Histoire du Japon

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L'histoire du Japon comprend l'histoire des îles du Japon et du peuple japonais, couvrant l'histoire ancienne de la région jusqu'à l'histoire moderne du Japon en tant qu'État-nation.

La première référence écrite connue au Japon est une information brève donnée dans les Vingt-quatre Histoires, une collection de textes d'histoire chinois, datant du Ier siècle av. J.-C.. Cependant, il y a des preuves d'occupation humaine sur ces iles depuis le paléolithique supérieur. À la suite du dernier âge glaciaire, autour de 12 000 avant notre ère, le riche écosystème de l'archipel japonais donna naissance à la culture Jōmon.

Préhistoire et origines (100 000 - 12 000 av. J.-C)[modifier | modifier le code]

Outils ou haches en pierres polies. Site Hinatabayashi B , Shinanomachi, Nagano - datés autour de 30 000 avant notre ère Musée national de Tokyo.
Le Japon lors de la dernière glaciation (vers - 20 000 ans). Les zones en orange étaient au-dessus du niveau de la mer et en blanc les territoires couverts de banquises.

L'âge du premier peuplement du Japon reste discuté.

De récentes études anthropologiques suggèrent que les premiers colons du Japon viendraient de Sibérie et/ou de Polynésie. Au début de cette période les îles japonaises étaient reliées entre elles, et au continent, par la glace jusqu'en 13 000 avant J.-C. environ. La fonte des glaciers de la fin du Pléistocène isola et créa la forme actuelle de l'archipel.

Le chiffre de - 200 000 ans a été avancé à la suite des découvertes exceptionnelles de l'archéologue japonais Shinichi Fujimura, qui se sont avéré être des montages car il avait introduit frauduleusement des objets dans des niveaux anciens[1]. Il a été démasqué en 2000. Toutefois, certains ouvrages sur l'histoire du Japon ne tiennent pas compte de cette remise en cause et sont à lire avec précaution.

Des âges de - 30 000 ou - 40 000 ans (site dans la préfecture de Miyagi) sont plus généralement acceptés. Cette période se caractérise par les plus vieilles pierres polies découvertes, datant d'environ 30 000 ans av. J.-C.. Les peuples de l'époque ne maîtrisaient ni la céramique, ni l'agriculture sédentaire mais exploitaient ou importaient de Corée l'obsidienne.

Proto-histoire (12 000 av. J.-C. - Ier siècle ap. J.-C.)[modifier | modifier le code]

Période Jōmon [modifier | modifier le code]

Article détaillé : Période Jōmon.
Récipient céramique orné de flammèches (entre 3000 et 2000 av. J.-C., Jōmon précoce) Musée national de Tokyo

La période Jōmon ou l'ère Jōmon (縄文時代, jōmon jidai?) caractérise la culture qui se développe à partir de -12 000. La datation qui coïncide avec la fin de l'âge glaciaire correspond au début de la poterie. Elle couvre la période du Xe millénaire av. J.‑C., fin de la Période précéramique paléolithique, au IIIe siècle av. J.-C.. Cette civilisation est la première au monde à connaître et faire de la poterie[2], où sont formés des décors (, mon?) à marquages de cordes (, ?), d'où son nom : Jōmon (縄文?).

Influence Chinoise[modifier | modifier le code]

Jofuku, prononcé Xifu en chinois, arriva au Japon à l'époque Jomon, au IIIe siècle av. J.-C. il a répandu la tradition chinoise au Japon notamment dans les domaines des travaux publics et de l'agriculture. Il paraîtrait qu'il débarqua près de Shingu, amenant avec lui culture et technologie chinoises. Jofuku était un shaman taoïste servant l'Empereur Shinkouteï de la dynastie des Xin il y a environ 2 200 ans. Il lui fut ordonné par l'empereur de partir pour trouver « l'élixir de vie éternelle » qui paraît-il, se trouvait sur le mont Horaï dans la mer de l'Est. Il arriva par hasard à Shingu, accompagné de 3 000 personnes (hommes, femmes, enfants). Malheureusement pour l'empereur, Jofuku ne repartit jamais en Chine.

Des légendes variées, à propos de Jofuku, existent un peu partout dans le Japon, mais sa tombe ne se trouve qu'à Kumano. La tombe de Jofuku est bien connue des habitants de Shingu. Au lieu de rentrer en Chine, Jofuku passa le restant de sa vie à Kumano. Sa tombe se trouve dans la partie Est de Shingu près d'un petit marché très animé dès le petit matin. La pierre tombale fut construite par ordre de Tokugawa Yorinobu, seigneur de Kishu. À côté, à l'ombre d'une plante Tendaï Uyaku et d'un gros arbre à camphre, se trouve le "Monument des 7 Disciples" honorant les sept principaux serviteurs de Jofuku. Récemment ce site fut transformé en "Parc Mémorial de Jofuku", complété d'une arche d'entrée de style chinois et un festival qui a lieu tous les mois d'août. 

Les origines légendaires[modifier | modifier le code]

Jimmu, fondateur légendaire du Japon (par Tsukioka Yoshitoshi)

Les origines de la civilisation japonaise sont aussi inscrites dans la légende. Le 11 février 660 avant JC est selon la tradition, la date de la fondation du Japon par l'Empereur Jimmu[3]. C'est du moins de cette manière que l'histoire japonaise est relatée dans les premiers écrits datant du VIe siècle et VIIIe siècle, peu après l'adoption du système d'écriture chinois et du bouddhisme. À cette époque, les empereurs luttaient pour affermir leur pouvoir.

Afin de légitimer leur place sur le trône, ils ont ordonné la création de collections de poèmes mythologiques expliquant que leur pouvoir provenait d'Amaterasu, la déesse du soleil. Celle-ci serait selon ces récits l'ancêtre de Jimmu Tennō, premier empereur légendaire duquel descendrait la famille impériale actuelle[4].

Les rois Wa[modifier | modifier le code]

Les sources chinoises semblent plus crédibles en décrivant un pays nommé « Wa » dirigé par différentes familles possédant chacune leurs dieux, et la reine des Wa ("Harmonie", "nains" pour les chinois) serait une impératrice nommée Himiko (卑弥呼) selon eux.

Période Yayoi (-300 à 250)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Période Yayoi.

La civilisation Yayoi se développe à partir de -300 dans l'Ouest de l'archipel, à partir d'un flux migratoire dont la provenance continentale est discutée[5]. Les migrants s'installent dans la plaine de Yamato autour de Nara, et développent la riziculture inondée, la métallurgie du bronze et du fer, et la poterie au tour.

Les premiers oppida fortifiés sont attestés, et Tokyo apparaît à cette période. La société se divise en clans et règne sur toute la partie Sud de l'archipel, en laissant le Nord aux Aïnous.

La période Yayoi connaît également le développement de la culture Yamato et le shintoïsme qui sont à l'origine de la lignée impériale japonaise via la déesse du soleil, Amaterasu. En 239, l'Ouest du pays (Yamatai) est dominé par la reine Himiko[6].

Période Ancienne (IIe ‑ XIIe siècles)[modifier | modifier le code]

Période Yamato[modifier | modifier le code]

Voir aussi Période Yamato (250 - 710)

La période Yamato est le début d'un véritable État, et se divise en deux sous-périodes, la période Kofun et la période Asuka.

La période Kofun marque la naissance d'une vraie société accompagnée de bases culturelles par l'invasion de cavaliers avec la volonté de créer un État japonais. La période Asuka est marquée par l'arrivée du bouddhisme au Japon, en 538. La victoire du clan Soga permet au bouddhisme de devenir religion officielle à la cour du Yamato en 587. Le prince et régent impérial Shôtoku adopte les éléments principaux de la culture sinocoréenne du Yamato en 592, et la première ambassade officielle du Yamato est inaugurée à la cour des Sui en 600.

Les années 645 et 646 sont marquées par un sanglant coup d'État, au cours duquel le clan Soga est écarté du pouvoir. La grande réforme Taika est proclamée pour accélérer la sinisation de l'État du Yamato. Des codes inspirés de ceux des Tang régissent alors la vie publique, le droit et le protocole de l'État. En 663, un corps expéditionnaire est envoyé en Corée pour porter secours au roi de Paekche. Malgré la défaite du corps, et le repli du Yamato sur l'archipel, des immigrants coréens sont accueillis à la cour[7].

Époque de Nara[modifier | modifier le code]

Voir aussi Époque de Nara (710 - 794)

L'époque de Nara débute en 710 par la construction d'une capitale fixe à Nara, sur le modèle des capitales chinoises. Les grands monastères de la ville, tels le Hōryū-ji et le Tōdai-ji, sont construits grâce à l'expansion économique de la civilisation. Les mythes et légendes fondateurs de la dynastie sont rédigés de 712 à 720, et la compilation de l'anthologie poétique du Man'yoshû est réalisée vers 760. En 784, afin d'échapper aux moines bouddhistes, l'empereur Kanmu déplace la capitale à Nagaoka[8]. À la fin du VIIIe siècle, le nord-est de l'archipel passe sous l'influence de la cour impériale, suite aux campagnes militaires. La fin de l'époque de Nara est marquée, en 794, par un nouveau changement de capitale pour Heian-kyō (Kyoto)[9].

Époque de Heian[modifier | modifier le code]

Guerre de Genpei (1180-1185)
Voir aussi Époque de Heian (794 - 1185)

La cour impériale connaît sa période de paix. Ses arts, particulièrement la poésie (manyoshu) et la littérature, resplendissent.

Période féodale (XIIe-XVIe siècles) [modifier | modifier le code]

Article détaillé : Féodalité au Japon.

Plusieurs ères couvrent cette époque féodale, dans laquelle de puissantes familles locales, daimyō, se partagent le pouvoir avec les seigneurs de guerres.

Époque Kamakura[modifier | modifier le code]

Les invasions mongoles du Japon (1274 et 1281)

Restauration de Kemmu[modifier | modifier le code]

Époque Muromachi[modifier | modifier le code]

Période Nanboku-chō[modifier | modifier le code]

Période Sengoku[modifier | modifier le code]

Voir aussi Période Sengoku (1477 - 1573)

Époque Azuchi-Momoyama[modifier | modifier le code]

En 1590, le Japon est enfin unifié, grâce à Toyotomi Hideyoshi, un des trois grands unificateurs du pays.

Période moderne (XVIIe ‑ XIXe siècles)[modifier | modifier le code]

Ieyasu Tokugawa(1543 - 1616)

Époque d'Edo[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Époque d'Edo.

L'administration du pays est partagée par deux cents daimyō.

Durant cette période, le commerce et les villes se développent, dans un contexte de centralisation de l'État.

Contact avec l'Occident[modifier | modifier le code]

Durant le XVIe siècle, des commerçants venus du Portugal, des Pays-Bas, d'Angleterre et d'Espagne débarquèrent au Japon, avec les missionnaires chrétiens. Pendant la première partie du XVIIe siècle, le shogunat japonais suspecta qu'ils étaient les prémisses d'une conquête militaire par les forces européennes et cessa finalement toute relation avec l'étranger excepté certains contacts restreints avec des marchands chinois et néerlandais à Nagasaki (précisément sur l'île de Dejima).

Sakoku[modifier | modifier le code]

Voir aussi Sakoku (1641 - 1853)

L'isolement du pays dura 200 ans, jusqu'à ce que le commodore Matthew Perry force le Japon à s'ouvrir à l'Occident avec la convention de Kanagawa en 1854 après le pilonnage des ports japonais.

Bakumatsu[modifier | modifier le code]

Voir aussi Bakumatsu (1853 - 1868)

En seulement quelques années, le renouement des contacts avec l'Occident transforma profondément la société japonaise. Le shogunat fut forcé de démissionner et l'Empereur reprit le pouvoir.

Époque contemporaine (XIXe siècle à aujourd'hui)[modifier | modifier le code]

Empire du Japon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire du Japon.

Depuis le 3 janvier 1868 au 2 septembre 1945, de la Restauration Meiji à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Japon était un empire qui a été gouverné par Tenno. Cette période a été celle de l'impérialisme et du colonialisme.

Restauration Meiji[modifier | modifier le code]

L'empereur Meiji (1909)
Guerre russo-japonaise (1904 - 1905)
Article détaillé : Ère Meiji.

La restauration Meiji de 1868 initia de nombreuses réformes. Le système féodal fut aboli, et de nombreuses institutions occidentales furent adoptées, dont un système légal et de gouvernement ainsi que d'autres réformes économiques, sociales et militaires. Elles transformèrent le Japon en une puissance sur la scène mondiale connue sous le nom d'Empire du Japon.

Le ministère de l'éducation est créé en 1871, il aura trois actions principales : nationalisme et loyauté au pouvoir sont prônés dans les écoles, les diplômes sont valorisés comme passeport pour l'emploi et on introduit rapidement et massivement les connaissances étrangères[10].

Deux événements majeurs survinrent en 1876 avec l'interdiction du port du sabre pour les samouraïs. Le sabre fut dorénavant réservé aux seuls officiers de l'armée impériale japonaise ainsi que la suppression des pensions versées aux samouraïs par le gouvernement qui représentaient à cette date le tiers des dépenses de l'État qui décida qu'il serait dorénavant plus profitable d'investir dans l'industrie naissante que d'entretenir un symbole d'un passé révolu.

Plus d'un millier de châteaux furent détruits sur ordre impérial. Les grands seigneurs, dépossédés de leurs terres, se virent incapables de subvenir aux besoins de plus d'un million de samouraïs. Il fut conseillé à ces derniers de se reconvertir dans d'autres activités.

Tous ces bouleversements ne se firent pas sans résistance. Plusieurs révoltes de samouraïs eurent lieu dès 1874 qui durent être réprimées par la nouvelle armée nationale constituée de conscrits.

La plus importante en 1877 fut la rébellion de Satsuma, menée par Saigo Takamori qui fut ministre de la Guerre. Ce dernier fut finalement vaincu lors de la bataille de Shiroyama. Cette véritable guerre civile s'acheva sur un lourd bilan : les impériaux déplorèrent 6 399 tués et 10 523 blessés. Les rebelles perdirent officiellement 7 000 tués et 110 000 blessés mais ces chiffres sont aujourd'hui considérés comme fortement sous-évalués et il est probable que les pertes des samouraïs approchèrent les 30 000 tués et blessés. La guerre coûta au gouvernement japonais plus de 42 000 000 de yens de l'époque. Il fallut au pays près de 15 ans pour se remettre financièrement.

Guerres avec la Chine et la Russie[modifier | modifier le code]

Ces transformations donnèrent naissance à une forte ambition, qui se transforma en guerre contre la Chine (1895) et la Russie (1904) dans laquelle le Japon gagna la Corée, Taïwan et d'autres territoires.

Alliance britannico-japonaise[modifier | modifier le code]

Le traité d’alliance anglo-japonais a été signé le 30 janvier 1902 par le ministre des affaires étrangères du Royaume-Uni lord Lansdowne et l’ambassadeur japonais à Londres le comte Tadasu Hayashi.

L’expansionnisme militaire du Japon avait débuté avec l’annexion de la Corée et de Taiwan en 1895.

Ère Taishō[modifier | modifier le code]

Voir aussi Ère Taishō (1912 - 1926)

Ère Shōwa et militarisme[modifier | modifier le code]

Voir aussi Ère Shōwa[11] (1926 - 1989)

Le début de l'ère Shōwa vit l'État japonais tomber sous l'influence croissante de l'expansionnisme militaire avec un régime politique de plus en plus sévère et autoritaire. En 1931, le Japon occupa la Mandchourie, qu'il constitua en un état fantoche sous le nom de Manzhouguo. Le Japon se retira de la SDN en mars 1933 suite à une résolution lui demandant de se retirer de la région.

En 1937 l'invasion de la Chine avait étendu l'empire japonais le long de la côte et sur le cours du Chang Jiang où l'armée impériale se livra à de nombreuses exactions contre les civils, notamment à Shanghai, Nankin, Canton et Wuhan, ce qui entraîna une résolution de blâme de la Société des Nations à l’encontre du Japon mais surtout un écrasement des forces du Guomindang. Lors de cette invasion, le Quartier-général impérial cautionna des massacres ainsi que l'utilisation des armes chimiques. Plus de deux cent mille civils chinois furent exterminés lors du massacre de Nankin (Nanjing) par l’armée impériale japonaise.

Après avoir signé en 1936 un pacte d'assistance (pacte anti-Komintern) avec l'Allemagne hitlérienne, le Japon rejoignit les forces de l'Axe en 1940.

L'échec du conflit armé limité avec l'Union soviétique de 1939 met un terme aux ambitions expansionnistes de l'Empire au nord.

Article détaillé : Crimes de guerre japonais.

Conflit franco-japonais (1940)[modifier | modifier le code]

En 1940, le Japon envahit l'Indochine française loyaliste à Vichy et conclut une alliance avec la Thaïlande qui à son tour, envahira l'Indochine française en 1941.

De Pearl Harbor à Midway[modifier | modifier le code]

Attaque de Pearl Harbor en décembre 1941

En 1941, suite à un embargo américain sur les ressources et matière première, l'empereur Shōwa lance la guerre de la Grande Asie orientale (Dai Tô-A sensō) qui débute par l'attaque de Pearl Harbor, l'invasion de la Malaisie et celle des Philippines en décembre 1941. Cet événement donne une raison aux États-Unis pour prendre part à la Seconde Guerre mondiale. Le Japon poursuit sa conquête de l'Asie du Sud-Est en envahissant Singapour, les Philippines, l'Indonésie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée jusqu'à la frontière septentrionale de l'Australie et dans les archipels de l'océan Pacifique. Les Japonais s'installent durablement en Birmanie.

Ce gigantesque empire militaire, appelé officiellement Sphère de coprospérité de la grande Asie orientale, était destiné à servir de réservoir de matières premières. L’occupation de ces territoires fut marquée par d’innombrables exactions à l’encontre des populations d’Extrême-Orient, crimes pour lesquels les pays voisins du Japon demandent toujours des excuses ou des réparations aujourd’hui.

Avec la bataille de Midway dans le Pacifique, l'expansionnisme nippon est interrompu : 1942 marque le tournant de la guerre du Pacifique.

De Guadalcanal à Iwo Jima[modifier | modifier le code]

De 1942 à 1945, la situation militaire japonaise se dégrade dans le Pacifique. Les troupes japonaises sont repoussées progressivement dans les îles Salomon, en Nouvelle-Guinée, en Birmanie et aux Philippines. Le conflit en Chine s'enlise. Une offensive en Inde, en 1944, débouche sur un échec total. L'armée américaine débarque en 1945 sur le sol même du Japon.

La capitulation[modifier | modifier le code]

Explosion atomique à Nagasaki, le 9 août 1945

Le Japon, dont plusieurs des villes majeures ont été dévastées par les bombardements, est finalement vaincu en 1945. Le largage de deux bombes atomiques, la première sur Hiroshima le 6 août et une seconde le 9 août sur Nagasaki, ainsi que l'invasion de la Mandchourie par l'Union soviétique, conduisent l'Empereur Hirohito à annoncer lui-même la capitulation.

Une délégation du gouvernement nippon se rend sur le pont du cuirassé américain USS Missouri pour signer, devant les généraux Alliés MacArthur et Leclerc, les termes d'une reddition sans conditions, puis aux États-Unis, le 2 septembre 1945. Le traité de paix avec la Russie est toujours en négociation, en règlement du problème des îles Kouriles du Sud, occupées par cette dernière depuis la fin du conflit.

Le jugement des criminels de guerre[modifier | modifier le code]

Plusieurs hauts officiers du régime Shōwa furent jugés pour crimes de guerre par le Tribunal de Tokyo. À titre de commandant suprême des forces alliées, Douglas MacArthur accorda toutefois l'immunité à l'empereur Shōwa et à tous les membres de sa famille impliqués dans la conduite des opérations militaires comme son frère Yasuhito Chichibu, maître d'œuvre de l'opération Lys d'or, ainsi qu'à ses oncles et ses cousins comme le prince Yasuhiko Asaka, qui avait participé au massacre de Nankin, le prince Hiroyasu Fushimi, le prince Naruhiko Higashikuni et le prince Tsuneyoshi Takeda. Cette immunité fut également étendue à Shiro Ishii et à tous les membres de ses unités de vivisection humaine.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire contemporaine du Japon.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (2 septembre 1945) pour aujourd'hui, le Japon est devenu un état de puissance économique. La période d'après-guerre se caractérise par la constitution après-guerre et du traité de sécurité entre les États-Unis et au Japon.

Un nouveau statut pour l'empereur[modifier | modifier le code]

Depuis quinze siècles, le rôle de l’empereur était celui d’un dirigeant impérial. À compter de la restauration Meiji, il était devenu un véritable chef d’État, commandant de l'Armée et de la Marine. Avec la constitution de 1946, l'empereur Shōwa renonça à ses pouvoirs exécutifs de droit divin, ne faisant dorénavant que nommer le Premier ministre et le président de la cour suprême. Le rôle de l'empereur est défini dans le chapitre I de la Constitution du Japon de 1947. L'article 1 définit l'empereur comme le symbole de l'État.

Occupation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Occupation du Japon.

Confiné à l’archipel, le pays demeura sous la tutelle des États-Unis jusqu’en 1951 (traité de San Francisco). Ceux-ci imposèrent une nouvelle constitution, plus démocratique, et fournirent une aide financière qui encouragea le renouveau du Japon.

Après l'occupation[modifier | modifier le code]

Gratte-ciel dans le quartier de Shinjuku, Tour de Tokyo, Rainbow Bridge, Shibuya, Palais de la Diète.

Après 1952, son économie se rétablit et permit le retour de la prospérité sur les îles dont les Jeux olympiques de Tokyo et le lancement du Shinkansen en 1964 furent les symboles.

Des années 1950 jusqu’aux années 1980, le Japon connaît un apogée culturel et économique et une formidable croissance. Le Japon devint progressivement l'une des principales puissances économiques du monde.

La forte croissance des années 1950 à 1970 a urbanisé le Japon. Entre 1950 et 1965 environ, les trois grands métropoles, Tokyo, Osaka et Nagoya, ont connu un apport massif de population. À partir du milieu des années 1960 en revanche, ces trois zones apparaissent comme surpeuplées. Le gouvernement encourage alors les relocalisations d'industrie vers d'autres régions. La croissance se rééquilibre sur le plan géographique. L'essentiel de la population est alors intégré d'une manière ou d'une autre dans une métropole.

Dans les années 1970, particulièrement après le choc pétrolier de 1973, les nouvelles technologies se développent au Japon, mais surtout à Tokyo. La capitale renforce alors sa domination. Elle continue à attirer des habitants. Elle devient un grand centre financier international et la première capitaisation boursière mondiale, tout en attirant dans le même temps des activité de services très spécialisées dans le secteur de l'informatique.

Nagoya et Osaka connaissent en revanche un solde migratoire négatif. Les petites industries installées dans les villes de moindre importance perdent de leur compétitivité internationale du fait de la hausse du yen.

Ère Heisei[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ère Heisei.

Toutefois, ce « miracle économique » prend fin au début des années 1990, date à laquelle la bulle spéculative japonaise éclate, marquant le début de la « décennie perdue ». Ces années sont aussi marquées par une certaine instabilité politique (avec la première chute d’un gouvernement par une motion de censure en 1993) et plusieurs catastrophes d’origines humaine (Attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995) ou naturelle (tremblement de terre de Kōbe, également en 1995).

Actuellement, bien que sa part soit relativement faible dans les finances de l’État, le Japon occupe, en matière de budget militaire, la cinquième place dans le monde en chiffres absolus, mais l’importance de ce budget ne fait pas pour autant du Japon une grande puissance militaire. La constitution japonaise interdit en effet le maintien d’une armée, le droit de belligérance et le lancement de toute opération militaire en dehors de ses frontières autre que dans le cadre de l’autodéfense. La « force d’autodéfense » japonaise est un corps militaire professionnel disposant de moyens techniques avancés.

Avec la guerre en Irak en 2003, la Constitution a été aménagée pour pouvoir déployer des troupes hors de son territoire dans le cadre d’opérations à caractère strictement non militaire (reconstruction, aide humanitaire…). De la sorte, le Japon espère acquérir un rôle diplomatique plus en rapport avec sa puissance économique.

Le 11 mars 2011, un grave séisme de magnitude 9,0, suivi d'un tsunami, frappe l'est du Tōhoku autour de Sendai, provoquant la mort de plusieurs milliers de personnes, de très graves dégâts dans toute la partie nord-est de Honshū et l'accident nucléaire de Fukushima[12].

Cartedujapon.png

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fujimura Shinichi
  2. Les plus vieilles poteries du monde, L'Express, 17/09/1998
  3. Voir page 203 in Japan, a modern history, James L. McClain, W.W. Norton & Co., 2002
  4. Voir page 88 in Shinto: the way home, Thomas P. Kasulis, University of Hawaii Press, 2004
  5. Pierre Souyri, Japon, peuple et civilisation, Histoire, « Chronologie générale », p. 97
  6. Pierre Souyri, Japon, peuple et civilisation, Histoire, « Chronologie générale », p. 98
  7. Pierre Souyri et Jean-François Sabouret (dir.), Japon, peuple et civilisation, La Découverte [détail des éditions], « Chronologie générale », p. 99-100
  8. À noter que dans certains ouvrages, la période de Nara s'arrête à cette date. Ces auteurs considérant que la proximité de Nagoaka de Heian font démarrer la période Heian en 784 et non en 794
  9. Pierre Souyri, Japon, peuple et civilisation, Histoire, « Chronologie générale », p. 100
  10. référence, citation ou lien
  11. Cet article présente également en détail l'histoire économique du Japon du début de l'Ère Showa jusqu'à 1945
  12. « Séisme de Sendai au Japon - Magnitude Mw 9 », IPGP,‎ 11 mars 2011 (consulté le 23 mars 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, Tokyo, Kinokuniya,‎ 2000, 95 p.
  • Francine Hérail, Jean Esmein et François Macé, Histoire du Japon, Genève, Horvath, coll. « Histoire des nations »,‎ 1990, 631 p. (ISBN 2-7171-0704-5)
  • Francine Hérail, Histoire du Japon. Des origines à la fin de l'époque Meiji, Aurillac, POF,‎ 1997
  • Jean-François Sabouret, La dynamique du Japon de 1854 à nos jours, Paris, CNRS Éditions,‎ 28 février 2008, 415 p. (ISBN 978-2-271-06644-2, présentation en ligne)
  • Pierre François Souyri, Histoire du Japon : le monde à l'envers, Maisonneuve et Larose,‎ 1998 (ISBN 2-7068-1297-4)
  • Danielle Elisseef, Histoire du Japon, Editions du Rocher,‎ 2001 (ISBN 2-268-04096-8)
  • Dufourmont Eddy, Histoire politique du Japon (1853-2011), Pessac, Presses universitaires de Bordeaux,‎ 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]