Pyongyang

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Pyongyang
De haut en bas et de gauche à droite : vue de la ville, tour du Juche, palais du Soleil Kumsusan, arc de triomphe de Kim Il-sung, arc de la réunification, tombe de Jumong et station de métro.
De haut en bas et de gauche à droite : vue de la ville, tour du Juche, palais du Soleil Kumsusan, arc de triomphe de Kim Il-sung, arc de la réunification, tombe de Jumong et station de métro.
Noms
Nom Hangeul
Nom Hanja
Administration
Pays Drapeau de la Corée du Nord Corée du Nord
Statut Ville
Démographie
Gentilé Pyongyangois(e) ou Pyonyangais(e)
Population 3 255 288 hab. (2008)
Densité 1 019 hab./km2
Géographie
Altitude Min. 4 m – Max. 56 m
Superficie 319 400 ha = 3 194 km2

Pyongyang (P'yŏngyang, en coréen : 평양 hanja : 平壤 ; littéralement : « La localité calme ») Prononciation du titre dans sa version originale Écouter est la capitale de la Corée du Nord.

La population officielle du centre-ville est estimée à 2,5 millions d'habitants en 2002-2003 (3,8 millions d'habitants avec l'agglomération).

Administrativement, la ville a été séparée de la province du Pyongan du Sud en 1946. Elle a le statut de ville d'administration directe (Chikhalsi), au même niveau que les neuf gouvernements provinciaux de la RPDC stricto sensu[1].

Géographie et localisation[modifier | modifier le code]

Vue satellite de Pyongyang

Située dans une plaine, traversée par le fleuve Taedong et à la confluence des rivières Pothong, Japzang et Sunhwa, Pyongyang est bordée de montagnes au nord-est, où sont exploitées des mines d'or et de charbon[2].

Statut et divisions administratives[modifier | modifier le code]

Limites administratives de Pyongyang.

P'yŏngyang a été détachée en 1946 de la province de Pyongan du Sud afin de former une ville administrée directement (chikhalsi). Celle-ci est divisée en 19 arrondissements/cantons municipaux ou districts métropolitains (kuyŏk ou guyŏk ; Hangeul : 구역, Hanja : 區域) et 4 arrondissements administratifs ou districts (kun ou gun ; Hangeul : 군, Hanja : 郡) :

Climat[modifier | modifier le code]

Pyongyang possède un climat continental humide (Dwa selon la classification de Köppen) avec des hivers secs dont l'impression de froid est renforcée par le vent venu de Sibérie. L'essentiel des précipitations tombe en juillet et en août.

Relevé météorologique de Pyongyang
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −10,7 −7,8 −1,8 4,9 10,9 16,5 20,7 20,5 14,3 6,7 −0,3 −7,2 5,6
Température maximale moyenne (°C) −0,8 2,4 8,9 17,1 22,6 26,7 28,6 28,9 24,7 18,2 9,4 1,7 15,7
Précipitations (mm) 12,2 11 24,7 49,9 72,2 90,3 275,2 212,8 100,2 39,9 34,9 16,5 939,8
Nombre de jours avec précipitations 5,2 4,2 5,1 6,7 8,1 8,7 14,4 11 7,2 6,1 7,3 5,9 89,9
Source : Organisation météorologique mondiale (1971-2000)


Toponymie[modifier | modifier le code]

L'un des nombreux noms historiques de la ville est Ryugyŏng (류경 ; le 柳京), littéralement la « capitale des saules ». En effet, les saules ont toujours été nombreux dans l'histoire de la ville et ont inspiré de nombreux récits poétiques. Aujourd'hui encore, Pyongyang compte nombre de ces arbres. Les larges avenues de Pyongyang séparent ainsi de nombreux parcs, dans une ville qui compte près de 50 m2 d'espaces verts par habitant.

Les autres noms historiques de la ville incluent Kisŏng, Hwangsŏng, Rangrang, Sŏgyŏng, Sŏdo, Hogyŏng, Changan, etc.

Sous l'occupation japonaise, Pyongyang a été renommée Heijō, qui est simplement la lecture japonaise du nom (平壌) en caractères chinois.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon la légende, la ville aurait été fondée en 2334 avant J.-C. sous le nom de Wanggŏmsŏng (왕검성 ; 王儉城).

Du Néolithique au royaume de Silla[modifier | modifier le code]

La mise au jour d'environ 500 tombes dans la région de Pyongyang atteste d'un peuplement humain il y a 5 000 ans. Une petite ville s'est développée au sud de l'île Yanggak il y a près de deux mille ans, sous la dynastie Koguryŏ, dont elle devient la capitale en 427.

Dans le contexte des affrontements entre les dynasties Tang et Silla d'une part, Koguryŏ d'autre part (aboutissant à la chute de cette dynastie en 668), la ville a été investie par les forces du royaume de Silla en 676.

Goryeo[modifier | modifier le code]

À partir du Xe siècle, la ville s'affirme à nouveau comme un des deux principaux centres de la dynastie Goryeo avec la ville de Kaesong. En 1135, la ville est le centre de la révolte Myochong, d'inspiration bouddhiste.

Sous la dynastie Goryeo, la ville a été rebaptisée Seogyeong (서경 ; 西京 ; « Capitale occidentale »).

Dynastie Joseon et occupation japonaise[modifier | modifier le code]

Pyongyang a été le siège de violents affrontements entre les Coréens et les envahisseurs japonais de la guerre Imjin en 1592 et 1593. La population a fortement souffert du conflit sino-japonais de 1894, et une épidémie de choléra a affecté ses habitants en 1895.

Pyongyang a été la capitale de la province de Pyongan sous la dynastie de Joseon, avant de devenir le chef-lieu de la province du Pyongan du Sud en 1896, à la veille de l'occupation japonaise.

Le Docteur Philip Jahison observait, en 1939, que la ville s'était peu développée sous l'occupation japonaise de la Corée depuis 1905[3].

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

En 1945, après la capitulation japonaise, Pyongyang a été la principale ville de la partie Nord de la Corée où les troupes soviétiques sont demeurées jusqu'en 1948, date à laquelle est devenue la capitale provisoire de la République populaire démocratique de Corée lors de la fondation de celle-ci.

La ville a été sévèrement endommagée pendant la guerre de Corée, ayant été occupée et bombardée par les troupes des Nations unies sous commandement américain. Après la guerre, elle a été rapidement reconstruite, avec l'aide notamment des Soviétiques. Ainsi, l'architecture stalinienne a servi de modèle : larges avenues, places monumentales dont la plus vaste (la place Kim Il-sung) peut accueillir un million de personnes, statues et mosaïques révolutionnaires, arc de triomphe et parcs. Quelques bâtiments, comme le théâtre Moranbong, sont les rares témoins du visage de Pyongyang avant 1950.

Économie[modifier | modifier le code]

Pyongyang est un des principaux pôles économiques de la Corée du Nord. Des industries lourdes, notamment chimiques et sidérurgiques, se sont installées dans la banlieue, tout comme la cimenterie avec celle du groupe français Lafarge. Pyongyang abrite également des industries de biens de consommation (en particulier l'usine de cosmétiques de Pyongyang et des usines textiles[4]), ainsi que l'institut de recherche architecturale Paektusan.

Dans le domaine des nouvelles technologies, le Centre de recherche informatique de Corée a son siège dans la capitale nord-coréenne.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Sports et culture[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Situé dans la capitale, le cirque de Pyongyang est le plus connu en Corée du Nord et a une réputation internationale.

Par ailleurs, la capitale nord-coréenne accueille tous les deux ans le Festival international du film de Pyongyang.

Les curiosités à voir sont les berges du fleuve Taedong, les rues de l'Unification et de Changgwang, la porte du Taedong, la tombe du roi Tongmyong du Koguryo, les forteresses de Pyongyang et de Taesong, les pavillons de Ryongwang et d'Ulmil.

Sports[modifier | modifier le code]

Le quarantième anniversaire de la fondation de la Fédération internationale de taekwondo, qui regroupe plus de 120 associations nationales dans le monde, a été célébré en 2006 à Pyongyang, en présence notamment de délégations américaines et sud-coréennes[5].

Pyongyang a été l'une des vingt villes internationales sur le trajet de la flamme olympique pour les Jeux olympiques de Pékin de 2008[6].

La capitale nord-coréenne accueille des spectacles de masse dans le cadre du festival Arirang, environ tous les deux ans lors des principaux anniversaires de la République populaire démocratique de Corée. Les célébrations regroupent des dizaines de milliers de gymnastes.

Transports[modifier | modifier le code]

Le Métro de Pyongyang, un des symboles de l'architecture socialiste

Pyongyang est le principal centre routier et ferroviaire de la Corée du Nord, ainsi que le premier aéroport national et international du pays (Aéroport international de Sunan).

Inauguré en 1973, le métro de Pyongyang compte deux lignes et dix-sept stations. Il est enfoui à 120 mètres sous terre, pouvant ainsi devenir un abri anti-atomique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce statut doit ainsi être distingué de celui de ville spéciale (Teukbyeolsi), dont dispose par exemple Séoul, capitale de la Corée du Sud
  2. Source : Robert Willoughby, North Korea : The Bradt Travel Guide, Londres, 2003, p. 98.
  3. Source : Robert Willoughby, op. cit., p. 101.
  4. Socialist Korea Develops Light Industry, article reproduit d'après le Peoples Weekly World, 1er juillet 1995, p. 14
  5. Dépêche de l'agence sud-coréenne Yonhap
  6. Dépêche de l'agence Bloomberg du 27 avril 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]

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