-major de l’US Army, poste qu’il quitte en 1948 pour devenir président de l’université Columbia[8]. Il garde toutefois le contact avec l’état-major où il intervient en tant que conseiller. En 1950, le président Truman le nomme commandant suprême de l’OTAN.

En 1964, Dwight David Eisenhower laissera des documents concernant la Seconde Guerre mondiale dans une fosse au cimetière américain de Colleville-sur-Mer. Elle ne sera ouverte, selon ses souhaits, qu'au matin du 6 juin 2044, date du 100e anniversaire du débarquement en Normandie.

Campagne électorale[modifier | modifier le code]

En 1948, le président Harry Truman propose à Dwight David Eisenhower d’être son colistier au titre de candidat à la vice-présidence mais il refuse.

Alors qu'il vient d'être nommé commandant en chef de l'OTAN (1950) et qu'il installe son quartier général à Paris, des émissaires du Parti républicain viennent le solliciter pour être leur candidat à l'élection présidentielle de 1952. Il se laisse convaincre et entame une campagne électorale qui le conduit à travers quarante-cinq États. Ses discours cherchent à rassurer les Américains et sa stratégie consiste à ne jamais mentionner le nom de son adversaire, Adlai Stevenson, mais à attaquer le bilan de son prédécesseur. Sa plate-forme tourne autour de trois thèmes : mettre fin à la corruption qui règne à Washington, en terminer avec la guerre de Corée et faire face à la subversion communiste alors que le pays est en plein maccarthisme.

La campagne électorale ne se passe toutefois pas sans heurts. Le candidat républicain à la vice-présidence est Richard Nixon. Celui-ci est accusé de détournement de fonds à son profit ce qu'il nie. De son côté, Eisenhower reçoit le soutien du sénateur Joseph McCarthy, qui affirme que de nombreux postes gouvernementaux sont infiltrés par les communistes.

En novembre 1952, Eisenhower est élu avec 55 % des suffrages contre son rival démocrate. Son mandat débute le 20 janvier 1953.

34e président des États-Unis (1953-1961)[modifier | modifier le code]

Réélu en 1956 contre le même Adlai Stevenson, ses deux mandats sont marqués par la fin de la guerre de Corée, le début de contacts directs avec les dirigeants de l'URSS, concrétisé notamment par la visite de Khrouchtchev aux États-Unis en 1959, mais aussi par la poursuite d'une politique d'endiguement du communisme, la condamnation de l'expédition anglo-franco-israélienne en Égypte, l'arrivée de Fidel Castro à Cuba, la création de la NASA, la lutte contre la ségrégation raciale dans l'armée et à l'école ou encore la réduction de l'inflation. Il fut secondé durant ses mandats par des personnalités comme John Foster Dulles, son secrétaire d'État (équivalent de ministre des Affaires étrangères), et George Humphrey, son secrétaire au Trésor.

Politique extérieure[modifier | modifier le code]

Sur le plan extérieur, Dwight David Eisenhower mène une politique de fermeté afin de faire reculer la zone d’influence soviétique. Eisenhower lance un programme de « dissuasion nucléaire » visant à augmenter l'arsenal des États-Unis. Dans le même temps, il lance le 8 décembre 1953 le programme Atoms for Peace visant à développer, nationalement et internationalement, les usages pacifiques de l'énergie atomique. Atoms for Peace mène aussi à la création de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Dwight Eisenhower, Nikita Khrouchtchev et leurs épouses respectives en 1959 durant un diner officiel.

La mort de Staline le 5 mars 1953 modifie les relations Est-Ouest et l’heure est à la détente. Eisenhower et le gouvernement soviétique mettent fin à la guerre de Corée et le président refuse de s’engager militairement au côté de la France en Indochine. La conséquence en est l’indépendance du Cambodge, du Laos et la séparation du Viêtnam en deux parties qui entraîne, pour les États-Unis, une guerre longue et difficile. L’heure est plutôt aux actions clandestines orchestrées par la CIA telles que le renversement du gouvernement du Premier ministre d’Iran Mohammad Mossadegh en août 1953 (opération Ajax) et la prise du pouvoir par le Shah Mohammed Reza Pahlavi, celui du gouvernement de Jacobo Arbenz Guzman au Guatemala en juin 1954 (opération PBSUCCESS) et la tentative échouée en Indonésie en 1958. En 1956, l’intervention soviétique à Budapest et la crise de Suez rappellent que la guerre froide est loin d’être terminée.

En 1957, le lancement par l’URSS du satellite Spoutnik surprend le monde occidental. Eisenhower renforce alors la politique de défense et accélère le développement des missiles intercontinentaux, définit la doctrine Eisenhower et engage le pays dans un programme spatial très ambitieux.

L'année 1960 marque la rupture du dialogue avec Khrouchtchev en raison de l’affaire d'un avion espion U2 abattu sur le territoire soviétique ainsi que par la radicalisation de la révolution cubaine que le président va essayer, sans succès, de juguler. Après avoir vu assez favorablement quelques mois la prise du pouvoir par Fidel Castro en janvier 1959, il donne le 17 mars 1960 son accord écrit à l'ouverture de camps d'entraînements anticastristes dont l'aboutissement est, en avril 1961, quelques mois après son départ de la Maison Blanche, le débarquement de la baie des Cochons. Il impose les premières mesures de rétorsion économique contre Cuba à partir de juin 1960 qui sont rendues inefficaces par l'aide apportée par Khrouchtchev à Fidel Castro. La disparition de John Foster Dulles permet tout de même de maintenir une relation apaisée entre Moscou et Washington.

Par ailleurs, en 1957, il nomme son frère, le professeur Milton Stover Eisenhower (1899-1985), conseiller et ambassadeur spécial sur les affaires latino-américaines.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Sur le plan intérieur les mandats du président Eisenhower se caractérisent par une relative prospérité et la relance de l’économie de consommation après les années de guerre. C’est à lui que l’on doit les quelque 65 000 km d’autoroutes reliant les États entre eux qui ont un impact certain sur le mode de vie des Américains. On lui doit aussi certaines avancées dans le domaine social avec l’extension de l’assurance-maladie, la retraite à 62 ans pour les femmes et l’accroissement des droits syndicaux.

L’un des problèmes les plus irritants était causé par le Sénateur Joseph McCarthy et sa lutte contre les supposées infiltrations communistes au sein du gouvernement. Bien qu’il n’ait jamais pu obtenir la moindre inculpation, il était aux yeux de certains Américains un rempart auto-proclamé contre l’avancée communiste. Eisenhower ne chercha jamais à l'affronter directement mais il réussit à obtenir une motion de censure à son encontre en 1954 en utilisant à son avantage un nouveau moyen d’expression : la télévision. Julius et Ethel Rosenberg, accusés d’espionnage au profit de l’URSS et exécutés le 19 juin 1953 furent, indirectement, les victimes de la vigilance anticommuniste. Le nouveau président refusa de les gracier, malgré les doutes sérieux qui le tenaillaient sur leur culpabilité, et en dépit des pressions de l'ambassadeur à Paris[9].

Dans le domaine culturel, Eisenhower promulgue la loi créant le National Cultural Center à Washington DC.

Immigration, droits civiques et minorités[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale et les impératifs de production ont permis aux minorités, les noirs en particulier, de faire évoluer leur rôle dans la société américaine. Les revendications égalitaires commencent à apparaître, en particulier dans le domaine de l’éducation. En mai 1954, une décision de la Cour suprême des États-Unis, l'arrêt Brown v. Board of Education, interdit la ségrégation dans les écoles publiques et, en octobre 1955 une étudiante noire est admise dans une université d’un État du sud, l’Alabama. Les grands mouvements populaires commencent en décembre 1955 à Montgomery, en Alabama, et virent l’arrivée d’un organisateur charismatique, Martin Luther King. Toutefois, le vote des droits civiques ne se fit pas sans difficulté. En 1957, le sénateur Strom Thurmond utilisa même son droit de parole pour faire un discours de vingt-quatre heures et vingt-sept minutes afin de retarder le vote du Sénat. Le président Eisenhower dut faire intervenir l’armée pour obliger certaines écoles à s’ouvrir aux élèves noirs.

Gouvernement fédéral et pouvoirs des États[modifier | modifier le code]

La présidence d’Eisenhower marque un certain accroissement du pouvoir fédéral qui, par exemple, assoit son autorité sur les eaux territoriales. La création d’un ministère de l’Éducation, de la Santé et des Services sociaux permet de financer des projets fédéraux mais n’enlève que peu d’autorité aux États comme on peut le voir dans les difficultés du gouvernement à imposer la déségrégation dans les écoles.

Retraite[modifier | modifier le code]

Ne pouvant solliciter un troisième mandat, Eisenhower quitte la Maison-Blanche en janvier 1961. Il se retire dans sa ferme de Gettysburg en Pennsylvanie (devenu depuis le Eisenhower National Historic Site) où il se consacre à la rédaction de ses mémoires. Il n'abandonne pas complètement la politique. Son successeur John Kennedy reste en contact avec lui pendant la crise des missiles. Par la voie téléphonique, il soutient l'acceptation de la concession réclamée par Khrouchtchev : le retrait des missiles nucléaires de Cuba en échange de la promesse de ne pas envahir l'île[10]. En novembre 1968, son vice-président Richard M. Nixon est élu à la présidence (ce dernier avait échoué 8 ans plus tôt à lui succéder, battu en 1960 par John Kennedy). Alors qu'il exprimait publiquement son mépris du personnage pendant la campagne de 1960, il en appelle à une nouvelle candidature de son ancien vice-président dès 1966 face à la fronde morale de la jeunesse envers les valeurs des États-Unis[11]. Il assiste deux mois plus tard au mariage entre son petit-fils David et Julie Nixon, fille du nouveau président élu.

Il passe la majeure partie de la dernière année de sa vie au Walter Reed Army Hospital de Washington DC pour traiter ses problèmes cardiaques. Il y meurt le 28 mars 1969. Il reçoit des funérailles militaires et des funérailles d'État à Washington, D.C. en présence de dignitaires de 78 pays et de milliers d’anonymes, puis est enterré au centre Eisenhower aux côtés de son fils Doud Dwight.

Chronologie de la présidence[modifier | modifier le code]

Dwight David Eisenhower.
Dwight David Eisenhower.
Dwight David Eisenhower aux côtés du secrétaire d'État John Foster Dulles, le 14 août 1956.

1953[modifier | modifier le code]

  • 20 janvier : Installation de Dwight D. Eisenhower en tant que trente-quatrième président des États-Unis.
  • 1er avril : création du ministère de la santé, de l’éducation et de l’assistance sociale.
  • 22 mai : Eisenhower signe la loi « sur les terres submergées » qui donne au gouvernement fédéral l’autorité sur les ressources économiques des eaux territoriales. C’est cette loi qui permet au gouvernement, et non aux États, d’attribuer des concessions d’exploitation de plates-formes pétrolières.
  • 26 juillet : Eisenhower annonce la conclusion d’un armistice en Corée et la partition du pays en deux zones séparées par le 38e parallèle.
  • 1er août : Eisenhower propose l’élargissement de la loi sur l’assurance maladie.
  • 7 août : Eisenhower signe une loi permettant d’admettre 241 000 réfugiés en plus du quota normal d’immigration.
  • 19 août : Renversement, avec l'aide du Royaume-Uni, du gouvernement démocratiquement élu du premier ministre iranien Mohammad Mossadegh (opération Ajax (officiellement TP-AJAX) exécutée par la CIA).
  • 8 octobre : Eisenhower annonce que l’URSS a fait détoner une bombe H.
  • 8 décembre : Eisenhower, dans le discours Atoms for Peace prononcé aux Nations unies, fait des propositions sur l’utilisation du nucléaire à des fins pacifiques ce qui donna naissance à l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) basée à Vienne en Autriche.

1954[modifier | modifier le code]

1955[modifier | modifier le code]

  • 16 mars : Eisenhower déclare que les États-Unis sont prêts à utiliser l’arme atomique en cas de conflit avec la Chine communiste.
  • 21 juillet : Eisenhower participe à la première conférence des grandes puissances, États-Unis, France, Royaume-Uni et URSS à Genève. Il propose un droit de survol des installations militaires afin de promouvoir une confiance réciproque.
  • 24 septembre : Eisenhower est victime d’une crise cardiaque.

1956[modifier | modifier le code]

  • 29 février : Eisenhower annonce sa candidature à un second mandat présidentiel. Il tente en vain de convaincre Richard Nixon, son vice-président, de renoncer à être candidat.
  • 31 mai : Eisenhower approuve le survol du territoire de l’URSS par des avions-espion U-2.
  • 29 juin : Eisenhower signe une loi permettant au gouvernement fédéral de créer un réseau d’autoroutes entre les États. En principe ce réseau est destiné à la défense nationale.
  • 1er novembre : Eisenhower met fin à la loi qui oblige les noirs à laisser leur place aux blancs.
  • 6 novembre : Eisenhower est réélu président des États-Unis. Il bat le candidat démocrate Adlai Stevenson avec plus de 9 millions de voix d’avance mais les démocrates restent majoritaires au sein du Congrès.

1957[modifier | modifier le code]

1958[modifier | modifier le code]

1959[modifier | modifier le code]

  • 3 janvier : l’Alaska devient le quarante-neuvième État de l’Union.
  • 21 août : Hawaii devient le cinquantième État de l’Union.
  • 15 – 27 septembre : le président Khrouchtchev effectue une visite officielle aux États-Unis.

1960[modifier | modifier le code]

Eisenhower félicite le nouveau président, John Kennedy (décembre 1960).
  • 1er mai : un avion-espion Lockheed U-2 est abattu alors qu’il survole l’URSS, entraînant l’annulation de la réunion des grandes puissances prévue à Paris deux semaines plus tard.
  • 8 novembre : John F. Kennedy, candidat du Parti démocrate, gagne les élections présidentielles contre le vice-président Richard Nixon.

1961[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Opérations en Europe des forces expéditionnaires alliées, 6 juin 1944 - 8 mai 1945, préface du général Kœnig, traduit par le capitaine Ramsay, Charles-Lavauzelle & Cie, 1947
  • Croisade en Europe - Mémoires sur la Deuxième Guerre mondiale, Robert Laffont, 1949.

Eisenhower était à ses heures peintre naturaliste amateur[8].

Famille[modifier | modifier le code]

  • Son fils John (né en 1922) a été un diplomate américain, il occupa notamment des postes d’ambassadeur. Il est décédé le 21 décembre 2013[13].

Hommage[modifier | modifier le code]

Nommés en son honneur :

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « DWIGHT DAVID EISENHOWER CHRONOLOGY », sur Eisenhower Presidential Library (consulté le 13 septembre 2012)
  2. « Article de l'Encyclopédie Universalis » (consulté le 13 septembre 2012)
  3. a et b (en) Généalogie des Eisenhower, site du centre présidentiel Eisenhower
  4. (en) « World War II and Its Meaning for Americans », Foreign Policy Research Institute,‎ mai 2007.
  5. (en) Gary Smith, Faith and the presidency : from George Washington to George W. Bush, Oxford New York, Oxford University Press,‎ 2006 (ISBN 0-195-30060-2)
  6. (en) Eisenhower et les témoins de Jehovah
  7. Alfred Salinas, Les Américains en Algérie : 1942-1945, Paris, L'Harmattan,‎ 2013, 434 p. (ISBN 978-2-336-00695-6), p. 115.
  8. a et b Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard, 2006, (ISBN 2070779319), p.127
  9. Stephen Ambrose, Eisenhower, Paris Flammarion, 1986, p. 376-377.
  10. Stephen Ambroise, op. cit., p. 606.
  11. Stephen Ambrose, op cit., pp. 593 et 608.
  12. Pursell, C. (1972). The military-industrial complex. Harper & Row Publishers, New York, New York.
  13. (en) Richard Goldstein, « John Eisenhower, Historian and Son of the President, Dies at 91 », sur nytimes.com,‎ 22 décembre 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • John Ford, Ce n'est qu'un au revoir, 1955, Tyrone Power, Maureen o'Hara, Harry Carrey Jr (Eisenhower).
  • Ike, 1978 et 1979 (TV), série américaine avec Robert Duvall.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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