Mont Kōya

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Mont Kōya
Le jardin de pierres du Kongōbu-ji
Le jardin de pierres du Kongōbu-ji
Géographie
Altitude 1 000 m
Coordonnées 34° 11′ 26″ N 135° 35′ 51″ E / 34.1905, 135.597534° 11′ 26″ Nord 135° 35′ 51″ Est / 34.1905, 135.5975  
Administration
Pays Drapeau du Japon Japon
Région Kansai
Préfecture Wakayama

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Mont Kōya

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Mont Kōya

Le mont Kōya (高野山, Kōya-san?) est une montagne de la préfecture de Wakayama, au Sud d'Ōsaka qui a donné son nom à un complexe de 117 temples bouddhiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le bonze Kūkai (空海) a installé la première communauté religieuse sur ce mont, qui allait devenir le principal centre du bouddhisme Shingon. Situé sur un plateau à 800 m d'altitude entouré de huit sommets, le premier monastère s'est développé pour devenir une ville, Kōya, possédant une université d'études religieuses et plus de cent temples offrant l'hospitalité aux nombreux pèlerins et touristes.

Les sites religieux les plus importants sont :

  • l'Okuno-in (奥の院?), un immense cimetière avec près de 200 000 pierres tombales de samouraïs, de personnalités et de gens ordinaires, sous une forêt de cryptomérias centenaires. Au cœur du cimetière se trouve le Tōrō-dō, le temple des lanternes. On pense que deux flammes y ont brûlé sans interruption depuis un millier d'années. À proximité du Tōrō-dō se trouve le Gobyo, le mausolée de Kūkai, devant lequel viennent se recueillir de nombreux fidèles ;
  • le Kongōbu-ji (金剛峯寺?), temple à partir duquel sont gérées les affaires religieuses des 3 600 temples de la secte Shingon ;
  • le Garan (伽藍?) ou Danjōgaran (壇上伽藍?) est le complexe principal des temples du Kōyasan. Il contient plusieurs pavillons et pagodes, dont entre autres[1] :
    • le Konpon Daitō (根本大塔?) une pagode vermillon haute de 49 mètres qui d'après la pensée Shingon est au centre d'un mandala en forme de fleur de lotus couvrant tout le Japon. Elle abrite entre autres la représentation de Dainichi Nyorai, les mandala des deux royaumes[2],
    • le Kondō (金堂) premier pavillon du complexe où Kūkai dispensait son enseignement et discutait avec ses disciples. Il abrite des copies des représentations de Yakushi Nyorai le bouddha guérisseur, et des « mandala du sang » tracé avec le sang de Taira no Kiyomori, les originaux ayant été détruits avec le bâtiment lors du grand incendie de 1925,
    • le Miedō (御影堂), pavillon où résidat Kūkai situé en face du pin sacré où, selon la légende, le vajra que le moine avait lancé depuis la Chine des années auparavant afin de trouver le lieu de son futur monastère aurait atterri. Le pin fait des aiguilles à trois brins au lieu de deux, qui, selon la tradition porterait bonheur. Le pavillon est ouvert une fois l'an lors du Mieku, cérémonie anniversaire de la mort de Kūkai, et on peut y pénétrer pour admirer le portrait de Kūkai et de ses seize disciples, peint par son élève Shin'nyo Hoshino[2],
    • le Juntei-dō (准邸當), qui abrite la statue de Juntei Kannon que Kūkai avait choisi pour protecteur lors de son noviciat,
    • Kujaku-dō (孔雀當), pavillon construit en 1200 à la requête de l'empereur Go-Toba afin de remercier les moines du Kōya d'avoir, par leur prières, réussis à faire pleuvoir pour mettre fin à la sécheresse,
    • le Saitō ou Pagode de l'Ouest (西塔), érigée en 887 sur ordre de l'empereur Koko par Shinzen Daitoku, premier successeur de Kūkai,
    • le Fudō-dō (不動當), pavillon de Fudō Myōō qui est la forme irritée de Dainichi Nyorai dans le le mandala de la matrice. Il abrite une sculpture de la divinité accompagné de ses huit jeunes serviteurs, oeuvre du célèbre sculpteur Unkei[3],
    • le Aizen-dō (愛染當), pavillon de Aizen Myōō le pendant de Fudō Myōō dans le mandala du diamant,
    • le Sanmai-dō (三妹當), nommé ainsi après que l'abbé Saiko y soit entré en grande méditation au 9e siècle,
    • le Daie-dō(大絵當), construit par la princesse Itsutsuji Saijin, fille de l'empereur Go-Toba et dédié à la mémoire de celui-ci,
    • le Tōtō ou Pagode de l'Est (東塔),
    • le Sannō-in (山王院), construit à la période Fujiwara, le bâtiment sert, le seizième jour de chaque mois, de lieu de débat pour les moines ainsi que de lieu d'examen,
    • le Myō-jinja (明神社), sanctuaire shinto érigé pour protéger et abriter les divinités sacrées du Mont Kōya, Niutsu-Hime (丹生都比売) et son fils Kariba-myōjin (狩場明神) qui, selon la légende, guidèrent Kūkai jusqu'au mont Kōya ;
  • le Jison-in : même s'il est situé à une vingtaine de kilomètre au Nord des sanctuaires principaux, ce temple fait partie du complexe de temples de Kōya-san. Il a été fondé au IXe siècle pour servir de bureau administratif et de centre d'accueil pour les pèlerins. Le Jison-in est relié au centre du complexe par un chemin de pèlerinage créé par Kūkai, le Chōishimichi (町石道?, le « chemin aux bornes en pierre »). Le chemin est en effet jalonné d'une stupa à 5 niveaux tous les 108 m, distance correspondant à un chō (町, ancienne unité de longueur).

On trouve aussi d'autres monuments importants :

  • les mausolées de Tokugawa Ieyasu et Hidetada (徳川家霊台) bâtis en 1643 par Tokugawa Iemitsu et déclarés Patrimoine culturel important. L'édifice se composant de deux pavillons dans le style architectural du Tōshō-gū de Nikkō, riche en décorations. Le mausolée de droite est celui de Ieyasu, et le gauche celui de Hidetada ;
  • la grande porte Daimon (大門) qui fut jadis l'entrée principale du Kōya. C'est un bâtiment immense mesurant 25 mètres de haut pour 21 mètres de large et sept mètres d'épaisseur. Elle abrite les deux gardiens de Niō sculptés par Koi et Uncho pendant l'ère Edo. Le bâtiment actuel date de 1705 mais fut démantelé puis surélevé en 1981, travaux qui durèrent jusqu'en 1986 ;
  • la cloche de six heures (六時の鐘), située entre le Kongōbu-ji et l'entrée du Danjōgaran, elle fut érigée en 1618 par Fukushima Masanori pour le repos éternel de sa mère. La cloche brûla peu de temps après dans un incendie et fut reconstruite par son fils Fukushima Masatoshi en 1635. On peut l'entendre tous les jours sonner chaque heure entre 6 h et 22 h ;
  • le Nyonin-do (女人堂) : jusqu'en 1873 les femmes n'étaient pas autorisées à séjourner dans l'enceinte sacrée du site, celles-ci résidaient donc dans un de ces relais construits aux abords des sept accès originaux du complexe. Les autres stations ont disparu, aujourd'hui le Nyonin-do est essentiellement une boutique mais demeure une étape pour les pèlerins et c'est le premier arrêt de la ligne de bus du Kōya.

En 2004, l'UNESCO a désigné le mont Kōya Patrimoine mondial de l'humanité, en même temps que la plupart des sites sacrés et chemins de pèlerinage dans les monts Kii.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Kōya-san est accessible en prenant le funiculaire situé au terminus de la ligne de train Kōya de la société de transports Nankai Electric Railway, partant de Namba, Ôsaka[4]. Il est aussi possible de rejoindre Kōya-san à partir de la gare de Kudoyama, sur la même ligne, en parcourant à pied les vingt kilomètres du chemin de pèlerinage partant du Jison-in.

On trouve une centaine de monastères sur le mont Kōya, dont la moitié dispose de chambres d'hôtes, appelées shukubō (宿坊?, littéralement « logement des bonzes »)[5]. On y déguste une cuisine bouddhiste végétarienne d'origine zen appelée cuisine shōjin (精進料理, shōjin ryōri?), introduite de Chine au XIIIe siècle, issue du végétarisme bouddhique[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Head Temple Kongobuji, Koyasan, 2de version, 21 août 1996
  2. a et b UNESCO, SacreAncient Road to Kumano & Koya, 17 février 2007
  3. Revue 古寺を巡る 9 - 高野山, Shogakukan, 27 mars 2007
  4. Koyasan, mystère et recueillement, Guide Japon.fr
  5. a et b Jean-Luc Toula-Breysse, « Japon : Initiation à la cuisine monastique », Ulysse sur LeMonde.fr, le 7 novembre 2011

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philip L. Nicoloff, Sacred Koyasan: A pilgrimage to the Mountain Temple of Saint Kōbō Daishi and the Great Sun Buddha, State University of New York Press, 2007 (ISBN 978-0-7914-7259-0)
  • Sandrine Garcia, Rémi Maynègre, Voyage au Japon -T2 - Kōyasan., CFSL.Ink, 2013 (ISBN 978-2359470468)